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  • il y a 5 mois
Guillaume Cardy, chef du Raid, était l'invité de BFM Première pour les 40 ans de cette unité d'élite de la police nationale. Il s'est confié sur l'intervention la plus marquante de ces dernières années à ses yeux et les conditions d'entrée au Raid notamment.

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Transcription
00:00On a l'image d'eux, d'hommes en noir, casqués, bardés de matériel, qui interviennent dans les situations extrêmes.
00:06Le RAID fête cette année ses 40 ans et on a l'honneur de vous accueillir.
00:10Vous êtes le chef du RAID, Guillaume Cardi. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation.
00:15Bonjour.
00:16C'est vrai que quand on pense au RAID, on a tous en tête les événements majeurs.
00:22On pense aux attentats du 13 novembre, à l'assaut contre Mohamed Merah,
00:25la prise d'otages aussi dans cette école maternelle de Neuilly. C'était quelle année déjà ?
00:301993.
00:311993, c'est ça. Et pourtant, vous intervenez en réalité au quotidien, pas que sur ces événements-là.
00:38C'est quoi l'émission du RAID ?
00:39Tout à fait. Alors nous, il n'y a pas d'heure creuse, il n'y a pas d'heure pleine.
00:41C'est toujours des aires pleines. On intervient souvent d'ailleurs à l'heure du laitier,
00:46donc les gens ne nous voient pas. Quand ils se lèvent, on est déjà passé par là et on a déjà fait notre travail.
00:51Les missions, elles sont très diverses. Par exemple, la semaine dernière,
00:54j'ai eu 35 opérations, rien que sur une semaine, sur l'ensemble, à la fois de l'échelle centrale
00:59et des unités territoriales, qui sont au nombre de 16.
01:02Donc les missions, c'est essentiellement l'assistance aux services d'enquête de police,
01:07sécurité publique, police aux frontières, police judiciaire,
01:09pour l'interpellation d'individus dangereux, criminalité organisée,
01:13narcotrafic, terrorisme et droits communs.
01:16Ensuite, la gestion des crises de haute intensité,
01:19donc les forcenées, les prises d'otages, le RAID a libéré en 10 ans 450 otages.
01:24Les opérateurs ont engagé leur vie pour sauver celle des autres,
01:28pour sauver 450 otages en 10 ans,
01:30et puis également des mesures de protection à l'encontre des plus hautes autorités de l'État
01:34et des ambassadeurs à l'étranger.
01:37Alors justement, on a eu la chance, et j'ai eu la chance, d'être accueilli par vos hommes,
01:41il y a quelques jours, en région parisienne, chez vous,
01:44et je me suis mis dans la peau d'un diplomate escorté par les hommes du RAID.
01:49Notre convoi a été attaqué.
01:52Tout ça, évidemment, est un scénario prévu d'avance,
01:54mais regardez les images, c'est assez impressionnant.
02:09Ça va ?
02:10Oui, ça va, ça va.
02:14Ok, on y va.
02:22Ok, ça s'est mis en public, ok.
02:24On va sortir, monsieur.
02:32On va, on va, on va, on va, on va.
02:35Oh, monsieur, monsieur.
02:40Allez, c'est parti, les gars.
02:44Alors moi, je peux vous dire que j'emmenais, j'emmenais pas large.
02:46Oui, vous vous l'avez secoué, quand même.
02:48J'emmenais pas large, ça m'a frappé, quand même, c'est la, c'est déjà les gestes millimétrés de vos hommes,
02:54et la sérénité dont ils ont fait preuve, contrairement à moi.
02:57Ça, c'est quelque chose que vous pouvez faire, pas au quotidien, j'imagine, heureusement, mais régulièrement.
03:02C'est vrai que quand on regarde ces images, on voit que c'est un balai.
03:06En fait, tout est millimétré, comme vous l'avez dit.
03:07Les opérateurs savent exactement dans quelle position ils doivent se mettre,
03:12et c'est une protection collective, parce que l'état d'esprit du RAID, c'est toujours la collectivité,
03:17l'esprit de groupe, et le courage absolu de ces opérateurs, que je remercie pour leur engagement au quotidien.
03:24Est-ce qu'il y a, si on ne devait en choisir qu'une, une intervention sur ces 40 dernières années,
03:29qui illustre justement ces valeurs du RAID ?
03:31Celle la plus marquante, à mes yeux, c'est l'hyper-cachère.
03:34L'hyper-cachère, dans une période vraiment trouble pour la France.
03:38Et on revoit les images, justement, que vous avez citées.
03:40Et là, on voit le courage de ces opérateurs, qui n'ont pas hésité à mettre en avant leur vie.
03:45On a eu de nombreux blessés, pour sauver la vie de 17 otages, encore une fois,
03:50dans des conditions extrêmement dangereuses, puisque le terroriste était armé d'armes de guerre,
03:56avec des explosifs qu'il pouvait détonner à tout moment.
03:59Et on le verra peut-être sur ces images, mais un des opérateurs rentre à l'intérieur de l'hyper-cachère
04:05et attire le feu sur lui, pour que le terroriste le vise, plutôt que n'abattre les otages.
04:11Donc ça, c'est vraiment le courage poussé à l'extrême.
04:14Vous avez ce groupe, là, on le voit bien, à l'image, qui est solide, qui est compact.
04:18Des hommes en noir, derrière des cagoules, que personne ne connaît, mais qui ont des familles,
04:23et qui donnent tout pour la nation.
04:27Est-ce qu'on y pense, à sa famille ? Est-ce qu'on a peur dans ce genre d'opération ?
04:30Alors là, il faudrait leur demander.
04:32Mais bon, ce sont des hommes aguerris, extrêmement bien entraînés, équipés.
04:37Et une fois qu'il y a le top action qui est lancé, c'est l'adrénaline et le sens du devoir qui prend le devant.
04:42Alors, 500 hommes, le RAID, comment fait-on pour intégrer cette unité d'élite ?
04:46J'imagine que vous avez des tonnes de candidatures.
04:48C'est ça, processus de sélection, environ un an, entre le dépôt des candidatures, le dossier, et puis l'intégration au RAID.
04:55Les sélections, on les voit à l'écran sur à peu près une semaine, une quarantaine d'épreuves.
05:01Il n'a pas été retenu, Dominique ?
05:03Oui, je n'ai pas passé l'après-sélection.
05:05J'ai gardé le t-shirt.
05:06J'ai gardé le polo, mais je n'ai pas été pris.
05:09Ce n'était pas l'objectif en même temps, mais effectivement, c'est assez dur.
05:14Vos hommes me disaient qu'il y avait aussi, dans ces phases de sélection, des psychologues qui étaient là pour gérer, pour détecter le courage des hommes.
05:21Alors, il y a le physique, bien évidemment, parce que quand vous avez 40 kg de matériel sur le dos, il faudrait une certaine force physique.
05:26Quand vous restez derrière une porte pendant des heures à attendre l'assaut, pendant que la négociation avance, il faut être résistant également.
05:35Mais après, c'est toutes les valeurs aussi qu'on essaie de détecter et l'esprit de cohésion, parce que c'est un groupe qui va vivre ensemble pratiquement 24 heures sur 24.
05:43Donc, il faut cet état d'esprit, voilà.
05:45Juste une dernière question, il n'y a pas de femmes ?
05:47Il y a 10% de femmes au RAID, essentiellement sur les fonctions d'état-major ou de support, mais il y a eu des femmes en opérationnel aussi,
05:53sur l'affaire notamment d'Yvan Colonna pour effectuer des filatures en toute discrétion avec des couples d'opérateurs.
06:00Merci Guillaume Cardi. J'en profite pour parler de ce livre dont vous avez écrit la préface.
06:0518 mois avec le RAID, reportage exceptionnel pour fêter les 40 ans de cette unité d'élite.
06:11Et merci à Nicolas Bedgeny, Théo Touchet et Déborah Collet qui ont permis de parler aujourd'hui du RAID.
06:17Et c'était une très bonne chose, 40 ans du RAID. Jouez anniversaire.
06:20Merci et puis merci à nos autorités de nous faire confiance aussi au quotidien.
06:23Merci.
06:24Merci.
06:25Merci.
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