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  • il y a 6 mois
Alors que Nicolas Sarkozy a été condamné à purger une peine de cinq ans de prison avec mandat de dépôt ce jeudi 25 septembre par le tribunal correctionnel de Paris, son incarcération semblerait vraisemblablement se faire dans un quartier spécialisé d'un établissement pénitentiaire.
Parmi eux, la prison de la Santé, à Paris, dispose d'un quartier réservé aux personnalités dites "vulnérables". Exceptionnellement, une équipe de Ligne Rouge a été autorisée à entrer dans ce lieu mythique, où ont été incarcérés de nombreux détenus médiatiques comme Bernard Tapie, Claude Guéant, Patrick Balkany ou encore Jean-Luc Lahaye...

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Transcription
00:00Le pic pour le niveau 1, je t'envoie au mouvement gymnase.
00:05En raison des menaces qui pèsent sur eux, les détenus du quartier des vulnérables ne croisent aucun autre prisonnier lors de leur déplacement.
00:12Sinon, leur régime de détention est identique au reste de la prison.
00:18Même temps de promenade, mais à des horaires qui leur sont réservés.
00:22Pour les repas, même nourriture également.
00:25Mais cela n'a pas toujours été le cas.
00:27Cette historienne, spécialiste de la prison de la santé, a retrouvé d'étonnantes archives de presse de l'entre-deux-guerres sur les passe-droits des détenus VIP.
00:37C'est la période des années 30, juste après la crise de 1929, où un certain nombre de banquiers vont se retrouver en détention.
00:46Les surveillants vont coller des petites affichettes, on dirait des post-it aujourd'hui, sur les portes, en précisant l'avantage qui a été obtenu.
00:56Donc c'est des choses assez variées.
00:58Ça peut être, le détenu a été autorisé à garder ses lacets de chaussure, parce qu'on lui retire pour éviter qu'il mette fin à ses jours.
01:06Il peut aussi avoir une autorisation spéciale pour faire de la peinture.
01:09Il y en a un qui a été noté par le journaliste, qui est assez étonnant, à savoir de pouvoir se réveiller plus tard, faire la grâce matinée.
01:16On ne sait pas comment il a réussi à obtenir ça, mais c'est assez étonnant.
01:19Ce qui a contribué à la légende, c'est aussi la personnalité des détenus qui y sont passés.
01:28Bernard Tapie, le terroriste Carlos, le général Noriega, ancien président du Panama, l'extraideur Jérôme Kerviel, l'acteur Samina Syrie, ou bien encore Jean-Christophe Mitterrand, fils de l'ancien président de la République.
01:45Pour ces détenus qui ont souvent exercé des postes à responsabilité, pas facile d'accepter la sanction pénale.
01:57Ils ne supportent pas d'abord la détention, ils n'acceptent pas d'être en prison, il n'y a aucun du VIP qui accepte d'être en prison.
02:04Et ça, c'est de la mauvaise soin notoire. Ils sont autant de leurs personnes.
02:10Oui, je ne comprends pas pourquoi je suis en prison. Je lui dis pourquoi tu es en prison, tu as volé, tu te fais attraper, tu vas en prison, moi le premier, je ne vois pas qui tu as rapport aux autres.
02:18Voilà, c'est ça le problème.
02:21Pourtant, leurs conditions de détention sont moins difficiles qu'ailleurs, car la violence y est beaucoup moins présente.
02:29Marco Mouly, qui a aussi connu la détention ordinaire, a vu la différence.
02:33La santé, ça va, on dirait un hôtel Ibis. Les meubles, tout ça, on dirait un hôtel Ibis.
02:39Et puis le surveillant est beaucoup plus doux parce que l'ambiance est beaucoup plus douce.
02:43Parce qu'au VIP, il n'y a pas de problème. Les mots les plus importants, les mots grossiers les plus importants, c'est « oh, juste alors, il n'y a pas de mots vulgaires. »
02:52Que tu vas en détention, c'est « waouh, t'as peur. »
02:56On n'a aucun problème. On était dans un quartier où, comme je vous l'ai dit, il y avait des gens qui avaient une certaine éducation.
03:01Et on était entre gens bien éduqués. Donc, ça facilite l'écoulement du temps.
03:08Ceux qui me voyaient, c'était ceux de l'étage uniquement.
03:10Et qui, tous les jours, me disaient « bonjour, vous avez bien ? Ça va ? La santé ? »
03:14Ils savaient que je n'étais pas bien. Et tous les jours, ils étaient gentils.
03:18Ils prenaient de mes... Au contraire, ils prenaient de mes nouvelles.
03:20Parfois, on passait un petit mot sous la porte. Courage, tenez bon, etc.
03:28Et pour améliorer le quotidien, certains ont leur petite combine.
03:32Didier Schuller, l'ancien élu de Clichy, condamné dans l'affaire des HLM des Hauts-de-Seine,
03:38a passé trois semaines à la santé en 2002.
03:41Chaque détenu doit nettoyer lui-même sa cellule.
03:47Lui a soudoyé un prisonnier d'un quartier classique pour qu'il le fasse à sa place.
03:51Comme, bon, j'avais pas d'argent pour le remercier de ce qu'il faisait,
04:00je lui ai demandé ce qui lui ferait plaisir.
04:01Et il m'avait dit « ah ben j'aimerais bien une paire de chaussures ».
04:04Mais il était collectionneur, il aimait les souliers.
04:06Je lui ai offert la paire de souliers.
04:08Mais c'était des chaussures de lui ?
04:10C'était des belles chaussures.
04:12C'était des chaussures à 300 ou 350 euros la paire sûrement, tout à fait.
04:17Parfois, ce sont les surveillants qui donnent des conseils à certains détenus médiatiques,
04:25peu au fait de la vie carcérale.
04:28J'ai fait la promenade le premier jour.
04:30Et puis là-dessus, les gardiens ont dit « Monsieur Balkany, n'allez pas dans la cour,
04:39sinon vous allez être photographié, ils vont envoyer ça ».
04:44Je lui ai dit « mais ils ont des smartphones ? ».
04:48J'ai dit « écoutez, on en saisit 10 par jour,
04:51et qu'il y a quelqu'un de connu, pouf, ils le photographient,
04:53et ils envoient ça par image, etc. ».
04:57Bon, c'est pas spécialement agréable pour la famille de vous voir dans une cour de prison.
05:02L'une des rares fois où Patrick Balkany s'est rendu en cours de promenade,
05:09il y a rencontré un personnage haut en couleur.
05:13Il y avait un unique banc de pierre, et je vais pour m'asseoir,
05:17et là, il y a un monsieur avec une grande queue de cheval,
05:21qui était moitié brésilien, moitié je ne sais pas quoi,
05:29qui arrive, qui, bon, c'est un travesti,
05:31qui m'a dit « Monsieur Balkany, Monsieur Balkany,
05:34attendez, je vais vous mettre la serviette,
05:36je vais vous mettre la serviette pour que vous puissiez vous asseoir ».
05:39Je regarde bizarrement quand même.
05:42Mais il dit « qu'est-ce que tu fais ? ».
05:43Il m'a dit « je tiens un bar à Pigalle ».
05:45« Ah bon ? ».
05:46Il m'a dit « c'est une histoire d'échec sans provision,
05:49je ne suis pas au courant, je ne comprends pas pourquoi je suis là ».
05:53Je lui ai dit « bon, alors ça va s'arranger, si tu n'as rien fait ».
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