00:00C'est vrai que j'étais plutôt un compositeur introverti, donc être propulsé comme ça dans les médias et jouer cette image de cargo, c'était à la fois fantastique, mais en fait je ne visais pas le succès.
00:18J'étais avant tout un dessinateur au départ, ou quelqu'un qui était passionné par le dessin, un enfant passionné par le dessin, et puis après je me dirigeais vers la composition.
00:29Et donc voilà, c'est vrai que devenir un sex-symbole, ce n'était pas évident.
00:36C'était pas le projet.
00:37C'est pénible au quotidien.
00:40Olivier a le même problème, bien sûr, ce n'était pas son projet de départ.
00:43Merci d'être là en tout cas.
00:45On a vu des photos d'Olivier Jeune, ce n'était pas son projet.
00:48Sans pouvoir vous le confirmer.
00:52Le projet m'a dépassé.
00:53Merci en tout cas, Axel Bauer, d'être là ce matin pour nous présenter alors votre nouveau single.
01:06L'enfant prodigue est de retour.
01:08Mais alors avant de parler et d'écouter ce titre, on va parler d'abord de l'enfant Axel Bauer, avec des petits sons pour mieux vous connaître.
01:15Axel, voici le premier.
01:17Ici Londres, les Français parlent au français.
01:21Et ça, c'est la voix de votre père.
01:23Frank Bauer, votre père, a été le dernier speaker de Radio Londres sur la BBC, cette radio de la Résistance,
01:30avec l'émission Les Français parlent au français, une phrase qu'il a prononcée exactement 517 fois.
01:37J'imagine qu'il était très fier d'avoir participé à la Résistance contre l'occupant.
01:42Je ne pense pas que mon père voyait les choses comme ça.
01:45D'abord, il a quitté la France parce qu'il savait, ça serait un peu long à expliquer, mais il savait que les Allemands allaient rentrer.
01:53Il avait vu l'Allemagne pré-hittilérienne et il est parti.
01:57Et il s'est engagé dans les forces de la France libre.
02:00Donc au début, on l'a nommé sur des missions d'espionnage, d'ailleurs.
02:04Et ensuite, ils l'ont amené directement à Radio Londres et ils lui ont appris à parler avec cette voix qui passait au-dessus du brouillage des Allemands.
02:16Et il est donc devenu un des speakers de Radio Londres.
02:19Avec un rythme très particulier dans la voix.
02:22Alors, votre père, il s'est éteint en 2018 à l'âge de 99 ans.
02:26Et vous lui avez consacré plusieurs chansons dans votre bien nommé album Radio Londres.
02:30« Ici Radio Londres, on est armé pour faire de l'ombre. Ici Radio Londres, en d'autres temps on était plus résistants. »
02:49« En d'autres temps on était plus résistants », belle phrase signée Boris Bergman.
02:54Et alors, derrière cette chanson, vous mêlez votre voix à celle de votre père.
02:58Vous l'avez fait réenregistrer, d'ailleurs, ces phrases.
03:01En fait, mon père est venu dans mon petit home studio, dans mon petit studio.
03:05J'étais en train de travailler sur un album et il y avait un micro qui était ouvert, qui ressemblait d'ailleurs au micro de Radio Londres.
03:12La BBC.
03:12La BBC.
03:13Et donc mon père s'assoit devant le micro naturellement et on discute et je lui parle, on échange sur Radio Londres.
03:20Je lui pose des questions, comment c'était, etc.
03:22Et il me dit « Ah, tu veux que je te fasse la voix que je faisais à l'époque dans ton micro ? »
03:27Parce qu'il aimait bien ce micro.
03:29Et je dis oui.
03:30Et du coup, il me dit la célèbre phrase « Les Français parlent au français ».
03:34Et moi j'enregistre et je me retrouve à voir l'homme qui était le speaker de Radio Londres,
03:40qui est au-delà d'être mon père, et qui vient de réenregistrer la phrase.
03:44Et je lui dis « Est-ce que tu veux qu'on fasse un titre hommage à la Résistance et au speaker de Radio Londres ? »
03:55Et à ce moment-là, il me parle de tous les speakers connus et importants, et il me parle de Radio Londres.
04:01Et on a fait cette chanson ensuite avec Boris Bergman, qui a écrit des faux messages de Radio Londres.
04:07C'est-à-dire, les gorilles, bananes, l'archevêque, le Vatican doit faire avec, etc.
04:12Ce qui m'a venu beaucoup de commentaires sur YouTube de gens qui disaient « Il écrit vraiment n'importe quoi, Axel Breuer, aujourd'hui ! »
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