00:00Et voilà qu'Emmanuel Macron se met vent debout face aux réseaux sociaux, Eliott.
00:03Oui, c'est une prise de parole qui n'a pas été commentée, celle d'Emmanuel Macron.
00:07Je crois que c'était hier soir, pour les 35 ans de la réunification de l'Allemagne.
00:12Emmanuel Macron, qui était le seul chef d'État étranger à avoir été invité.
00:17Et il parle des réseaux sociaux et du danger que représentent les réseaux sociaux
00:21sur la démocratie et sur notre société.
00:25Alors, c'est une déclaration assez longue, elle doit faire un peu plus de deux minutes.
00:28Et je n'ai pas voulu la couper, j'ai pris une extenso, ce qui avait été diffusé sur le compte Twitter d'Emmanuel Macron.
00:36Donc, il attaque les réseaux sociaux, je crois qu'il utilise aussi massivement les réseaux sociaux, Emmanuel Macron.
00:44Et ça va être l'objet de notre petit débat entre Georges Fenech et Thomas Bonnet.
00:48C'est dans un instant, est-ce que le problème, ce sont les réseaux sociaux, le problème de notre société ?
00:53Est-ce que c'est une menace pour notre démocratie ? On en parle dans un instant.
00:56Mais d'abord, on écoute le président de la République.
00:59Nous avons laissé un espace public démocratique s'installer.
01:02Où les gens sont tous en cagoule, anonyme.
01:05Où la règle, c'est plutôt qu'il faut insulter l'autre si on veut être populaire.
01:08Où vous ne savez pas dans cet espace public, imaginez une grande place.
01:11Si vous avez des vrais gens ou des fausses personnes.
01:15Et où vous donnez une égale valeur à quelqu'un qui crie beaucoup plus fort et qui vous dit
01:18ce vaccin n'est pas un vaccin, ce que vous me dites là est faux et qui profère les pires contre-vérités.
01:24Nous vivons dans une place publique qui a cette tête-là.
01:27Nous avons eu l'immense naïveté de confier notre espace démocratique à des réseaux sociaux
01:34qui sont à la main soit de grands entrepreneurs américains, soit de grandes sociétés chinoises
01:39dont les intérêts ne sont pas du tout la survie ou le bon fonctionnement de nos démocraties.
01:43Si nous ne nous réveillons pas, nous Européens, pour dire nous voulons reprendre le contrôle de nos démocraties,
01:49je vous l'écris d'ici dix ans, tous ceux qui jouent sur cette infrastructure ou avec elle auront gagné.
01:54Et nous serons un continent, comme beaucoup d'autres, de complotistes, d'extrêmes, de bruit et de fureur.
01:59Si nous croyons dans l'ordre démocratique, remettons la science et la connaissance au cœur.
02:05Remettons l'autorité scientifique au cœur.
02:07Remettons la place de la culture, de l'éducation, de l'apprentissage au cœur.
02:12Protégeons nos adolescents et nos jeunes de ces réseaux sociaux.
02:16Donnons des règles à ces réseaux sociaux pour qu'ils aient en quelque sorte les mêmes que ceux de l'espace démocratique.
02:22C'est-à-dire qu'il n'y ait pas de gens cachés.
02:25C'est-à-dire qu'il n'y ait pas de faux comptes qui créent de faux emballements.
02:28Et faisons respecter les mêmes règles.
02:31Quand vous avez un journal, vous êtes responsable de ce qui s'y publie.
02:33Quand vous avez un réseau social, vous devez être responsable de ce qui s'y publie.
02:38Sinon, c'est le racisme, l'antisémitisme, la haine de l'autre,
02:42qui triompheront sur notre continent.
02:44Nous avons les moyens de rebâtir une démocratie du XXIe siècle.
02:48Simplement, il faut ce sursaut.
02:50C'est à nous de le faire.
02:52Alors, cet appel au sursaut d'Emmanuel Macron, qu'en pensez-vous Thomas Bonnet ?
02:57Écoutez, moi je ne suis pas favorable au fait qu'on lève l'anonymat,
03:02qu'on essaye d'avoir un passeport numérique comme ça va peut-être être le cas au Royaume-Uni.
03:06En revanche, je pense que sur le constat d'Emmanuel Macron, il y a beaucoup de choses qui sont vraies.
03:09C'est-à-dire qu'il y a une dérive du débat public qui est en partie liée à l'émergence des réseaux sociaux
03:15qui ont créé des bulles idéologiques,
03:18qui permettent aussi à certains, je pense notamment aux adolescents,
03:21d'avoir accès à du contenu pornographique, à du contenu choquant,
03:26en deux clics sur les réseaux sociaux.
03:27Et tout ça façonne l'esprit des gens.
03:31Donc je pense qu'effectivement, il y a des choses à observer, des choses à corriger.
03:35Alors comment ? Je pense que c'est un vaste chantier.
03:37C'est sans doute pour moi le chantier du siècle peut-être qui s'annonce.
03:41Mais c'est à mon avis primordial d'aller sur ce terrain-là
03:44parce qu'en effet, le débat public, à mon avis, pâtit des réseaux sociaux.
03:48Est-ce que c'est...
03:49Moi, en écoutant Emmanuel Macron, on a l'impression que l'élément central
03:53de cette démocratie qui est en train de vaciller en Europe
04:00est lié, intimement lié, à l'utilisation des réseaux sociaux.
04:05Est-ce que c'est l'alpha et l'oméga ?
04:07Est-ce que c'est le plus grand danger comme il est présenté par Emmanuel Macron ou Georges Fenech ?
04:13Moi, je suis profondément attaché à la liberté, sous toutes ses formes,
04:17avec la limite toujours de ne pas enfreindre la loi
04:19ou semer le trouble à l'ordre public.
04:22Bon, ceci étant dit, je crois qu'il existe déjà des législations protectrices.
04:28Vous savez que l'Europe, notamment, a mis en place un digital service act
04:33qui oblige les plateformes à retirer les contenus légaux dans des délais extrêmement rapides.
04:40Il y a plein de choses.
04:40Il y a la surveillance des réseaux sociaux par des services spécialisés.
04:44Il y a les plateformes pharoces.
04:44Il y a plein de choses qui existent déjà.
04:46Là où je serais peut-être un peu en désaccord avec Thomas
04:50et plus en accord avec Emmanuel Macron, pour être objectif,
04:54moi, ce qui me choque toujours, c'est cet anonymat
04:56qui vous permet d'harceler, d'injurier, d'insulter.
05:00On en fait tous une expérience quand on est dans les médias.
05:04Et moi, je serais plutôt favorable, vous voyez, pour qu'il y ait une identité réelle
05:07qui soit inscrite quelque part, quand vous inscrivez sur un réseau,
05:10et que vous ayez la possibilité ensuite d'utiliser un pseudo.
05:14Mais qu'au moins on sache qui est, au final, quand il y a un vrai souci, qui est derrière.
05:18Je vais vous dire, pardonnez-moi, il parle de la transparence dans les journaux.
05:22Il y a ce qui arrive régulièrement dans les médias, ça s'appelle le secret des sources.
05:26Vous pouvez prendre la parole dans les médias de manière anonyme.
05:32Combien de fois, vous, le journaliste politique Thomas Bonnet,
05:36vous nous dites de sources gouvernementales.
05:38En off, le ministre, je ne vous dirai pas lequel,
05:42Un membre du gouvernement, oui, mais c'est normal ça.
05:44Ah bah c'est normal, donc, non mais c'est sur la limite.
05:46C'est le secret des sources, c'est autre chose, c'est normal.
05:49Pardonnez-moi, là vous montrez la face sombre des réseaux sociaux.
05:52C'est très intéressant, vous avez raison.
05:54Il y a évidemment du mauvais dans les réseaux sociaux.
05:57Mais moi je pense à tous ces lanceurs d'alerte,
05:59qui sur les réseaux sociaux, sont allés contester,
06:04preuve à l'appui, le récit.
06:08Unique qui était imposé par justement une certaine classe
06:12qui voit son magistère vacillé,
06:14qui ne supporte pas la contradiction,
06:17qui ne la supporte pas,
06:18qui a très très mal vécu le fait qu'il y ait
06:21peut-être des divergences de point de vue,
06:23notamment sur le Covid,
06:25notamment pendant les Gilets jaunes,
06:27notamment sur les questions de sécurité,
06:29notamment sur les questions d'immigration,
06:31notamment sur la question de l'Europe
06:32telle qu'elle est présentée par les européistes.
06:35Et aujourd'hui, c'est une vision de la liberté de l'expression
06:39et de la démocratie qui est en train de changer.
06:42Les mêmes qui voulaient une liberté totale,
06:45les principes fondamentaux, etc.
06:47sont en train de revoir un peu la donne
06:49parce que leur pensée,
06:52qu'ils pensaient imposer peut-être à tous,
06:53et non plus le monopole du risque.
06:55Vous avez 100% raison
06:56et on a tous en tête des événements
06:58qui ont été mis en lumière par des internautes
07:00et qui n'auraient sans doute pas été mis en lumière
07:02de la même manière dans les médias traditionnels.
07:05Malgré tout, on ne doit pas être naïf.
07:07Il y a des puissances
07:09qui n'ont pas les mêmes intérêts que nous.
07:12Par exemple, je pense à des plateformes
07:14qui sont évidemment des plateformes chinoises,
07:16des plateformes américaines.
07:18Il peut y avoir un intérêt,
07:19de manière ponctuelle,
07:20à faire grossir tel ou tel événement,
07:23tel ou tel courant de pensée.
07:25On ne doit pas être naïf.
07:26Mais personne n'est naïf.
07:27Mais pardonnez-moi,
07:27cette alerte-là,
07:28vous pouviez la faire dès les élections
07:31avec les réseaux sociaux,
07:34notamment par exemple
07:35sur les élections aux Etats-Unis
07:37quand c'est Barack Obama
07:38qui était plébiscité,
07:40quand vous aviez des gros algorithmes
07:42qui mettaient en difficulté les adversaires.
07:42Mais je le fais de la même manière.
07:44Je ne cible pas une idéologie en tant que telle.
07:46Je cible un phénomène
07:47qui après s'imprime
07:49dans notre débat public.
07:50Écoutez,
07:51c'était le petit débat à midi 35
07:54parce que cette information,
07:55je l'ai vue passer,
07:56elle a beaucoup circulé,
07:57notamment sur les réseaux sociaux
07:59et ça a été sous-traité
08:00dans les médias dits traditionnels.
08:02Parce qu'au Royaume-Uni,
08:03ils veulent mettre un passeport,
08:04il faut le dire,
08:04ils veulent mettre un passeport numérique.
08:06C'est une idée du Premier ministre
08:07Kirstermer.
08:08Sachant qu'au Royaume-Uni,
08:10déjà,
08:10il y a beaucoup de gens
08:11qui ont été poursuivis
08:12pour avoir simplement
08:13posté des messages en ligne.
08:14Et ça, évidemment,
08:15c'est une dérive terrible.
08:17Et ça nous ramène à 1984,
08:18à George Orwell,
08:20etc.
08:20Donc là,
08:22c'est très effrayant.
08:23Je ne dis pas,
08:24évidemment,
08:24qu'il faut en arriver là,
08:25loin de là.
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