00:00Je voudrais entendre simplement l'opinion de Ségolène Royal sur ce qui se passe à droite, si vous le permettez tout d'abord Madame Royal.
00:05Comment vous observez, on a longtemps parlé des frondeurs de la gauche, des frondeurs du PS, là il y a une fronde aujourd'hui anti-retailleau ?
00:13C'est très simple pourtant, les LR ne veulent pas rentrer au gouvernement, mais qu'ils ne rentrent pas au gouvernement, point barre,
00:19et qu'ils arrêtent d'agiter la classe politique, les consultations des militants.
00:23Ce que je voudrais dire, c'est que chaque heure qui passe nous coûte très cher, coûte très cher au pays en lassitude, en colère, en exaspération,
00:31nous coûte très cher sur le plan économique, donc sur le plan social, nous coûte très cher sur le plan de la réputation morale de la France,
00:38parce que nous étions un modèle de démocratie, et aujourd'hui quand on voit que les institutions ne fonctionnent pas,
00:44vous savez ce qui se passe dans les pays où il n'y a pas la démocratie, où il y a des régimes autocratiques,
00:48ils se disent, vous voyez la démocratie, ça ne sert à rien, puisque même en France, ça ne fonctionne pas, et c'est le bazar.
00:55Donc je pense qu'il faut vraiment arrêter très vite, et passer aux choses sérieuses.
00:59Ça c'est un appel que vous adressez à qui, Madame Royal ?
01:01Aux socialistes, à la droite, au camp Macroniste, en disant maintenant on arrête un peu ?
01:06Au Premier ministre.
01:07Je pense qu'il faut qu'il arrête la séquence de consultation des partis politiques,
01:12puisque maintenant les positions des partis politiques sont claires.
01:14que, deuxièmement, dans la Constitution, ce ne sont pas les partis politiques qui constituent un gouvernement,
01:19ou qui font marcher la République.
01:20C'est le pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple.
01:23C'est ça, la définition de la Constitution.
01:26Avec un président de la République qui nomme un Premier ministre.
01:28Donc si chacun est à sa place et fait son travail,
01:31les choses peuvent rentrer dans l'ordre, pour que l'on puisse passer aux choses sérieuses.
01:35Donc il doit composer un gouvernement dont on exclura tous ceux qui pourraient avoir en tête un jour d'être candidats à la présidentielle ?
01:40C'est secondaire, je vais vous dire.
01:42Le casting, c'est secondaire.
01:43Qui, autour de cette table, peut donner le nom des ministres, des gouvernements qui se sont succédés,
01:49et même du précédent gouvernement ?
01:50Mais là, c'est Guillaume Tabard, sans doute.
01:52Mais c'est leur métier.
01:53Alors le précédent, je ne dis pas, parce que c'est 14h, je ne suis pas commentaire.
01:55Donc le casting ne compte pas.
01:56Ça ne compte plus.
01:58Donc on se met d'accord sur une plateforme commune ?
02:01Mais on se met d'accord sur un compromis.
02:03On se met d'accord sur un compromis.
02:05C'est-à-dire, qu'est-ce qui nous rassemble par rapport à ce qui nous divise ?
02:09Oui, mais Mme Royel, vous voyez bien que vos anciens collègues ne veulent pas de compromis.
02:14Je vais jusqu'au bout de ma phrase.
02:17Qu'est-ce que c'est qu'un compromis ?
02:18Ce n'est pas du tout tout rien.
02:19C'est de faire la liste des avantages et des inconvénients de ce que chacun accepte de céder,
02:23et de faire un juste équilibre de tout cela.
02:26J'en ai pratiqué des compromis en tant que ministre.
02:28Je me fais voter des lois, à la fois par les chasseurs et par les écologistes.
02:31Et chacun disait, mais on s'est fait avoir, on s'est fait avoir.
02:34Je dis, non, vous ne nous êtes pas fait avoir.
02:36Nous avons fait un compromis en faisant un juste équilibre entre les avantages et les inconvénients.
02:41Donc les choses sont très claires maintenant.
02:43Il faut fermer cette séquence de consultation des partis politiques.
02:47Il faut faire la liste des sujets prioritaires aujourd'hui auxquels le pays est confronté.
02:53100 000 entreprises en difficulté.
02:55Et moi, si j'étais à la place de M. Lecornu, je réunis tout de suite.
02:58Je prends tout de suite contact avec les présidents de région, les présidents de conseils généraux.
03:01C'est 60 000.
03:03Oui, mais c'est tous les jours un peu plus.
03:04Et je vois comment on peut les sauver sur les territoires.
03:07C'est ça qui est important.
03:08J'arrête la privatisation.
03:10Vous savez, il y a plein de choses qui passent inaperçues à cause du chaos politique.
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