00:00Éric de Ritmaten, les patrons ont le blues et ils remettent en cause leur projet d'investissement.
00:04C'est ce qui ressort du baromètre Banque Palatine pour les ETI, les entreprises de taille intermédiaire.
00:09Pas une très grande entreprise, mais ce n'est pas une PME.
00:11Est-ce qu'il faut y voir une grande lassitude des chefs d'entreprise ?
00:14Lassitude et puis surtout, ils en ont assez d'être dans le brouillard depuis presque un an et demi.
00:20Il ne faut pas oublier que depuis janvier 2024, depuis le départ d'Elisabeth Borne, il ne s'est pas passé grand-chose.
00:25Vous avez eu 8 mois de Gabriel Attal, 3 mois de Michel Barnier, 9 mois de François Bayrou et depuis le 9 septembre, Sébastien Lecornu, sans feuille de route, il faut le dire.
00:34Les entrepreneurs vraiment sont HS, comme on dit.
00:37D'ailleurs, je vais vous donner un chiffre.
00:3912% seulement des ETI, 12%, vous vous rendez compte, ce n'est vraiment pas grand-chose, les ETI sont les entreprises de taille intermédiaire, effectivement, disent
00:46« on va maintenir nos projets de développement et d'investissement ».
00:49Mis à l'envers, ça veut dire quoi ? 88% de ces entreprises en ont assez de ce brouillard qui n'en finit pas.
00:56Et d'ailleurs, le MEDEF, tiers de la nationalité d'alarme, Patrick Martin a dit « l'économie, ça n'est pas un jeu ».
01:02Il l'a dit plein de fois.
01:03Donc, en gros, c'est stop, maintenant, il faut agir.
01:05Oui, ça pour dire des choses, il y a beaucoup de monde.
01:07Ah oui.
01:08Enfin, il va falloir faire.
01:09Vous voulez dire que le monde politique est totalement aveugle ?
01:12Il y a une responsabilité des hommes et des femmes politiques qui ne s'intéressent pas à l'économie, ça passe après le reste, après leur petit sort personnel, c'est ça ?
01:20Mais oui, bien sûr, parce que si vous voulez, les discours, ça suffit.
01:24Et maintenant, il faut des actes.
01:25Et n'oublions pas que l'entreprise, c'est le moteur de l'économie.
01:28Sans entreprise, tout s'arrête, c'est un petit peu le cas.
01:30Et là, je parle des ETI, je ne parle pas des méga-groupes, des grandes entreprises du CAC 40.
01:35C'est vraiment le moteur de la vie française.
01:38Vous avez un tiers aujourd'hui des entreprises, des ETI, qui disent mon chiffre d'affaires va augmenter.
01:44Un tiers, ce n'est pas beaucoup.
01:46Donc les autres, ça veut dire qu'elles vont rester flats, sans évolution.
01:49Ça, c'est le baromètre de la Banque Palatine.
01:51La rentabilité de ces entreprises devrait également s'effriter.
01:55Et pendant ce temps, le président de la République ne donne aucun cap.
01:59Il n'y a pas vraiment de vision d'avenir.
02:01Tout le monde attend et se demande combien de temps encore.
02:03Oui, on le voit d'ailleurs avec ces dissensions qui opposent les très grands patrons aux petits patrons et aux patrons d'entreprises de taille moyenne.
02:11Ça, c'est le vrai changement.
02:13C'est vraiment surprenant parce que le MEDEF se retrouve un peu solitaire.
02:16Vous savez, le MEDEF représente le patronat français.
02:19D'ailleurs, il y a aussi des PME dans le MEDEF.
02:21Mais là, on estime que le MEDEF a fait fausse route en parlant des impôts.
02:26Et des entreprises de taille moyenne, les PME notamment, disent que ce n'est pas la question, les impôts.
02:30Nous, ça ne nous concerne pas. L'UDEP, par exemple. L'UDEP, c'est l'union des entreprises de proximité.
02:35Ce sont beaucoup de petits commerçants.
02:36C'est Michel Picon qui préside cet organisme.
02:39Il a dit, nous, ça ne nous regarde pas cette histoire d'impôts.
02:42Il vaudrait mieux qu'on travaille sur d'autres sujets qui concernent vraiment les petits patrons.
02:46Et d'ailleurs, le relais a été pris par Amir Reza, qui représente, lui, les PME.
02:51Et là, qu'est-ce qu'il dit ? Il dit, nous, la priorité, c'est la feuille de paye.
02:54C'est ce qui compte.
02:55Pas normal que quand quelqu'un gagne 2 000 euros par mois, en fait, le patron en a décaissé 4 000.
03:00Ça veut dire quoi ? Qu'il y a trop de cotisations, trop de charges qui sont supportées par le seul salaire, vous, le salarié, et par l'entreprise.
03:07Il faut que ça change.
03:08Et d'ailleurs, Amir Reza Tofighi, de la CGPME, dit, peut-être qu'il faut créer la TVA sociale.
03:14Au moins, tout le monde payera.
03:15Et ce qui est chômage, retraite, santé, eh bien, tous ces trois points seront financés par tout le monde, après tout.
03:21Ce serait peut-être pas bête d'y réfléchir. Il y avait eu un projet de TVA sociale, mais il avait été abandonné.
03:26Alors, BPI France, que tout le monde connaît, confirme le marasme.
03:29Et maintenant, on commence à chiffrer le fait que François Bayrou ait baissé les bras,
03:33parce que ça a plongé la France dans le brouillard total.
03:35On estime que tout ça, ça va faire 0,2 points de PIB perdus.
03:390,2 points de PIB perdus, c'est 6 milliards à cause de très mauvaises décisions.
03:44Sous-titrage Société Radio-Canada
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