00:00Heureux de vous retrouver avec Elisabeth Assayag, avec Sarah Salman, Gauthier Lebrecht, Georges Fenech et Olivier Guénec.
00:06La présidentielle de 2027, le Rassemblement National est largement en tête dans les intentions de vote au premier tour, selon un sondage IFOP.
00:14Dans tous les cas de figure, le candidat du RN Marine Le Pen ou Jordan Bardel a été en tête avec 33-35% d'intentions de vote.
00:20Il n'y a jamais eu autant de différence avec le deuxième depuis Georges Pompidou en 1969.
00:26Édouard Philippe tombe à 16%, Raphaël Luxman entre 14 et 16%, les autres candidats Macronistes sont en difficulté.
00:33Gabriel Attal ne totaliserait que 10% d'intentions de vote, Gérald Darmanin 7%, François Bayrou 3%, Jean-Luc Mélenchon obtiendrait 12 ou 13% des voix selon les configurations.
00:45Mais c'est toujours le cas à deux ans de la présidentielle et puis il finit à 20.
00:48Le patron des Républicains Bruno Retailleau serait entre 9 et 13.
00:51C'est peut-être plus inquiétant pour lui parce qu'il est en place depuis un an et il reste stable, toujours entre 9 et 13.
00:59Et ce qui est intéressant aujourd'hui, c'est ce qu'a dit Roger Carucci, sénateur des Républicains des Hauts-de-Seine.
01:05Je crois que c'est le premier qui dit qu'il choisira le RN contre LFI en cas de deuxième tour à la présidentielle.
01:13Moi je pense que surtout, il faut qu'on réfléchisse très clairement à ce que sont les deuxièmes tours.
01:19Je le dis sincèrement, je l'ai déjà dit, jamais on ne fera voter pour un LFI.
01:24Jamais on ne fera voter pour un parti associé au LFI.
01:27Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon ou Jordan Bardella, Jean-Luc Mélenchon, Roger Carucci vote Marine Le Pen ou Jordan Bardella.
01:34Oui, sans pudeur de gazelle.
01:36Sans état d'âme, parce que pour moi aujourd'hui, c'est LFI qui n'est plus dans l'arc républicain.
01:41Et moi j'affirme et je confirme que je pense qu'aujourd'hui, le RN est dans l'arc républicain.
01:46Alors Roger Carucci, il est simplement raccord avec ses électeurs.
01:49Et que demandent les électeurs qui votent pour LR, pour le Rassemblement National, pour Reconquête, pour Dupont-Aignan, pour Marion Maréchal ?
01:58Je ne dirais pas tous, mais beaucoup aimeraient, parce qu'il y a des passerelles évidemment entre ces mouvements ou ces partis,
02:04et beaucoup aimeraient sans doute une candidature unique.
02:08En tout cas, beaucoup aimeraient que leurs idées soient représentées,
02:11que ces idées sont très présentes dans ces formations que je viens de citer.
02:15Il y a des passerelles.
02:16Je vois que M. Gauthier Lebray me fait des gros yeux.
02:20Il y a des passerelles.
02:21Il y a des passerelles, c'est évident.
02:23Mais quand vous rappelez les scores du Rassemblement National,
02:26que ce soit Marine Le Pen à 33 ou Jordan Bardella jusqu'à 35,
02:29ils n'ont pas besoin d'union pour être qualifiés au second tour.
02:32Et Marine Le Pen n'a répondu pas plus tard que la semaine dernière.
02:34« Je ne suis ni de gauche, ni de droite, donc je ne vais pas faire l'union des droites. »
02:37Et quand je regarde les sondages, elle n'a besoin de personne pour être qualifiée au second tour, elle ou Bardella.
02:43Mais le sujet n'est pas le premier tour.
02:48L'union se fera naturellement au second, comme à chaque fois.
02:51Non, il ne se fait jamais.
02:53Parfois on a des surpris.
02:54Éric Zemmour a appelé à voter pour Marine Le Pen la dernière fois.
02:56Oui, mais les Républicains, que je sache, n'appellent pas à voter.
03:02Lors des dernières élections, les Républicains n'ont pas appelé à voter pour Marine Le Pen.
03:06Ah, on est bien d'accord.
03:07Mais là, c'est dans le cas de figure RN-LFI.
03:09Mais oui, évidemment qu'ils vont appeler à voter tous pour le RN face à la France insoumise.
03:14En tout cas, je vais donner la parole à Elisabeth Assayek dans une seconde.
03:16Mais je cite la réaction de Jean-Luc Mélenchon.
03:19Merci à l'IFOP pour ce sondage, entre guillemets, fou la pagaille, au PS et chez les macronistes.
03:23Dommage que l'échantillon ne soit pas crédible et que ça se voit.
03:27Monsieur Dhabi, il est de l'IFOP sans doute.
03:30Exemple, divisé par deux l'échantillon qui a voté pour moi en 2022.
03:33Vos réunions avec Retailleau, vos obsessions islamophobes vous égarent.
03:37Merci pour les sondages, il faut du professionnalisme.
03:41Pensez-y.
03:41Elisabeth Assayek.
03:42Moi, je trouve que ce qu'il y a d'intéressant dans ce sondage, c'est que c'est pas...
03:44C'est pas une surprise.
03:45Non, c'est pas une surprise.
03:46Franchement, vous avez juste à écouter les gens, de voir que les gens ne veulent pas aider Edouard Philippe
03:51et qu'ils ont identifié qu'il n'est pas vraiment à droite et qu'il perd 10 points à cause de ça,
03:55t'as juste à te balader dans la rue.
03:56Oui, mais là, le sondage, c'est réel et on est dans l'expression même d'une volonté de changement.
04:03Il n'y a pas de personnage qui ressort dans ce sondage, on est...
04:06C'est pas lié à des personnalités, mais c'est lié à des idées qui sont plébiscitées.
04:11Et c'est ça que je trouve intéressant, c'est ça qui ressort pour moi, c'est qu'on est...
04:15En fait, ça dépasse tout, on veut un changement, on...
04:18L'incarnation est très forte de Marine Le Pen et de Jordan Bardella, il y a quand même...
04:21Ce que dit Elisabeth, là où Elisabeth a raison, c'est que l'URN, c'est le seul mouvement qui n'a pas été au pouvoir.
04:30Donc les Français ont tout essayé.
04:32Oui, mais la France Insoumise, sans doute, les idées de la France Insoumise sont moins majoritaires que les idées d'URN.
04:39Et là, son analyse, je la trouve assez juste.
04:43Monsieur Fenech.
04:44Je suis un petit peu surpris par la déclaration de Roger Carucci, que j'aime beaucoup, je connais très bien.
04:50Mais quand on est un responsable politique de son niveau, et qu'on commence à dire pour qui on votera pour le deuxième tour,
04:57c'est-à-dire qu'on s'exclut automatiquement d'être présent au second tour, alors qu'on a une grande formation de gouvernement,
05:03les choses peuvent évoluer, que le sondage...
05:05Non, mais vous ne pouvez pas dire quand vous appelez Carucci, Vauquiez, Rotaillot, je voterai pour l'URN si jamais...
05:12Vous excluez de fait du second tour, ce n'est pas une bonne stratégie.
05:15Georges, je vous assure, Georges, je vous aime bien.
05:18Ouh, ça commence pas.
05:19Mais vous n'êtes plus une grande formation comme vous êtes.
05:23Mais 13%, c'est déjà un début pour Rotaillot.
05:25Mais Serge, vous avez fait moins...
05:35Moins de 5, quand je dis vous d'ailleurs, les LR ont fait moins de 5 la dernière fois.
05:40Les socialistes ont fait 1,7.
05:42Là, ils sont déjà à 15 avec...
05:44Mais Georges, la seule chose que vous savez dire, c'est...
05:48Comment dire ? Vous racontez des histoires, parce que vous racontez des histoires,
05:52vous ne serez sans doute pas au second tour.
05:55C'est possible.
05:56Sans doute pas.
05:56Donc il faut une stratégie pour que vos idées avancent.
06:00Au-delà, vous ne pensez qu'à votre parti.
06:03Pensez à la France.
06:04C'est ça qu'il dit Roger Carucci, quand il répond ça, Roger Carucci.
06:09C'est-à-dire que c'est la France qui l'emporte par-dessus tout.
06:12Oui, mais si nous, on considère qu'on est les mieux placés,
06:15parce qu'on l'a prouvé par le passé, qu'on est un parti de gouvernement...
06:18Et puis vous avez bien...
06:19Oui, on a bien travaillé, j'ai bien compris.
06:20Oui, vous avez bien travaillé, bien sûr.
06:21Bon, ça va, ça va.
06:22Non, mais je ne peux pas accepter que quand on est un leader politique,
06:25on dit je voterai pour celui-ci ou celui-ci au second tour.
06:28Ou alors on n'est plus un leader, c'est fini.
06:30On n'y croit plus soi-même.
06:31Comment voulez-vous que les militants vous suivent ?
06:33Non, mais Georges a raison, partir défaitiste à ce point-là
06:35et dire de toute façon, on ne sera pas du tout au second tour.
06:38Donc on envisage déjà la défaite.
06:40C'est vraiment une stratégie un peu de loser.
06:42Vous voyez moins l'expression, mais franchement...
06:44Et tous les électeurs...
06:45L'acte Salman Fenech me renforce sur la position que j'avais prise.
06:49Oui, mais lui, vous dites qu'il n'est plus dans le coup
06:50parce qu'il n'est plus du tout à l'air, etc.
06:52Moi, je pense que c'est de la sagesse de savoir dire ça.
06:56Je ne dis pas ça, je dis qu'il faut, comment dire,
06:58chacun doit avoir un exercice de lucidité lorsqu'il fait de la politique
07:02sur le rapport de force qui existe aujourd'hui.
07:05Et manifestement, les LR aujourd'hui sont en très grande difficulté.
07:10Ils peuvent quand même être au deuxième tour, dans un cas de figure,
07:13parce que c'est un mouchoir de poche entre Glucksmann, LFI,
07:19un candidat du bloc central et LR.
07:22Vous avez quatre candidats pour une place.
07:23On est dans une course de petits chevaux, là.
07:26Exactement, vous êtes quatre candidats pour une place.
07:29Et effectivement, il est possible que,
07:31si on admet l'idée qu'il y aura un candidat du RN au deuxième tour,
07:36et c'est difficile d'exclure cette possibilité,
07:40il peut exister, s'il y a une candidature d'un bloc central ou des LR rapprochée,
07:46c'est-à-dire que s'il n'y a pas de division,
07:49entre Horizon et Retailleau.
07:51Ça veut donc dire, dans ces cas-là,
07:53qu'Édouard Philippe ne se présente pas sans doute.
07:55J'aime beaucoup votre analyse, là.
07:57Alors là, elle est très objective, très intelligente.
08:00Ça lui arrive.
08:01Très intelligente.
08:02Elle n'est pas très intelligente non plus.
08:04Il vient de nous dire que les LR seront au second tour.
08:06Non, il n'a pas dit ça.
08:07Il a presque dit ça.
08:08Il a dit que c'était une possibilité.
08:10Je dis qu'il y a une possibilité.
08:12Vous avez bien progressé.
08:13En fait, j'ai progressé de rien du tout.
08:16Je fais de l'analyse bêtement.
08:18Progressive.
08:19Je vois ce qui se passe.
08:21Je vois qu'il y a quatre candidats qui peuvent être très proches.
08:23Oui, ça se joue dans un rougeur de proche.
08:24Mais que ces quatre doivent devenir trois, sans doute.
08:28Si les LR veulent passer,
08:29il faut qu'il y ait sans doute une alliance entre Retailleau et une partie du black.
08:33Ça fait cinq ans qu'il attend, plus de cinq ans qu'il attend.
08:36Alors, pour lui, il vaudrait mieux une présidentielle anticipée parce qu'en 2027, il fera 4% au rythme où ça va.
08:43Alors, il y a Édouard Philippe, il y a les LR.
08:45Les LR, ils ne se rangeront pas derrière Édouard Philippe.
08:47Il faut un candidat LR, sinon ils peuvent fermer la boutique.
08:50Sinon, le parti, il faut un candidat à la présidentielle.
08:53Vous ne pouvez pas être un parti de second plan qui n'envoie même pas de candidat à la présidentielle.
08:56Surtout avec quelqu'un qui est mis en orbite depuis le ministère de l'Intérieur.
09:00Mais à ce moment-là...
09:00Et attendez, attendez, je ne l'ai pas terminé.
09:02Mais moi, je vous mets aussi un scénario où il y a plusieurs candidats du bloc central et où Gabriel Attal y va.
09:09Il a très envie d'y aller.
09:11On l'a vu dans son discours très offensif contre le président de la République pour jouer la rupture.
09:15Et quand vous échangez avec l'entourage de Gabriel Attal, il ne se met pas dans une optique où il n'est pas là.
09:20Il pense même possible qu'Édouard Philippe, au rythme où il baisse, se retire en faveur de Gabriel Attal, ce que je ne crois pas.
09:26Donc, quand vous avez Gabriel Attal qui veut y aller à tout prix,
09:28quand vous avez Édouard Philippe qui veut y aller à tout prix et LR qui n'a pas d'autre choix que d'envoyer un candidat,
09:33bonne chance pour en y c'est un au second tour.
09:35Votre analyse est parfaite.
09:36Mais exactement.
09:38Je vous remercie.
09:40On peut faire la pause là-dessus.
09:41Vous êtes le digne héritier de celui qui vous a formé.
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