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  • há 3 meses
La Nuit de cristal marque un tournant décisif dans la politique antisémite du IIIe Reich. Second volet : dès le 10 novembre et dans les jours qui suivent, des convois acheminent les 30.000 hommes juifs arrêtés vers les camps de Dachau, Buchenwald et Sachsenhausen, tandis que les pillages et les humiliations se poursuivent.
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00:00Musique
00:30Le 9 novembre 1938, l'Allemagne créait le 15e anniversaire du putsch de la Brasserie, le coup d'État manqué de 1923.
00:39Hitler n'a pas conquis le pouvoir, a-t-il déclaré plus tard, en 1933.
00:44Il a fait de l'échec de ce premier Putsch à un mythe fondateur.
00:48Et du 9 novembre, un jour de fête nationale, la grande messe du régime.
00:54A Munich, avec moi chaque année, pour ses commémorations, tous les dignitaires nazis sont défendantis autour d'Hitler.
01:05Dans une mise en scène grandiloquente et morbide, ils rendent hommage aux 16 morts du Putsch manqué,
01:12élevé en martyr de la cause, dont les noms sont scandalisés toute la journée au passage des défilés.
01:17Ce 15e anniversaire doit être celui du triomphe d'Hitler.
01:34Pendant les mois précédents, il a annexé l'Autriche, puis les Sudètes, accomplissant son rêve d'un grand Reich allemand.
01:42Et face à ces coups d’éclat, les démocraties n’ont pas bougé.
01:45Mais, en ce 9 novembre 1938, le bon déroulement des célébrations est suspendu aux événements de Paris.
01:56Il y a deux jours, le jeune réfugié juif polonais du nom d'Herschel Grinspan a tiré à bout portant sur Ernst von Rath,
02:04le troisième secrétaire de l'ambassade d'Allemagne en France.
02:07Celui-ci est entre la vie et la mort.
02:09Sous l'impulsion du ministre de la Propagande, Joseph Goebbels,
02:18les nazis ont déjà fait de Fomrath un martyr,
02:21dans la lignée de ceux du putsch manqué qu'ils honorent ce jour-là.
02:26Un martyr qui appelle à la vengeance.
02:28La chorégraphie macabre des commémorations annonce alors des jours encore plus des ombres à venir
02:36pour tous les juifs qui vivent sur le territoire du Reich.
02:47À 20 heures, Hitler publie un télégramme annonçant la mort de Fomrath.
02:51Et à ce moment-là, Hitler doit parler.
02:55Je regarde la table avec Joseph Goebbels.
02:57Il y a un moment d'échange très vif entre les deux hommes.
03:01Au moment où ils ont appris cette mort.
03:03Et ensuite, Hitler quitte la pièce.
03:05Si vous n'êtes pas du tout habitué, vous serez censuré dès votre premier discours.
03:08de la longue nuit de commémoration.
03:10Ne reste que Goebbels.
03:12Le ministre de la Propagande, à 20h30, fait un discours.
03:14Il sait qu'il a devant lui tous les Gauleiters, ses chefs régionaux,
03:18tous les directeurs de la SA, tous les directeurs de la SS.
03:21J'ai annoncé la mort de Fomrath et j'ai dit qu'il avait choisi de partir.
03:25Il est impératif que nous organisions des représailles.
03:28Mais il faut faire semblant, il faut puttre en scène
03:30l'idée que ce soit une réponse spontanée du peuple allemand.
03:35Dès qu'il sera passé, voici ce que disent les directeurs de SA
03:41parmi d'autres chefs lorsque je suis parti pour Munich
03:43si vous êtes au téléphone, vous pouvez le lire
03:45et annoncent aux unités de leur district respectif
03:48que l'attaque doit commencer cette nuit.
03:58Les chefs régionaux de la SA, la section d'assaut,
04:02n'utilisez pas d'instructions téléphoniques pour vos subordonnés
04:04du lancer incendies, destructions et violences à la grande échelle.
04:08Dans toutes les villes du Reich,
04:13les SA se tenaient déjà prêtes à passer à l'action.
04:16Donnez aux premiers les ordres reçus,
04:18ils se rusent sur les magasins qu'ils ont déjà identifiés
04:20comme appartenant à des Juifs.
04:22Puis, ils s'en prennent à la synagogue,
04:29l'autre symbole honori de la présence juive en Allemagne.
04:34Dans les salles de prière ou de conférence,
04:37les SA déversent des bouteilles d'essence
04:38qu'ils disposaient achetés et stockés
04:39en prévision de l'action.
04:41Sous-titrage ST' 501
05:11Nous avons donc une dynamique
05:16Ce sont là trois, trois impulsions fortes pour Joseph Goebbels.
05:20Alors, voici une tentative de récupération
05:22paire de vêtements de police SS de Heinrich Himmler
05:25C'est ce que je vous donne une tonne de nouvelle dynamique
05:28et la déterminer.
05:31À 23h55, Heinrich Müller,
05:34chef de la Gestapo à Berlin,
05:36envoyer un télex exigeant de préparer des arrestations.
05:39Textuellement, il écrit
05:42« Il faut organiser un vaste coup de filet
05:44et arrêter 20 000 à 30 000 Juifs. »
05:49À 1h20 du matin, les commandes sont confirmées
05:54pour un double télex du supérieur de Müller,
05:57Reinhard Heydrich,
05:58le chef de la Gestapo pour Tullreich.
06:01Il insiste sur le fait
06:02Que dois-je faire à l'avance ?
06:04les Juifs les plus fortunés
06:05et rajoute qu'il faut choisir prioritairement
06:09Les plus jeunes et ceux en bonne santé.
06:11« Tels étaient les critères sur le papier.
06:17Dans la pratique, c'était totalement différent.
06:21Cela a touché tous les Juifs,
06:23Je ne sais pas comment te le dire. »
06:27À peine les ordres reçus,
06:29Les SS et la Gestapo débarquent
06:31à 3 heures du matin aux appartements,
06:34habitants surprenants Juifs
06:35dans leur sommeil.
06:36Encore en pyjama ou en robe de chambre,
06:41ils portent les stigmates
06:42des brutalités qu'ils ont subies.
06:48Tous étaient munis d'outils
06:50à l'aide de laquelle ils ont échoué
06:52tous ce qui leur tombait sous la main.
06:55Meubles, miroir, fenêtre, porcelaine.
07:00à ma voisine, une vieille dame,
07:03Les SS lui ont mis un marteau dans la main
07:04et elle a du briser elle-même
07:07tous ces objets un à un.
07:10J'ai peine à me figurer
07:11traitement plus cruel et plus pervers
07:12que celui infligé à cette dame.
07:16Mais ce que nous toutes,
07:18Juives femmes, jeunes ou vieilles,
07:20j'ai dû grimper sans bronzer,
07:23j'appelle cellule de l'héroïsme silence.
07:25La SS et la Gestapo
07:38arrêter 36 000 hommes juifs,
07:42davantage même que ne l'exigeaient
07:44les ordres de Müller et Heydrich.
07:45Il y a beaucoup d'improvisation.
07:54L'arrestation massive
07:55constitue un déficit logistique.
07:58Il fallait trouver des endroits
07:59où les personnes arrêtées
08:01Pourraient être détenues
08:02jusqu'à ce que l'on sache clairement
08:04quand et pendant ce camp de concentration
08:06on allait les emmener.
08:07Les hommes arrêtés
08:12sont conduits vers les commissariats.
08:14Et quand les commissariats sont débordés,
08:17sur investir les écoles,
08:18les salles des fêtes,
08:20les caves des immeubles.
08:22À Francfort,
08:23sur les malades dans les bâtiments
08:24du parc des expositions.
08:28À Dingslaken,
08:29on les entasse dans la cour
08:30d'un orphelinat juif,
08:32vidéo de ses enfants.
08:37Au matin du 10 novembre,
08:47Poussé la porte des appartements,
08:50sur découvre les premiers cadavres.
08:51Il y aura 91 décès officiels
09:08pendant cette seule nuit,
09:10sans compter les trois nombreux suicides.
09:13La nuit de cristal,
09:14c'est vraiment le premier pogrom
09:15de l'histoire contemporaine de l'Allemagne.
09:17Il s’agit du premier massacre organisé.
09:19La Gestapo va jouer un rôle.
09:21Les jeunesses hitlériennes vont jouer un rôle.
09:23La police ne doit pas intervenir.
09:26Lorsque les synagogues sont brûlées,
09:29les pompiers ont ordre
09:31de ne pas intervenir s'ils sont baptisés
09:33adjacents sont en feu également.
09:38De longues heures,
09:39Les sapeurs-pompiers sont des tenus prêts.
09:41Mais ils tourneront leur lance à eau
09:43vers les synagogues
09:44qu'une fois cellules-ci calcinées.
09:46Les rires,
09:46les glaces d'occu,
09:47les marchés,
09:47les marchés et les marchés,
09:48les marchés,
09:48les marchés,
09:49Nous avons vu que nous ne pouvions pas faire cela.
09:54Nous ne pouvons pas faire ça.
09:57Nous n’avons pas pu le faire parce que nous ne l’avions pas transmis auparavant.
10:00Et nous sur les doigts de la main.
10:02Je pense que le temple n’insistera peut-être pas.
10:06Nous avons tout cela.
10:07Non, non, non, non.
10:09Je ne sais pas si je ne sais pas.
10:11Les habitants, les habitants, les habitants de la ville de Paris, ne se sont pas laissés retrancher, ici aussi, dans leur abri contre le judaïsme.
10:33Je rejoins totalement Hannah Arendt sur ce point.
10:37Les nazis ont effectivement franchisé l’un des leurs.
10:39Après cela, il n’y a plus de retour en arrière.
10:41Et maintenant, la violence arrive, massive.
10:46Vient maintenant le meurtre, le meurtre calculé, délibéré.
10:50Il n’y a pas de meurtres de rue comme en 1933, mais des meurtres organisés par l’État.
10:58Je vais entrer dans mon hôtel quand je verrai le ciel sans visage.
11:02La synagogue brille, les vitraux reviennent en éclat.
11:05Bravo, bravo.
11:08Les juges doivent sentir une fois pour toutes le courage du peuple.
11:11La violence tend à tout.
11:151400 synagogues brulés en Allemagne et en Autriche.
11:1949, rien que à Vienne.
11:21Mais aussi dans la région des Sudètes, de justes conquêtes.
11:24Des centaines à l'Ouest, dans les régions les plus peuplies.
11:29Et jusqu'en Prusse orientale, tout à l'Est.
11:31Personne en Alemane ne peut ignorer ce qui s'est passé.
11:36Comment réagit la population non-juive à l'incendie des synagogues ?
11:45À Bielfeld, c'est sans équivoque.
11:48Les gens sont assis là et attendent que le dôme s'effondre enfin.
11:51Mais le dôme est très solidement bâti.
11:58Et quand il s'écroule, ceux qui sont encore assis là applaudissent.
12:02C'est un psychiatre qui rigole.
12:12C'est un psychiatre qui rigole.
12:14Au fond, ces gens n'auraient pas un peu cherché.
12:17Etc.
12:18C'est vrai, vous voyez, ce genre de raisonnement.
12:21Et puis, aussi, pas mal de gens, me semble-t-il,
12:25quoi que tu dises, tu interviendras,
12:28mais si j'interviens, que m'arrivera-t-il ?
12:30D'un côté, il y avait de la sympathie pour les personnes persécutées.
12:37Mais de l’autre, il y a une participation à la violence antisémite.
12:43Le pogrom de novembre offrant des possibilités de tirer profit de la situation et de s'enrichir.
12:52Pendant la journée du 10 novembre, les pogroms vont entrer dans une nouvelle phase.
12:57Une partie du mobilier appartenant aux Juifs a été jetée dans la rue depuis les fenêtres des appartements.
13:04Les magasins dont les devantures ont été brisées sont ouverts à tout vent.
13:08Et nombreux sont ceux qui vont en profiter.
13:10Des appartements sont attaqués, des magasins sont pillés, et ce, à plusieurs reprises.
13:22À Berlin, toute la ville est en ébullition.
13:25Sur le chemin du travail, sur le chemin d'une paire de lacets ou d'un paquet de cigarettes.
13:33Beaucoup de rouges en font ça.
13:34Les pillages vont se multiplier et s'intensifier tout au long de la journée.
13:43Piller est pourtant la seule chose que les nazis ont expressément interdite.
13:48À la télévision du voile, à 23h55, Müller est prêt à partir
13:52« Il faut empêcher les pillages et autres actions particulières. »
13:56Et Heidrich le confirme dans le télégramme d'une heure vingt
14:00« Les magasins et les logements juifs ne doivent être que démolis, mais non pillés. »
14:08Sur le terrain, dans la plupart des cas, SS, Police et SA laissent faire,
14:14quand ils ne se servent pas eux-mêmes.
14:16Bien sûr, Goebbels a écrit dans son propre journal.
14:22C'est formidable.
14:23Il parle ensuite de la colère du peuple qui a éclaté.
14:27C'est un terme délicat.
14:29Qu'est-ce que le peuple ? C'est déjà une question difficile.
14:32Mais il a en partie raison.
14:34Pendant ces journées, un espace de non-droit s'ouvre dans cette dictature.
14:38Et dans cet espace, on peut faire ce qu'on veut, du moment que c'est contre les Juifs.
14:44On peut voler, on peut piller, on peut incendier, on peut marauder, on peut humilier les gens.
14:52Trop de personnes entrent dans cet espace de non-droit et y participent activement.
14:58Donc, danse ce sens, il a raison.
15:01Mais la colère du peuple, c'est une expression presque lyrique.
15:04Mais c'est tout sauf les riques. C'est juste sournois et méchants.
15:14Dans beaucoup de villes, les autorités locales ont fermé les écoles et donné quartier libre aux enfants.
15:20Pour leur permettre de se mêler, eux aussi, à l'agitation ambiante et à la frénésie des adultes.
15:34Peu importe que quelqu'un loue des synagogues ou des maisons communautaires par curiosité, pour s'amuser,
15:56ou pour récupérer quelques objets de culte ou de valeur.
16:04Ce n'est pas la première fois que l'on prend des pilules et que l'on se rassemble au milieu des rues ou au centre des places,
16:10est enflammé dans de grands bûchers, symbole de l'anéantissement de la vie juive en Allemagne.
16:15Si les nazis ne persuadent pas, c'est qu'ils essaient encore plus de faire pression sur les juges, ils veulent se débarrasser,
16:30alors ils quitteront ce pays. C'est leur levier, en quelque chance.
16:33D'où le pogrom ?
16:36Pour exercer la violence.
16:39Pour que les juifs et les juifs d'Allemagne comprennent qu'ils doivent quitter le pays.
16:45Pour que les juifs et les juifs d'Allemagne comprennent qu'ils doivent quitter le pays.
17:15Il règne un grand silence.
17:18Pour les juifs, il est clair que plus personne ne les aidera.
17:21Pas même contre cette nouvelle vague de violence, plus intense que les précédentes.
17:25Dès le 10 novembre après-midi, Goebbels prend la parole à la radio et dit
17:34« Maintenant, ça suffit. Les dégâts sont trop importants. »
17:38Le plus souvent, lorsque vous créez une zone de non-droit,
17:40il ne suffit pas de siffler pour que les gens sortent d'eux-mêmes immédiatement.
17:44« Le contrôle n'est pas aussi complet qu'il le faudrait pour que tout s'arrête de direc
17:50« Vous devez déposer les armes tout de suite », en l'occurrence les matraques. »
17:59« Dans les jours qui suivent la nuit de Cristal et cette violence,
18:05Goebbels a une place centrale et il essaie, comme il le fait depuis quelques jours,
18:10de contrôler l'ensemble de l'information auteur de l'événement.
18:13Et donc sur des ordres très précis où, par exemple,
18:15il donne l'instruction à tous les organes de presse allemande
18:19de ne pas trop en parler, d'en parler en page 3.
18:23Elle interdit également les photographies.
18:25« Pourquoi Goebbels interdit la publication de photos ? »
18:34« Ce qui est pertinent pour les enseignants de Sauront
18:37que ces photos ne montrent que de simples débris de verre.
18:39Ils n'ont aucun sens. C'est absurde.
18:43Ils ont vu la violence. Ils n'ont qu'à tourner au coin de la rue.
18:47Dans presque une maison sur trois ou sur quatre,
18:50quelqu'un a été arrêté et déporté.
18:51Ne publiez pas de photo du parcours de Forstendam avec quelques lumières d'été au soleil,
18:57ce serait ridicule. »
18:59« À ce moment-là, en novembre 1938,
19:06tout le monde était au courant du sort réservé aux Juifs en Allemagne.
19:10L’ampleur de la violence est à la fois visible et visible.
19:13Les camps de concentration étaient des lieux de terreur
19:18dont tout le monde avait connaissance.
19:22Les convois partaient sous les yeux de tous.
19:25Et le fait que si peu de personnes s'y soient opposées
19:27C'est un supplément d'humiliation pour les persécutés. »
19:33« Qu'est-ce qui fait le plus mal ? »
19:35On peut se poser la question pour quelqu'un qui habite dans un quartier,
19:37pour un juif allemand qui habite dans un quartier depuis dix ans,
19:39C'est ainsi que vous voyez un SS en uniforme arriver à l'entrée
19:41ou de voir ses anciens voisins participer à ces rituels-là.
19:45Donc là, on voit toute la combinaison de la communauté du peuple,
19:48la Volksgemeinschaft, en train à construire
19:50sur le dos de l'ennemi intérieur.
19:53C'est en ça que ce n'est pas simplement une politique d'État.
19:56C'est également le cas des rituels locaux
19:58qui construit l'expulsion des Juifs
20:01d'un environnement soumis à pleinement acceptés
20:04après les dizaines d'années.
20:08Une langue gamme de camions était arrêtée.
20:10On nous entassa comme des bestiaux sous les teintes de la populace.
20:14Il s'agissait de monter dedans le plus vite possible.
20:17Ceux qui n'y arrivaient pas étaient passés à tabac.
20:19Nous avons pris la route pour un voyage qui nous a paru interminable.
20:25Quoi qu'il en soit, le camion est prêt.
20:28Dehors, bande de cochons.
20:31Nous étions arrivés à Buchenwald.
20:37Entre le 10 et le 13 novembre,
20:39plus 100 transports entre acheminés et Buchenwald.
20:4410 000 hommes en tout.
20:46A votre arrivée, les prisonniers au premier étage.
20:50Puis, les SS les fichent, un par un,
20:53et les dépouillent des quelques objets de valeur qu'ils avaient emportés avec eux,
20:57jetés en tas ou dans de grandes marmites prévus à cet effet.
21:01Même procédure pour les 10.000 autres hommes qui sont emmenés à Dachau.
21:06Et les 10 000 encore, qui arrivent à Sachsenhausen.
21:10Ces trois camps de concentration sont créés pour les SS d'Einrich Himmler
21:14et Reinhard Heidrich.
21:15Aucun des camps n'est organisé pour accueillir un tel afflux de prisonniers.
21:21Les baraquements ne sont pas en nombre suffisant.
21:24Alors, les SS obligent les hommes juifs à rester debout,
21:28en rang, dans la cour du camp,
21:30jour et nuit, dans le froid, de ce mois de novembre.
21:32Dans les trois camps de concentration,
21:38les prisonniers ont subi des souffrances inimaginables.
21:42Abus,
21:44violence physique,
21:45passage à tabac.
21:48Les hommes juifs conduits à Buchenwald
21:49soulignant une poussée de violence
21:52entre le 10 et le 14 novembre,
21:54qu'ils qualifient de « semaine du meurtre ».
21:57Nous devions scanner des heures du rang.
22:03Nous sommes coupables du meurtre de Vomrat.
22:05Nous sommes les destructeurs de la civilisation allemande.
22:10Et si on ne criait pas fort,
22:11on avait droit à des coups de cravache.
22:15Et à chaque déplacement dans le camp,
22:17nous étions forcés de passer entre deux rangs d'ESS
22:19qui nous donnions copyusement des coups de bottes au passage.
22:22Un homme est en train de tomber en syncope.
22:26Lorsque l'on a bougé le corps,
22:28on s'est aperçu qu'il était mort.
22:30« Pas grave », a dit l'ESS.
22:32« Tu viens à moi, je ne pense jamais ainsi. »
22:37Buchenwald connaît sa première épidémie de typhus
22:42à la suite du pogrom de novembre.
22:46C'est le moment où un crématoire à quatre étages est construit
22:48au sein même du camp.
22:49Les cadavres n'ont pas plus de transferts par rapport à un crématorium municipal
22:52Car le nombre de morts est si élevé
22:55qu'on a besoin de les incinérer sur place.
23:03Loin des camps, dans les villes,
23:05les Juifs qui n'ont pas été arrêtés et déportés
23:08sont eux aussi soumis aux humiliations nazies.
23:11On les force à se déblayer eux-mêmes
23:13les éclats de verre des vitrines brisées
23:15et à effacer ainsi les traces des pogroms.
23:19Car il est maintenant temps de ramener l'ordre et le calme,
23:23le Rue und Ordnung, si cher aux Allemands.
23:28Les policiers sont enfin postés dans les boutiques
23:31qu'on barricade pour empêcher de nouveaux pillages.
23:35Les assureurs viennent constater l'ampleur des dégâts
23:37pour évaluer le montant des réparations.
23:40Mais ce sera inconcevable pour les nazis
23:42que les assurés ariens soient contraintes de payer
23:44pour rembourser les dommages causés aux Juifs.
23:46Pire, pour réparer les fenêtres,
23:52il devrait importer du verre,
23:53principalement fabriqué en Belgique,
23:55de quoi faire plus longtemps dans le rouge
23:57la balance commerciale des pays.
24:00Chez Allianz,
24:02la plus grosse compagnie d'assurance d'Allemagne,
24:04en fait les comptes.
24:06La démonisation des dommages
24:08coûterait des fortunes à la compagnie.
24:10Édouard Dilgaard,
24:12plus un membre senior de la direction d'Allianz
24:14et président du groupe des assurances du Reich,
24:16s'en plaint à Hermann Göring.
24:19Göring est en charge de trois plans de dépenses de 4 ans
24:21pour préparer l'Allemagne à la guerre.
24:24Le titulaire Goebbels est responsable de ces programmes
24:26et considérons que par son action,
24:29il entraîne la destruction de ressources précieuses
24:31Les nazis n’ont pas un besoin vital.
24:34Hitler a ordonné à Göring de reprendre le contrôle principal
24:36et d'organiser et centraliser la spoliation des Juifs.
24:40Alors, deux jours seulement après les pogroms,
24:44Göring convoque un grand accusé.
24:46Sont présents les ministres des Finances et de la Justice,
24:49représentants de la Reichsbank
24:51et le président des assurances allemandes,
24:53même si Reinhard Heydrich et Joseph Goebbels,
24:56auquel Göring s'oppose immédiatement.
25:01Göring affirme que c'est maintenant qui est le plus responsable.
25:06C'est quoi cette merde, si je peux m'exprimer ainsi ?
25:09Il aurait mieux valu tuer quelques personnes de plus
25:11et ne pas détruire autant de choses.
25:13C'est son argument.
25:14Il aurait mieux valorisé de tuer 200 Juifs au lieu de 100,
25:17le chiffre circule déjà,
25:19plus détruire beaucoup moins.
25:20C'est bien sûr son travail.
25:21Il est super ministre de l'économie,
25:23il voit les dégâts qui ont été causés.
25:25Mais le moment décisif qui a suivi ce pogrom,
25:31et c'est à mon avis le moment le plus perfide,
25:34Il s'agit d'une mesure expiatoire pour les pertes causées par la nuit
25:38que Göring a inscrit dans le procès verbal du défendeur.
25:42Les dégâts s'élèvent probablement à près de 100 millions de Reichsmark.
25:46Et cette taxe, cette mesure d'expiation,
25:51doit maintenant être imposée aux Juifs.
25:54C'est à eux de payer ces millions.
25:58Cette taxe sur la fortune des Juifs,
26:00c'est une pratique vraiment moyenâgeuse.
26:03Mais il sauve les finances du Reich allemand
26:05et elle finance de nouvelles armes.
26:10Göring fixe arbitrairement le montant de cette mesure de réparation
26:13à 1 milliard de Reichsmark.
26:16Une somme énorme qui y a contribué
26:19à 6% du budget annuel de l'État.
26:23Et s'y ajoutent les 225 millions de Reichsmark d'indemnité
26:27qui aurait dû être payées par les assurances aux victimes juives,
26:31mais qui sont versées directement dans les caisses du Reich.
26:36Göring pourrait s'en satisfaire,
26:38mais le moment est propice pour débarquer le plus loin possible
26:41la spoliation des Juifs.
26:43C'est le début de la promulgation d'une ordonnance
26:47pour l'élimination des Juifs de la vie économique allemande.
26:50Toutes les entreprises et tous les magasins détenus par les Juifs
26:53devra être cédés à de nouveaux propriétaires ariens.
26:59L'intégralité du montant de ces ventes
27:01À l'heure actuelle, c'est aussi une contribution à l'État.
27:05Reste à savoir qui aura la charge de ce vol à grande échelle.
27:08C'est à ce moment-là que Rainer Heidrich apparaît et dit
27:15« Je l'ai déjà fait à Vienne, je peux le refaire ».
27:18Voilà comment l'Office central du Reich pour l'émigration juive
27:22à vu le jour.
27:23À partir d'avril 1938, soit six mois avant les pogroms,
27:30Göring avait rendu obligatoire l'enregistrement des biens juifs.
27:34Tout était déjà prêt pour la spoliation de masse.
27:36L'Office central du Reich pour l'émigration juive
27:41va trouver ta relation pour ton juste payer
27:44et les obliger à partir.
27:51Et il ne s'agit plus d'une immigration volontaire,
27:54mais d'une expulsion orchestrée par l'État par le biais du vol,
27:57de violence, d'intimidation,
28:00qui a commencé après 1938, après le pogrom.
28:03Avec un certain succès d'ailleurs.
28:10Les jours et les semaines suivantes,
28:12les ordonnances se succèdent pour dépouiller les juifs.
28:16Les titres, argent comptant, bijoux, objets divers de grandes valeurs,
28:20automobiles, fourrures, vetements, etc.,
28:22disponible uniquement pour envoi à un service compétent.
28:25Le traitement des questions concernant ces valeurs
28:27ce sera exclusivement pour le resort de la Gestapo.
28:30Signé Heidrich.
28:33Dans la manière dont les nazis exploitent la nuit de cristal,
28:36on voit un cas typique qui est le mépris du droit
28:39et de la loi par les nazis,
28:41Considéré puisqu'ils, et ça après 1933,
28:44qu'on peut appliquer des lois, par exemple, rétroactivement.
28:47Et ça, de ce point de vue-là,
28:49la nuit de cristal est paradigmatique.
28:51Un événement, une transgression,
28:54l'inscription de la légitimité et de la légalité
28:57de cette transgression dans la loi,
28:59trois jours plus tard, un mois plus tard.
29:00Et donc ça, c'est vrai que c'est un cas classique.
29:02Les nazis réagissent et codifient
29:04Leurs pratiques de violence après coup d’État
29:06en les légitimant.
29:07Sur cette preuve d'un système
29:09qui a abandonné la dernière étape
29:11depuis de nombreuses années.
29:12Le vol légalisé ne s'arrêtera pas la.
29:18Et tous les petits objets,
29:20meubles ou vanités,
29:22les miettes que les Nazis ont laissées de côté,
29:25n'aidera pas à pourvoir les postes publics,
29:27toujours au profit de l'État.
29:2917 novembre,
29:575 jours après la fin des pogroms,
30:00la dépouille d'Ernst von Rath
30:02est rapatriée de France.
30:04Des centaines de millions de personnes
30:06ont été massées sur le passage du convoi
30:08et 50 000 autres devant la Rhein-Alle de Düsseldorf
30:11pour célébrer en martyr du nazisme
30:14le modeste troisième secrétaire d'ambassade.
30:16Pendant toute la durée des pogroms,
30:20Hitler est resté étonnamment silencieux.
30:24Et aux obsèques de von Rath,
30:25il n'intervient toujours pas.
30:27C'est le ministre des Affaires étrangères,
30:29Joachim von Ribbentrop,
30:31qui se charge du discours d'hommage.
30:32La question du silence d'Hitler
30:36entre le 7 et le 17 novembre
30:38est en fait un trois grands classiques
30:40dans la pratique de la dictée.
30:44Et Hitler est un dictateur charismatique,
30:46c'est-à-dire que ce qui nourrit sa domination
30:49n'est pas tellement ce que lui fait,
30:52mais ce que les gens pensant qu'il fait.
30:54Et donc, moins il agit,
30:56plus il a de charisme.
30:58En second lieu,
31:00on ne peut pas exclure
31:01que Hitler décide de ne pas réagir
31:04et de ne rien dire,
31:05pour ne pas donner de prétexte,
31:07d'une part à la communauté étatique internationale
31:11et de l'autre à ces camps juifs
31:16complètement fantasmés
31:17que serait le camp stalinien d'un côté
31:19et le camp capitaliste de l'autre,
31:21intervenir ou mettre en place
31:22des politiques de représailles.
31:28Les États-Unis sont les premiers à réagir.
31:35Roosevelt s'indigne effectivement.
31:37J'ai du mal à croire que de telles choses
31:39pouvoir se passer dans une civilisation
31:40du XXe siècle.
31:42Il sera le seul chef d'État
31:44à rappeler son ambassadeur.
31:47L’opinion publique s’agite aussi.
31:50Et dans les grandes villes,
31:50les manifestations se multiplient,
31:53mais une lourde ambiguïté demeure malgré tout.
31:55L'opinion publique américaine
31:58beaucoup d'empathie pour les réfugiés,
32:01mais n'est pas prêt à ouvrir les portes de l'Amérique.
32:03Et il y a d'ailleurs un probe
32:05C'est parfait juste après la nuit de cristal.
32:07À 94 %, les Amériques sont absentes
32:09Je ne peux pas approuver les mesures antisémites
32:11après la nuit de cristal.
32:13La deuxième question, c'est
32:15« Vous êtes prêt à profiter de
32:16de réfugiés juifs sur le territoire américain ? »
32:1971% disent non.
32:23Le Congrès américain refuse toujours la fermentation
32:26toute augmentation des quotas de réfugiés.
32:29Ils n'avaient pas bougé quatre mois auparavant,
32:31lors de la conférence des viants.
32:33Ils ne bougeront pas plus
32:34après la violence des pogroms de novembre.
32:36Roosevelt réussit tout juste
32:41à contour le Congrès et son opinion publique
32:43autorisant 12 000 juifs
32:45ça ressemble à du déjà sur le territoire américain
32:47avec des visas de visiteurs
32:49pour y rester,
32:51Réflexions sur la dernière décennie
32:52les renvoient en Allemagne.
32:56À Paris, le gouvernement
32:58ne prend aucune position officielle.
33:01La nuit de cristal intervient
33:03en plein rapprochement franco-allemand
33:04cela n'arrive même pas avant le renouvellement.
33:07Et le 6 décembre 1938,
33:10les ministres des Affaires étrangères
33:11Ribbentrop et Bonnet
33:13signez une déclaration d'amitié commune.
33:16En coulisses,
33:18la question des réfugiés juifs est abordée.
33:20Bonnet plaignant à l'Allemagne
33:21trouver une solution en ligne
33:23pour en stopper l'afflux.
33:26Mais ce ne sera jamais une allusion à la réalité.
33:28aux horreurs qui ont eu lieu en Allemagne
33:30moins d'un mois plus tôt.
33:32Je voudrais tout d'abord saluer
33:34M. le ministre des Affaires étrangères
33:38du Reich allemand
33:40que nous sommes très heureux d'accueillir.
33:45Au Royale-Uni,
33:47Chamberlain est contraint
33:48par la Chambre des communes
33:49d'exprimer officiellement
33:50l'indignation du fils face au pogrom
33:52Jeudi, j'ai lu six semaines plus tard
33:54après qu'il a promis
33:55une paix durable pour le monde
33:57en signe des accords de Munich.
33:58Il convient de noter
34:04que la Grande-Bretagne,
34:05Par exemple,
34:07temporairement modifié
34:08sa politique très rigide
34:10en matière de réfugiés
34:11et l'immigration
34:12à la suite du pogrom de novembre.
34:14L'opération de sauvetage
34:17du transport des enfants
34:18ainsi permis
34:20à environ 10 000 filles et serveurs
34:22trouver refuge
34:23outre-manche.
34:23Le premier convoi
34:29du transport des enfants
34:30quitter Berlin
34:31trois semaines
34:32après les jours de pogrom.
34:34196 enfants débarquent ainsi
34:36dans le port d'Arwitz
34:37dès le 2 décembre.
34:41Tous viennent d'un orphelinat juif
34:42de Berlin
34:42qui a été détruit
34:43pendant la nuit de cristal.
34:47Chamberlain et son gouvernement
34:48ont accepté l'organisation
34:49des transports
34:50à la condition express
34:52qu'il ne s'agisse que
34:53d'enfants et d'adolescents
34:54jusqu'à 17 ans
34:55non accompagnés
34:56de leurs parents.
34:58Il est hors de question
34:59d'accueillir des familles entières
35:00qui pourraient s'installer
35:01durablement dans le pays.
35:03Il est entendu
35:04que ces jeunes
35:05ont vocation
35:05à retourner en Allemagne
35:07une fois la crise passée.
35:11À leur arrivée,
35:12les enfants sont amenés
35:13dans une colonie de vacances
35:14où ils sont nourris
35:15et hébergés.
35:18En attendant d'être accueilli
35:19dans une des nombreuses familles
35:21qui sont des portes volontaires,
35:23l'immense majorité
35:25de ces 10 000 enfants
35:26ne reverront jamais
35:28leurs parents.
35:36Pendant que mon père
35:37était encore de concentration,
35:39ma mère a tout essayé
35:40pour le faire sortir.
35:42Le comité juif
35:43lui a conseillé
35:44de nous envoyer,
35:45ma soeur et moi,
35:46en Angleterre
35:47par un convoi
35:48partant de Berlin.
35:49Cette terrible décision
35:51le repos
35:52sur ses seules épaules.
35:53Mais que faire d'autre ?
35:55Elle nous a laissé partir
35:56sans savoir
35:56ce que nous allons devenir.
35:59Sans connaissance
35:59s'il nous reverrait un jour.
36:02Ma sœur avait 8 ans
36:03et moi 10.
36:05En Allemagne,
36:11nombreuses sont les femmes juives
36:12qui doivent faire face
36:13aux mêmes choix dramatiques.
36:15Garder leurs enfants
36:16auprès d'elles,
36:17mais les exposer
36:18violence à la nazie
36:19ou se séparer d'eux
36:20pour les mettre à l'abri.
36:22En Angleterre,
36:24mais aussi en Belgique,
36:25en Suisse,
36:26aux Pays-Bas,
36:28en France.
36:29En les envoyant
36:30à l'étranger,
36:31elles peuvent alors
36:32consacre toute ton énergie
36:33à tenter de faire libérer
36:34tes hommes
36:35enfermés dans les camps.
36:41La condition
36:42pour être libérée
36:43des camps de concentration
36:44était l'émigration.
36:47Et cela a changé
36:48le rôle des femmes juives
36:49à cette époque.
36:51Le pogrom de novembre
36:52un conduit les femmes juives
36:53à être catapultées
36:55vers de grandes responsabilités,
36:57presque du jour au lendemain.
37:00Elles sont les combattantes
37:01pour la libération des hommes.
37:03Ce sont elles
37:04qui doivent se battre
37:05face aux autorités,
37:07affronter les policiers,
37:08se débrouiller seules
37:09dans la jungle administrative
37:10pour obtenir le droit
37:12émigrer,
37:13organisateur les visas,
37:15faire la queue
37:15devant les consulats,
37:16les ambassades
37:17ou acheter les billets
37:19en bateau.
37:24À ceux qui peuvent prouver
37:25qu'ils ont entreprise
37:26des démarches nécessaires
37:27émigrer,
37:28les nazis imposants
37:29une dernière formalité
37:30avant d'être libérés.
37:31Signer un acte
37:33les engageants
37:34à ne pas parler
37:35de leur détention
37:35et reconnaître
37:37qu'ils n'ont subi
37:37aucun mauvais traitement.
37:40Cet acte est,
37:41à mes sens,
37:41la quintessence
37:42d'affirmation
37:43du pouvoir
37:44du répresseur
37:45sur l'opprimé.
37:46C'est-à-dire qu'on lui dit
37:47" Maintenant,
37:48tu diras
37:49que tu as été bien traité
37:50et tu vas promettre
37:52que tu vas le faire
37:52et je vais te forcer
37:53pour te promettre. »
37:54Donc, on affirme,
37:55en faisant ça,
37:55on performe du pouvoir.
37:57Et de l'autre côté,
37:59ce qui est intéressant,
38:00c'est qu'évidemment,
38:01on sait très très bien
38:02que cette promesse
38:04ne sera pas tenue.
38:05Et c'est très exactement
38:07ce que l'oppresseur
38:08assister à l'oppresseur.
38:10Qu'il fasse circuler
38:11la terreur
38:12au sein de la société.
38:14Ce mécanisme
38:14est un mécanisme
38:15qui est une marque
38:17de fabrication
38:17du système
38:18concentrationnaire allemand
38:19au moins jusqu'en 1940,
38:211941.
38:22Les gens sortent.
38:24Quand ils sortent,
38:24ils racontent.
38:25Quand ils racontent,
38:27leur font circularer
38:27la terreur.
38:28Il a suffi
38:34de quelques semaines
38:35pour que la nuit
38:36de cristal s'estompe
38:37et ne soit plus
38:38qu'un pâle souvenir
38:39dans la conscience populaire.
38:41C'est ainsi
38:42que le grand historien
38:43du nazisme,
38:44Jan Kerschow,
38:45décrit l'état d'esprit
38:46des Allemands
38:47ce Noël 1938.
38:48Le temps de la séparation,
38:52apartheid
38:53entre Juifs et Ariens
38:54est dépassé.
38:56Maintenant,
38:56les juges
38:57doivent disparaître
38:57d'Allemagne.
38:58Mes enfants aiment,
39:03je l'ai
39:04la nuit d'aujourd'hui
39:05hier zusammengeholt
39:07und damit ihr begreift,
39:09dass ihr alle
39:10en allemand
39:11Mädels und Jungens
39:13zusammenhalten müsst.
39:15Tous les,
39:16était euch aujourd'hui
39:17gegeben und geschenkt wird,
39:18euch gegeben et geschenkt wird
39:20von unserem großen Führer,
39:22dessen Coeur
39:23gerade für seine Jugend
39:24am stärksten schlägt.
39:26Le maréchal Göring
39:31peut célébrer
39:31le grand tournant
39:32de 1938.
39:34Maintenant,
39:35les nazis
39:35préparera
39:36la population
39:36à la prochaine étape.
39:38La guerre,
39:39inéluctable,
39:39désir
39:40et forcément victorieuse.
39:44Au même moment,
39:46ce soir de Noël 1938,
39:49l'universitaire juif allemand
39:50Viktor Klemperer
39:51écrit dans son journal
39:53Pour la première fois
39:57après les débuts
39:57du Troisième Reich,
39:59Noël est totalement
40:00déchristianisé.
40:02Le Juif Jésus,
40:04les prêtres
40:04et tout ce qu'il y a
40:05d'humain en général
40:05ont disparu.
40:11Il y a un an,
40:12j'écrivais que nous avions
40:13atteint le sommet
40:13de désolation
40:14et de l'insupportable.
40:17Mais tout,
40:18après les débuts
40:19de l'année 1938,
40:21a été de mal en pire.
40:23L'invasion de l'Autriche,
40:25puis en septembre
40:26l'espoir déçu
40:27d'une guerre
40:27qui nous aurait sauvés.
40:30Et pour finir,
40:31le coup décisif,
40:32l'affaire Greenspan.
40:35Mais je me garderai bien
40:36d'affirmer prématurément
40:37c'était
40:38que nous avons atteint
40:39le dernier cercle
40:40de l'enfer.
40:42Ne nous y trompons pas,
40:44dans quelques mois
40:45ce sera notre fin.
40:47Ou la leur.
40:53Ce qui était auparavant
40:58une tentative
40:59d'émigration
41:00à peu près ordonnée,
41:02s'est transformée
41:03dans un instant
41:03massif d'exode
41:05et de panicique.
41:07Après le pogrom
41:09Novembre,
41:10il fallait essayer
41:11de sauver sa peau,
41:12coûte que coûte.
41:13Pour obtenir
41:18les papiers nécessaires
41:19à l'immigration,
41:20il faut affronter
41:21la bureaucratie nazie,
41:22mais aussi celle
41:23des ambassades des pays
41:24qui maintiennent
41:24leurs frontières fermées.
41:27La chance sourit
41:27à certains
41:28qui est procuré
41:29votre visa
41:29dès les premiers jours
41:30suite aux pogroms.
41:32Mais pour le plus grand nombre,
41:33l'attente se prolonge
41:34et les démarches
41:35s'éternisent
41:36toute l'année 1939.
41:40Les familles ou couples
41:41doivent faire le choix
41:42séparer
41:42parfois le mari
41:44risquant de retourner
41:45au camp
41:45partie en premier
41:46dans l'espoir
41:48d'être rejoint.
41:51Nombreux sont ceux
41:52qui décide
41:52de ne pas attendre
41:53et monter clandestinement
41:54à bord des trains
41:55dont ils n'ont pas
41:56forcément choisi
41:57la destination
41:58ou traversent à pied
41:59les frontières terrestres.
42:03Tous les ports européens
42:04de la Manche
42:05et l'Atlantique
42:05sont assaillis
42:06par ceux qui tentent
42:07de rallier l'Angleterre
42:09ou les États-Unis.
42:09Marseille voit arriver
42:13des flots de réfugiés
42:14qui assiste
42:15pouvoir embarquer
42:16dans un bateau
42:16leur permettant
42:17de quitter l'Europe
42:18vers le Maghreb,
42:20le Proche-Orient
42:20et la Palestine.
42:22Une centaine de familles
42:26les juifs arrivent
42:27en Palestine
42:28à bord du Mariette Pacha
42:29de la Société
42:30des Messageries Maritimes.
42:32La plupart sont
42:33dans un dénuement absolu
42:34les lois du Reich
42:36interdisant aux juifs
42:37le transfert de leurs biens.
42:39Les associations sionistes
42:40accueillent ces malheureux
42:41et leur donnent
42:42les moyens
42:43de refaire leur vie.
42:43Dans ce sauf-qui-peu général,
42:54150 000 juges
42:55ira
42:56après les pogroms,
42:58soit autant
42:58en quelques mois
42:59que pendant l'ensemble
43:00cinq ans
43:01qui ont précédé
43:02depuis la prise du pouvoir
43:03par les nazis
43:04de 1933 à 1938.
43:08Toutes les grandes villes
43:09à l'ouest de l'Europe
43:10doivent faire face
43:11à cet afflux
43:12des réfugiés.
43:17À Paris,
43:19les réfugiés juifs
43:20sont pris en charge
43:20à l'asile
43:21et crèche israélite
43:22de Montmartre.
43:24Là,
43:24le comité d'assistance
43:25réfugiés
43:26accueille les familles,
43:28adultes et enfants.
43:32Il leur offre
43:32assistance juridique
43:34pour leur permettre
43:34de rester en France
43:35et fournit argent,
43:38vêtements
43:38et refuge
43:39à ceux qui n'ont plus rien.
43:40À Londres,
43:43ce sont des associations
43:44d'entraide juive
43:45comme le Board of Deputies
43:46des Juifs britanniques
43:48qui vont tout faire
43:49pour faciliter
43:49l'accueil des réfugiés,
43:51écriteux en allemand
43:52et bienveillant
43:53s'exprimant dans leur langue.
43:54Vous êtes dans le train d'un visum
43:56et écriteux ?
43:57Oui, je suis en train d'un visum
43:58parce que j'ai dû flûter.
44:00J'étais cinq semaines
44:01en prison
44:02et j'ai dû
44:02dans les 24 heures
44:04à Wien verlassen.
44:06Et j'ai dû
44:06à travers la grenze,
44:08à travers eux
44:08des Vordes-Berges,
44:10avec ma femme.
44:14Et c'est-à-dire
44:14à 5 heures du matin,
44:16où je vais
44:16non trouvé
44:17pas de l'accueil des
44:18Poutre de Grenz.
44:19Pris dans ce tourbillon
44:24de fuite et d'exode,
44:26les récapitulatifs
44:27des pogroms
44:27peuvent être entraînés
44:28jusqu'au bout du monde,
44:30en Chine.
44:32Voiture Shanghai,
44:33ville ouverte,
44:34occupée par les Japonais,
44:36n'exige ni visa,
44:37ni preuve
44:38de moyens de subsistance.
44:40Un simple
44:40laisser-passer suffit,
44:42sans autre formalité.
44:44Pour des Juifs
44:44qui n'ont trouvé
44:45aucun autre problème,
44:47Shanghai aussi,
44:48improbable soit-elle,
44:49il s'avère que
44:50la solution.
44:52Alors ils débarquent
44:52dans cette ville lointaine
44:53dont ils ne savent rien,
44:55totalement démunis,
44:57dépouillés de tout
44:57par les nazis.
44:59Des familles juives locales
45:00et associations
45:01caritatives américaines
45:03leur fournir
45:04ouvrir,
45:04vêtements
45:05et nourriture.
45:06Dans les mois
45:07qui suivent les pogroms,
45:0818 000 Juifs allemands
45:10et autrichiens
45:11trouvent ainsi
45:11une terre d'asile
45:12à Shanghai.
45:17Ils vont y mener
45:18une vie précaire
45:19et inconfortable
45:20au cœur
45:22d'un des quartiers
45:23les plus pauvres
45:24de la ville,
45:25subsistant tant bien
45:26quelle honte
45:27des petits métiers.
45:29Certains parviennent
45:29à ouvrir des boutiques,
45:31des délicats sains
45:32comme au pays
45:32ou pour monter
45:34ateliers
45:35qui permet
45:35aux autres
45:36d'y trouver un emploi.
45:38Écoles
45:39sont créées
45:39pour les plus jeunes
45:40et al
45:41ils s'installent
45:42petit à petit
45:42dans un pays
45:43ne sois pas sûr
45:44ils ne connaissent
45:45ni la langue
45:45ni la culture
45:46mais qui les tient
45:47enfin ouvert
45:48loin des violences
45:49Les nazis.
45:52On ne mesure pas
45:53assez de courage
45:53des gens
45:54qui ont dû partir
45:55c'est un déracinement
45:56c'est une amputation
45:57c'est pas qu'on tourne
45:58une page
45:58c'est qu'on ferme le livre
45:59quand on part d'Allemagne
46:00c'est un
46:02considérable
46:03qu'on n'a peut-être
46:04non mesuré
46:05à sa juste valeur
46:06parce qu'on l'évalue
46:06souvenir
46:07au regard
46:08de ce qui va se passer
46:09après
46:09au regard
46:10d'extermination
46:10au regard
46:11de la Shoah
46:11donc il est certain
46:12qu'ils ne vont pas
46:13perdre leur vie
46:13encore une partie
46:14c'est un
46:15terrible
46:16qu'on ne mesure pas
46:17forcer
46:17parce qu'on connaît
46:18la suite de l'histoire.
46:20En mai 1939
46:22d'autres rescapés
46:23des pogroms
46:24cherchent ainsi
46:24asile à Cuba
46:25ils sont 937
46:27à revoir
46:28blocs à bord
46:29du paquebot
46:29Saint-Louis
46:30dans le port
46:30de La Havane.
46:33Face à l'afflux
46:33réfugiés
46:34qui les ont précédés
46:35le gouvernement
46:36leurs déchets
46:37maintenant
46:37l'accès au pays
46:38entre les membres
46:40d'eux-mêmes familles
46:40les espoirs
46:41de retrouvailles
46:42sont brisés.
46:44Ceux qui sont arrivés
46:45auparavant
46:45par d'autres navires
46:46direct doivent
46:47adieu à leurs proches
46:48restés à bord
46:49du Saint-Louis.
46:522 juin 1939
46:54le navire est contraint
46:55de quitter la Havane
46:56et met le cap
46:58sur les États-Unis.
47:00Mais les autorités
47:01Américaines
47:02toujours aussi inflexibles
47:03ne dérogeront pas
47:05votre politique
47:05des quotas.
47:07Refoulé
47:07le navire
47:09n'a d'autre choix
47:10celui du partage
47:11en direction de l'Europe
47:12pour allier
47:13son port d'attache
47:14à Bourg
47:15en Allemagne.
47:19Vous imaginez
47:20qu'à bord du Saint-Louis
47:21l'atmosphère
47:22n'est plus la même
47:23que dans l'autre sens.
47:24Déjà
47:25dans le sens
47:25à Bourg
47:26La Havane
47:27il a fallu
47:28quand même
47:28se décomposer
47:29progressivement
47:30de plusieurs années
47:31des persécutions
47:32à l'essai
47:33faire revivre
47:33aussi normalement
47:34c'est possible
47:35à bord du bateau.
47:36
47:36la traversée
47:37dans l'autre sens
47:37ils pensent tous
47:38qu'ils vont repartir
47:39vers une mort certaine
47:40en tout cas
47:41pour les hommes.
47:42Eux ne peuvent pas
47:42retourner en Allemagne.
47:43S'ils retournent en Allemagne
47:44c'est le retour assuré
47:45dans un camp de concentration
47:46où ils seront torturés.
47:54Après plus d'un mois
47:55d'errance en mer
47:56Saint-Louis
47:57accoste à Anvers
47:59le 17 juin 1939.
48:02La Grande-Bretagne
48:03les Pays-Bas
48:04Belgique
48:05et la France
48:05ont finalement
48:07accepté
48:07d'accueillir
48:08réfugiés
48:09et de leur éviter
48:10aussi
48:11un retour en Allemagne.
48:14Quand les passagers
48:15de Saint-Louis
48:15débarquer
48:16la guerre
48:16semble déjà
48:17inéluctable.
48:19Hitler un envahisseur
48:20Tchécoslovaquie
48:21trahissant une nouvelle fois
48:23la parole donnée
48:24et tout le monde
48:25à bien compris maintenant
48:26qu'il ne s'arrêtera pas là.
48:31En ce même mois
48:32Juin 1939
48:33le juif américain
48:35Benjamin Koul
48:36en voyage en Europe
48:38film couleur
48:39la vie
48:39dans le quartier
48:40juge de Varsovie.
48:43Malgré les menaces
48:44de guerre
48:44qui est la source
48:45de plus en plus concrètes
48:46les habitants
48:47de la rue
48:47Novo-Libki
48:48faire semblant d'être
48:49avec bonne humeur
48:50au jeu de la caméra.
48:53Deux mois plus tard
48:54les armées allemandes
48:55vont déferler
48:56sur la Pologne
48:56et la fureur nazie
48:58va s'abattre
48:59sur les trois millions
49:00des juges
49:00qui peuplent le pays.
49:04À 13 ans
49:05Je suis célèbre
49:06ma bar mitzvah.
49:08Cet été-là
49:08nous sommes allés
49:09comme d'habitude
49:10passer nos vacances
49:10chez mon grand-père.
49:13À notre retour
49:13nous nous sommes retrouvés
49:15en plein cauchemar.
49:17La ville était occupée
49:18par les allemands.
49:20Les juifs
49:20n'avaient plus le droit
49:21de marcher sur les trottoirs
49:22d'emprunter les tramways
49:24ni même de Halifax
49:25une radio.
49:27Nous avions même peur
49:28de marcher dans les rues
49:29parce que les juifs
49:30étaient souvent kidnappés
49:31et battus.
49:391er septembre 1939
49:42l'armée allemande
49:43est entrée en Pologne
49:44lancer une offensive massive
49:47terrestres et aériennes.
49:49Assiégée pendant presque
49:59trois semaines
50:00Varsovie est bombardée
50:02jour et nuit.
50:03Les hôpitaux
50:04et les maternités
50:05ne sont pas épargnés.
50:07Pylônes
50:08jusqu'à cinq fois de suite.
50:12La ville tomb
50:1428 septembre
50:15et tout le pays
50:17est avec elle.
50:17La violence
50:19va maintenant locataire
50:20définitivement
50:20changer d'échelle.
50:24Quand l'armée
50:25arriver en Pologne
50:26suivre
50:27des groupes
50:28d'intervention
50:28des SS
50:29qui font leur travail.
50:31L'assassinat
50:31ciblé
50:32des résistants polonais
50:33des élites
50:34intellectuelles
50:35polonaises
50:36et des juifs
50:36sur place
50:37et puis
50:38il y a
50:38la mise en place
50:39très faible
50:40d'une politique
50:42beaucoup plus explicite
50:44par les SS
50:44c'est un ordre
50:45de la ghettoïsation
50:46des juifs polonais.
50:48Il faut bien imaginer
50:48pour les institutions nazies
50:50qui gèrent ces questions-là
50:52qui ont mis plus de six ans
50:53partir
50:54250 000 juifs allemands
50:56de 1933 à 1939
50:57le 1er octobre
51:00Mettons 1939
51:01ils se retrouvent
51:02avec 3 millions de juifs.
51:03Et ça, ça veut dire
51:08une chose très simple
51:08c'est-à-dire
51:08concentration des juifs
51:10dans les grandes villes
51:11et à cette époque-là
51:14ce regroupement
51:15l'étau
51:15un triple objectif
51:17un objectif sécuritaire
51:18concentrer les juifs
51:20pour pouvoir les surveiller
51:21et qu'ils ne fassent pas
51:22de révolutionnaire
51:24un objectif productif
51:26concentrer les juifs
51:28pour qu'ils travaillent
51:29dans des industries
51:29ce sera le cas
51:30dans le ghetto de Varsovie
51:31dans des grandes usines
51:32qui vont fournir
51:33de la main-d'œuvre
51:34à pas cher
51:35voire gratuite
51:36l'esclavage
51:37à l'effort de guerre
51:38et puis troisièmement
51:38c'est se donner
51:39les moyens
51:40d'une déportation à venir.
51:41L'Holocauste est défini
52:04comme l'extermination
52:05systématique
52:06par les nazis
52:07et leurs collaborateurs
52:08de chaque femme juive
52:10chaque homme juif
52:12chaque enfant juif
52:14dont ils pourraient
52:15arrêter
52:15d'une manière
52:16ou d'une autre.
52:18Quand on regarde
52:19le pogrom de novembre
52:20on voit bien
52:21qu'il s'agit
52:22d'un moment clé
52:23d'un moment décisif
52:24en logique
52:25des auteurs
52:26au regard
52:27de leur objectif
52:27avant-guerre
52:28à savoir l'expulsion.
52:30Mais nous devons
52:31être très prudents
52:32avant de tracer
52:32une ligne directe
52:34entre novembre 1938
52:36et le génocide
52:37qui suit
52:38que ta guerre
52:39un rendu possible.
52:45À partir de 1940
52:47la guerre s'est étendue
52:49à toute l'Europe occidentale
52:50Pays-Bas
52:51Belgique
52:52France
52:53Elle va rattraper
52:56les jeunes
52:56et les juifs
52:57qui s'y étaient réfugiés
52:58après les pogroms
52:59Novembre
53:00adultes
53:01comme des enfants.
53:01Ainsi
53:06sur les 532 passagers
53:08de Saint-Louis
53:09débarqué à Anvers
53:10près de la moitié
53:12254 précisément
53:14seront arrêtés
53:16et des meurtriers
53:16dans les camps
53:17de concentration.
53:20À Paris
53:21dans la crèche
53:23et l'asile israélien
53:24de Montmartre
53:24qui accueillait
53:25les récapitulatifs
53:25des pogroms
53:2679 enfants juifs
53:29vont être raflés
53:30par la police
53:30de Vichy
53:3110 février 1943
53:3371 mourront
53:35à Auschwitz
53:36La guerre
53:40et profession
53:40vont aussi rattraper
53:42les 130 enfants juifs
53:43réfugiés
53:44au château de la Guette
53:45après les pogroms
53:47Ils vont être dispersés
53:49dans toute la France
53:50certains
53:51exfiltrés en Suisse
53:53des autres
53:54cachés dans des villages
53:55ou des familles françaises
53:57Nous étions heureux
54:00à la Guette
54:00dans notre petite
54:02république des enfants
54:03Je me sentais à nouveau
54:05un être humain
54:06en dehors de l'ensemble
54:06après tous les services
54:07que tu es déjà monté là-haut
54:08en Allemagne
54:08Mais malheureusement
54:11ça allait recommencer
54:12En mai 1940
54:15nous avons dû
54:16être évacués
54:16le cœur gros
54:18et meurtri
54:19C'était la guerre
54:21Mon unique sœur
54:22restait en Allemagne
54:23et la mort à Birkenau
54:25Elle avait 20 ans
54:26Sur les 130 enfants
54:29que nous étions
54:309 ont été assassinés
54:32dans les camps
54:33Tous les autres
54:34ont été sauvés
54:35Shanghai
54:39les récapitulatifs
54:40des pogroms
54:41Novembre
54:42ont participé
54:43lors de votre tournée
54:44à l'accueil
54:44de plusieurs milliers
54:45des juges polonais
54:46et lituaniens
54:47fuyant l'occupation
54:48Allemand
54:49Mais pour tous
54:51réfugiés
54:51reste l'effroi
54:53et les tourments
54:54le souvenir
54:56de ceux
54:56qu'on a perdu
54:57et la douleur
54:58avoir une vie libre
54:59le fils paie
54:59derrière soi
55:00Dans ce nouveau pays
55:03continuer à vivre
55:04dans mes rêves
55:05la patrie
55:06que je suis né
55:07les maisons
55:09les montagnes
55:10les champs
55:11et les forêts
55:12J'ai mis à profit
55:14mes derniers jours
55:15en Allemagne
55:15pour emprunter
55:16avec mes enfants
55:17tous les chemins
55:18que j'ai si souvent
55:18arpentés
55:19au cours de ma vie
55:19Une dernière visite
55:23au cimetière
55:23où prendre sa retraite
55:24quatre générations
55:25de mes mains
55:25Les pierres tombales
55:27renversées
55:28plusieurs fois
55:29par les jeunesses
55:29hitlériens
55:30ont été redressées
55:31tant bien que mal
55:31Mais que c'est elle
55:34la terre natale
55:36de ces monstruosités
55:37infernales
55:38enfants par
55:39un régime barbare
55:40qui font attention
55:41d'un seul coup
55:41s'ensourciller
55:42à la liberté
55:44honorer
55:45et la vie
55:45de centaines
55:46de milliers
55:46des gens
55:47Il faut arracher
55:49de nos cœurs
55:50tous ces souvenirs
55:50La terre est la terre
55:54L'homme reste l'homme
55:56Adieu l'Europe
55:59Adieu mon ancien monde
56:01Sous-titrage Société Radio-Canada
56:06Sous-titrage Société Radio-Canada
56:08Sous-titrage Société Radio-Canada
56:10Sous-titrage Société Radio-Canada
56:12Sous-titrage Société Radio-Canada
56:14Sous-titrage Société Radio-Canada
56:16Sous-titrage Société Radio-Canada
56:18Sous-titrage Société Radio-Canada
56:20Sous-titrage Société Radio-Canada
56:50Sous-titrage Société Radio-Canada
57:20Sous-titrage Société Radio-Canada
57:22Sous-titrage Société Radio-Canada
57:24Sous-titrage Société Radio-Canada
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