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  • il y a 4 mois

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00:00L'édito politique sur Europe 1 avec Le Figaro, bonjour Vincent Trémolet-Villère.
00:04Bonjour Dimitri, bonjour Anissa, bonjour à tous.
00:07Alors aujourd'hui Vincent, nous devrions avoir un nouveau Premier Ministre.
00:10Oui, et à l'heure où on se parle Dimitri, ce nouveau Premier Ministre devrait être un ancien Premier Ministre
00:16puisqu'il s'agirait de celui qui a été nommé dimanche, qui a démissionné lundi,
00:20qui a été chargé d'une mission jusqu'à mercredi,
00:22qui a dit chez Léa Salamé que sa mission était accomplie,
00:25mais qui pourrait donc finir la semaine là où elle a commencé, à l'hôtel de Matignon.
00:30Le Cornu défait, le Cornu humilié, mais le Cornu renommé.
00:35C'est le candidat le plus sérieux, alors derrière lui reviennent toujours les mêmes noms,
00:38un Cazeneuve, Borloo, et même Thierry Baudet, le patron du CESE.
00:43Alors au point où nous en sommes, Thierry Baudet à Matignon aurait eu ma préférence
00:47à un professionnel de l'argent jeté par les fenêtres pour gouverner un pays au bord de la ruine, c'est cohérent.
00:53Choisir quelqu'un qui préside une institution fantomatique pour diriger un gouvernement condamné avant même d'exister,
00:59ça aurait été joindre le rien à l'inutile.
01:03Ça n'aurait aucun sens Dimitri, mais comme le cercle de la déraison a pris le pouvoir,
01:07il faut maintenant avoir une approche surréaliste de la politique.
01:09Le cercle de la déraison, qu'est-ce que vous voulez dire Vincent ?
01:12Je veux dire que le cercle de la raison n'a jamais eu la passion du peuple,
01:16mais qu'à force de vouloir éviter les élections, il devient complètement fou.
01:20Pourquoi le gouvernement Lecornu 1 est-il tombé ?
01:23Parce que c'était un gouvernement entièrement dans la main d'Emmanuel Macron,
01:26ce dont témoignait la nomination de Bruno Le Maire.
01:29Et bien une semaine plus tard, le chef de l'État n'a qu'une idée en tête,
01:32nommé le même Sébastien Lecornu,
01:35et à la tête de ce que l'on appelle un gouvernement technique,
01:37c'est-à-dire qu'après s'être emparé de Matignon,
01:40le président de la République qui a contre lui 86% de mauvaises opinions,
01:45veut maintenant un gouvernement de technocrates
01:47dont il serait le vrai chef pour le bouquet final de la technoparade.
01:52Il veut pouvoir dire, l'Élysée c'est moi, Matignon c'est moi,
01:55et maintenant les ministères c'est moi,
01:57c'est la forme décadente et tragique du mot que l'on prête à Louis XIV,
02:01l'État déliquescent, c'est moi.
02:03Mais jusqu'où peut aller cette déliquescence selon vous Vincent ?
02:06Jusqu'au pire Dimitri, quand à la main qu'Édouard Philippe et l'hebdomadaire le point,
02:10c'est-à-dire la Sainte Trinité du macronisme originel,
02:12demandent publiquement que le chef de l'État s'en aille,
02:15c'est que tout est possible.
02:17Les enquêtes d'opinion nous disent que 7 Français sur 10 veulent la même chose,
02:20en fait, ils ont l'impression de vivre de façon aiguë et continue
02:24le syndrome du traité de Lisbonne.
02:27Vous vous souvenez, les citoyens avaient voté en 2005,
02:30non, à 55% au traité de constitution européenne,
02:33qui étaient revenus deux ans plus tard par la fenêtre du Parlement.
02:37Eh bien, aujourd'hui, c'est la même logique.
02:39La France a voté contre Emmanuel Macron aux élections européennes,
02:42aux élections législatives.
02:44Les représentants de la nation ont fait chuter 3 gouvernements en 12 mois,
02:47et le prochain est déjà condamné.
02:49Depuis la dissolution,
02:51notre pays a connu plus d'un tiers de son temps
02:53avec des gouvernements démissionnaires.
02:55Et pourtant, le chef de l'État refuse,
02:58pour trancher le nœud démocratique,
02:59d'organiser de nouvelles élections législatives,
03:02et tente encore de renommer à Matignon son fidèle le plus proche.
03:07Alors, on nous dit qu'une nouvelle dissolution serait coûteuse pour le pays.
03:10Certainement, mais la suspension de la réforme des retraites,
03:13condition pour éviter la censure,
03:15le serait encore plus.
03:16On nous dit aussi qu'une nouvelle assemblée
03:18ne serait pas forcément plus gouvernable.
03:21Peut-être, mais il est possible qu'elle le soit,
03:22et c'est le principe d'un vote, c'est le peuple qui décide,
03:25pas les experts.
03:26On nous dit aussi que la dissolution serait fatale
03:29pour le camp du président.
03:30Mais pour le moment, c'est le bloc central
03:32qui s'acharne sur Emmanuel Macron.
03:34Une dissolution aurait pour lui l'avantage
03:35de balayer en une élection
03:37Gabriel Attal, Edouard Philippe et Elisabeth Borne.
03:41Alors, on nous dit enfin que ce serait une humiliation
03:43et une épreuve pour Emmanuel Macron
03:45de nommer Jordan Bardella à Matignon,
03:47et ça, on veut bien le croire, c'est vrai.
03:49Mais l'entêtement du président à ne pas dissoudre
03:51prépare encore plus sûrement
03:53l'entrée du parti de Marine Le Pen à l'Elysée.
03:56Il n'est pas invité cet après-midi à l'Elysée,
03:58en tout cas Marine Le Pen.
03:59Merci beaucoup Vincent Trémolet de Villers,
04:02votre édito politique sur Europe 1.
04:04Et la une du Figaro, ce jour consacré à Israël et Gaza,
04:07Donald Trump ouvre un chemin pour la paix.
04:09Bon week-end Vincent, à lundi.
04:10Il est 8h moins 5.
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