00:00Ces consultations officielles, parfois plus discrètes, nous ont permis d'avancer sur un certain nombre de sujets.
00:08Je l'avais dit vendredi matin, dans le secret du bureau, les langues se délient et les lignes rouges deviennent oranges et parfois vertes,
00:17avec parfois évidemment quelques lignes qui bougent sur l'assurance chômage, sur la question de la justice fiscale ou encore sur la question des retraites.
00:30Avec néanmoins toujours ce sentiment que la ligne se recule à chaque fois que nous avancions, mais de cela aussi j'y reviendrai dans un instant.
00:38Et puis j'en suis arrivé à la conclusion vendredi dernier qu'au fond, le Parlement devait toujours avoir le dernier mot,
00:45que l'article 49 à ligne A3 de la Constitution était un moyen de contraindre sa majorité dans l'esprit du constituant,
00:52notamment de Michel Debré et du général de Gaulle, et que cela ne servait à rien de donner l'impression
00:58que les débats n'iraient pas jusqu'au bout.
01:01En ce lundi matin, les conditions n'étaient plus remplies pour que je puisse exercer ces fonctions de Premier ministre
01:09et permettre au gouvernement d'aller devant l'Assemblée nationale demain.
01:13Pour trois raisons.
01:15La première, c'est que précisément ces formations politiques ont fait mine parfois de ne pas voir le changement,
01:22la rupture profonde que représentait le fait de ne pas se servir de l'article 49 à ligne A3 de la Constitution.
01:28C'est-à-dire qu'au fond, il n'y avait plus de prétexte pour une censure préalable.
01:33En tout cas, il n'y avait plus de prétexte pour faire que les parlementaires refusent de faire leur métier de parlementaire,
01:40c'est-à-dire de discuter la loi, de l'amender, et le cas échéant, de voter ou non un texte.
01:48Et cette rupture, je le dis, elle a été soulignée par un certain nombre d'observateurs, d'acteurs de la vie politique,
01:53certains opposants d'ailleurs qui le demandaient historiquement, mais elle n'a pas permis ce choc de se dire
02:00« on peut faire différemment et on peut construire les choses différemment ».
02:04La deuxième des choses, c'est que les partis politiques continuent d'adopter une posture
02:12comme s'ils avaient tous la majorité absolue à l'Assemblée nationale.
02:17Et au fond, je me suis retrouvé dans une situation dans laquelle j'étais prêt à des compromis,
02:21mais chaque parti politique veut que l'autre parti politique adopte l'intégralité de son programme.
02:27C'est vrai des formations parfois du socle commun, c'est vrai aussi des oppositions.
02:31Or, nous l'avons dit, pas de coalition large, c'est un choix qui a été fait par les différentes formations politiques de l'opposition,
02:37de ne pas venir avec le socle commun au gouvernement, mais de permettre les débats et d'organiser ensuite les compromis,
02:43sachant que les compromis ne sont pas la compromission.
02:45Mais pour cela, évidemment, il faut changer d'état d'esprit et ne pas vouloir appliquer l'intégralité de son projet et de son programme.
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