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  • il y a 3 mois

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00:0013h-14h, Europe 1 Info.
00:02Europe 1 Info, la suite avec Clélie Mathias sur Europe 1, vos deux chroniqueurs du jour,
00:06Sébastien Ligné, Jean-Michel Salvatore et vous a rejoint en studio William Mollinier du service police-justice d'Europe 1.
00:12Clélie.
00:12Avec vous William Mollinier, on va voir dans un instant les conditions exactes du placement en détention de Nicolas Sarkozy.
00:18Juste avant, je voulais vous faire écouter Henri Guénaud, ancien conseiller de l'ancien chef de l'État,
00:22qui a réagi à l'incarcération de Nicolas Sarkozy et qui était présent ce matin au rassemblement.
00:28Ce qui s'est passé là va peser sur l'avenir de nos institutions, de notre pays,
00:34aller donc après ça essayer de restaurer l'autorité dans ce pays.
00:38Vous savez qui est content aujourd'hui, qui se marre ? Les voyous.
00:41Je laisse la justice faire son examen de conscience, en tout cas moi aujourd'hui j'ai honte de mon pays.
00:47Ça aura des conséquences Sébastien Ligné, cette décision, cette incarcération ?
00:52Est-ce que les voyous peuvent être satisfaits ? Est-ce que le rapport à la justice va changer ?
00:56Moi je pense surtout que ça va avoir des conséquences pour les responsables politiques en réalité,
01:01plus que pour les voyous dont on a bien compris qu'ils n'étaient pas logés à la même enseigne que les responsables politiques.
01:06On a quand même l'impression maintenant depuis plus d'une décennie qu'on a décidé,
01:09quand je dis on c'est la justice, de rattraper cette faute pendant 40 ans.
01:16Il est vrai, il y avait un sentiment d'impunité généralisée par rapport aux hommes politiques
01:20qui passaient souvent entre les gouttes.
01:21Et on a l'impression depuis le PNF, depuis l'affaire Cahuzac, depuis le mandat de François Hollande,
01:26qu'il faut rattraper finalement d'un coup ces 40 ans d'impunité vers le politique
01:30et que finalement il faut les juger plus durement que les autres.
01:32Et qu'en fait personne ne pourra y échapper.
01:34On a vu Marine Le Pen, on voit aujourd'hui Nicolas Sarkozy,
01:36peut-être que demain ce sera Jean-Luc Mélenchon,
01:38peut-être qu'après demain ce sera Emmanuel Macron le jour et quittera l'Elysée.
01:41On a l'impression qu'il y a une volonté, oui, d'expier la faute originelle,
01:46d'avoir laissé un petit peu trop souvent les politiques passer entre les gouttes.
01:49Et j'ai peur qu'on en arrive comme souvent dans des dérives
01:52et je pense que le cas de Nicolas Sarkozy en est la preuve la plus flagrante.
01:56Jean-Michel Salvatore, ça va laisser des traces ?
01:58Oui, parce que moi je pense que ça peut laisser beaucoup de traces
02:02entre les Français et la justice.
02:05Parce que finalement la justice est quand même l'une de nos grandes institutions.
02:09Et c'est vrai qu'aujourd'hui on ne peut plus dire qu'on a,
02:11quoi qu'il arrive, confiance en la justice de notre pays.
02:13Je pense que les Français le montrent jour après jour.
02:16Quand ils contestent par exemple les décisions des juges contre les malfrats,
02:21il y a toujours ce sentiment quand même de la culture de l'excuse,
02:23toujours ce sentiment finalement d'une politique assez laxiste.
02:26Et c'est un premier coup de canive d'une certaine façon entre les Français et la justice.
02:31Et là, je pense que les Français, pas tous évidemment,
02:34il y a des Français qui considérons que c'est tout à fait normal,
02:36mais vous avez toute une partie des Français qui va considérer
02:39que là, il y a un acharnement, que là, on va trop loin,
02:43que là finalement, les juges se rendent coupables d'arbitraire d'une certaine façon.
02:50Et je pense que ça ne va pas réconcilier la justice avec les Français.
02:55Et ça, je pense que c'est quand même assez dramatique.
02:58J'ajoute que ce que dit Sébastien est assez juste.
03:01C'est vrai que pendant des années, les politiques sont passées entre les gouttes,
03:05mais ça fait quand même longtemps, ça fait longtemps,
03:08que la justice, d'une certaine façon, a repris la main sur les juges.
03:13Ça date de 40 ans finalement.
03:15Il faut se souvenir que Calin Juppé, par exemple, est passé devant les juges
03:18et était obligé de s'en aller parce qu'il ne pouvait plus exercer en France.
03:22Il faut se souvenir aussi de l'affaire Urba contre le Parti Socialiste.
03:25Enfin, je veux dire, les juges ont repris la main déjà depuis un certain temps,
03:29mais là, ils ne reprennent pas la main.
03:31Là, ils poussent leur avantage jusqu'au bout, jusqu'à finalement être considérés par une partie de l'opinion
03:37comme faisant acte de vengeance idéologique, d'une certaine façon.
03:41On va revenir sur les conséquences de cette incarcération juste avant.
03:44Combien de temps va-t-il rester à la santé ?
03:46Maître Christophe Ingrain, l'avocat de Nicolas Sarkozy,
03:49enfin l'un des avocats de Nicolas Sarkozy,
03:51a annoncé avoir déposé la demande de mise en liberté dès ce matin.
03:54Au moment où nous parlons, la demande de mise en liberté de Nicolas Sarkozy a été déposée.
03:59Il y est pour un minimum de trois semaines ou un mois,
04:02puisque la Cour d'appel a deux mois pour statuer sur une demande de mise en liberté
04:06et le délai moyen à la Cour d'appel de Paris, c'est un mois.
04:10Donc, en tout état de cause, même si rien ne justifie cette détention,
04:14il y est pour un mois.
04:15C'est un moment qui est très dur, mais le président a fait face.
04:19Il affronte avec beaucoup de force cette incarcération,
04:23même si c'est une injustice épouvantable.
04:25Alors, William Molinier, un mois environ, peut-être, en prison ?
04:31Oui, c'est le temps d'audiencement de la Chambre des appels correctionnels,
04:36qui met généralement un mois pour audiencer une demande de remise en liberté.
04:41Vous savez que dans ce dossier, il y a deux autres personnes qui sont détenues,
04:45Alexandre Joury et Waib Nasser.
04:47Ils ont fait une demande de remise en liberté,
04:53l'audiencement n'a pas encore été réalisé, ça va être dans les prochaines semaines.
04:59Dites-nous, un ancien président de la République en prison, est-ce un détenu comme les autres ?
05:04Alors, ce qu'il faut comprendre, c'est que le régime carcéral auquel il est soumis,
05:10lui, il n'y a pas de traitement de faveur, si vous voulez.
05:14Il est placé à l'isolement, comme tous les autres détenus placés à l'isolement,
05:19avec toutes les contraintes qui vont avec, c'est-à-dire qu'il est seul.
05:24Mais il est seul pour sa propre sécurité.
05:27D'ailleurs, la question s'était posée, est-ce qu'on le met dans le quartier des personnes vulnérables,
05:31ce qu'on appelle le quartier, entre guillemets, VIP de la santé,
05:35pour des raisons pratiques et pour des raisons de sécurité surtout,
05:42il a été préféré l'aile de l'isolement qui est réputé plus tranquille,
05:48moins de bruit, moins d'allées et venues, moins de possibilité de croiser.
05:52Il ne croisera pas de détenus.
05:55Il aura la possibilité d'aller dans une cour interne de la santé en promenade une heure par jour.
06:03là encore seul, à la bibliothèque seul, à la salle de sport seul.
06:09Il n'y a pas de régime de faveur dans ce régime carcéral, dans ce cadre qui est lui contraint.
06:17En revanche, évidemment, une attention toute particulière va être portée à ce détenu
06:24qui, vous l'avez compris, n'est pas comme les autres.
06:28Il y a des facilités dans ce cadre-là qui peuvent être prises.
06:33J'imagine, par exemple, qu'il va aujourd'hui rencontrer le directeur de prison de la santé,
06:40André Varignon, qui lui a été installé il n'y a pas très longtemps.
06:43Il va être reçu, ce qui n'est pas forcément le cas pour tous les détenus.
06:49Vous savez, en détention, c'est souvent ce que vous disent les prisonniers,
06:54le plus difficile, c'est l'attente.
06:56C'est-à-dire, dès que vous voulez aller en promenade,
06:58on vous dit qu'aujourd'hui, tu vas avoir le droit à une heure de promenade.
07:02Vous ne savez pas quand c'est.
07:03Donc, vous attendez une matinée, le déjeuner, l'après-midi,
07:08et hop, on vient vous chercher à 17h.
07:09Là, ça va être beaucoup plus réglé, j'imagine, en tout cas, on l'espère, pour Nicolas Sarkozy.
07:16Jean-Michel Salvatore.
07:17Sur le lieu d'incarcération, je trouve qu'il y a quand même un symbole qui est terrible.
07:21Donc, il va être dans ce secteur d'isolement.
07:25Et ses voisins de cellules, en fait, il y a une douzaine ou 14 cellules dans cette zone-là.
07:31Et les autres occupants, ce sont des narcotrafiquants et ce sont des terroristes.
07:37Donc, il y a quand même quelque chose d'assez infamant.
07:40Alors, évidemment, on le comprend pour des raisons de sécurité,
07:42mais ça dit quand même le sentiment d'injustice qu'il peut ressentir dans sa cellule.
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