00:00Marie-Estelle Dupont, 15h-16h sur Europe 1.
00:04Romain Desarbres.
00:05Bonjour à tous, bienvenue sur Europe 1 pour Essie, on en parlait avec vous Marie-Estelle Dupont.
00:10Bonjour Marie-Estelle.
00:11Bonjour Romain.
00:12Votre regard de psychologue clinicienne, de psychothérapeute tous les jours.
00:16Votre regard sur l'actualité tous les jours sur Europe 1 entre 15h et 16h et en podcast sur l'application Europe 1.
00:22Aujourd'hui Marie-Estelle Dupont voulait nous parler d'un problème de santé publique très grave, la santé mentale des jeunes.
00:29Oui, à l'occasion de la semaine internationale de la santé mentale des adolescents, nous avons beaucoup de campagnes de communication publique autour de ce sujet.
00:41Et j'aimerais qu'il n'escamote pas quelque chose, à savoir que je répète depuis 5 ans avec d'autres confrères que l'on va avoir effectivement un problème de santé publique et qu'il s'agira de la santé mentale des jeunes.
00:52D'ailleurs à l'époque, en 2020, quand j'ai commencé à en parler sur les plateaux de télévision, j'ai été regardée comme un ovni, une alarmiste, une sentimentaliste, voire une psy de comptoir qui s'opposait à l'époque à la doxa officielle.
01:06Et puis devant l'ampleur du désastre, et parce que, rappelez-vous, on ne discute pas les chiffres, comme toujours, d'un coup, les mêmes qui m'expliquaient que le masque à l'école était un jeu pour les enfants, ont fait de la santé mentale une cause nationale.
01:19Alors branle pas de combat, grande campagne, mais une fois de plus, on escamote la réalité quand on montre trop un sujet.
01:25C'est, je crois, le grand problème de notre société, chers auditeurs d'Europe 1. Comment parle-t-on des choses ?
01:31La réalité, c'est cette jeunesse qui est à la fois violente et violentée, qui consomme énormément de psychotropes.
01:38C'est cette psychiatrie qui est asphyxiée par la bureaucratie et l'absurdité.
01:43Et puis, une vision de la santé très statisticienne et biologisante.
01:46Bientôt, l'intelligence artificielle, qui est artificielle mais pas nécessairement intelligente, remplacera le psychologue et la relation thérapeutique sera un luxe réservé à quelques privilégiés.
01:56La déshumanisation est en marche. Constater que les jeunes vont mal peut conduire à deux postures opposées.
02:03C'est sur cela, chers auditeurs d'Europe 1, que je veux revenir. Comment aborde-t-on ce problème que l'on ne peut plus mettre sous le tapis ?
02:10La première posture, qui est la mienne depuis le 16 mars 2020, c'est celle qui consiste à s'interroger sur notre responsabilité d'adultes.
02:16Quel modèle nous transmettons à nos jeunes ? Quels sont les facteurs réels de violence, de dépression et d'anxiété ?
02:22Qu'est-ce qui fait aujourd'hui que l'espérance est en panne, dans un contexte où ils n'entendent parler que de crises sanitaires, économiques, écologiques, institutionnelles et j'en passe ?
02:32Et puis il y a une autre posture. Je trouve une posture de communication bullshit avec une confiscation du débat de deux manières.
02:40D'une part, la réduction des êtres à des statistiques et d'autre part, une intrusion idéologique tout à fait malsaine.
02:45Faire ainsi main basse sur la psyché, c'est piétiner, rappelons-le, le fait que la santé mentale est avant tout une affaire de sens, de lien, des liens de qualité, d'introspection et de place respectée.
03:00Ceux qui vont mal, me semble-t-il, aujourd'hui, sont d'abord et avant tout ceux qui ne s'adaptent pas à une définition de l'homme, selon moi, erronée.
03:09N'oublions pas que les enfants sont d'abord le fruit de leur environnement.
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