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  • il y a 3 mois

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00:00Ici Roussillon, ici Roussillon, le réveil 100% local, ici matin.
00:07Il est 7h47, on est à la veille d'une troisième journée de mobilisation des syndicats sur la question du pouvoir d'achat.
00:14Dans le même temps, le MEDEF, le syndicat des patrons, organise un grand meeting à Paris le 13 octobre.
00:19Parole au patron justement ce matin, celui d'une entreprise emblématique, DPO.
00:24Et il est, ce patron, notre invité, Raphaël Aubry, le président directeur général de la confiserie du TEC.
00:29Bonjour Xavier Danjou.
00:31Bonjour.
00:31Vous faites partie de quel camp de ceux qui pensent que les grands groupes et les plus riches doivent participer à redresser les comptes du pays ?
00:38Ou au contraire, il faut trouver une autre solution ?
00:40Moi je pense qu'il faut recentrer le débat et bien préciser que les entreprises sont aujourd'hui les moteurs de l'économie,
00:45les moteurs du système social en France, avec leurs salariés.
00:49Et toutes ces entreprises, ces PME, qui sont l'essentiel aujourd'hui de l'activité économique de notre territoire, de notre pays,
00:55sont les vrais acteurs de ce modèle social qu'on défend si fortement.
01:00Donc je pense qu'il faut donner de la stabilité, de la visibilité,
01:03arrêter d'opposer les uns aux autres, les entreprises à l'État, les entreprises aux politiques.
01:10Mais ça veut dire que, que faut-il faire concrètement ?
01:13Je pense qu'il faut être concret. Aujourd'hui, la France a un problème avec une dette qui est énorme, 150 milliards.
01:17Une entreprise qui a une dette énorme, elle prend des décisions, elle réduit ses dépenses,
01:21elle optimise sa façon de fonctionner, et elle se bat pour avancer, se projeter dans le futur.
01:27Et je pense qu'aujourd'hui, il faut arrêter les clivages, il faut que les politiques se mobilisent,
01:32travaillent ensemble et laissent les entrepreneurs, les entreprises et les salariés,
01:36puisqu'il y a une proximité importante, énorme, entre les patrons de PME et les salariés,
01:42pour aller de l'avant dans une vision claire.
01:45Est-ce que ça veut dire que vous n'êtes pas contre l'augmentation des impôts des entreprises
01:48ou la mise en place d'une taxe sur les plus riches, s'il y a discussion ?
01:52Moi je pense qu'il faut remettre le débat, les pendules à l'heure.
01:57Aujourd'hui, l'État français est un État qui est endetté,
02:00est un État qui a une fiscalité qui est très importante.
02:03Aujourd'hui, les coûts de production sont énormes en France.
02:05Ils sont parmi les plus importants en Europe.
02:08Aujourd'hui, on ne peut pas accepter d'augmentation de nos taxes sur la production.
02:12Aujourd'hui, il faut libérer la capacité de création de valeur des entreprises.
02:16Il faut leur donner de la visibilité.
02:18C'est par les résultats, par les améliorations de leurs performances,
02:22qu'elles pourront contribuer au développement économique
02:25et au développement de la fiscalité en France.
02:28Par des impositions sur les revenus, bien évidemment,
02:31par aussi la création de valeur au niveau de l'emploi salarié.
02:36Parce que c'est l'emploi qui crée de la valeur.
02:39Et aujourd'hui, ce que je voudrais dire, c'est que ce qu'il faut défendre avant tout,
02:41c'est le modèle du travail.
02:44Le modèle du travail, ça passe par quoi ?
02:45Laissons-nous travailler, c'est le discours du MEDEF, justement,
02:48avec cette mobilisation le 13 octobre.
02:50Tout à fait, c'est laissons-nous travailler et valorisons nos travailleurs.
02:55Mes salariés, aujourd'hui, ce sont ceux qui se lèvent le matin à 5h,
02:58qui sont là pour démarrer le four, pour produire,
03:00et qui contribuent au modèle de protection sociale à travers leur charge salariale.
03:04Aujourd'hui, il faut valoriser les gens qui travaillent,
03:08leur donner peut-être, par la réduction de charge salariale,
03:10la capacité, demain, d'avoir un pouvoir d'achat grandissant
03:13et d'être valorisé dans ce qu'ils font de mieux,
03:15c'est le travail au service du territoire.
03:17Vous dites demain, justement,
03:18demain, les syndicats de salariés se mobilisent de nouveau,
03:21et parmi les revendications, il y a notamment l'augmentation des salaires.
03:24Vous, à la confiserie du TEC, est-ce que c'est possible ?
03:27Est-ce que vous vous envisagez de le faire ?
03:28Aujourd'hui, nous, on le regarde chaque année,
03:30en partenariat étroit avec notre CSE et avec l'ensemble de nos collaborateurs.
03:33Je connais l'ensemble de mes collaborateurs.
03:34C'est une petite entreprise de 100 personnes.
03:37Aujourd'hui, on a un modèle économique.
03:39Donc, on dit en toute transparence ce que l'on peut faire ou on ne peut pas faire.
03:42Aujourd'hui, moi, ce que je constate,
03:43c'est que les charges salariales sont très importantes sur les salaires
03:46et qu'une personne qui travaille,
03:47elle va travailler 15 à 20% de son temps
03:50pour payer le modèle de protection sociale.
03:53Aujourd'hui, il faut lui redonner du pouvoir d'achat.
03:55Les entreprises n'ont pas la latitude pour augmenter les salaires de façon considérable,
03:58sinon elles mettent en danger leur modèle économique.
04:00Il faut revoir notre système de dépense
04:02et libérer la capacité des entreprises et de l'État
04:06à donner davantage de salaire par réduction de charge aux salariés.
04:11Il est 7h52.
04:11Vous écoutez ici, Roussillon, notre invité, Xavier Danjou,
04:14patron de la Confiserie du Tech.
04:16Avec vous, Raphaël Aubry.
04:17Vous avez des projets à la Confiserie du Tech.
04:19On a parlé justement de l'état actuel, du climat actuel.
04:25Vous, tout ça, est-ce que ça vous empêche justement de vous projeter ?
04:28Je sais qu'il y a un projet notamment d'agrandissement.
04:30Est-ce que ça, potentiellement, ça peut être un gros caillou dans la chaussure ?
04:34Aujourd'hui, ce manque de visibilité sur la fiscalité,
04:37ce manque de visibilité sur les réglementations,
04:39sur les simplifications qu'on nous promet depuis des années,
04:41ça pourrait nous freiner.
04:42Mais aujourd'hui, un entrepreneur, c'est quelqu'un qui va de l'avant
04:44et qui, malgré tout, essaie de toujours trouver des solutions.
04:48Parce que j'ai une responsabilité, j'ai 5 collaborateurs,
04:50il faut que je leur trouve du travail pour demain,
04:52il faut que je puisse développer le travail sur notre territoire.
04:55Donc, je me projette aujourd'hui le projet de nouvelle usine,
04:57je continue à le développer
04:59et j'envisage bien évidemment de déposer un permis de construire
05:02pour réaliser un nouvel agrandissement
05:05d'environ 2000 mètres carrés de production et de logistique.
05:08Ça veut dire que ce nouveau projet qui est suspendu
05:10à l'adoption du plan local d'urbanisme de l'agglo,
05:12qui est au cœur justement d'une polimie
05:15contre la mairie et la communauté de communes,
05:17c'est pas ça qui va vous freiner ?
05:18Aujourd'hui, je suis en contact avec l'ensemble
05:21des parties prenantes sur ce sujet.
05:23Il y a des solutions qui peuvent être envisagées
05:25avec des modifications de plus
05:26pour permettre à ce projet de voir le jour.
05:29Et je suis convaincu que la responsabilité
05:30de l'ensemble des parties prenantes
05:32sera au rendez-vous
05:33pour que nous puissions investir,
05:35faire travailler des entreprises locales
05:37et créer des emplois.
05:38Merci Xavier Danjou d'avoir été l'invité d'Issi Roussillon ce matin.
05:42Vous êtes le patron d'une entreprise,
05:43on l'a dit, emblématique de chez nous,
05:45la Confiserie du Tech.
05:46Bonne journée à vous.
05:47Merci, bonne journée.
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