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  • il y a 3 mois

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Transcription
00:00Maintenant je vais accueillir, restez si vous voulez, je vais accueillir pour les minutes qui restent Jean-Claude Bouillon-Bécaire pour son livre « Lumière noire de nos rêves » aux éditions Atlande.
00:11Exceptionnel livre, merci infiniment de nous accorder votre confiance et d'être venu jusque dans le studio d'Europe 1 pour parler de ce livre et pour parler de votre mère.
00:20Cette mère, vous n'avez jamais connu vos parents, mais cette mère a été votre mère, Joséphine Bécaire.
00:27Rien qu'en le disant, j'ai déjà des frissons, ça m'émeut.
00:29C'est vrai, c'est très gentil de m'accueillir et puis c'est très gentil de parler d'elle.
00:34Je crois que maintenant elle est rentrée un peu dans l'histoire de France, depuis le Panthéon, on a poussé les portes du Panthéon.
00:43Et ça a permis de révéler surtout des aspects un peu méconnus de sa personnalité, de ses combats, et je me suis attaché à ça évidemment.
00:51Et surtout a révélé au grand public et aux lecteurs la naissance d'une conscience, si vous voulez, la force et la beauté d'une conscience.
01:00Au cours du XXe siècle, une petite fille qui part de la misère à sa vie.
01:05Quelle femme !
01:05Et qui traverse ce XXe siècle bouleversé par tant de tempêtes et qui va s'aguerrir et qui va s'engager au premier jour auprès de la France qu'il a accueillie si triomphalement.
01:17Ça a été une grande résistante.
01:20C'est une leçon aussi d'attachement au pays qui vous adopte, au pays qui vous accueille, et c'est une leçon pour tout le monde.
01:28J'ai deux amours ?
01:30Page 15, petite fille d'esclave de Caroline du Nord, le siècle avait 6 ans lorsque tu vis le jour à Saint-Louis.
01:44Cette ville créée par les Français au XVIIIe siècle, reflétant au fil des époques les mille visages d'une émigration européenne.
01:53Vous, fils de Joséphine Baker, comment est-ce que vous vivez effectivement l'image que la France a d'elle aujourd'hui en 2025 ?
02:03Est-ce qu'elle est suffisamment reconnue puisque panthéonisée ?
02:07Oui, je crois qu'elle commence vraiment...
02:08Écoute, il n'y a pas une semaine sans que je sois sollicité pour une inauguration, que ce soit une école, une crèche, une maison intergénérationnelle, un square.
02:19Récemment, on a débaptisé le square de l'abbé Pierre pour le rebaptiser Joséphine Baker.
02:24C'est tout un symbole sur les enfants, évidemment.
02:27Et récemment, j'ai encore vu, il y a trois semaines, une très très belle école à Vitry-sur-Seine, un centre hospitalier, ça c'est plus rare, à Garches, la semaine dernière, devant 2000 personnes.
02:41Enfin, c'est incroyable. Vous savez comment ça s'attribue maintenant ?
02:44Ce sont les maires qui demandent aux citoyens de voter.
02:48Et il y a deux ou trois femmes qui reviennent toujours en lice, à peu près toujours les mêmes.
02:53Gisèle Halimi, grande avocate quand même.
02:55Mais aussi Joséphine Baker. Quel souvenir selon vous ?
02:57Et Simone Veil, et souvent, très souvent, c'est Joséphine Baker qui...
03:01Quel souvenir selon vous, les Français gardent de Joséphine Baker ? Et qu'est-ce qu'elle a apporté à la France ?
03:08Les souvenirs, c'est une histoire qui est très longue.
03:12Elle est décédée il y a 50 ans, mais je crois qu'elle n'a jamais été aussi actuelle, finalement.
03:18Son utopie de fraternité, évidemment.
03:21La fraternité, c'est un peu comme l'étoile inaccessible, aujourd'hui.
03:24On est à la recherche de quelque chose qui est un peu introuvable.
03:28L'écoute vers l'autre se délite, la tolérance devient quelque chose de très rare.
03:33Enfin bon, on est vraiment dans un monde un peu quand même, voilà.
03:36Il faut se remettre d'aplomb.
03:38Et je pense que c'est un exemple.
03:40Et c'est pour ça qu'en exergue de ce livre, j'ai écrit
03:43« Les morts n'ont pas encore tout dit, il faut les laisser parler. »
03:49Parce qu'ils ont toujours quelque chose à enseigner.
03:51Et elle, vraiment, elle enseigne une leçon de courage, de générosité, d'altruisme,
03:56d'attachement viscéral à la nation qu'il a accueillie, qu'il a sortie,
04:01qu'il a extirpée quelque part de sa condition de petite négresse, entre guillemets, misérable.
04:07Mais enfin aussi, il fallait qu'elle ait de l'audace et beaucoup d'enthousiasme.
04:11Page 106.
04:12« Tu étais prête à donner ta vie à la France qui t'avait faite, disais-tu ? »
04:17Exactement.
04:19Et bon, et malgré toutes les vicissitudes, malgré tous les déboires qu'elle a eues,
04:25notamment la fin un peu tragique, mélodramatique de Némy-Lande,
04:30dans ce sanctuaire de fraternité dans le Périgord,
04:32eh bien, elle n'a jamais baissé les bras, est-elle un phénix ?
04:37Elle est renais de ses cendres, elle fait un dernier triomphe à Bobineau avant de s'éteindre.
04:43Elle est morte sur scène quasiment 50 ans jour pour jour.
04:46Quelle femme, quel exemple ?
04:471925, 1960.
04:48Combien d'enfants, déjà, elle a adopté ? Vous faites partie de ses enfants qu'elle a adopté ?
04:51Douze.
04:51Douze.
04:52Moi, je suis le français, le parisien.
04:54Quelle générosité.
04:55Il en fallait un.
04:55Il en fallait un.
04:56Non, mais attention, je précise, maman...
04:59Un dernier mot.
04:59Elle était interdite d'enfanter, malheureusement.
05:02Elle a eu l'héristectomie pendant la guerre, en plus d'une septicémie, en plus d'une pneumonie.
05:08Elle a failli mourir cinq fois, elle a été opérée six fois,
05:11et elle s'est levée de son lit d'hôpital lorsque les alliés ont débarqué en Afrique du Nord.
05:17Et la suite, dans le livre, Lumière noire de nos rêves, de Jean-Claude Bouillon-Béquer.
05:21Merci infiniment d'être venu dans notre studio.
05:22Et elle adorait Paris.
05:24C'est pour ça qu'on va terminer avec cette série.
05:27Merci à tous pour cette émission riche en actualité.
05:38Merci beaucoup, Jean-Claude Bouillon-Béquer d'être venu avec nous.
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