Le nouveau gouvernement de Sébastien Lecornu a été dévoilé ce dimanche 12 octobre dans la soirée. Composé de 34 ministres, il réunit des hommes et femmes politiques mais aussi des personnalités de la société civile. LFI et le RN ont déjà annoncé qu'ils déposeront une motion de censure. Cette censure est-elle inévitable? Pour tenter d’y voir plus clair, Maxime Switek et Julie Hammett donnent la parole à plusieurs figures de la sphère politique.
00:00— Non. Non, je crois simplement que nous découvrons, nous, Français, que nos institutions sont parlementaires et ne sont pas présidentielles,
00:09que le président a beaucoup de prestige dans notre pays, mais il n'a en réalité que deux pouvoirs qui lui soient propres.
00:15Choisir un premier ministre, encore faut-il qu'il tienne compte du Parlement, ou le dissoudre. Et là, il n'en tient pas compte.
00:22Et on s'aperçoit que ce n'est pas une très bonne solution. Et ce que j'observe, et notamment à travers le travail formidable que vous faites en direct,
00:30c'est qu'il y a un débat à l'intérieur des groupes politiques qui représente les Français.
00:35Tout ça est complètement normal. Partout ailleurs, moi, depuis que je suis dans le civil, j'ai l'occasion de travailler en Europe,
00:42ça se passe comme ça ailleurs. Et il n'y a pas de tragédie. Alors, ce qui serait dommage dans la dissolution,
00:50c'est qu'on n'aurait pas de campagne électorale, de véritable campagne, pour approfondir les sujets.
00:56Et Dieu sait si les sujets sont difficiles, vous l'avez déjà évoqué.
01:00On a quand même le droit de faire autre chose que ce que l'on a fait en juin, juillet 24.
01:05– Que doit dire demain le premier Sébastien Lecornu ?
01:09Est-ce qu'il doit donner le point à Pierre Jouvet et aux socialistes,
01:13et dire on appuie sur stop, on suspend la réforme des retraites ?
01:16Si on suspend, peut-être que la dissolution s'éloigne.
01:18– Il a une situation qui est plus difficile, parce que François Bayreau a tiré la cartouche précédente,
01:24et avec l'idée du conclave, qui finalement est une idée qui lui a donné six mois.
01:30Sébastien Lecornu, s'il avait six mois devant lui, il s'est le plus heureux des hommes,
01:33il pourrait vraiment envisager de construire son travail parlementaire.
01:37– Pardon ?
01:37– Il n'a peut-être pas six jours.
01:39– Oui, exactement.
01:40Alors, de toute façon, pour lui, il n'y a pas de bonne solution,
01:46parce que s'il accepte de vous donner satisfaction,
01:52il perd crédit vis-à-vis de ses propres troupes,
01:56et s'il ne le fait pas, il peut tout perdre.
01:59Il peut tout perdre, ce n'est absolument pas certain.
02:01– Qu'est-ce que vous lui conseillez de faire, vous ?
02:04– De dire ce qu'il croit.
02:06– De bon pour le pays, et je crois que ce qu'il croit de bon,
02:11c'est que cette réforme était une réforme à minima,
02:14qu'il faut maintenir en respectant la réalité parlementaire,
02:19comme je l'évoquais, cette réalité où l'on peut à tout moment débattre d'un texte.
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