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  • il y a 4 mois
Sébastien Chenu, député du Nord et vice-président du Rassemblement national, était l’invité du Face-à-Face de ce vendredi 26 septembre. Il a été interrogé sur la condamnation de Nicolas Sarkozy, sur le procès en appel de Marine Le Pen à venir ou encore sur une éventuelle taxation des plus riches pour le budget 2026.

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Transcription
00:00Il est 8h28 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Sébastien Chenu.
00:15Bonjour Madame.
00:15Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes le vice-président du Rassemblement National, vous êtes député RN du Nord.
00:22Nicolas Sarkozy a donc été condamné. Séisme, déflagration, voilà quelques-unes des unes de la presse ce matin.
00:30Un président en prison. Quelle est votre réaction ?
00:34Ça me donne le sentiment que la vengeance remplace la justice.
00:39Et je crois que lorsqu'on voit la décision qui a été prise par ses magistrats dans une affaire dont je ne connais pas le fond et sur lequel je ne vais pas me prononcer,
00:48mais dont je note que beaucoup des requêtes contre Nicolas Sarkozy sont en réalité tombées à l'eau.
00:56Il n'y a pas d'enrichissement personnel, il n'y a pas de financement illégal de campagne.
01:00Et à la fin, par une mesure qui est celle que les Français ont découvert depuis 2020, qui est celle de l'exécution provisoire,
01:07Nicolas Sarkozy qui va faire appel de cette décision va tout de même devoir aller passer un certain nombre de temps en prison.
01:17Vous dites, et d'ailleurs Marine Le Pen dit la même chose, vous dites, non mais moi je suis très à l'aise, je ne connais pas le fond du dossier.
01:23Mais dans ce cas-là, pourquoi ne pas faire confiance au juge ? On ne peut plus faire confiance au juge pour vous ?
01:27On est obligé de connaître le fond du dossier ?
01:28Ce n'est pas ça, c'est que l'exécution provisoire, il est là le nœud gordien du problème.
01:32C'est-à-dire, en fait, ruine le deuxième degré de juridiction, c'est-à-dire l'appel.
01:38Puisque lorsque vous faites appel, vous êtes présumé innocent et donc vous devriez pouvoir, j'allais dire, continuer à vivre normalement jusqu'à l'appel.
01:46En attendant la dernière condamnation.
01:48Mais là, ça ruine ce deuxième degré de juridiction puisque l'exécution provisoire, qui n'est pas obligatoire, qui est une possibilité qui, en général, était faite pour empêcher la fuite d'un individu, empêcher qu'un individu récidive.
02:03Évidemment, ce n'est pas du tout le cas de Nicolas Sarkozy si on veut se pencher sur le fond du dossier.
02:09Eh bien, elle est faite et ici, uniquement, on le voit pour venger une idée.
02:14On va rentrer dans les détails, mais lorsque je vous pose cette question sur la connaissance ou non du fond du dossier.
02:21Ça veut dire qu'aujourd'hui, vous ne faites plus confiance, vous ne faites plus confiance au juge, vous ne faites plus confiance à la justice ?
02:26Vous savez, moi, je suis fils d'une fonctionnaire de justice.
02:29Ma mère était greffiée depuis toujours, enfin, toute sa carrière au tribunal de Beauvais et j'ai confiance en la justice.
02:37En revanche, je trouve que la justice, à travers une certaine politisation d'un certain nombre de ses magistrats
02:43et des décisions qui sont ressenties comme impartiales, elle-même donne le bâton pour se faire battre
02:49et désespère nos concitoyens et peut me désespérer moi-même.
02:53Mais vous dites qu'il a été lavé d'un certain nombre d'accusations, c'est juste.
02:58Mais il y en a une qui a été retenue et elle est d'une particulière gravité.
03:03Voilà les mots du tribunal qui estime qu'en tant que ministre, président de l'UMP,
03:07Nicolas Sarkozy avait, entre 2005 et 2007, date de son accession à l'Elysée,
03:11laissé ses proches collaborateurs et soutiens politiques sur lesquels il avait autorité
03:16et agissait en son nom, solliciter les autorités libyennes
03:21afin d'obtenir ou tenter d'obtenir des soutiens financiers en Libye
03:24en vue d'obtenir un financement de campagne.
03:27Ces rencontres occultes, est-ce que ce n'est pas gravissime ça ?
03:31Non mais c'est un soupçon en réalité.
03:33Le juin nous dit qu'il y a un soupçon sur le fait que Nicolas Sarkozy...
03:36Il n'y a en effet pas de preuves d'argent qui seraient arrivées ou de...
03:39Voilà, et laisser des collaborateurs imaginer d'autres stratégies.
03:43Sincèrement, ça ne tient pas debout, tout comme l'incrimination de bandes organisées
03:49ou de, je crois que c'est...
03:53Association de malfaiteurs.
03:55Beaucoup de juristes le disent, un espèce de fourre-tout gigantesque
03:58qui souvent en appelle tombe à l'eau.
04:02Donc on voit bien...
04:03C'est la défense de Nicolas Sarkozy qui dit que c'est fourre-tout.
04:07Oui, pas seulement.
04:07Moi j'ai regardé hier justement ce que disaient beaucoup de juristes sur ça
04:11et le côté association de malfaiteurs est souvent utilisé
04:15quand on n'arrive pas bien à définir quelque chose
04:17et souvent, souvent en appel, ça tombe à l'eau.
04:22Ce qu'on voit dans cette décision
04:24et ce qui saute aux yeux des Français, c'est une forme d'impartialité.
04:29C'est-à-dire qu'on se dit, Jawad, le logeur des terroristes de Daesh,
04:34il a pris quatre ans.
04:36Enfin, lui, il n'y avait pas un soupçon, il a logé les terroristes de Daesh.
04:39Jérôme Cahuzac, il n'a pas fait un jour derrière les barreaux.
04:44Donc les gens se disent, et nous, nous nous disons,
04:47cette décision de justice, elle a une coloration politique.
04:50C'est-à-dire, vous faites un parallèle avec d'autres...
04:53Parfois, vous dites que la justice est laxiste,
04:56là, vous dites qu'elle est trop sévère.
04:58Oui, on peut apprécier.
05:00Oui, moi, je pense que la justice est souvent laxiste
05:02lorsqu'il s'agit de délits du quotidien,
05:05lorsqu'il s'agit de délits ou de crimes très importants.
05:09On viole, on tue, on loge des terroristes
05:11et finalement, on ne prend pas grand-chose.
05:13Et puis, c'est vrai qu'il y a une justice
05:15qui a envie de se payer des politiques,
05:17souvent des politiques qui sont quand même plutôt marquées à droite.
05:20Je pense, évidemment, Hubert Falco,
05:22qui était le maire de Toulon, avait été le premier, je crois,
05:25on avait découvert un peu de cette idée d'exécution provisoire
05:27à travers son jugement.
05:29Vous dites qu'Hubert Falco est innocent ?
05:31Non, mais je ne me prononce pas sur le fond du dossier.
05:34Mais je dis qu'il avait subi...
05:34Ce que vous voulez dire, c'est l'utilisation de l'exécution provisoire ?
05:37L'exécution provisoire, dont je rappelle,
05:39qu'elle est faite pour empêcher une récidive
05:41ou empêcher que la personne incriminée puisse se sauver.
05:44Et donc, c'est cette exécution provisoire qui n'est pas obligatoire,
05:48je le rappelle, qui est prévue dans les textes,
05:50mais qui n'est pas obligatoire,
05:52qui aujourd'hui pose un vrai problème
05:54et doit poser une question de droit
05:56sur laquelle le législateur devrait se pencher.
05:57Le législateur, mais là, en l'occurrence,
06:00la juridiction, dit de l'exécution provisoire
06:03que c'était une mesure, en l'occurrence,
06:06justifiée et indispensable pour l'exemplarité des élus.
06:10Est-ce qu'il n'y a pas cette question,
06:11la question de l'exemplarité ?
06:12Oui, mais je vais vous dire,
06:14moi, je suis toujours hostile à l'idée de dire « tous pourris ».
06:19Moi, je crois que dans le monde politique,
06:21il y a beaucoup de gens honnêtes,
06:22quels que soient les bords politiques,
06:24beaucoup de gens qui font très bien leur travail,
06:25beaucoup de gens qui donnent beaucoup de leur temps
06:27et beaucoup de gens qui essayent de faire progresser leurs idées
06:30avec constance et honnêteté.
06:32Et puis, il y a des gens qui,
06:34Jérôme Kauizak en faisait partie,
06:36sont capables de mentir devant la représentation nationale
06:38et de ruiner le travail que font les autres.
06:41Ça, une fois qu'on a posé ça,
06:42c'est-à-dire que oui, effectivement, en politique,
06:44il y a des brebis galeuses,
06:45comme il y en a dans toutes les strates de la société.
06:48Mais une fois qu'on a posé ça,
06:49la question du droit, de l'exécution provisoire,
06:52se pose parce qu'on voit qu'elle est utilisée
06:53comme un outil par certains magistrats politisés,
06:57certains magistrats qui veulent régler des comptes
06:59pour effectivement se payer des politiques.
07:01Se payer des politiques, j'imagine aussi que vous anticipez
07:05la décision qui devra être rendue dans le procès de Marine Le Pen.
07:09Marine Le Pen, je reprécise, a elle-même fait l'objet en première instance
07:11d'une condamnation à cinq ans d'inéligibilité avec exécution provisoire
07:16dans l'affaire des assistants parlementaires européens.
07:18Il y aura un nouveau procès puisqu'elle a fait appel
07:22et qui aura lieu en début 2026.
07:25Est-ce que vous êtes inquiet après le jugement qui a été rendu hier ?
07:29Dans le cas de Marine Le Pen, même chose,
07:31elle est présumée innocente aujourd'hui,
07:32il n'y a pas d'enrichissement personnel,
07:34elle n'a pas mis un euro d'argent public dans sa poche
07:37et elle fait appel.
07:38Mais le dommage qui est le sien,
07:40c'est-à-dire de ne pas pouvoir candidater éventuellement
07:44à l'élection présidentielle,
07:45il est irréparable à cause de l'exécution provisoire.
07:49C'est-à-dire qu'en fait, si en appel,
07:51Marine Le Pen est jugée, ce que je crois,
07:53innocente, de bonne foi,
07:56ou que la peine était particulièrement réduite,
07:59eh bien, elle aura quand même été empêchée
08:02de se présenter à une élection.
08:04S'il y avait des législatives demain,
08:05elle pourrait peut-être être empêchée
08:07de se présenter à cette élection.
08:08Donc le dommage, il est irréversible.
08:11Et c'est là où ça pose toujours le même problème.
08:13Bastien Chenu, vous avez sans doute vu les mots de Gérard Larcher,
08:16il est président du Sénat.
08:18Il dit d'abord une forme de sympathie
08:20à l'endroit de Nicolas Sarkozy.
08:21Il dit qu'il fut un homme engagé au service de notre pays,
08:24ne l'oublions pas.
08:25Et il partage, dit-il, un questionnement grandissant,
08:28je cite, au sein de la société,
08:30sur l'exécution provisoire d'une condamnation
08:32alors que les voies de recours ne sont pas épuisées.
08:34Et je le partage.
08:35La question, et on le sent bien depuis déjà plusieurs mois,
08:40qui devient une forme presque de fracture
08:42ou de combat politique,
08:43c'est la question de l'état de droit.
08:45Est-ce que vous considérez aujourd'hui
08:47que cette décision d'hier
08:49ne respecte pas l'état de droit ?
08:52Alors, plusieurs choses.
08:52D'abord, sur Gérard Larcher,
08:53c'est quand même des sacrés focus,
08:55ces élus LR.
08:57Mais oui, parce que quand même,
08:58quand c'est Marine Le Pen,
08:59ah mais non, il n'y a pas de problème, etc.
09:01Quand c'est Nicolas Sarkozy,
09:03ah ben là, finalement,
09:04il considère que l'exécution provisoire,
09:06elle peut poser problème.
09:08Ben oui, elle pose problème,
09:09l'exécution provisoire.
09:10Mais nous, quand on a des principes,
09:11et quand on dit qu'elle pose problème
09:13pour Marine Le Pen,
09:14on dit qu'elle pose problème
09:15pour les autres aussi.
09:16Je n'ai plus exactement en tête,
09:17mais il me semble que chez LR,
09:19certains, quand même,
09:20s'étaient offusqués
09:21de l'inéligibilité immédiate,
09:23à effet immédiat de Marine Le Pen.
09:24D'accord, mais quand il a fallu voter,
09:26je rappelle qu'Éric Ciotti
09:27avait déposé un texte
09:27pour revenir sur l'exécution provisoire.
09:29Ils ont voté quoi, les LR ?
09:31Ils l'ont voté ?
09:32Ils ne l'ont pas voté ?
09:33Chacun regardera ce qu'a fait
09:34son député LR à ce moment-là.
09:36Donc, ce côté un peu
09:37de s'offusquer
09:39à géométrie variable
09:40me laisse un peu interrogatif.
09:44Maintenant, est-ce que
09:44l'exécution provisoire,
09:46est-ce que ça entame l'état de droit ?
09:48Ça a été voté,
09:49c'est dans l'arsenal juridique,
09:51c'est parfaitement légal.
09:52Bien sûr, mais ce n'est pas obligatoire.
09:54Il n'est pas obligatoire
09:54de prononcer l'exécution provisoire.
09:58Donc, ça fait partie de nos textes,
09:59ça fait partie de notre corpus de textes,
10:02mais c'est amené à évoluer.
10:04L'état de droit,
10:05ce n'est pas un bloc figé
10:07qui n'évolue pas.
10:08D'ailleurs, il a beaucoup évolué.
10:09Notre état de droit,
10:10notre bloc de constitutionnalité,
10:12il a beaucoup évolué.
10:13Donc, par conséquent,
10:14nous, on appelle
10:14à ce que tout cela évolue,
10:16à se questionner,
10:17à ce que le législateur
10:18se questionne
10:19sur la pertinence
10:20de cette exécution provisoire.
10:21Je vous pose quand même la question,
10:22est-ce que vous êtes inquiet
10:23pour la possibilité ou non
10:25de Marine Le Pen
10:26de retourner en procès d'appel
10:28la condamnation
10:29dont elle avait fait l'objet ?
10:30Je suis confiant
10:32parce que je vous le disais,
10:33l'institution judiciaire,
10:34je ne peux pas m'empêcher
10:35d'avoir confiance
10:36en la justice de mon pays
10:38et je suis inquiet
10:39de savoir
10:40qu'elle pourrait tomber
10:41entre les mains
10:42de juges
10:43qui veulent tout simplement
10:43faire de la politique.
10:45Alors, évidemment,
10:46j'allais dire,
10:47la bataille
10:48entre le pouvoir politique
10:50et le pouvoir judiciaire,
10:51elle n'est pas d'aujourd'hui.
10:52Mais aujourd'hui,
10:53on a l'impression
10:53que le pouvoir judiciaire
10:55s'est politisé
10:56et mène un combat politique
10:57dans certains cas.
10:58Au-delà de la question judiciaire,
10:59il y a désormais
11:00une forme,
11:03je ne dirais pas d'adoubement,
11:04mais en tout cas,
11:05il y a eu un changement
11:06de doctrine
11:07de la part de Nicolas Sarkozy
11:08ces derniers temps.
11:08Il a fait savoir
11:09qu'il estimait
11:10que le Rassemblement national
11:11faisait partie
11:13de l'arc républicain.
11:14Il a même questionné
11:15la question démocratique
11:17d'un barrage anti-RN.
11:20Est-ce qu'il y a une forme
11:21désormais de solidarité
11:22entre vous ?
11:23Non, il y a des principes.
11:25Des principes qu'on respecte,
11:26des principes,
11:27vous savez que nous,
11:27quand on dit que
11:28l'exécution provisoire
11:29pose problème,
11:30elle pose problème
11:31pour nous,
11:32pour Marine Le Pen,
11:33mais elle pose problème
11:33pour les autres.
11:34Et je vais vous dire,
11:35ça toucherait Jean-Luc Mélenchon,
11:36que ça toucherait
11:37François Hollande,
11:38que ça toucherait
11:38des adversaires politiques
11:39dans le même cas de figure,
11:40que je m'en offusquerais
11:41de la même façon
11:43parce que ça pose
11:44un problème de droit.
11:45Est-ce que vous vous désolez
11:46du fait que le nom
11:47de la juge
11:48qui a rendu le jugement hier,
11:51tout comme d'ailleurs
11:52ça avait été le cas
11:52pour les membres
11:54du tribunal
11:54qui avaient condamné
11:55Marine Le Pen,
11:55ont vu leur nom,
11:57adresse divulguée
11:58sur les réseaux sociaux
11:59et font l'objet d'attaques ?
12:00Adresse,
12:01je ne vois pas pourquoi
12:02on diffuserait l'adresse
12:03de magistrats
12:03sur les réseaux sociaux.
12:05Que son nom soit public
12:06et que ses engagements
12:08soient publics,
12:08j'ai cru comprendre
12:09que c'est une magistrate
12:10syndiquée
12:11qui avait elle-même
12:11participé à organiser
12:13des manifestations
12:14à l'époque
12:14contre Nicolas Sarkozy.
12:16Ça dit quelque chose
12:17et en tous les cas
12:18de cette magistrate.
12:20Je n'ai pas pu vérifier
12:21cette question.
12:22J'ai mis le conditionnel.
12:23J'ai mis le conditionnel.
12:24Il n'y a pas de raison
12:25de faire en sorte
12:27qu'elle puisse être
12:28ensuite perturbée.
12:29Ce que vous voulez dire,
12:29c'est qu'à partir du moment
12:30où c'est assumé,
12:31où il y a des manifestations,
12:32si c'est avéré,
12:33dans ces cas-là,
12:34ça ne vous choque pas
12:35que son nom
12:36soit divulgué
12:38et peut-être un peu
12:38jeté en pâture.
12:39Non, voilà.
12:40Moi, je n'aime pas
12:40qu'on jette en pâture.
12:41Pas plus pour les hommes politiques
12:43que pour n'importe qui.
12:44Je dis simplement,
12:45en revanche,
12:45que si cette magistrate
12:46a des engagements
12:47syndicaux et politiques
12:49manifestement hostiles
12:51à Nicolas Sarkozy
12:52ou hostiles à d'autres
12:54et qu'elle le juge ensuite,
12:55ça pose un petit problème
12:56quand même.
12:57Parce que moi,
12:58je suis favorable
12:59à ce que les magistrats
13:00ne prennent pas
13:01de position politique publique,
13:03c'est-à-dire n'appellent pas
13:04à voter pour ou contre
13:05des candidats,
13:06ne fassent pas signer
13:07des pétitions.
13:09Et s'ils règlent
13:10des comptes
13:10parce que Nicolas Sarkozy
13:11avait traité
13:12de petits poids
13:13il y a 20 ans,
13:14sincèrement,
13:15il faut qu'il fasse autre chose
13:15que de la magistrature.
13:16Et je précise
13:17que la décision
13:18est collégiale,
13:18elle n'appartient pas
13:19à une seule personne.
13:21Taxer les plus riches,
13:22ça fait partie
13:22des pistes
13:23qui sont désormais
13:24sur la table
13:25et Sébastien Lecornu
13:26serait tenté
13:27de rétablir
13:28l'ISF
13:29ou une autre forme
13:30de taxation
13:31peut-être sous la forme
13:32de la taxe Zuckman.
13:33Est-ce que si c'est le cas,
13:34vous soutenez ou pas ?
13:35J'ai eu du mal
13:36à comprendre
13:36quelle était votre position
13:37sur cette taxe.
13:38D'abord,
13:39ils sont incroyables
13:39ces macronistes.
13:41En 2017,
13:42ils se font élire
13:42sur l'idée
13:43que plus jamais d'impôts,
13:44il faut faire baisser
13:45les impôts, etc.
13:46Ils sont capables
13:47de faire l'inverse
13:48quelques temps après.
13:49C'est-à-dire qu'en fait,
13:49cette plasticité,
13:51cette capacité
13:51à dire tout
13:53et son contraire
13:54est quand même assez...
13:54Qu'est-ce que vous,
13:55vous pensez ?
13:55Moi, ce que je veux dire,
13:56c'est que la fiscalité,
13:57c'est un outil
13:58qui doit permettre
13:59de flécher
14:01un certain nombre
14:02de dépenses
14:02dont notre pays
14:03a besoin.
14:04C'est aussi un outil
14:05de justice.
14:06Donc, qu'on puisse
14:06faire contribuer
14:07des gens qui ont beaucoup
14:08à une certaine hauteur,
14:10je trouve que c'est normal
14:11et tous les électeurs
14:12de tous les partis politiques
14:13considèrent que c'est normal.
14:15Je pense que c'est
14:16un sain principe.
14:17Maintenant,
14:17à quelle hauteur ?
14:18Comment ?
14:19Est-ce que c'est
14:19un impôt juste ?
14:20Nous, ce qu'on trouve
14:21injuste,
14:21c'est l'impôt
14:22sur la fortune immobilière
14:24parce qu'on pense
14:24que ça va
14:25à contrario
14:26de l'enracinement
14:27et de la transmission.
14:28Donc, une taxation
14:29des plus riches
14:30sans la taxation immobilière,
14:33sans que l'assiette
14:34regroupe
14:35les propriétés immobilières.
14:38Pas seulement.
14:38Et pas seulement.
14:38Professionnels ?
14:39Non, mais les investissements
14:40dans des PME,
14:41quand vous avez décidé
14:43d'investir dans des PME,
14:44dans des ETI,
14:45dans des petites boîtes.
14:46Ça, ça doit être exonéré.
14:47Je pense qu'il faut
14:48l'exonérer, absolument.
14:49Donc, il reste quoi ?
14:50Tout le reste,
14:51c'est-à-dire du patrimoine
14:52à partir d'un million trois.
14:54Je crois que le seuil
14:54qu'on a fixé
14:54est le même que l'ISF
14:56et qui nous différencie beaucoup.
14:57Mais quel genre
14:58de patrimoine ?
14:58Tout le reste.
15:00Donc, c'est à partir
15:01de un million trois
15:02pour les produits financiers.
15:03Des produits financiers,
15:05des propriétés
15:06qui peuvent être
15:06en dehors
15:06de la résidence principale
15:08ou de la résidence unique.
15:09Ça veut dire
15:09les produits financiers,
15:11ça veut dire
15:12les résidences secondaires ?
15:13Depuis moins de dix ans ?
15:15Oui, bien sûr.
15:16Pourquoi depuis moins de dix ans ?
15:17Parce qu'il faut bien
15:17mettre un seuil
15:18et puis parce que,
15:19de toute façon,
15:19mais ça,
15:20le législateur
15:20peut faire évoluer tout ça.
15:22Mais il faut partir
15:22d'un principe.
15:23Nous, on considère
15:24qu'une contribution
15:25des plus aisés
15:27à partir d'un certain seuil
15:28et qui ne touche pas
15:29l'outil de travail,
15:31le patrimoine professionnel.
15:32Donc, il ne faudrait pas
15:33l'outil professionnel,
15:34il ne faudrait pas
15:35l'outil immobilier
15:36s'il est détenu
15:36depuis plus de dix ans,
15:37donc si c'est une sorte
15:38de patrimoine
15:39qui traverse les générations.
15:41C'est ça l'idée ?
15:42C'est ça l'idée.
15:43Et l'idée,
15:43c'est aussi de le flécher différemment
15:45parce que Marine Le Pen
15:46le rappelait,
15:47si les Français
15:48peuvent consentir
15:49à payer des impôts
15:50et si d'ailleurs
15:50les plus riches
15:51peuvent consentir
15:52à payer parfois
15:53un peu plus d'impôts,
15:54ils ont du mal
15:54à imaginer
15:55que cet impôt serve
15:56à autre chose
15:57qu'au bénéfice des Français.
15:58Si c'est pour financer
15:59l'accueil de l'immigration,
16:01c'est non.
16:01Si c'est pour financer
16:02une politique familiale
16:03comme nous le considérons,
16:04c'est-à-dire nous,
16:05nous considérons
16:05que cet impôt
16:06que nous voulons
16:06sur la fortune financière,
16:09eh bien,
16:10il doit financer
16:10la politique familiale,
16:11c'est-à-dire
16:12la deuxième part
16:13fiscal pleine
16:14pour le deuxième enfant.
16:15Si Sébastien Chenu annonce
16:15le retour de l'ISF
16:16tel qu'il était
16:17jusqu'en 2017,
16:19pour vous, c'est non ?
16:20Non, mais ce n'est pas
16:20ce qu'il faut faire.
16:21Non, mais est-ce que c'est non ?
16:22C'est-à-dire,
16:28on n'a pas la censure
16:30pavlovienne,
16:30c'est-à-dire qu'on n'a pas
16:31un réflexe,
16:32comme elle est fille,
16:32de dire qu'on censure
16:33tout ce qui bouge
16:34à tout moment, etc.
16:35On va attendre
16:35de voir ce que le Premier ministre
16:36veut faire.
16:37C'est souvent assez confus
16:38ce que le Premier ministre
16:39veut faire aujourd'hui.
16:40C'est ce que disent
16:41d'ailleurs les syndicats
16:42qui, en sortant du rendez-vous...
16:44Personne ne comprend bien
16:44ce qu'il veut faire.
16:45On va regarder.
16:46Nous, on a une proposition
16:47suppression de l'IFI,
16:50de l'impôt sur la fortune immobilière
16:51et création d'un impôt
16:53sur la fortune financière.
16:54C'est-à-dire qu'on tue un impôt
16:55et on le remplace
16:57par un autre.
16:58On ne crée pas
16:58de nouvel impôt
16:59et on a le même seuil
17:00de déclenchement.
17:01Est-ce que vous avez
17:02un nouveau rendez-vous
17:02pris avec le Premier ministre ?
17:03Non, pas à ma connaissance,
17:05mais si M. Lecornu
17:06veut recevoir
17:07les représentants
17:08du Rassemblement national,
17:09Jordan Bardella
17:10et Marine Le Pen
17:10ont toujours répondu
17:12aux invitations
17:13du Premier ministre
17:14quand il s'agit
17:14de parler de la France.
17:15Il y a un appel
17:16à la mobilisation
17:16des agriculteurs
17:17à partir d'aujourd'hui.
17:18Ils manifestent notamment
17:19contre le retour
17:20du Mercosur.
17:22Est-ce que vous les soutenez ?
17:24Je crois que les agriculteurs
17:26c'est le prochain plan social
17:27que l'Union européenne
17:28veut faire.
17:29Dans le cas du Mercosur,
17:30l'Union européenne
17:31est quand même
17:31à scinder cet accord
17:33avec un volet commercial
17:34et un volet politique
17:35pour contourner
17:36le vote
17:37des parlements nationaux.
17:38Nous, nous pensons
17:39que nous devons
17:40considérer
17:42qu'avec ce qu'on appelle
17:43le compromis de Luxembourg,
17:45c'est-à-dire
17:45quand on touche
17:45à nos intérêts vitaux,
17:47il ne faut pas
17:48appliquer cet accord.
17:49Ce sont nos intérêts vitaux
17:51que ceux
17:51de l'agriculture aujourd'hui.
17:52Merci beaucoup Sébastien Chenu.
17:54Sébastien Chenu,
17:55vous êtes député RN du Nord,
17:56vice-président
17:57du Rassemblement National.
17:59Il est 8h46
18:00sur RMC et BFM TV.
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