Les Vraies Voix avec Benoît Perrin, directeur de Contribuables Associés.
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00:02Et avec Clément Barguin, on va revenir sur Sébastien Lecornu, qui envisage de baisser la CSG sur les bas salaires.
00:10Oui, le Premier ministre voudrait réduire la différence entre le salaire net et le salaire brut,
00:15l'une des propositions majeures présentées par le Parti Socialiste le mois dernier.
00:20Pour augmenter le pouvoir d'achat des travailleurs, le PS propose une baisse ciblée de la contribution sociale généralisée,
00:26la CSG, qui sert à financer la sécurité sociale. Le taux prélevé sur les salaires est aujourd'hui de 9,2%.
00:32La baisse de la CSG s'appliquerait sur les salaires inférieurs à 1,4 SMIC,
00:37c'est-à-dire les salaires compris entre 1420 et 1900 euros nets par mois.
00:42Les défenseurs de la mesure promettent que pour une maman solo, par exemple, qui gagne un SMIC par mois, qui a un enfant,
00:48cela représente un gain de pouvoir d'achat de 900 euros par an.
00:51Mais le manque à gagner pour la sécurité sociale n'est pas négligeable.
00:55On parle de 6 milliards d'euros.
00:57Et pour en parler avec nous, on reçoit Benoît Perrin, économiste et directeur de l'association Contribuables Associés.
01:02Bonsoir Benoît.
01:04Bonsoir à tous.
01:05Benoît Perrin, merci d'être avec nous.
01:07Alors pour ceux qui ne connaissent pas trop la CSG, expliquez-nous à quoi ça correspond.
01:15Alors la CSG, c'est vraiment un impôt extrêmement performant. Pourquoi ?
01:19Parce qu'on dit souvent qu'les bons impôts, c'est ceux qui touchent beaucoup de personnes avec des taux bas.
01:23Et la CSG, en fait, elle s'applique à trois types de revenus.
01:26Les revenus du travail, vous venez d'en parler, mais aussi les revenus de remplacement, typiquement le chômage ou la retraite, ou encore les revenus du patrimoine.
01:34Donc sur les revenus du travail, effectivement, le taux est de 9,2%.
01:37Et il faut rappeler quand même que cet impôt qui a été créé en 1991 était initialement, tenez-vous bien, de 1,1%.
01:44Ah oui, d'accord.
01:45Donc aujourd'hui, du coup, ça répond à une demande assez légitime de beaucoup de Français qui considèrent que le travail ne met plus assez.
01:53Et comme vous en doutez, pour augmenter les revenus liés au travail, il y a deux possibilités.
01:57Et soit, eh bien, il y a des augmentations de salaires, donc il faut que les entreprises aillent bien.
02:02Soit vous baissez les charges sociales.
02:04Et aujourd'hui, les charges sociales qui s'appliquent aux salariés, ce sont principalement la retraite et cette fameuse CSG-CRDS.
02:11Donc diminuer ces charges, c'est effectivement donner du pouvoir d'achat de plus pour les Français.
02:16Alors ce qu'on donne d'un côté, il faudra bien le prendre de l'autre.
02:18Bah oui.
02:19Alors c'est ça le sujet, c'est qu'en fait, c'est un, je viens de vous le dire, un impôt qui est très efficace, donc qui rapporte beaucoup d'argent.
02:26Ce revenu, cette CSG basée sur le revenu d'activité, c'est à peu près 110 milliards qui prenait l'ensemble, effectivement, des salariés français.
02:33Donc c'est absolument énorme.
02:35Donc le sujet, effectivement, c'est de compenser cette perte d'argent par des augmentations d'impôts à côté qu'il va falloir, effectivement, financer.
02:43Et c'est exactement le même problème que les allègements de charges sociales pour les bas salaires, dont le phénomène a été enclenché à peu près au début de l'année 90.
02:53Et qui fait qu'aujourd'hui, les employeurs paient très peu de charges sociales.
02:56Et donc, du coup, pour financer la Sécurité sociale, eh bien, on est obligé de renverser une partie de la TVA.
03:02À peu près 25% du taux de collecte de TVA va à la Sécurité sociale pour compenser ces allègements.
03:06Donc il y a fort à parier que soit on crée un impôt pour financer, en quelque sorte, cette perte d'argent, soit on continue à se servir de la TVA,
03:13qui, effectivement, est un impôt qui collecte beaucoup d'argent.
03:16Je rappelle quand même que c'est le premier revenu de l'État.
03:18Et qui permet de compenser, souvent, les suppressions d'impôts.
03:22D'accord. Donc on enlève d'un côté pour remettre de l'autre.
03:24Et toujours pas de négociations, en tout cas, sur le train de vie de l'État, pour l'instant.
03:29Ma chère Cécile, puis-je profiter de Benoît Perrin ?
03:35Benoît, est-ce que vous êtes d'accord avec ce que j'ai entendu en disant que le fait qu'on refuse la taxe Zuckmann,
03:44ça va être une manière de faire passer des augmentations apparemment dérisoires,
03:50mais qui pourront grever tout de même le budget des Français ?
03:55Eh bien, comme toujours, la parole de Philippe Eddor, c'est exactement ça.
03:59Surtout quand elle vient de quelqu'un d'autre.
04:02Il nous reste 30 secondes, Benoît Perrin.
04:04La stratégie est assez évidente.
04:07J'aurais même presque à dire que le Parti Socialiste utilise la stratégie de Donald Trump.
04:12C'est-à-dire que pour obtenir 100, il faut demander 200.
04:15C'est exactement ce qui risque de se passer.
04:17C'est-à-dire que tout le monde a tellement peur de la taxe Zuckmann,
04:20tout le monde a tellement peur d'un certain nombre d'impôts que demandent des socialistes,
04:24qu'en fait, on va presque être soulagé d'avoir des petits impôts qui vont augmenter.
04:30Mais le sujet, c'est effectivement ce qu'a dit Cécile tout à l'heure,
04:33c'est-à-dire, en fait, baisser la dépense, les problèmes de budget de l'État,
04:36ce n'est pas qu'ils ne collectent pas assez.
04:37On sait qu'on a les taux d'imposition les plus élevés d'Europe,
04:39c'est qu'ils dépensent trop.
04:41Et je crois que sur ce point-là, le Parti Socialiste a gagné vraiment la guerre culturelle,
04:46puisqu'aujourd'hui, on ne parle que d'augmentation d'impôts
04:48et plus personne ne parle d'économie.
04:50Merci beaucoup, Benoît Perrin, économiste et directeur de l'association Contribuables Associés.
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