00:0013h-14h, Europe 1 Info.
00:03Et à 13h20, Clélie Mathias, c'est l'heure d'accueillir vos trois chroniqueurs du jour pour décrypter l'actualité de ce jeudi 9 octobre.
00:08Xenia Fedorova, journaliste et chroniqueuse sur CNews, Jules Torres, journaliste politique au JDD, Jacques Serret, journaliste politique d'Europe 1.
00:15Et on va commencer, bonjour à tous déjà, bienvenue.
00:17Bonjour Clélie.
00:18On va commencer par réécouter, si vous le voulez bien, l'intervention hier de Sébastien Lecornu, son interview, et voici ce qu'il a dit.
00:25Il y a une majorité absolue de l'Assemblée Nationale qui refuse la dissolution.
00:28Et pas que parce qu'il y aurait la peur de retourner aux urnes, c'est surtout parce que beaucoup de personnalités politiques voient bien au fond qu'une dissolution amènerait au même résultat et à une fuite en avant.
00:37Je sens qu'un chemin est possible encore, il est difficile, et j'ai dit au Président de la République que les perspectives de dissolution s'éloignaient et que je pense que la situation permet pour le Président de nommer un Premier ministre dans les 48 prochaines heures.
00:50Jacques Serret, on a donc, selon Sébastien Lecornu, une majorité à l'Assemblée Nationale contre la dissolution.
00:56Mais est-ce qu'elle est capable de gouverner ensemble ?
00:59Non mais cette phrase, une majorité absolue contre la dissolution, c'est du jamais vu, c'est complètement lunaire.
01:07C'est lunaire dans le sens où, qu'est-ce qu'on produit avec ça ?
01:11Je vous pose la question.
01:12Déjà, ça ne produit rien, ça ne se met d'accord sur aucun texte, ça fait un an qu'ils sont d'accord sur rien.
01:17Donc là, ils sont d'accord sur le fait qu'il ne faut pas demander aux Français de revoter.
01:22Par définition, pour des élus, c'est quand même assez catastrophique d'en arriver à ce point-là.
01:29Donc, bref, on comprend juste qu'il y a...
01:33Le Premier ministre dit, alors il n'y a pas que la peur.
01:36En fait, ce qu'on comprend, c'est qu'il y a surtout...
01:37Surtout de la peur.
01:38C'est surtout ça.
01:40Et lorsqu'on peut, qu'on échange avec les uns, les autres,
01:44et notamment au sein du camp présidentiel à Renaissance, au Modem,
01:49il suffit de discuter cinq minutes hors micro avec les députés
01:52pour qu'ils vous disent que c'est surtout la peur.
01:55J'ai pris des notes l'autre fois, lors d'un échange avec un député,
02:00qui me dit, s'il y a des législatives, nous, on perd très gros.
02:04Ce n'est pas aux Français de régler les problèmes.
02:06Est-ce qu'il se trouve ça malaisant de demander aux Français de re-voter un an après ?
02:12C'est vrai que pour des élus, c'est quand même un peu étonnant.
02:14Un, c'est étonnant.
02:15Alors après, il y a cette explication de Sébastien Lecornu
02:17de dire, les Français ont déjà voté.
02:19Alors, oui, ils ont voté il y a un an,
02:21mais dans les circonstances que l'on connaît,
02:23avec les alliances contre nature,
02:26il dit, on aboutirait au même résultat.
02:28Bah, si on a...
02:29Non, dit Gérardin Amon,
02:32qu'il contente son avis également.
02:34Non, mais...
02:35Qu'est-ce qu'on en sait ?
02:36Qu'est-ce qu'ils en savent ?
02:38On aboutirait au même résultat.
02:39Jules Torel, je vais vous donner la parole juste avant
02:41que Zénia Fédorora, quand même,
02:42je ne résiste pas à la question de vous poser ça.
02:44Si vous avez regardé l'interview hier de Sébastien Lecornu,
02:48le Premier ministre démissionnaire,
02:50qui dit qu'il y aura une majorité absolue
02:52contre une dissolution,
02:55vu l'étranger,
02:56avec votre regard d'étrangère,
02:58comment vous avez compris ce qui se passe ?
03:02Franchement, on n'a rien compris.
03:03Il est très étonné, très étonné avec vous.
03:06Et la vérité, ce qu'on voit,
03:07c'est qu'on voit cette énorme crise
03:09qui continue depuis longtemps.
03:12Surtout, si on regarde le vœu de Russie,
03:14comme je suis russe, je regarde les médias russes,
03:16en fait, l'impression,
03:18c'est la faute d'Emmanuel Macron,
03:20qui n'arrive pas à trouver une bonne solution.
03:23Alors, Jules Torres,
03:24qui est renferie ?
03:25Absolument.
03:26Le responsable du blocage aujourd'hui,
03:28c'est évidemment le président de la République.
03:29C'est pour ça que certains appellent,
03:32quand même de Jean-Luc Mélenchon
03:33à Éric Zemmour,
03:34en passant par Hervé Morin,
03:35Jean-François Copé,
03:36et Édouard Philippe,
03:37qui ne sont pas des révolutionnaires,
03:38appellent à la démission du président de la République
03:40et à une nouvelle élection présidentielle,
03:41parce qu'ils considèrent que le blocage, celui...
03:44Moi, je ne fais peut-être pas la même analyse qu'eux.
03:46Je pense qu'on peut aller à une dissolution avant cela
03:48pour équilibrer,
03:50faire une clarification à l'Assemblée nationale.
03:52On n'a pas la certitude
03:53que ni le RN, ni le NFP
03:55ait une majorité absolue,
03:57mais je pense,
03:58et moi, je fais le pari,
04:00que, c'est pour venir corroborer
04:02ce que disait Jacques Serret,
04:03c'est qu'il y a un bloc qui disparaîtrait,
04:05c'est sans doute le bloc central.
04:06On voit bien
04:07que le camp de Gabriel Tal
04:09n'a pas du tout envie d'y aller,
04:10que les LR sont un petit peu frileux
04:12à l'idée d'y aller aussi.
04:13C'est parce qu'ils savent très bien
04:14qu'ils vont perdre des députés.
04:16Donc, c'est quand même curieux
04:17qu'on ait des députés
04:18qui ont peur d'aller devant le peuple.
04:21En fait, on est gouverné par la peur.
04:23On est absolument gouverné par la peur.
04:25Et c'est vrai que
04:26quand j'ai entendu cette phrase
04:27de Sébastien Lecornu
04:28qui parle de majorité absolue
04:29contre la dissolution,
04:31je me suis demandé,
04:32parce que c'est un fin constitutionniste,
04:33il connaît par cœur la Constitution,
04:35je me suis dit,
04:35je vais aller regarder l'article 12,
04:37peut-être que dans les bas de page,
04:38il y a cette phrase.
04:39Non, elle n'existe pas.
04:40Donc, on a quand même créé quelque chose
04:41qui est en effet complètement lunaire.
04:44C'est absolument pas
04:45ni aux députés
04:46ni aux premiers ministres démissionnaires
04:48de nous dire
04:49qui a envie de dissoudre ou non.
04:51C'est au Président de la République
04:52et il le fait
04:52parce que généralement,
04:54les Français ont envie,
04:54ils sont 75%
04:55à vouloir une dissolution
04:57et un retour aux urnes.
04:58Florian Bachelier,
04:59vous vous souvenez ?
04:59Un ancien député avocat.
05:01C'était un ancien député macroniste d'ailleurs.
05:03Il critique la peur des élus
05:04de retourner aux urnes.
05:05Il était sur Europe 1 ce matin
05:06au micro de Pascal Praud.
05:08Tout pour éviter une dissolution,
05:09ça veut dire quoi ?
05:10Ça veut dire tout pour éviter
05:12de donner la parole aux Français.
05:15Ça, ça veut dire quoi ?
05:15L'argument, c'est
05:16mais à rien de compte,
05:17on sent
05:18que le Rassemblement National
05:19est là.
05:20Et puis, on le sent encore mieux
05:21depuis un an, en vérité.
05:23Mais le raisonnement,
05:24il est inverse.
05:25C'est tout ce qui apparaît
05:27comme volonté
05:29de ne pas donner
05:30la parole aux gens,
05:31mais c'est l'élastique.
05:32Mais on est d'accord.
05:33On va dire tous la même chose.
05:35Leur place.
05:36Ma petite place,
05:37mon petit truc,
05:37mon truc.
05:38Voilà, on est tous d'accord là-dessus.
05:40Voilà, Florian Bachelier,
05:41invité de Pascal Praud ce matin.
05:42Mais en fait,
05:43comment vous l'avez trouvé,
05:44vous, Sébastien Lecornu,
05:45hier, dans son interview ?
05:47L'exercice n'était pas facile.
05:48D'ailleurs, c'était son premier,
05:49c'était sa première vraie interview.
05:50Il n'avait pas pris la parole
05:51dans un journal télévisé,
05:53donc les Français l'ont découvert.
05:54Moi, je trouve que
05:55ça aurait pu être
05:56un bon Premier ministre.
05:57Je trouve que même,
05:58c'est du gâchis,
05:59mais ce n'est pas de sa faute.
06:00Cette phrase, je pense,
06:01est malheureuse.
06:02Du reste,
06:02le reste de l'interview,
06:03il dit juste...
06:04Et quelle c'est malheureuse ?
06:06Elle semblait quand même
06:06assez réfléchie, justement.
06:08De ?
06:09Cette phrase.
06:10Ah oui, cette phrase malheureuse,
06:11elle semblait absolument réfléchie.
06:12Ça, c'est une erreur,
06:12à mon avis,
06:13dans cette interview.
06:14Mais du reste,
06:15il a fait ses consultations-là,
06:17il renvoie la balle
06:17au Président de la République,
06:18le Président de la République
06:19devra parler
06:20d'ici les prochains jours.
06:21On sait qu'il va nommer,
06:22a priori,
06:23d'ici maintenant 36 heures,
06:25un nouveau Premier ministre.
06:26Est-ce qu'il va y arriver ?
06:27C'est aussi la question,
06:27parce qu'on connaît
06:28le Président de la République.
06:29Il n'est pas obligé
06:30d'écouter tous les conseils
06:31et les consultations
06:33de Sébastien Le Cordu.
06:34Il peut décider de dissoudre,
06:35à la grande surprise,
06:36ou de faire quelque chose d'autre.
06:37Mais en tout cas,
06:39c'est vrai que c'est un peu du gâchis,
06:40parce qu'on a quand même vu
06:41la parole de quelqu'un
06:42qui était habilité
06:44à diriger cet État.
06:45Oui, Jacques Serret ?
06:46Après, je pense qu'il y a un débat
06:47qui va arriver très rapidement.
06:49Si on considère
06:50que la dissolution
06:51est inéluctable,
06:53que ce soit dans les prochains jours
06:54ou les prochaines semaines,
06:55il faut que les choses aussi
06:56soient claires.
06:58La dissolution,
06:59si elle se produit,
06:59il ne faut pas qu'elle se déroule
07:01dans les mêmes conditions,
07:02en tout cas l'élection législative,
07:04dans les mêmes conditions
07:05que l'année dernière.
07:07Parce que là,
07:08on disait
07:09que c'est la responsabilité
07:10d'Emmanuel Macron.
07:11Mais en fait,
07:11le péché originel
07:12de la situation
07:13dans laquelle on est,
07:15ce sont les tripatouillages,
07:17les manigances
07:18qu'il y a eu
07:18lors des derniers établissements.
07:20Quand il dissout Emmanuel Macron,
07:23il veut d'ailleurs
07:23une cohabitation
07:24avec le Rassemblement National.
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