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00:00Europe 1 Soir, 19h21, Pierre de Villeneuve.
00:04Et c'est l'heure d'affaires internationales avec toujours Jules Therès, Victor Hérault et nous accueillons Ksenia Federova.
00:09Bonsoir Ksenia.
00:11Bonsoir Pierre.
00:12La perspective d'un sommet Trump-Poutine à Budapest pour préparer la paix en Ukraine s'éloigne.
00:19Qu'est-ce qu'on dit de ça chez vous ?
00:22En fait, quand vous dites chez nous, chez moi, vous voulez dire en Russie.
00:27C'est vrai que j'ai passé quelques jours à Moscou et je peux vous dire que c'est un peu la même chose que chez nous en France.
00:37C'est-à-dire qu'il y a des rapports qui se sont mis, peuvent être rapportés.
00:41Je n'ai jamais dit qu'il s'est annulé, mais il dit qu'il peut être rapporté pour mieux préparer.
00:48Parce que pour Donald Trump, je pense qu'il ne le veut pas en simple photo.
00:52Et pour Kremlin, Poutine ne viendra pas juste pour le symbole.
00:57Si on parle de sommet en Alaska, c'était un sommet de symboles.
01:01Parce que c'était une rencontre entre le président américain et le président russe depuis une longue rupture des relations diplomatiques, on peut dire.
01:11Mais en fait, oui, pour ce sommet-là, pour qu'un tel sommet serve à quelque chose, il faut d'abord définir des points d'accord concrets.
01:19Et je pense que c'est ça la problématique aujourd'hui.
01:23En tous les cas, le média russe dit que le ministère des Affaires étrangères continue de préparer ce sommet avec les Américains et pas avec les États-Unis.
01:35Et oui, alors, j'espère bien que finalement, on va voir ce sommet.
01:40On ne sait pas exactement quand, parce que le travail diplomatique est en cours.
01:45Mais c'est vrai que, bon, il ne fera qu'il ajouter...
01:49Parce que sinon, il ne fera qu'il ajouter du spectacle sans faire avancer la paix.
01:52Ça, c'est la chose plus importante.
01:54Alors, on va écouter justement Donald Trump, le président américain, qui a déclaré ce matin qu'il ne souhaite pas, pour l'instant, rencontrer Vladimir Poutine.
02:02Non, non, je ne veux pas d'une rencontre pour rien.
02:04Je ne veux pas de perte de temps, donc on verra ce qu'il va se passer.
02:07Nous n'avons pas encore pris de décision.
02:09Perte de temps, c'est assez fort, ça, comme mot, Ksenia.
02:14Vous savez, c'est exactement ce que j'ai attendu dire de quelqu'un des ministères des Affaires étrangères russes.
02:21En fait, on ne s'en met, on ne raconte juste pour faire, comment dire, la communication.
02:28Ce n'est pas exactement qu'il a réussi à chercher non plus.
02:31Exactement, pour faire des images.
02:33Évidemment que Donald Trump, après le succès, on peut dire, le succès médiatique que son intervention à Gaza a fait,
02:45il ne veut pas faire un rendez-vous avec Poutine, qui finalement, c'est rien.
02:49Il y a plein de choses qui ne sont pas vraiment, comment dire, il y a plein de choses qui ne marchent pas à ces moments,
02:56surtout entre la décision de la Dinozélienne.
02:59C'est-à-dire qu'il y a des informations de chaque côté des Américains et des Russes
03:05qui font que les collaborateurs ont dit à chacun des présidents que peut-être que ce n'était pas le moment.
03:10Jules Thore, ça avait une question pour vous.
03:11Oui, c'est plus qu'une question, c'est qu'en effet, je pense que ce sommet qui pourrait avoir lieu à Budapest
03:17serait très intéressant parce que ce serait un moment de clarification.
03:21On a bien vu que les positions étaient complètement brouillées depuis le sommet en Alaska du mois d'août,
03:26qu'on pensait que la paix était proche.
03:28En réalité, on ne le sait pas.
03:30On voit que la relation entre Vladimir Poutine et Donald Trump est beaucoup moins cordiale
03:35qu'elle n'a pu l'être ces derniers mois.
03:38On voit bien quand même que les Européens contrôlent beaucoup moins Volodymyr Zelensky qu'il y a quelques mois.
03:44Donc, est-ce que ce sommet européen en Hongrie sous l'égide de Viktor Orban
03:49pourrait avancer à une paix extrêmement concrète,
03:52mais à condition de clarifier quand même les positions de chacun ?
03:56Oui, je pense que c'est une bonne idée finalement d'avoir ce sommet,
03:59mais vous savez, c'est un cauchemar pour les Européens
04:02parce que ce sommet sans l'Ukraine, sans les représentants des coalitions de volontaires,
04:09on peut dire, chez Viktor Orban, qu'on connaît très bien sa position,
04:14il était toujours pro-relation avec la Russie
04:18et il n'était jamais d'accord pour continuer de sponsoriser l'Ukraine dans ces conflits.
04:25Donc, évidemment, c'est quelque chose qui ne plaît pas du tout aux Européens non plus.
04:30Donc, je pense qu'il y a beaucoup de choses qui se passent derrière,
04:32comment dire, les portes fermées à ces moments,
04:35tous les efforts des Européens aussi.
04:37Mais je voulais juste dire que je trouvais quelque chose de très intéressant.
04:41J'ai regardé une interview d'un ancien conseiller du State Department,
04:46le ministère des Affaires étrangères américain.
04:48Les départements d'État.
04:50Département d'État, exactement, James Gordon,
04:52qui a fait une interview avec Sky News.
04:54Et en fait, ce qu'il a dit,
04:56il a dit que l'Ukraine a déjà perdu les guerres
04:59et il dit que les pertes ukrainiens sont énormes.
05:02Et en fait, le fait que Vladimir Zelensky refuse de...
05:06Bon, il ne veut pas laisser les territoires de Donbass à Russie.
05:11Il a dit une chose qui est aussi très vraie,
05:13que ce sont les territoires qui étaient bombardés par Kiev depuis 2014.
05:17Et donc, ce sont les territoires russophones.
05:20Donc, il y a une chose qui est très importante.
05:23Et la Russie ne va jamais accepter, en fait,
05:26rendre ces territoires.
05:27Les Hélènes qui doivent accepter le perte de cette partie de l'Ukraine.
05:31Et dans ces cas, ils peuvent avancer vers la paix.
05:34Mais avant ça, c'est presque impossible.
05:36Ça n'aime pas.
05:36Il y a la question du Donbass, vous avez raison, Xenia Federova,
05:41mais il y a aussi, il faut préciser pour nos éditeurs,
05:43la raison précise pour laquelle Donald Trump a dit qu'il annulait
05:45et qu'il reportait pas dans les jours qui arrivaient prochainement.
05:48Il a dit qu'il reportait plus longuement cette réunion avec Vladimir Poutine.
05:51C'est parce que Vladimir Poutine a refusé l'appel au cessez-le-feu immédiat en Ukraine.
05:56C'est ça le point de départ du désaccord entre Trump et Poutine.
05:59Il y a plein de points où ils ne sont pas d'accord,
06:03mais c'est quelque chose que Vladimir Poutine a dit depuis plusieurs mois,
06:08depuis toujours en fait.
06:10C'est cette expérience qu'il a réussi à avoir avec les accords de Minsk.
06:16Les accords de Minsk, c'est quand le cessez-le-feu était utilisé
06:19pour réarmer les militaires, l'armée ukrainienne.
06:23Ce que la Russie ne veut pas, plutôt veut un accord de paix
06:26qui va mener vers la paix durable.
06:29En fait, ça c'est quelque chose qui est très important.
06:30Donc cessez-le-feu est possible sauf et seulement quand il y a déjà un accord de paix
06:36qui va garantir en fait que ça ne sera pas utilisé par les Européens,
06:41par l'OTAN plutôt, de réarmer les Ukrainiens.
06:45Voilà, c'est ça la problématique de cette proposition.
06:48Ksenia Federova, nous avons un chef d'état-major,
06:52un nouveau chef d'état-major pour les Arbées françaises.
06:54Il s'appelle Fabien Mandon, c'est un aviateur.
06:57Et lors de son audition à la Commission de la Défense Nationale à l'Assemblée nationale,
07:03il estime qu'un choc avec la Russie est à prévoir dans quelques années.
07:07On écoute.
07:08Le premier constat, c'est que la Russie est un pays
07:11qui peut être tenté de poursuivre la guerre sur notre continent.
07:15Et c'est l'élément déterminant dans ce que je prépare.
07:18La perception aujourd'hui de la Russie, c'est que l'Europe collectivement est faible.
07:22Donc moi, le premier objectif que j'ai donné aux armées, c'est de se tenir prête à un choc dans 3-4 ans
07:28qui serait une forme de test.
07:29Peut-être que le test existe déjà sous des formes hybrides, mais peut-être plus violent.
07:34Si nos rivaux potentiels adversaires perçoivent que nous consacrons un effort pour nous défendre
07:38et que nous avons cette détermination, alors il peut renoncer.
07:41S'il a le sentiment qu'on n'est pas prêt à se défendre, je ne vois pas ce qui peut l'arrêter en fait.
07:45Et malgré la vaillance de nos soldats, malgré la vaillance des soldats ukrainiens aujourd'hui,
07:48toutes les semaines, la Russie grignote un peu de terrain.
07:50Qu'est-ce que vous en pensez, Ksenia, sachant qu'il y a un adage latin dans les armées
07:56qui est « civis pachem parabelum », c'est-à-dire « si tu veux la paix, prépare la guerre ».
08:00Je comprends tout à fait le désir de l'Europe de renforcer sa défense,
08:09mais après quand j'attends le général qui dit que l'armée française doit être prête en choc dans 3-4 ans,
08:15je pense qu'il répète plutôt le discours habituel de l'OTAN.
08:18Une passible guerre avec la Russie d'ici 2030, je pense que c'était Marc Rutte qui a dit ça.
08:27Mais vous savez, si cette menace a été réelle, pourquoi la Russie attendrait que la France et l'OTAN soient prêtes pour l'attaquer ?
08:34En réalité, cette dette n'a rien de stratégique, elle est politique.
08:38Elle sert à influencer l'opinion publique et à garantir plusieurs années de hausse du budget militaire.
08:44Donc je pense que c'est avant tout un objectif financier industriel,
08:48et la Russie n'était qu'un prétexte pour accélérer les réarmements européens.
08:53Pour prolonger ce qu'a l'air de dire le général Mandon, est-ce que la Russie, par exemple, à votre avis,
08:59pense que l'Europe est faible militairement, comme le dit justement le chef d'état-major des armées ?
09:07Je pense que c'est difficile pour moi de dire ce que la Russie pense vraiment,
09:12si on parle du ministère de la Défense par exemple,
09:15mais je peux vous dire que depuis 2022, l'Europe, l'OTAN a envoyé les armements,
09:21fait les instructions, conseille l'Ukraine, dont l'intelligence.
09:28Est-ce que la Russie pense que l'Union européenne est faible ?
09:31Non, mais je pense que plutôt, et c'était quelque chose que Vladimir Putin a dit même avant 2022,
09:36que l'Europe est très dépendante des États-Unis et de l'OTAN.
09:40Et en fait, aujourd'hui, on voit ça avec tout ce qui se passe à tour des conflits en Ukraine
09:45et avec les États-Unis qui dirigent, avec l'OTAN qui dirige un peu la stratégie des pays de l'Union européenne.
09:55Par exemple, les hausses de défense, ça vient des États-Unis.
09:58Et le vente des armements américains à l'Europe, c'est aussi quelque chose que Donald Trump impose.
10:06Et à Ursula von der Leyen qui accepte.
10:10Mais c'est vrai qu'il faut prendre avec considération les propos de Fabien Mandon,
10:14qui est un général, qui est quelqu'un qui a passé toute sa vie dans l'armée,
10:19et dont la parole est fiable.
10:20Et il n'a d'autres intérêts que ceux de la France.
10:23C'est pour ça que je dis aussi sa parole, par exemple, de celle d'Emmanuel Macron,
10:27dont on sait que dans ce conflit avec l'Ukraine,
10:30il a d'autres vues, d'autres objectifs, qui ne sont pas forcément toujours les intérêts de la France,
10:36même si, évidemment, Emmanuel Macron pense aussi aux intérêts de la France.
10:39Mais quand il nous dit qu'il faut se préparer à un choc sous 3 à 4 ans,
10:43et que c'est la parole du chef d'état-major des armées,
10:46moi, ça m'amène à me poser une question.
10:48C'est que ces gens-là connaissent quand même beaucoup mieux que nous les réalités,
10:52la réalité de la menace, la réalité du danger.
10:55Et je ne crois pas que M. Mandon fasse de la politique,
10:59contrairement à Emmanuel Macron.
11:01Donc, on pourrait se dire que cette déclaration pourrait nous faire peur,
11:04et on aurait peut-être des raisons de le penser.
11:07Sachant que peut-être que le général Mandon a également vu
11:10que le président russe a supervisé à distance,
11:13aujourd'hui même, des exercices des forces nucléaires stratégiques russes
11:17impliquant des tirs d'essai de missiles en mer et dans les airs.
11:20C'est d'ailleurs une annonce du Kremlin.
11:21Ce n'est absolument pas secret, Ksenia.
11:23Oui, ce n'est pas secret.
11:25C'était aussi prévu, il n'y a aucun secret autour de ça.
11:29Mais vous savez, ça vient de Russie,
11:30des propositions pour prolonger les d'accords start avec les Etats-Unis.
11:34Ça vient de Russie et de Poutine.
11:36Je pense que, pour revenir sur ce que vous avez dit,
11:40je pense aussi que le général sait beaucoup plus,
11:44et je pense que cet échange qu'il a avec les confrères européens,
11:49et aussi de l'OTAN, il sait quelque chose.
11:51Je pense que l'Europe se prépare, je pense que l'OTAN se prépare.
11:54Mais est-ce que la menace vient vraiment de la Russie ?
11:57Je ne suis pas sûre.
11:58Je pense que la Russie a fait très, comment dire,
12:00toujours préciser ce qu'elle cherche dans le Donbass,
12:04c'est protéger la population russes à fond,
12:07qui était bombardée, comme je dis, depuis 2014.
12:11Et en fait, il n'y a aucun intérêt,
12:13elle ne s'est jamais dit qu'il n'y a aucun intérêt de rattraper,
12:16comment dire, manger une partie de l'Europe.
12:18Mais cette peur, ça existe, évidemment,
12:21et c'est utilisé en tous les cas pour continuer à renforcer les budgets.
12:25Après, écoutez, on verra la Russie utiliser un peu trop ses mamans,
12:32même par Emmanuel Macron,
12:34et c'est très utile d'avoir un ennemi d'externe
12:37pour justifier beaucoup de choses,
12:39et aussi pour rediriger l'attention des problèmes de l'intérieur de la pays
12:44pour un peu vers l'extérieur.
12:46Ksenia Fedorov.
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