- il y a 6 semaines
Sébastien Lecornu présente sa déclaration de politique générale ce mardi, plus de 35 jours après son arrivée à Matignon. Feuille de route de son gouvernement, le Premier ministre va surtout profiter de l'occasion pour présenter le budget de l'État et de la sécurité sociale pour 2026.
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00:00Mesdames et Messieurs les parlementaires, il faut savoir tirer les bienfaits d'une crise.
00:09J'ai accepté la mission que m'a confiée le Président de la République, parce que la France doit avoir un budget,
00:16parce qu'il y a des mesures d'urgence à prendre, sans attendre, c'est un devoir.
00:21Je l'accomplirai sous certaines conditions qui découlent d'évidence de la composition de cette Assemblée.
00:31Certains aimeraient voir cette crise parlementaire virer à la crise de régime.
00:35Cela n'aura pas lieu grâce aux institutions de la Ve République et à ses soutiens, mais cette crise a des racines.
00:44D'autres crises sont palpables, profondes, entremêlées. Crise sociale, économique, financière, écologique, climatique, culturelle, internationale.
00:55Aux crises habituelles s'ajoutent les crises imprévisibles, comme celles du Covid ou de l'énergie, sans oublier les guerres.
01:04En s'ajoutant à certaines dépenses qui augmentent de manière automatique, elles expliquent pour l'essentiel la situation financière dans laquelle nous sommes.
01:12Là non plus, il ne faut rien oublier.
01:14En vérité, plus qu'une crise, je crois que nous changeons de monde, créant des fractures tout aussi locales que mondiales et des bouleversements géopolitiques majeurs.
01:25Une révolution de même ampleur que la révolution industrielle remet tout en cause.
01:30Cette révolution digitale, sociétale, bouleverse notre façon de vivre.
01:35Elle choque, effraie.
01:38Il y a le monde d'avant, il y a ce monde de demain.
01:41L'irruption de ce nouveau monde provoque mille conflits, mille raidissements.
01:46Nous vivons et nous vivrons dans une époque de crise.
01:50Soit on les subit, soit on les utilise.
01:53Soit on change, soit on saura changer.
01:56Le dégagisme, c'est cela.
01:58Ceux qui ne changent pas, ceux qui s'agrippent aux vieux réflexes, aux postures, disparaîtront.
02:05En politique comme en tout, en France comme ailleurs, le basculement du monde ne s'arrêtera pas.
02:13Au fond, c'est la place de la France et des Français dans ce nouvel environnement qui est en jeu.
02:18Restera-t-elle parmi les pays dont la voix compte ?
02:21Restera-t-elle indépendante ?
02:24Le déclin n'est pas certain, le progrès non plus.
02:28Tout dépend de notre capacité à innover, en matière politique comme en matière sociale, économique ou scientifique.
02:36Innover, c'est vrai pour le gouvernement.
02:39J'ai pris acte de cet impératif.
02:42Innover, c'est assumer des ruptures.
02:44Le monde n'attend pas.
02:46Dans la vraie vie, nos concitoyens, palais statistiques, travaillent, s'inquiètent, attendent des solutions.
02:53J'ai proposé un gouvernement de mission, d'objectif.
02:57Il n'agira qu'avec l'Assemblée nationale et le Sénat.
03:01A nous, au-delà des divergences, des écoles de pensée, des confrontations, de valoriser ce qu'il est possible de faire ensemble.
03:10La défiance de nos concitoyens n'épargne personne.
03:13Ou bien la politique sert à quelque chose et les politiques trouvent des terrains d'entente.
03:18Ou bien ils ne les trouvent pas et la déception se répand autant que l'impuissance.
03:23Je vous propose d'avancer.
03:26L'Assemblée, dans sa diversité et ses divisions, ressemble aux Français.
03:32Elle est le fruit du choix des Français.
03:34Elle traduit les doutes, peurs et espérances de millions de nos compatriotes.
03:39En un mot, cette Assemblée n'a jamais été aussi représentative des Français.
03:43Il faut en tirer toutes les conséquences.
03:45Jusqu'ici, on en a tiré essentiellement des conséquences négatives.
03:49On peut aussi en tirer des conséquences positives.
03:52Il serait temps.
03:54Pour avancer, la première condition élémentaire est de pouvoir compter sur le soutien des députés qui portent le besoin de stabilité.
04:02Je remercie toutes celles et ceux qui ont annoncé leur soutien.
04:06J'ai proposé au Président de la République un gouvernement pour donner un budget sérieux et fiable pour la France.
04:13Utile et bon pour les Français dans les trois mois.
04:15Ce gouvernement incarne le renouvellement avec l'entrée d'experts parmi les plus compétents de notre pays.
04:24Chacun apporte une expérience incontestable.
04:28Je les en remercie.
04:30Ils quittent des fonctions stables pour se frotter à une vie politique qui n'a pas toujours montré sa meilleure face ces derniers jours.
04:36Ils serviront le pays avec une nouvelle génération de parlementaires qui partagent l'envie d'avancer.
04:43Toutes et tous ont une feuille de route.
04:46Tous ont conscience des difficultés.
04:48Pour réussir à faire avancer notre pays avec une Assemblée nationale divisée, la seconde condition, que j'avais sans doute insuffisamment mesurée, je le reconnais devant vous,
05:00est de tenir le gouvernement le plus éloigné possible des divergences légitimes qui s'expriment à travers les partis politiques.
05:06Il est logique que chacun affirme ses convictions.
05:09Chacun pose ses lignes rouges avec d'autant plus de force que des élections se profilent.
05:14C'est tout naturel.
05:15Le gouvernement de la République assure la continuité de l'action de l'État, porte ses propres convictions dans le respect de la diversité de ses membres,
05:24mais il doit incarner l'ouverture au débat et au compromis.
05:28Qui recherche les points d'accord, d'action, plutôt que de cultiver les différences ?
05:33Parce que dans la situation du monde, marquée par une instabilité financière, militaire, économique, commerciale, migratoire, climatique,
05:40mieux vaut montrer une France unie qu'une France divisée.
05:43C'est une évidence qui est tellement évidente qu'elle disparaît tant on se complit dans des querelles intérieures.
05:49Ce que je vous propose, c'est de trouver un chemin commun malgré les divergences.
05:54Le gouvernement proposera, nous débattrons, vous voterez.
05:59Là encore, c'est une rupture.
06:01La troisième condition pour réussir cette mission est de redonner du sens à la politique.
06:06Pas par des mots, mais par des actes, par une nouvelle pratique du pouvoir qui doit amener plus de progrès pour nos concitoyens et nos concitoyens.
06:15Mesdames et messieurs les parlementaires, partager le pouvoir avec le Parlement, voici incontestablement une rupture.
06:22Dans une assemblée divisée, un gouvernement, même en s'appuyant sur la majorité la plus relative,
06:28ne peut, dans la durée, agir sans tenir compte des oppositions.
06:32Ce n'est pas possible, ce n'est plus possible, et surtout, ce n'est pas souhaitable.
06:37J'ai renoncé à utiliser l'article 49 alinéa 3 de la Constitution.
06:42C'est la garantie pour l'Assemblée nationale que le débat, notamment budgétaire,
06:47mais pas seulement dans tous les domaines, vivra, ira jusqu'au bout, jusqu'au vote.
06:52Cette décision est forte de changements radicaux.
06:56La légitimité démocratique, c'est une démocratie où le Parlement a un rôle politique,
07:03expliquait Michel Debray, père de notre Constitution.
07:06Le Parlement et le gouvernement ayant, je le cite encore, chacun une semblable importance dans la marge de l'État
07:12et assurant les moyens de résoudre les conflits qui sont, dans tout système démocratique, la rançon de la liberté.
07:19Et la rançon de la liberté, pour reprendre ce terme, c'est la responsabilité.
07:26Le gouvernement présente le budget qu'il estime souhaitable.
07:29Le Parlement l'examine, le discute, le modifie.
07:32C'est sa liberté.
07:33Et 149.3, sans majorité absolue, le Parlement aura le dernier mot.
07:38C'est sa responsabilité.
07:40Et nous devons lui faire confiance.
07:42Nous ne devons pas en avoir peur.
07:44Cela paraît de bon sens.
07:47C'est pourtant presque une révolution.
07:49A vous de saisir ce pouvoir qui est une chance, un bel exercice de responsabilité,
07:54pour montrer à toutes celles et à tous ceux qui en doutent que la démocratie représentative n'est pas morte
07:59et que l'Assemblée nationale et le Sénat restent l'endroit du pouvoir de décision, du pouvoir d'agir.
08:06Quel parlementaire dira à ses concitoyens qu'il ne veut pas discuter le budget de l'État,
08:13le budget social de la nation ?
08:15N'est-ce pas le cœur même de la fonction parlementaire ?
08:18En renonçant en 149.3, il n'y a plus de prétexte pour une censure préalable.
08:23N'est-ce pas d'ailleurs ce que réclamait une grande partie de cette Assemblée ?
08:27Je ne reprendrai pas ici les déclarations des uns et des autres.
08:30Vous le demandiez, c'est fait.
08:32J'avais promis une rupture, cela en est une.
08:35Les débats sur la fiscalité, sur le niveau des dépenses publiques, sur le déficit public,
08:40chaque parlementaire se prononcera.
08:43Les débats sur les moyens à allouer pour l'écologie, la sécurité, l'éducation, le logement,
08:48les collectivités locales, la culture, l'agriculture, nos services publics,
08:52chaque parlementaire s'en saisira.
08:54Cette fois, son vote dictera la copie finale.
08:58On verra la position de chacun sur la dette, les impôts, les dépenses, les économies.
09:05Chaque vote sera un acte.
09:07Le budget sera donc au cœur du débat.
09:10Alors, que contient ce budget initial ?
09:13Une maîtrise des comptes publics qui réduira le déficit.
09:16Dans la copie proposée par le gouvernement, il est réduit à 4,7% du PIB
09:21contre 4,6% suite au retrait de la suppression des 12 jours fériés.
09:26Comme je l'ai déjà annoncé, dans tous les cas de figure, à la fin de la discussion budgétaire,
09:32ce déficit devra être à moins de 5% du PIB, car cet impératif de souveraineté s'impose à nous tous.
09:39Nous ne pouvons pas placer notre pays en dépendance durable de prêteurs étrangers.
09:44Et je ne serai pas le Premier ministre d'un dérapage des comptes publics.
09:47Aussi, dès 2025, nous aurons respecté les 5,4% de déficit prévus par mon prédécesseur.
09:55Le gouvernement proposera un projet qui, par essence, est perfectible.
10:01Il est urgent de continuer à dépenser moins.
10:03L'État a engagé une revue de ses dépenses.
10:05Des économies seront faites.
10:07Et il faudra désormais qu'elles s'inscrivent dans un cadre pluriannuel
10:10en s'appuyant sur une véritable réforme de l'État.
10:13J'y reviendrai dès demain devant le Sénat et devant vous dans les jours qui viennent.
10:17Sur les dépenses de l'État, on peut faire beaucoup, à la condition de repenser son action en profondeur,
10:23de réussir sa transformation numérique, de moderniser ses interventions
10:26et d'alléger considérablement certaines procédures qui ne sont plus explicables.
10:31Tout le monde prône la simplification.
10:34Nombre d'acteurs dans le pays la réclament.
10:37Une majorité d'idées dans les deux chambres est possible sur ce sujet.
10:41D'autres économies seront engagées en luttant plus rigoureusement contre les fraudes,
10:46qu'elles soient sociales ou fiscales.
10:49Là encore, c'est une question de justice.
10:51Trop d'argent public est gaspillé parce qu'on ne contrôle pas assez à quoi il sert.
10:55Un projet de loi contre les fraudes a été déposé ce matin,
10:58en même temps que le budget de l'État et de la sécurité sociale.
11:02C'est la première fois où vous pouvez vous en emparer.
11:04Il y a par ailleurs des baisses d'impôts pour les petites et moyennes entreprises.
11:12Il y aura des hausses d'impôts ciblées et exceptionnelles pour certaines très grandes entreprises.
11:17Baisses d'impôts d'un côté, hausses de l'autre,
11:19pour mieux répartir les efforts au sein des contribuables
11:22et garder une maîtrise de nos prélèvements obligatoires
11:25qui sont déjà très élevés pour financer notre modèle de redistribution au profit des plus modestes.
11:31La fiscalité des très grandes fortunes parmi nos compatriotes
11:35a pu interpeller un certain nombre d'entre vous.
11:39Là aussi, il faut reconnaître qu'il peut y avoir des anomalies.
11:44Nous croyons que réussir par son travail est une bonne chose.
11:47Nous voulons une société où il est bon de travailler, de réussir et d'innover.
11:52Nous voulons aussi être vigilants au consentement à l'impôt.
11:56Mesdames et Messieurs les députés,
11:57Encadrer l'optimisation fiscale, en particulier celle qui passe par les holdings,
12:03est une première réponse.
12:04Nous demanderons à créer une contribution exceptionnelle des grandes fortunes
12:10que nous proposons d'affecter au financement des investissements du futur
12:13qui touche à notre souveraineté pour les infrastructures,
12:17la transition écologique ou la défense.
12:19Là encore, Mesdames et Messieurs les députés,
12:22le débat parlementaire aura lieu.
12:24Il permettra à chacun de faire valoir ses arguments
12:27en ne perdant jamais de vue que derrière la fiscalité
12:30se pose la question du consentement à l'impôt,
12:33de la confiance et de la justice.
12:35Le débat fiscal doit être aussi un débat sur l'emploi et la croissance,
12:39raison pour laquelle je ne suis pas favorable
12:41à ce que le patrimoine professionnel soit touché.
12:44Je ne détaillerai pas les mesures fiscales maintenant.
12:48J'ai ouvert le débat sans tabou.
12:50Je vous exposerai moi-même, avec les ministres,
12:55les propositions que j'ai faites,
12:56les modifications que je soutiendrai
12:58et celles que je combattrai.
13:00Le gouvernement proposera, nous débattrons, vous voterez.
13:05Sans utilisation du 49-3,
13:07le gouvernement devra changer de méthode.
13:09Il faudra des discussions préalables,
13:11des compromis, le souci du détail
13:13et ne jamais refuser la technicité et l'après-té du débat.
13:17La loi se fera ici, pas à Bercy.
13:21Je montrerai moi-même l'exemple
13:22en portant la discussion générale du budget de l'État
13:25et du budget de la sécurité sociale,
13:27ici même, dans les tous prochains jours.
13:30Une fois de plus, le gouvernement proposera,
13:33nous débattrons, vous voterez.
13:36Mesdames et messieurs les parlementaires,
13:40je veux maintenant vous parler d'un sujet majeur
13:42qui a traversé notre pays,
13:43qui l'a parfois fracturé,
13:46le mérite, la dignité et le courage des travailleurs,
13:50la légitimité d'une bonne retraite.
13:53La fierté d'être travailleurs,
13:55c'est la fierté de nos entreprises
13:56qui ne sont pas l'affaire que des patrons,
13:59mais aussi de tous les salariés.
14:00C'est celle de notre industrie,
14:02de toutes nos industries et de leurs filières,
14:05électroniques, automobiles, nucléaires,
14:08chimiques, métallurgiques, aéronautiques, militaires.
14:11Cette fierté, c'est celle du goût de l'effort
14:14partout et pour tous.
14:16L'effort mérite reconnaissance et récompense.
14:21Le gouvernement sera du côté des travailleurs
14:23et de celles et ceux qui veulent travailler.
14:25Le travail est la condition indispensable
14:27à la croissance et au financement de notre modèle social.
14:30Il nous faut nous attaquer à deux problèmes majeurs.
14:33Les Français, quand ils travaillent, sont productifs.
14:36Par contre, ils accèdent trop tard au travail
14:39et en sortent parfois trop tôt.
14:42Le deuxième problème est qualitatif.
14:45Nous avons en proportion trop d'emplois de services
14:47moins rémunérés et pas assez d'emplois industriels qualifiés.
14:51C'est la raison pour laquelle il est urgent
14:53d'accélérer la réindustrialisation de notre pays
14:55par l'investissement, l'innovation,
14:58mais aussi par notre politique énergétique.
15:01Nous croyons à la promotion interne,
15:03à l'ascenseur social.
15:06Je demanderai aux ministres du Travail et des Solidarités
15:08d'engager dès cet automne des négociations par branche
15:12pour développer des parcours permettant aux salariés
15:14en bas de l'échelle de devenir agents de maîtrise et cadres.
15:18Le travail, le mérite, la volonté de progresser
15:22doivent être encouragés et récompensés.
15:24Comme le disait Gabriel Attal à cette tribune,
15:26on ne peut pas rester au SMIC des années
15:28sans perspective de progression.
15:30Des nouveaux ministres sont arrivés
15:31avec de nouvelles idées.
15:34C'est d'ailleurs pour cette raison qu'ils sont là.
15:37Le gouvernement présente un budget pour l'emploi,
15:39pour produire, pour que le travail paie.
15:42Nous soutiendrons la rémunération,
15:44le logement, la santé des travailleurs.
15:46Ce sera aussi un budget pour préserver l'outil de production
15:50avec la reprise de la baisse de la CVAE,
15:53impôts qui pèsent sur la production
15:54de nos petites et moyennes entreprises.
15:57Des propositions ont émergé
15:58de plusieurs groupes parlementaires ici même.
16:01Pour le pouvoir d'achat des travailleurs,
16:03là aussi, toutes seront examinées.
16:06Toutes seront débattues
16:08et font actuellement l'objet
16:09d'un travail technique préalable
16:11par les ministres en charge.
16:13Une fois là encore,
16:14le gouvernement proposera,
16:16nous débattrons, vous voterez.
16:17Être du côté des travailleuses et des travailleurs,
16:21c'est être aussi auprès de celles et ceux
16:23qui ont travaillé toute leur vie
16:25et qui sont à la retraite.
16:27Nous respectons les travailleurs,
16:29donc nous respectons les retraités.
16:32Mesdames et messieurs les parlementaires,
16:34je vis donc avec quelques convictions simples,
16:37celles qu'il faut garantir l'équilibre de notre système,
16:41qu'il faut le financer pour les générations futures,
16:44qu'il faut pour chacun une retraite digne et pérenne.
16:46Il y a moins de cotisants qu'avant
16:48et plus de retraités.
16:50Cela s'impose à nous,
16:52comme dans plusieurs pays européens,
16:54plus personne ne peut le nier.
16:56Mais je ressens aussi
16:57ce que la dernière réforme pourtant nécessaire
16:59a provoqué.
17:01Des tensions, des inquiétudes,
17:03de la lassitude,
17:04parfois un sentiment d'injustice ou d'incompréhension,
17:07y compris à tort ou à raison,
17:10dans sa dimension démocratique.
17:12Alors, est-ce que le gouvernement est prêt
17:14à un nouveau débat
17:15sur l'avenir de notre système de retraite ?
17:18La réponse est oui.
17:19Une réforme sociale,
17:21aussi nécessaire soit-elle,
17:23ne peut tenir que si elle est comprise
17:24et équitable.
17:26Cet enjeu reste un enjeu d'avenir.
17:28J'ai toujours indiqué
17:28que l'avenir de nos retraites
17:30serait au cœur de la prochaine campagne présidentielle.
17:32Mais nous devons entendre
17:34que ce débat
17:34est demandé dès maintenant
17:36par des forces politiques
17:38et syndicales légitimes.
17:39Paradoxalement,
17:41cette période de quelques mois
17:42d'ici à l'élection présidentielle
17:44peut être une opportunité pour avancer,
17:47y compris sur ce sujet difficile des retraites.
17:51J'ajoute
17:51que la plus grande richesse
17:53pour notre pays,
17:54c'est la stabilité
17:55et la capacité à recréer la confiance
17:57entre les acteurs,
17:58notamment chez les partenaires sociaux.
18:00La maîtrise des comptes publics,
18:02la croissance,
18:03l'emploi,
18:03le renforcement de notre défense,
18:05la perspective de réformes utiles
18:07votées d'ici à 2027,
18:08repose sur notre capacité collective
18:11à acter cette stabilité politique.
18:14La plus grande richesse du pays,
18:16c'est sa capacité collective
18:18à aller de l'avant.
18:19C'est pourquoi
18:20je proposerai au Parlement
18:22dès cet automne
18:23que nous suspendions
18:24la réforme de 2023
18:25sur les retraites
18:25jusqu'à l'élection présidentielle.
18:28Aucun relèvement de l'âge
18:29n'interviendra
18:30à partir de maintenant
18:31jusqu'à janvier 2028,
18:34comme l'avait précisément demandé
18:36la CFDT.
18:38En complément,
18:39la durée d'assurance
18:40sera elle aussi suspendue
18:42et restera à 170 trimestres
18:45jusqu'à janvier 2028.
18:48Mais je le dis ici
18:49très directement,
18:51suspendre pour suspendre
18:53n'a aucun sens.
18:55La suspension en préalable de rien
18:57serait irresponsable.
18:59Cette suspension
19:00doit installer
19:01la confiance nécessaire
19:02pour bâtir
19:03de nouvelles solutions.
19:04La suspension
19:05pour faire mieux
19:06est la solution
19:07si chaque acteur
19:08s'est en tiré quelque chose.
19:11Mesdames et Messieurs
19:12les parlementaires,
19:14résumons.
19:15L'Assemblée
19:16voulait
19:16que je n'utilise
19:17plus le 49.3
19:19ou pas le 49.3.
19:21Je m'y suis engagé.
19:22L'Assemblée
19:23voulait débattre
19:23à nouveau des retraites.
19:25Elle en débattra
19:25et chaque parlementaire
19:27pourra défendre
19:28ses opinions.
19:29L'Assemblée
19:30voulait que le gouvernement
19:31suspende la réforme
19:32en attendant un débat,
19:34une solution,
19:35un vote.
19:36Je le fais,
19:36ce qui permettra
19:37d'éclairer le débat
19:38lors de la future
19:39élection présidentielle.
19:41Mais je veux être
19:42très clair,
19:43je n'endosserai pas
19:45n'importe quoi.
19:46Le coût de la suspension
19:48pour notre système
19:49de retraite
19:49est de 400 millions d'euros
19:51en 2026
19:52et d'1,8 milliard d'euros
19:54en 2027.
19:56Cette suspension
19:56bénéficiera
19:57à terme
19:58à 3,5 millions
20:00de français.
20:01Elle devra donc
20:02être compensée
20:03financièrement
20:04y compris
20:05par des mesures
20:06d'économie.
20:07Elle ne pourra pas
20:08se faire
20:08au prix
20:09d'un déficit
20:10accru.
20:12J'ai pris
20:12des engagements.
20:14Ceux
20:15que les oppositions
20:17demandaient.
20:19J'en prends
20:19un supplémentaire
20:21et il doit être
20:22entendu par chacun
20:24y compris
20:25mesdames et messieurs
20:27les députés
20:27par nos prêteurs
20:29sur les marchés
20:30financiers.
20:32Je n'endosserai pas
20:32un résultat
20:33qui mettrait en danger
20:34la crédibilité
20:35de notre pays
20:36et encore moins
20:37notre système
20:37de retraite
20:38tout entier.
20:39Je fais des pas
20:40en avant
20:40à chacun
20:41aussi d'en faire.
20:43Mesdames et messieurs
20:44les parlementaires,
20:49je veux être
20:49encore plus précis.
20:51Suspendre
20:52doit être
20:53une opportunité.
20:54Débattre
20:55de la question
20:55des retraites
20:56n'est pas seulement
20:57une équation financière.
20:58elle est partie
20:59intégrante
21:00de notre contrat
21:00social
21:01et ce contrat
21:02a besoin
21:02lui aussi
21:03d'une refondation,
21:04d'innovation,
21:05de rupture.
21:06Ce gouvernement
21:07est prêt
21:08à renforcer
21:09le paritarisme,
21:10à faire confiance
21:11à la démocratie sociale.
21:13Une fois encore,
21:15suspendre
21:15la réforme
21:16n'a de sens
21:16que si c'est
21:17pour aller plus loin.
21:18Je propose
21:19dans les prochaines
21:19semaines
21:20d'organiser
21:21une conférence
21:21sur les retraites
21:22et le travail
21:22en accord
21:23avec les partenaires
21:24sociaux.
21:25Grâce
21:25à la suspension,
21:26cette conférence
21:27sera le temps
21:28de se prononcer
21:29avant l'élection
21:30présidentielle.
21:31Elle se posera
21:32la question
21:32de l'ensemble
21:33de la gestion
21:34de notre système
21:34de retraite.
21:35Certains veulent
21:36des systèmes
21:37par points,
21:38d'autres
21:38par capitalisation,
21:40d'autres veulent
21:41abandonner
21:42toute référence
21:43d'âge.
21:44Mais ces propositions
21:44ne valent que
21:45si l'on sait
21:45qui est responsable
21:47aux partenaires sociaux
21:48de s'emparer
21:49ou non
21:49de cette responsabilité
21:51de gérer le régime.
21:52Ce serait
21:53revenir aux sources
21:54historiques
21:54de notre modèle
21:55de retraite.
21:56C'est d'ailleurs
21:56ce que font
21:57toujours
21:57nos voisins
21:58européens.
21:59Le gouvernement
22:00y est prêt.
22:02J'ai confiance
22:02dans la démocratie sociale,
22:04confiance
22:04dans la démocratie
22:05parlementaire.
22:07Si la conférence
22:08conclue,
22:09le gouvernement
22:10transposera
22:11l'accord
22:11dans la loi
22:11et le Parlement
22:12décidera.
22:14Sinon,
22:14il appartiendra
22:15aux candidats
22:16à l'élection
22:16présidentielle
22:17de faire
22:18leurs propositions
22:19et aux Français
22:20de les trancher.
22:22Elle pourra
22:22rendre ses premières
22:23conclusions
22:24au printemps
22:24prochain.
22:26Mais il y a
22:26aussi des urgences.
22:28J'ai inscrit,
22:29comme s'y était
22:30engagé mon prédécesseur,
22:32dans le budget
22:32de la sécurité sociale,
22:34une amélioration
22:35concernant
22:35les retraites
22:36des femmes.
22:37Là aussi,
22:37je pense que
22:38c'est consensuel,
22:39inutile d'attendre.
22:43La conférence
22:44devra aborder
22:46d'autres sujets
22:47cruciaux,
22:47comme l'attractivité
22:48de certains métiers
22:49indispensables,
22:51le travail pénible,
22:52l'usure au travail
22:53et les carrières longues.
22:55Voilà une discussion
22:56qui était bloquée
22:57depuis 23 ans.
23:00Paradoxalement,
23:01la rupture,
23:02c'est de conclure.
23:03Là encore,
23:03le gouvernement
23:04proposera,
23:05nous débattrons,
23:06vous voterez.
23:07Je le dis
23:07sans ditour,
23:08suspendre,
23:09ce n'est pas renoncer,
23:10ce n'est pas reculer,
23:11si nous savons
23:12utiliser ce temps
23:13avec intelligence
23:14et volonté d'avancer.
23:16La cohésion sociale,
23:17l'unité du pays
23:18et donc sa stabilité
23:19sont une force.
23:20la division,
23:21elle,
23:22a un coût,
23:22chacun doit l'assumer.
23:24Mesdames et messieurs
23:25les parlementaires,
23:26partage du pouvoir
23:28entre le gouvernement
23:28et l'Assemblée,
23:30partage du pouvoir
23:31entre le gouvernement
23:32et les partenaires sociaux,
23:34partage du pouvoir
23:35aussi avec les collectivités locales,
23:36pas pour faire plaisir
23:38aux élus locaux,
23:39j'en suis un,
23:40mais pour être efficace
23:41au service des Français.
23:43On le dit souvent,
23:45on le fait rarement,
23:46déjà avec une urgence,
23:48sensible,
23:49la réforme institutionnelle
23:51pour la Nouvelle-Calédonie.
23:53La fin des accords
23:54de Nouméa
23:54a laissé un vide institutionnel
23:56qu'il faut combler
23:57pour permettre la paix
23:57sur le caillou.
23:59L'accord de Bougival
24:00permet un chemin
24:01de réconciliation.
24:02Il doit être transcrit
24:03dans la Constitution.
24:04Le gouvernement proposera
24:06la discussion de ce texte
24:08avant la fin de l'année
24:09afin que les Calédoniens
24:10puissent être consultés
24:11au printemps 2026.
24:13C'est une urgence.
24:15Mais ce serait une erreur
24:16de croire que la Nouvelle-Calédonie
24:18est un cas à part.
24:20La question des Outre-mer
24:21se pose aussi
24:22avec la même urgence.
24:24Un projet de loi
24:25concernant la vie chère
24:26est prêt.
24:28Il ne faut pas attendre.
24:29Certains territoires
24:30comme aux Antilles
24:31et en Guyane
24:32réfléchissent à leur avenir
24:33institutionnel.
24:33Nous devons les accompagner.
24:36Un projet de loi
24:36constitutionnel
24:37concernant la Corse
24:38fruit de deux années
24:40de discussion.
24:41Lui aussi est prêt.
24:43Rien ne serait pire
24:43pour l'État
24:44que de renier sa parole.
24:46Là aussi,
24:46l'Assemblée nationale
24:47et le Sénat
24:48débattront
24:48et trancheront.
24:50Nos concitoyens
24:51veulent que le pouvoir
24:52soit proche d'eux,
24:53adapté aux réalités
24:54de terrain.
24:55Je proposerai donc
24:56en décembre
24:57un projet de loi
24:58pour renforcer
24:58le pouvoir local.
25:00Un nouvel acte
25:00de décentralisation.
25:01lui seul permettra
25:03de réformer l'État
25:04de manière globale
25:05et d'améliorer
25:06le fonctionnement
25:07de tous nos services publics.
25:09Qu'est-ce que l'on attend
25:10de l'État ?
25:11C'est la question centrale.
25:13La police,
25:13la justice,
25:14la sécurité,
25:15la défense,
25:15les relations internationales.
25:17Dans ces domaines,
25:18les budgets ont augmenté
25:19depuis 2017
25:20et continueront d'augmenter.
25:21l'État s'est renforcée
25:23parce que ce sont des missions
25:25que lui seul
25:26peut exercer.
25:27Pour le reste,
25:29quel doit être
25:29le niveau de décision locale ?
25:31Qui est responsable
25:32de quoi ?
25:33Je proposerai
25:34un principe simple,
25:36celui de l'identification
25:37d'un seul responsable
25:38par politique publique.
25:40Il s'agira
25:41soit d'un ministre,
25:42soit d'un préfet,
25:43soit d'un élu.
25:44Il ne faut pas
25:45décentraliser des compétences.
25:46Il faut décentraliser
25:47des responsabilités
25:49avec des moyens budgétaires
25:50et fiscaux
25:51et des libertés,
25:52y compris normatives.
25:54C'est aussi
25:55une formidable occasion
25:56de repenser complètement
25:58notre planification écologique
26:00et énergétique.
26:01Nous ferons
26:01des propositions précises.
26:03Le gouvernement
26:04peut-il engager
26:05cette réforme
26:05dans les trois mois ?
26:07Vous vous dites
26:07que cela prendra du temps.
26:09C'est précisément
26:09parce que cela prendra du temps
26:11qu'il faut engager
26:11cette réforme tout de suite.
26:13Sinon,
26:14elle sera reportée
26:15une fois de plus
26:15et jusqu'à quand ?
26:17Au plus tôt,
26:18dans deux ans,
26:18après l'élection présidentielle,
26:20nous n'attendrons pas.
26:21Des majorités
26:22sur ce texte
26:23sont possibles
26:23dans les deux chambres.
26:25Le gouvernement
26:25en proposera,
26:26nous débattrons,
26:28vous voterez.
26:29Mesdames et messieurs
26:30les députés,
26:31ne pas attendre.
26:33Il y a urgence.
26:34Urgence pour tenir
26:35le calendrier
26:35d'adoption du budget
26:36et voter le meilleur budget.
26:38Urgence pour renforcer
26:39le dialogue social.
26:41Urgence avant
26:42les élections municipales
26:43de mieux répartir
26:44les compétences
26:45et réformer l'État.
26:46Si les débats
26:47de cette Assemblée
26:48début de cette semaine,
26:50cela permettra,
26:51via les discussions budgétaires,
26:52de répondre aux urgences
26:54pour la santé,
26:55l'accès aux soins
26:56avec France Santé,
26:57pour défendre l'environnement,
26:58la sécurité,
26:59pour la loi de programmation militaire.
27:01Il y a des urgences,
27:02il y a des projets de loi
27:03qui sont prêts
27:04pour les polices municipales
27:06et la sécurité du quotidien,
27:08pour le statut de l'élu.
27:09des discussions sensibles,
27:10des discussions sensibles
27:11doivent se poursuivre,
27:12notamment sur la fin de vie.
27:14Des combats doivent sans cesse
27:15être menés
27:16contre le racisme,
27:17l'homophobie,
27:18l'antisémitisme,
27:19pour l'égalité
27:20entre les femmes
27:20et les hommes.
27:22La soif absolue
27:24de nos compatriotes
27:25pour leur sécurité,
27:27pour la justice
27:27et le respect de la loi
27:29doit être entendue
27:30sur chaque banc
27:31de cette Assemblée.
27:33Les enjeux migratoires
27:34à venir,
27:35tant liés
27:35à la démographie,
27:36au réchauffement climatique
27:37et au terrorisme
27:38posent un défi imminent
27:40qui ne peut être nié.
27:42J'y reviendrai.
27:43Les ministres
27:44y reviendront
27:45à condition
27:46d'oser discuter,
27:48agir,
27:48avancer.
27:49Tout cela,
27:50nous pouvons le faire ensemble
27:51dans les mois qui viennent
27:52si nous mettons fin,
27:54mesdames et messieurs
27:54les parlementaires,
27:55à cette crise.
27:57Désormais,
27:58cela dépend de vous.
27:59Je sais,
28:00je n'ai pas obéi
28:01à l'exercice
28:02de style habituel
28:03d'une déclaration
28:03de politique générale,
28:05collectant chaque domaine
28:06d'intervention de l'État,
28:08citant chacune
28:08des préoccupations
28:09de nos concitoyens
28:10dans leur travail,
28:11leur famille,
28:12leur village
28:13ou leur ville.
28:14Que personne
28:15ne se sente oublié.
28:17Je pense sinon à tout,
28:19je n'en ai pas la prétention,
28:20en tout cas,
28:21à toutes et à tous.
28:23Cela est facile,
28:24il me suffit
28:25de me sentir utile
28:26à mon pays
28:26et je vous le dis
28:27avec toute ma conviction,
28:29avec aussi
28:30tout ce que j'ai appris
28:30au ministère des Armées,
28:32les seuls
28:32qui se réjouiraient
28:33d'une crise,
28:34d'une panne budgétaire
28:35en France,
28:36ce ne sont pas
28:37les Amis de la France.
28:54Qui,
28:55parmi les Français,
28:57se sentira mieux
28:58si la France
28:59se divise plus encore,
29:01si elle est plus faible,
29:02si elle repousse
29:03les questions de fonds
29:04et les questions
29:04d'urgence à plus tard.
29:06Je ne vous ai pas fait
29:07un discours
29:08de politique générale convenu.
29:10Je reviendrai ici
29:11pour expliquer
29:12la politique
29:12que le gouvernement
29:13entend mener
29:14sur les sujets fondamentaux.
29:15Je me suis engagé
29:16à revenir
29:17pour expliquer le budget
29:18parce qu'il traduit
29:19une politique
29:19pour la France.
29:20Mais je reviendrai aussi
29:21sur les questions
29:22de sécurité,
29:23d'immigration,
29:23d'énergie,
29:24de transition écologique,
29:25d'éducation,
29:26du numérique.
29:27Sur tout cela,
29:28nous ferons des propositions,
29:29nous débattrons
29:31et à la fin,
29:32vous voterez.
29:34Je ne vous ai pas présenté
29:35un programme à long terme.
29:37C'est un gouvernement
29:38de mission.
29:39L'urgence
29:39est de redonner son sens
29:41à la politique,
29:42de redonner confiance
29:43en la politique,
29:44de respecter
29:45les engagements de chacun,
29:46y compris
29:47ceux des oppositions.
29:49La vraie démocratie
29:50permet à celles et ceux
29:51qui ne sont pas d'accord
29:52de travailler ensemble.
29:54Sans rien rener
29:55de leur conviction,
29:57c'est ce qui se passe
29:57dans toutes les démocraties
29:59du monde,
29:59et même
30:00dans tous les conseils
30:01municipaux de France.
30:03Osons,
30:04il suffit de faire un pas,
30:05c'est comme cela
30:06que l'on avance
30:07pour la France
30:08et pour les Français.
30:09Je vous remercie.
30:14Merci beaucoup,
30:15Monsieur le Premier ministre.
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