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  • il y a 3 mois
Si vous avez perdu le fil, c’est normal. La France est empêtrée dans une crise politique inédite dans sa Ve République, alors qu’Emmanuel Macron devrait nommer, vendredi 10 octobre, un sixième Premier ministre en deux ans. Une instabilité au gouvernement qui touche forcément nos institutions, mais aussi le moral et la confiance des Français.

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Transcription
00:00Si vous avez perdu le fil, c'est normal.
00:02La France s'est empêtrée dans une crise inédite dans sa cinquième république.
00:06On aura bientôt un sixième premier ministre en deux ans.
00:09Cette instabilité, elle touche nos institutions, forcément,
00:12mais aussi les Français, leur morale, leur confiance,
00:14leurs habitudes de consommation.
00:16Pour discuter de tout cela, je suis aujourd'hui dans le Ménéloir,
00:19l'un des départements qui, encore en 2022, soutenait le plus Emmanuel Macron.
00:23Dans certaines communes ici, il a obtenu plus de 40% des voix au premier tour.
00:27Et vous allez le voir, même dans les fièvres du président,
00:29l'oral-bol commence à se faire sentir.
00:33Bonjour madame, désolé de vous déranger, je suis journaliste.
00:35Je fais un reportage sur le climat politique en ce moment.
00:38Vous savez qu'ils aient bouillé entre eux.
00:40En ce moment, c'est la mayonnaise un peu.
00:41Je ne suis pas la politique, monsieur.
00:43Justement, est-ce que je peux vous demander pourquoi ?
00:45Parce que je n'ai pas le temps, j'ai le boulot, j'ai les enfants.
00:47Donc il n'y a pas le temps.
00:48Bon courage.
00:49Je fais un reportage sur le climat politique en ce moment.
00:51La politique !
00:53Quand vous voulez.
00:53On est commandé par des charlots.
00:55On essaie de ne pas trop regarder les infos.
00:56Parce que ce n'est que des mauvaises nouvelles.
00:57Donc on essaie de prendre du recul et de la hauteur.
01:00Que vous suivez un petit peu ce qui se passe ?
01:02De très loin.
01:03Pourquoi ?
01:04Pourquoi ?
01:04Justement parce que je trouve qu'on n'a plus de références.
01:09On a l'impression que c'est une guerre de poulailler.
01:11Ça ne sert à rien en fait.
01:12On ne fait pas avancer les choses et ce n'est pas constructif.
01:16Pour mesurer les effets, notamment économiques, de cette instabilité,
01:19il y a un instrument clé,
01:21l'indicateur de confiance des ménages publié par l'INSEE.
01:24Il mesure la perception des Français de leur situation financière personnelle
01:27ou celle de la France.
01:29En gros, le pessimisme ou l'optimisme des Français.
01:32Il s'avère depuis un an que cette confiance chute.
01:34Elle est aujourd'hui à un niveau comparable à celle durant la pandémie
01:37ou la crise financière de 2008.
01:39On dit que dans les périodes d'instabilité comme ça,
01:40les gens dépensent moins, épargnent plus.
01:42Je ne sais pas si c'est votre cas.
01:43C'est un petit peu mon cas.
01:44Sincèrement, c'est un petit peu mon cas.
01:45Parce qu'on a peur de l'avenir.
01:48Mais est-ce que c'est bien d'épargner ?
01:49Je ne sais pas.
01:50Parce que qu'est-ce qui va se passer ?
01:51Est-ce qu'on ne va pas subir la même chose que la Grèce ?
01:53C'est quand même inquiétant.
01:56Est-ce que cette instabilité politique,
01:58ça a des répercussions sur vous, sur votre morale, sur autre chose ?
02:01Ça a des répercussions sur la façon dont j'imagine l'avenir de mes enfants.
02:05Surtout.
02:06Donc je les pousse à vraiment essayer de voir s'il y a autre chose ailleurs.
02:11Certainement dans d'autres pays.
02:12Ah oui, carrément.
02:12Ah oui, complètement.
02:13J'imagine plutôt leur avenir à l'étranger, oui.
02:15Donc c'est dommage, parce que les gens vont s'en aller.
02:18Les jeunes vont partir.
02:20Bonjour monsieur le maire.
02:24Bonjour.
02:25Pierre, enchanté.
02:26Vous n'êtes pas en train de regarder les chans d'info ?
02:29Non, je ne sais pas, il y a peut-être des infos.
02:31Non, il n'y a rien de nouveau, on attend encore.
02:34Comment vous décriveriez aujourd'hui la situation politique à Paris ?
02:37À Paris ?
02:38Elle est très troublée et puis elle est affligeante,
02:40parce que c'est plus des querelles de gens qui veulent aller au pouvoir
02:44et surtout à la présidentielle.
02:47On aura peut-être 30 candidats à la présidentielle,
02:50au rythme où ça va,
02:51mais ils oublient un petit peu les gens du pays.
02:53Donc élu local, cette instabilité,
02:55est-ce qu'elle a des répercussions sur vous ?
02:57Moi, je fais partie de l'association des maires ruraux
02:59qui défend le statut de l'élu.
03:02Alors cette loi, elle aurait dû être discutée là,
03:04elle ne l'est pas.
03:05Elle ne sera peut-être pas discutée avant la fin de l'année.
03:07Puis après, il y aura un encombrement avec le budget.
03:09Alors que c'est une loi très importante
03:11pour permettre dans ce statut de l'élu
03:13à plus d'ouvriers, d'employés, d'accéder
03:15à la fonction de maire ou à la fonction d'adjoint.
03:17Aujourd'hui, on sent des hommes et des femmes politiques
03:19qui n'ont pas de vision.
03:21On en manque énormément.
03:22Ou alors, il y en a une vision que certains ont,
03:24qui pourraient être peut-être bonnes,
03:26mais qui veulent nous asséner.
03:28Il faut convaincre.
03:29Et pour convaincre, il faut avoir derrière des projets cohérents
03:33et au service des populations.
03:34Macron, il n'a pas convaincu.
03:36Il n'a pas réussi, même après tant d'années au pouvoir.
03:37Non, il n'a pas réussi.
03:39Mais je crois qu'il a fait une erreur comme d'autres.
03:42Il n'a pas ouvert ses gouvernements
03:44à une pluralité d'expressions.
03:47Il faut qu'on ait une culture de compromis.
03:49On n'était pas tellement habitué à ça dans notre pays,
03:51voire pas du tout pour certains.
03:53On arrive peut-être davantage à faire au niveau local, justement ?
03:56Au niveau local, on peut le faire.
03:57Moi, dans mon conseil municipal,
03:58j'ai des gens surtout du centre-droit,
04:00des gens de gauche comme moi,
04:02et puis il y a des gens de très à droite.
04:04Et pourtant, on travaille ensemble.
04:14C'est un département qui a beaucoup soutenu Emmanuel Macron.
04:16Je ne sais pas si c'était votre cas,
04:17si vous portiez des espoirs en lui en 2017 ?
04:20Oui, tout à fait.
04:21Nous sommes, comme je pense la plupart des gens
04:24qui ont voté pour lui, très déçus de ce qui s'est passé.
04:26Qu'est-ce qu'il a fait comme erreur ?
04:28Déjà, la dissolution.
04:30La dissolution, il n'aurait jamais dû la faire.
04:32Ça a foutu un bazar monstre.
04:34Effectivement, en 2017,
04:36on a la faiblesse de dire qu'on avait voté pour lui,
04:39mais que ça ne risque pas de nous arriver une deuxième fois.
04:42Il incarnait quoi pour vous ?
04:43Que les clivages politiques soient, je veux dire, un peu gommés.
04:48Mais malheureusement, en fait,
04:50on se rend compte qu'il a carrément gommé la politique, on peut dire.
04:55Finalement, on se demande si les clivages,
04:58finalement, ce n'était pas mieux,
04:59parce que là, on se rend compte que maintenant,
05:03c'est du n'importe quoi.
05:04Sous-titrage Société Radio-Canada
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