00:0014 octobre, excellent début de journée à vous tous qui nous écoutez.
00:03C'est votre tablée du petit matin.
00:04Plus d'un an de flottement maintenant, de changement de gouvernement, d'hésitation.
00:09Et on le répète souvent ici, ce n'est pas bon pour notre économie.
00:12Eh bien, on arrive à le mesurer concrètement ce matin.
00:14Martialiou, le chiffre est tombé tout à l'heure.
00:1714 371 défaillances d'entreprises entre juillet et septembre en France.
00:23On n'a jamais vu ça dans l'histoire industrielle française, selon le cabinet Altares.
00:27Oui, la moitié des défaillances du trimestre, d'ailleurs, ont eu lieu en septembre.
00:31Ça veut dire que les entreprises ne sont pas reparties.
00:33Et octobre est du même tonneau.
00:35La voilà, la facture de 18 mois de flottement et d'instabilité politique
00:39depuis la campagne des européennes où le gouvernement pensait aux élections en maquillant les comptes
00:43et puis depuis la dissolution ratée.
00:46Sur l'année, on risque donc d'atteindre 69 500 faillites.
00:50Quels sont les secteurs les plus touchés ?
00:52Alors vous avez l'industrie, l'automobile, la métallurgie.
00:54On produit moins de voitures.
00:57On avait promis au secteur de pouvoir se diversifier vers le militaire,
01:00mais rien n'a bougé depuis des mois.
01:02Les services à domicile sont aussi en chute.
01:04Ça va se traduire l'an prochain par une remontée du chômage.
01:0752 000 emplois sont en danger avec les restructurations de ces trois derniers mois.
01:12Il y a eu de grosses faillites ?
01:13Oui, il y a eu beaucoup de petites boîtes, bien sûr, comme toujours, qui sont tombées,
01:16mais aussi 46 entreprises de plus de 100 salariés qui ont supprimé des postes.
01:21Novasco, c'est l'ancien Ascométal dans l'acier en Moselle, 750 salariés.
01:26Talendi, c'est une association qui encadrait 556 travailleurs handicapés dans l'industrie.
01:32Brandt, je vous en ai parlé dans l'électroménager,
01:34Les Bijoux Clairs, France 1055 vendeurs.
01:37C'est 46 entreprises employées, 10 000 salariés.
01:41Aucun espoir d'amélioration ?
01:42Alors, il y a la construction de maisons individuelles et les commerces de bouche qui vont un peu mieux,
01:46mais ce sont des secteurs qui étaient tombés très très bas, on a sans doute touché le fond.
01:50On a aussi plus de redressement et moins de liquidation directe.
01:53C'est un peu technique, mais ça veut dire qu'on peut espérer des repreneurs sur de nombreux dossiers,
01:57mais soyons honnêtes, la situation est très préoccupante.
01:59Et tout ça, c'est à cause du marasme économique, vraiment ?
02:02Ben oui, parce que c'est un révélateur de nos problèmes profonds,
02:05problèmes de pouvoir d'achat, de désindustrialisation.
02:07On ne consomme plus en épargne, or la consommation, ça carbure à la confiance.
02:12Et vous avez vu qu'à l'Assemblée nationale, la confiance, ça conduit plutôt à la destitution en ce moment.
02:16Ça, ça fait peur.
02:17Merci beaucoup, Marcia Liu.
02:18Et sur ce constat, vous entendrez sur RTL tout à l'heure, dans moins d'une heure,
02:21maintenant le président du MEDEF, Patrick Martin, qui est l'invité de Thomas Soto.
02:26Emmanuel Macron, lui, est de retour dans le chaudron politique ce matin,
02:29après sa parenthèse égyptienne d'hier.
02:31Il va présider le premier conseil des ministres de la nouvelle équipe Le Cornu.
02:35Isabelle Saporta voulait revenir sur les propos qu'il a tenus hier,
02:39sur la situation nationale lorsqu'il était à Chermelcher.
02:41Et vous dites, il braque les gens.
02:44Vous la connaissez, cette citation très juste de Paul Valéry ?
02:47Un chef est un homme qui a besoin des autres.
02:50Ben manifestement, le président ne doit pas la connaître, cette citation.
02:54Sinon, il ne s'acharnerait pas, lui, notre chef, à nous faire comprendre, sans beaucoup de tact,
02:59qu'il n'a besoin ni des partis, ni des syndicats, ni des Français, ni de personnes,
03:03à moins qu'il s'y prenne très mal pour nous déclarer sa flamme.
03:07Par exemple, quand le président débarque hier en Égypte et qu'il lance, je le cite,
03:11« J'ai vu beaucoup de propos qui n'ont pas été à la hauteur des événements,
03:14qui n'ont pas été au niveau du moment que vit la France.
03:17Je demande à tout le monde de se ressaisir. »
03:19Ben là, c'est très clairement pas le besoin de nous qu'on lit,
03:23ni le désir d'amadouer les partis.
03:25« Non, c'est juste une grosse envie de nous écraser la figure. »
03:28Puis quand il ajoute, je le cite,
03:30« Les forces politiques sont les seules responsables de ce désordre »,
03:33alors que lui, président, je le cite encore,
03:35« assure la continuité et la stabilité. »
03:37Président, merci pour ce serment bien infantilisant.
03:41Mais quelle audace, monsieur le président,
03:43d'insister sur le fait que vous soyez le garant de la continuité de l'État
03:46quand vous avez été l'ange du chaos avec cette dissolution ratée
03:50que personne, à part le RN, ne vous demandait.
03:52Vous êtes en train de dire, Isabelle, que le comportement du président
03:55desservirait sa cause, en fait.
03:57Surtout celle de ce pauvre Sébastien Lecornu
03:59qui doit vaille que vaille faire avancer un attelage de personnalités libres,
04:03comme il dit, autant dire qu'ils n'ont rien en commun
04:05à part le pacte de stabilité,
04:07et qui se trouve flanqué d'un président
04:09qui semble persuadé que personne n'est à la hauteur de son intelligence.
04:12Et vous savez quoi ? C'est possible.
04:14Le problème, c'est qu'on le sait qu'il nous prend pour des benets.
04:17On le sait qu'il est persuadé qu'il ferait beaucoup mieux sans nous,
04:21sans les partis, qui ne font rien que lui désobéir,
04:23sans les syndicats, qui ne font rien que revendiquer,
04:26et sans le peuple, qui ne fait rien que de vouloir mal voter.
04:30Sauf que sans nous, lui n'est plus un chef,
04:32et sans peuple ni parti, ce n'est plus la démocratie.
04:35Merci beaucoup Isabelle Saporta.
04:36Un point, c'est tout.
04:386h49, vous écoutez la tablée du petit matin.
04:40Je me tourne vers vous Marina.
04:42La pluie fait son retour sur la Corse,
04:44et c'est tant mieux, notamment en Corse du Sud.
04:46C'est une bonne nouvelle.
04:47Oui, parce que les averses sont revenues hier localement.
04:49On en attend encore aujourd'hui et demain plus nombreuses.
04:51Et en effet, il faut s'en réjouir,
04:52car la Corse du Sud connaît une telle sécheresse,
04:55que les restrictions d'eau prises cet été viennent d'être renforcées.
04:58Comment ça ?
04:59Alors depuis hier, la préfecture a carrément instauré
05:01des coupures d'eau sur 9 communes du Sud,
05:04dont Bonifacio, Figaro, Portovesque.
05:06A présent, la nuit, entre 22h30 et 6h,
05:09l'eau est coupée pour 5200 personnes.
05:12C'est la première fois en 10 ans
05:13qu'une telle mesure est prise,
05:14selon le directeur général des eaux de Corse.
05:16Je crois que c'est Figari plutôt, plutôt que Figaro.
05:19C'est bien, Figaro, c'est un bon journal aussi.
05:20Des mariages, mais c'est bon.
05:21C'est une mesure qui...
05:22J'ai écrit Figari, en plus.
05:23Voilà, c'est pour ça que je me permets.
05:25C'est une mesure qui vient renforcer des restrictions déjà importantes.
05:27Oui, c'est tellement sec depuis des mois
05:29que cet été, la préfecture avait déjà mis en place
05:31des restrictions de l'usage de l'eau.
05:33Et ces restrictions, qui sont toujours en cours,
05:35sont importantes.
05:36Il est interdit d'arroser ses massifs, pelouses et espaces verts,
05:39interdit de laver sa voiture en station,
05:41le lavage des bateaux et tout autre engin nautique
05:43est également interdit.
05:45Les habitants ne peuvent pas nettoyer leur façade de maison.
05:48Arrosage des terrains de sport, de golf, les hypodromes,
05:50ça c'est proscrit.
05:51Et évidemment, le remplissage et les vidanges
05:53des piscines privées comme publiques, d'ailleurs,
05:55ne sont pas possibles.
05:56Donc ça fait beaucoup d'interdictions, tout ça,
05:58et ça n'a pas suffi à arranger les choses.
05:59Non, la consommation d'eau a baissé,
06:01mais pas assez.
06:02Fin septembre,
06:03les barrages qui alimentent ces communes en eau
06:05n'étaient qu'à 19% de remplissage,
06:07qui est à un niveau inférieur aux années de sécheresse de référence
06:10que sont 2003 et 2017,
06:12d'après la préfecture de Corse du Sud.
06:14Et même si on attend des averses dans le département aujourd'hui
06:16et dans la semaine, ça ne suffira pas.
06:18Depuis le 1er mai à Figari,
06:20il n'a plus que 97 millimètres.
06:23La normale, c'est 167.
06:24Donc le déficit est de 40%.
06:26À Ajaccio, c'est pire.
06:27Le déficit est de 70% selon Météo France.
06:30Il n'y a plus que 60 millimètres depuis le 1er mai.
06:34D'ailleurs, le niveau des nappes phréatiques en Corse du Sud
06:36est très bas alors qu'on entre dans une période
06:39où elle devrait se recharger.
06:41Après, on est au début de cette période
06:42donc la situation peut se renverser,
06:44s'améliorer si les perturbations se renchaînent.
06:46Merci beaucoup Marina Giraudot.
06:486h51, on va accueillir Philippe Cavrivier.
06:50Vous allez bien Philippe ?
06:51Ça va pas mal et vous ?
06:52Oui, très très bien.
06:53C'est votre Cavrivier qui va sonner dans un instant tout de suite.
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