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  • il y a 4 mois
Plus de trois semaines après sa nomination à Matignon, Sébastien Lecornu n'a toujours pas formé son gouvernement. Marine Le Pen, présidente du groupe RN à l'Assemblée, était reçue ce vendredi matin par Sébastien Lecornu et s'est exprimée à l'issue dans le cadre d'un micro tendu.

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Transcription
00:00Bien, donc l'ultime rendez-vous avec le nouveau Premier ministre.
00:06Nous avons un peu le sentiment depuis quelques mois de vivre un jour sans fin.
00:13Bon, j'en ressors sans avoir une vision extrêmement précise de ce que M. Lecornu souhaite faire,
00:21ce qui est assez inquiétant à quelques jours du discours de politique générale.
00:25Donc on ne peut qu'espérer que le discours de politique générale soit plus clair
00:30et soit capable de marquer une vision.
00:32Nos exigences, vous le savez, sont toujours les mêmes.
00:36C'est arrêter avec la folie dépensière d'une immigration absolument dérégulée.
00:45C'est alléger, si c'est possible, la pression fiscale,
00:51et notamment sur les classes moyennes qui, depuis des années, voient la pression fiscale sur eux s'aggraver.
01:02C'est évidemment commencé le combat contre la fraude, les fraudes,
01:09qui sont un vol organisé des Français.
01:13Mais c'est retrouver de la sagesse dans la contribution à l'Union européenne,
01:18dont je rappelle que la contribution nette a augmenté dans des proportions qui sont inadmissibles,
01:24puisqu'on a assisté à un doublement en l'espace de quelques années.
01:28Donc j'ai réitéré au Premier ministre les exigences,
01:33qui sont celles des électeurs du Rassemblement national.
01:37Et nous attendrons lundi pour voir s'il prend en considération ces éléments.
01:44J'ai pris connaissance de l'annonce de ne pas utiliser le 49-3,
01:50ce que je trouve pour le coup plutôt respectueux de la Constitution,
01:53car je rappelle que le 49-3 a vocation à contraindre sa propre majorité,
01:57et le Premier ministre n'a pas de majorité.
01:59Il semble quand même, dans les derniers premiers ministres, être celui qui en a conscience.
02:03On a fait un pas, car manifestement, tant M. Barnier que M. Bayrou
02:09n'avaient pas pris conscience qu'ils n'avaient pas de majorité.
02:13Donc cette annonce que le Premier ministre n'utilisera pas le 49-3
02:18m'apparaît plus respectueux de la démocratie
02:22que ce qui a pu être fait dans les années précédentes.
02:26Maintenant, nous restons dans l'attente, encore une fois,
02:29de ce discours de politique générale,
02:30qui devra être beaucoup plus clair que ce que j'ai pu entendre ce matin
02:35pour convaincre le Rassemblement national
02:38de participer, à tout le moins, aux travaux du budget.
02:43Est-ce qu'à ce stade, vous allez vers la censure, Marine Le Pen ?
02:46Donc en fait, vous aviez prévu votre question,
02:48vous n'avez pas écouté ce que j'ai dit,
02:49et donc vous posez la question à laquelle je viens de répondre.
02:51Non, ça ne change pas fondamentalement les choses,
02:57mais ça veut dire qu'en réalité, le Premier ministre accepte l'idée
03:01qu'il doit trouver dans les différents secteurs du budget
03:07une majorité à l'Assemblée nationale.
03:10Donc je suis obligé, évidemment, d'en conclure
03:13que le Rassemblement national aurait ainsi
03:17un pouvoir supplémentaire à celui qu'il aurait
03:20si le 49-3 était utilisé.
03:22Puisque par définition, nous sommes, je le rappelle,
03:24le premier groupe de l'Assemblée nationale.
03:26Et pour l'instant, on est quand même loin de la rupture
03:28qui était promise par...
03:29Il évoque beaucoup la rupture, mais est-ce que...
03:31Ah oui, merci.
03:34On pense donc la même chose.
03:36Je ne vois pas bien la rupture avec le macronisme,
03:39mais encore une fois, comme je suis d'un naturel optimiste,
03:41j'attends le début de la semaine prochaine
03:45où, semble-t-il, se déroulera le discours de politique générale,
03:48car c'est celui, en réalité, qui est attendu.
03:51Il ne vous a pas échappé que personne n'attend les ministres.
03:54Ce qui est d'ailleurs un véritable problème.
03:56Dans une démocratie, on se dit qu'il y a une sorte d'intérêt
04:00pour savoir qui va être ministre.
04:01Là, personne n'a aucun intérêt
04:03et personne ne ressent le moindre suspense
04:08sur la nomination potentielle des ministres.
04:11Donc c'est ce discours de politique générale
04:13qui, évidemment, permettra de voir s'il existe une rupture ou pas,
04:17étant entendu, et vous le savez, je le répète,
04:20que pour le Rassemblement national, c'est la rupture ou la censure.
04:22En contrepartie du non-usage du 49-3,
04:25le Premier ministre appelle à des compromis.
04:26Est-ce qu'il peut y avoir, aujourd'hui,
04:27des compromis entre le gouvernement et le Rassemblement national ?
04:30Par définition, le Rassemblement national, s'il n'y a pas de 49-3,
04:35va soit, à l'issue du discours de politique générale,
04:39décider de censurer parce que, véritablement,
04:42il n'y aura aucun élément qui pourra sauver ce gouvernement,
04:47ou alors prendra la décision de participer aux travaux parlementaires,
04:52c'est-à-dire avancer les options qui sont importantes pour nos électeurs
04:58en cherchant à les faire voter.
05:02Car je rappelle quand même que, dans les dernières semaines,
05:04c'est le Rassemblement national qui a fait voter la loi du plan,
05:07c'est le Rassemblement national qui a fait voter le texte
05:11modifiant très profondément la programmation pluriannuelle de l'énergie,
05:17c'est le Rassemblement national qui a permis le vote de la loi simplification,
05:21donc nous avons eu un rôle absolument essentiel
05:25dans l'amélioration de l'avenir des Français dans les dernières semaines.
05:30Bon, donc nous verrons si nous avons la possibilité de faire cela,
05:34mais encore faut-il, encore une fois,
05:36que le discours de politique générale marque une véritable rupture
05:38et permettez-moi, au moment où on se parle, d'en douter.
05:42Ça veut dire que ce matin, le Premier ministre n'a rien évoqué en termes de pistes,
05:46il a sorti plusieurs éléments cette semaine,
05:49des baisses d'impôts pour les personnes les plus modestes,
05:51on a aussi reparlé de la CSG.
05:52Vous êtes dans le flou à l'issue de cet entretien ce matin avec Sébastien Lecornu ?
05:55Oui, j'avoue que les éléments qui ont été fournis par M. Lecornu
06:02m'apparaissent encore extrêmement vagues quand ils ne sont pas mal calibrés.
06:08Il n'a eu aucune concession à votre parti, à votre programme ?
06:14Non mais je n'étais pas venue pour réclamer des concessions,
06:17je suis venue pour exprimer la voix des 11 millions d'électeurs du Rassemblement national,
06:22après, soit il en tient compte dans son discours de politique générale,
06:26soit il n'en tient pas compte.
06:27Voilà, il n'y a pas d'accords qui peuvent se dérouler dans le secret des bureaux.
06:34Ce n'est pas comme ça que ça se passe en démocratie.
06:36Mme Le Pen, justement, on voit une meilleure représentation du Rassemblement national au bureau de l'Assemblée nationale.
06:40Hier, la gauche a dénoncé un pacte de secret, de non-censure entre le RN et la Macronie.
06:46Qu'est-ce que vous répondez à ça ?
06:48Il faut qu'ils arrêtent le complotisme.
06:50Voilà, je trouve que c'est un peu grave.
06:53Je rappelle que les vice-présidents de LFI ont été aussi élus, en quelque sorte,
06:59avec les voix du Rassemblement national.
07:01Ils n'ont pas pour autant démissionné.
07:03C'est-à-dire qu'il y avait une liste de six vice-présidents,
07:07deux du socle commun, deux de LFI, deux du Rassemblement national.
07:11Et c'est normal, parce que le règlement intérieur de l'Assemblée nationale
07:15exige que le bureau soit constitué en se rapprochant le plus
07:21des poids des différentes formations politiques.
07:27Donc on voit d'ailleurs que la gauche s'éloigne de plus en plus du fonctionnement démocratique.
07:33Puisqu'ils contestent cela.
07:34Ils le contestent, mais enfin, quand c'est à leur avantage, tout de même,
07:37ils oublient d'en tirer les conséquences.
07:40Bon, donc c'est normal.
07:42Nous sommes revenus à une normalité.
07:44Nous n'avons rien obtenu, rien d'ailleurs demandé.
07:48Je pense que le socle commun s'est rendu compte de lui-même
07:51que l'année où il avait, dans des conditions scandaleuses,
07:56écarté avec la gauche, le Rassemblement national,
07:59de toute représentation, eh bien, leur avait coûté cher.
08:03Et donc ils sont revenus au respect du règlement de l'Assemblée nationale.
08:08Je ne vais pas leur dire merci, vous voyez.
08:09Je ne vais pas dire merci pour ce qui m'apparaît être
08:12la normalité du fonctionnement démocratique de notre Assemblée.
08:18Qu'est-ce qui change ?
08:18Merci.
08:19Ben, je vous l'ai dit, il n'y a pas grand-chose là.
08:22Bonne journée.
08:24Merci.
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