00:00Être Premier ministre est une tâche difficile, sans doute encore un peu plus difficile en ce moment,
00:06mais on ne peut pas être Premier ministre lorsque les conditions ne sont pas remplies.
00:09Depuis trois semaines pourtant, j'ai bâti, tenté de bâtir les conditions pour lesquelles nous pourrions
00:17faire adopter un budget pour la France, pour l'État, mais aussi pour la sécurité sociale
00:22et répondre à quelques urgences importantes qui ne peuvent pas attendre 2027, l'élection présidentielle,
00:27Ces consultations officielles, parfois plus discrètes, nous ont permis d'avancer sur un certain nombre de sujets.
00:36Je l'avais dit vendredi matin, dans le secret du bureau, les langues se délient et les lignes rouges deviennent oranges et parfois vertes.
00:44En ce lundi matin, les conditions n'étaient plus remplies pour que je puisse exercer ces fonctions de Premier ministre
00:51et permettre au gouvernement d'aller devant l'Assemblée nationale demain.
00:55Les partis politiques continuent d'adopter une posture comme s'ils avaient tous la majorité absolue à l'Assemblée nationale.
01:06Et au fond, je me suis retrouvé dans une situation dans laquelle j'étais prêt à des compromis,
01:10mais chaque parti politique veut que l'autre parti politique adopte l'intégralité de son programme.
01:16C'est vrai des formations parfois du socle commun, c'est vrai aussi des oppositions.
01:20Or, nous l'avons dit, pas de coalition large, c'est un choix qui a été fait par les différentes formations politiques de l'opposition,
01:26de ne pas venir avec le socle commun au gouvernement, mais de permettre les débats et d'organiser ensuite les compromis,
01:32sachant que les compromis ne sont pas la compromission.
01:34Mais pour cela, évidemment, il faut changer d'état d'esprit et ne pas vouloir appliquer l'intégralité de son projet et de son programme.
01:41Et le dernier point, et je le dis avec respect, moi qui suis un militant,
01:48qui au fond gravit les marches de la méritocratie républicaine grâce à l'élection,
01:54comme maire, comme président de département, comme sénateur, je suis un militant
01:58et j'ai du respect pour celles et ceux qui s'engagent.
02:01Mais il faut toujours préférer son pays à son parti.
02:05Et il faut savoir écouter ses militants, mais toujours penser aux Françaises et aux Français.
02:09Merci à toutes et à tous. Je vous remercie.
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