00:00Les craintes sur la trajectoire économique de la France, Emmanuel, sont montées d'un cran hier avec la démission de Sébastien Lecornu.
00:07Oui, l'instabilité politique, elle avait déjà des conséquences économiques négatives.
00:12On le voyait à travers l'épingle record des ménages, à travers des entreprises qui gèlent les intentions d'embauche, les intentions d'investissement.
00:20Mais depuis hier, c'est effectivement les taux financiers qui se resserraient d'un cran avec des investisseurs internationaux de plus en plus enclins à vendre, entre guillemets, la France.
00:30Ça s'est vu à la Bourse de Paris, moins 1,4% pour le CAC alors que les indices européens montaient.
00:36Si vous regardez quand même depuis le début de l'année l'écart sur les bourses entre la France et l'Allemagne, qui est l'autre écart avec celui des taux d'intérêt,
00:43le CAC 40 fait plus 8%, le DAX, l'équivalent allemand, fait 22% de hausse.
00:49Et l'écart sur les taux d'intérêt, donc sur la dette, il est aussi avec l'Allemagne au plus haut depuis la crise de l'euro au début des années 2010.
00:58Donc on est, oui, dans un pays qui est le seul pays occidental aujourd'hui dans lequel les taux d'intérêt réels, c'est-à-dire les taux d'intérêt défalqués de l'inflation, le vrai coût de l'argent, monte.
01:07Qu'est-ce qui effraie précisément nos créanciers ?
01:10Alors, le diagnostic partagé par les milieux économiques et financiers, c'est qu'il y a deux hommes malades en Europe, c'est l'Allemagne et la France.
01:16Sauf que l'Allemagne, elle a les moyens et la volonté politique de se redresser, alors que la France n'a ni l'un ni l'autre.
01:23Et les perspectives sont inquiétantes, en plus du point de vue des finances publiques pour les investisseurs, parce que c'est quoi les alternatives ?
01:30Peut-être un gouvernement de gauche ? On sait que pour les déficits, c'est pas forcément terrible.
01:34Une nouvelle dissolution, deux nouvelles élections présidentielles.
01:36Tout ça, sous l'épée de Damoclès, des agences de notation, dont deux importantes vont rendre leur verdict dans les prochaines semaines.
01:43Donc, la seule hypothèse qui rassurerait les marchés financiers, ce serait, vous savez, le fameux gouvernement technique.
01:48Ce qui est plébiscité d'ailleurs par les Français. Ils veulent un Premier ministre.
01:51Voilà, exactement, mais c'est une solution un peu court-termiste.
01:54Et l'impact pour nous, au quotidien, pour nous Français ?
01:56Au quotidien, ce qui est sûr, c'est que ça veut dire plus de difficultés à trouver un emploi pour ceux qui sont au chômage.
02:04Ça veut dire des augmentations de salaire revues à la baisse pour ceux qui ont un travail.
02:07Ça veut dire des taux d'intérêt plus élevés pour ceux qui veulent emprunter.
02:12La croissance perdue à cause de l'instabilité politique déjà cette année, c'est 350 euros par salarié, à peu près.
02:19Et puis, côté impôts, qu'est-ce qui nous attend ?
02:22Il y a cette loi spéciale ou un budget.
02:24On voit bien que, de toute façon, le principe de l'année blanche était généralisé.
02:28Donc, côté impôts, ça veut dire plutôt, quoi qu'il arrive, des hausses d'impôts en général.
02:33Vous évoquiez nos investisseurs internationaux, nos créanciers qui s'inquiètent.
02:36On verra tout à l'heure, dans une demi-heure avec François Clémenceau,
02:39que la presse étrangère, effectivement, n'est pas tendre, inquiète également,
02:43et puis stupéfaite face à l'incapacité de la France à se réformer
02:47et des partis à s'entendre.
02:49Merci beaucoup, Emmanuel.
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