00:00Mais d'abord l'enquête du vendredi de la rédaction d'Europe 1.
00:03Nous partons au tribunal cette semaine.
00:04Après une semaine d'audience, la cour d'assises de Paris va rendre tout à l'heure son verdict dans l'affaire Lola.
00:10Lola, 12 ans, torturée, violée puis tuée, meurtre abominable qui avait horrifié tout le pays, scandalisé les français.
00:17Bonjour Jacques Serret.
00:18Bonjour Dimitri, bonjour à tous.
00:20Alors trois ans plus tard, la même émotion qu'à l'époque a envahi le tribunal, ce procès restera comme le procès de l'horreur.
00:26Oui, un procès hors normes dans l'une des plus petites salles du palais de justice de Paris, la salle Victor Hugo.
00:33C'est ici que le procès de l'horreur se déroule depuis vendredi dernier.
00:37Une vingtaine de places pour la famille de Lola, 20 pour les journalistes, 20 pour le public.
00:43Chaque matin depuis 7 jours, la foule se presse à l'entrée.
00:46Une foule compacte qui observe ceux qui ressortent de cette salle.
00:50Car oui, certains sont contraints d'en sortir.
00:53Tant les mots qui y résonnent dépassent l'entendement.
00:56Des mots glaçants, insoutenables, insupportables, qui donnent à voir l'inimaginable.
01:00Des mots prononcés d'un ton détaché, mécanique, par Dabia Benkired, debout dans le box des accusés.
01:07Derrière la vitre, cette algérienne, aujourd'hui âgée de 27 ans, relate les derniers instants de vie de Lola.
01:14« J'ai pas choisi, c'était la première personne sur mon chemin et elle était plus faible que moi », explique-t-elle.
01:19« On se vendredi après-midi, peu après 15h, Lola rentrait de son collège situé à seulement 200 mètres.
01:26Je l'ai tiré par le bras dans l'ascenseur et je l'ai fait monter dans l'appartement de ma sœur.
01:30Elle m'a dit, madame, s'il vous plaît, me faites pas de mal. »
01:32Le début du calvaire, du supplice pour cet enfant, il durera plus d'une heure et demie dans le huis clos de cet appartement du 19e arrondissement de la capitale.
01:41Et alors que s'est-il passé exactement, Jacques ?
01:43Eh bien, elle lui ordonne de prendre une douche, lui frappe la tête contre le carrelage de la salle de bain,
01:48la soumet à un rapport bucogénital et à une pénétration, lui recouvre le visage avec de larges bandes de scotch,
01:55lui enserre ses poignets et ses chevilles.
01:58Lola meurt asphyxiée par le ruban adhésif pendant que Dabia Benkiret boit un café et écoute de la musique.
02:04« 38, 38 plaies à l'arme blanche seront dénombrées sur son dos, à la mâchoire et au cou sa tête presque décapitée.
02:14J'ai commencé à la voir comme un mouton, confesse l'accusé.
02:16J'ai écrit le chiffre 01 sur ses pieds avec du vernis.
02:20Au bled en Algérie, on écrit ça sur les moutons. »
02:23Voilà comment le corps de cette petite fut retrouvé dans une malle en plastique noir.
02:27Quelques heures plus tard, au pied de l'immeuble, on est dans le récit d'épouvante.
02:31À la barre, même les policiers interrogés, même les professionnels du droit contiennent difficilement leurs émotions.
02:37Seul Victor Hugo.
02:39Les larmes coulent, les visages sont blêmes, entre chagrin et nausée.
02:44Jacques, c'est l'une des questions de fond de ce procès.
02:46L'accusée est-elle folle ?
02:47Absolument pas.
02:49Les différents diagnostics établis sur son cas démontrent qu'elle n'est pas malade.
02:53Les experts psychiatres sont formels.
02:55Cette Algérienne ne souffre d'aucune pathologie psychiatrique majeure.
02:59Aucun trouble de l'humeur, aucun trouble de la pensée, aucun trouble bipolaire, aucun élément délirant, aucun élément anxieux.
03:07Le jour du meurtre, elle aurait dit-elle simplement pris du Lyrica, un médicament contre les douleurs neuropathiques, et consommé du cannabis.
03:15Ce procès révèle en fait une personnalité totalement déconnectée de toute émotion.
03:21Jacques Dabia Benkired est sur le banc des accusés.
03:24Pourtant, l'État français n'est pas exemple de tout reproche dans cette affaire.
03:26Oui, si l'État avait fait son travail, si le gouvernement avait montré plus de fermeté quant à l'application des OQTF,
03:34Lola serait toujours en vie.
03:37Car oui, Dabia Benkired n'avait rien à faire sur notre sol.
03:39Elle était visée par une obligation de quitter le territoire.
03:43Arrivée en France en 2016 à l'âge de 18 ans, grâce à un visa étudiant,
03:47Elle avait dès le début quasi abandonné son cursus en CAP et restauration, en faisant preuve d'un grand absentéisme.
03:55Mais ceux qui lui ont donné des papiers n'ont pas été interrogés ces derniers jours.
03:59Ce n'est semble-t-il pas le sujet.
04:01Désormais, Dabia Benkired n'en a plus besoin.
04:04Elle encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
04:06L'enquête de la rédaction d'Europe 1 signée Jacques Serret ce matin sur Europe 1.
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