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  • il y a 5 mois

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00:00Mais je voulais vous parler de ce qui se passe dans l'école catholique, puisqu'on va se poser la question suivante, l'école catholique doit-elle enseigner la prière ?
00:07Le nouveau secrétaire général de l'enseignement catholique privé sous contrat souhaite que les enseignants puissent prier pendant les cours.
00:15Selon Guillaume Prévost, il souhaite que les écoles aient plus de liberté dans la pratique de la religion, on n'est pas dans une école laïque, on est dans une école chrétienne selon lui,
00:24c'est-à-dire que si on va dans une école catholique, il ne faut pas s'étonner qu'on y aille et qu'on vous demande de prier.
00:29Alors, est-ce que vous pensez qu'une école catholique doit pouvoir intégrer la prière, si elle le souhaite, dans son quotidien, sans controverse ?
00:35Appelez-nous si cela vous tente.
00:36Aux 0, 1, 4, 20, 20, 39, 21.
00:39Et nous avons dans le studio Anne Cofinier, présidente de Créer son école, qui est notre invitée.
00:45Un enseignant doit-il pouvoir prier en classe, Anne Cofinier ?
00:49La loi le permet.
00:51Et c'est simplement parce qu'il y a eu une sorte de perte d'habitude qui s'est instaurée sur 40 ans, qu'on a oublié qu'on avait le droit de le faire.
00:58Et maintenant, quand on veut pratiquer des droits qu'on a un peu négligés, ça choque tout le monde.
01:04Et notamment, il y a eu des réactions très très fortes.
01:07Madame Borne, on ne sait plus très bien si c'est des affaires courantes ou pas, mais toujours est-il qu'elle est intervenue.
01:11Elle a dit que le temps de prière est considéré comme un enseignement religieux et ne peut pas empiéter sur le temps des cours prévus par le contrat avec l'État.
01:19On verra que c'est faux.
01:20Le CNAL, le Comité National d'Action Laïque, a dit que ce sont des propos inacceptables.
01:25Et Paul Vannier, qui maintenant est bien connu pour son grand amour d'enseignement catholique, a expliqué que c'était une attaque frontale contre la liberté de conscience.
01:34Et qu'il a accusé le secrétaire général de mener un séparatisme revendiqué.
01:38C'est quand même fort.
01:39Fort.
01:40Fort.
01:40Et c'est vrai que ça interpelle un peu parce qu'on n'a plus effectivement l'habitude de prier dans une école catholique.
01:46Et c'est vrai que ça peut peut-être ouvrir la voie à d'autres religions dans des écoles.
01:51Est-ce que ça peut peut-être faire fuir vers le hors contrat ?
01:56Qu'en pensez-vous ?
01:56Ensuite, on aura Nicolas en ligne.
01:58Dans toutes les écoles confessionnelles sous contrat, tout le monde prie.
02:03Les écoles juives, musulmanes, catholiques, protestantes, tout le monde prie.
02:06Alors dans les écoles catholiques, c'est assez rare, mais ça se fait de plus en plus.
02:10Notamment parce que le côté apaisement, méditation, se poser, c'est de plus en plus apprécié par des parents, y compris des parents peu ou pas pratiquants.
02:20Ils trouvent que commencer la journée en se posant, en disant merci, en prenant le temps de dire ce qui est beau, d'avoir un moment un peu d'unité, ça a du sens.
02:31Et ça aide leur enfant à entrer dans l'enseignement.
02:35Mais on a quand même avant tout un droit.
02:37Et ce droit, il est simple.
02:38Il a été instauré en 1959 par la loi Debray.
02:41Et il dit que le caractère propre, la spécificité, le supplément d'âme des écoles catholiques,
02:47ce n'est pas en dehors des cours.
02:49C'est surtout pendant les cours.
02:51Et ça, on l'a complètement oublié.
02:53On a l'impression qu'une école catholique, c'est comme une école publique avec une aumônerie.
02:57Mais ça, ça existe.
02:58C'est une école publique.
02:59Parce qu'une école publique, ça peut avoir une aumônerie.
03:01Mais donc, une école catholique, ce n'est pas ça.
03:03La catholicité imprègne absolument tout, y compris les cours.
03:07Et donc, ce sont ces vérités bien ancrées dans le droit,
03:10qui ont été absolument ancrées aussi au niveau du droit constitutionnel,
03:13notamment par les décisions de 1977 et 1985.
03:16Ce sont ces vérités qu'il nous faut réapprendre.
03:18Nicolas, vous nous appelez de Montpellier.
03:20Bonjour Nicolas.
03:22Oui, bonjour.
03:23Vous étiez en primaire dans une école catholique.
03:25Vous priez ?
03:27Excusez-moi, je n'ai pas entendu votre question.
03:28Vous étiez en primaire dans une école catholique.
03:31Vous priez à l'époque ?
03:32Alors non, ça ne se faisait pas à l'époque.
03:35Il y avait un cours de catéchisme,
03:37qui était, il me semble, hebdomadaire.
03:41Je dis, il me semble, parce que c'est lieu,
03:43c'était au début des années 80.
03:45Alors moi, je vais vous dire, je ne suis pas de confession catholique,
03:48mais j'ai été scolarisé dans cette école étant petit.
03:52Et lorsqu'il y avait ce moment de catéchisme,
03:56eh bien, on me proposait tout simplement,
03:58si vous voulez, de faire autre chose.
04:00Donc, je n'assistais pas au cours de catéchisme.
04:03Non pas que j'en étais exclu,
04:04mais on me donnait la possibilité de ne pas y assister.
04:10Je voudrais dire que moi...
04:12Et même là, ce que dit, en fait,
04:14le secrétaire général de l'enseignement catholique privé sous contrat,
04:18il dit que ce n'est pas à imposer, non plus.
04:20Et c'est si les professeurs le souhaitent.
04:22Est-ce que vous trouvez ça logique ou pas,
04:24effectivement, qu'on aille, par exemple,
04:25lui, ce qu'il dit, c'est que quand on va dans un restaurant italien,
04:29c'est pour manger des pâtes.
04:30Lorsqu'on va dans une école catholique, c'est pour prier.
04:32Est-ce que vous pensez que c'est une logique,
04:34que si on le souhaite,
04:36qu'on peut prier, justement, pendant les cours,
04:38ou juste avant les cours ?
04:39Exactement. On peut tout à fait.
04:42Alors, parce qu'il y a une polémique,
04:43pour que ce soit fait sur les heures de cours
04:46ou pas sur les heures de cours,
04:47mais ce qu'on ne précise pas,
04:50c'est la durée de cette prière.
04:52Ces prières sont très, très courtes.
04:55On ne parle même pas de dix minutes.
04:59Il est bien sûr proposé...
05:00à ceux qui ne sont pas de cette confession,
05:14qui ne se reconnaissent pas dans cette religion,
05:16de ne pas le faire.
05:17Donc, moi, j'ai l'impression que c'est un procès un peu politique
05:19qu'on fait à l'école catholique,
05:21parce qu'il faut se rendre compte quand même
05:23que l'école privée en France aujourd'hui,
05:25c'est l'école catholique.
05:26Absolument, 96%.
05:28Merci, Nicolas, pour votre témoignage.
05:30Merci infiniment pour ce regard très clair.
05:33Nous avons Eric en ligne.
05:35Bonjour, Eric.
05:35Vous étiez, vous, à l'école privée
05:37jusqu'à l'âge de 12 ans.
05:39Vous priez ?
05:40Oui, bonjour, Président.
05:41Bonjour à toute l'équipe.
05:42Oui, en fait, j'avais une tante qui était religieuse
05:46et donc on allait à l'école privée.
05:49Donc, on arrivait, si vous voulez, en classe.
05:50On était debout, près de table
05:52et on récitait le Je vous salue Marie
05:55et le Notre Père.
05:57Donc, jusqu'à l'âge de 12 ans,
05:58j'ai donc été dans ce cadre-là
06:01et arrivé au collège en sixième,
06:03ça s'est arrêté.
06:04J'étais toujours à l'école privée.
06:06Et vous trouviez ça normal ?
06:09Ah oui, oui, c'était normal.
06:10En fait, pour nous, il n'y avait pas forcément...
06:13Même vis-à-vis des autres enfants,
06:14on était...
06:15C'était quelque chose qu'on respectait,
06:17en fait, qu'on voulait faire.
06:18On voulait faire.
06:19Alors, Eric, nous avons dans le studio
06:21Anne Cofinier, qui est Présidente de Créer à son école.
06:25Elle est notre invitée.
06:25Restez en ligne avec nous.
06:27J'ai envie de lui donner le dernier mot
06:28parce qu'elle doit nous quitter dans un instant.
06:31Anne Cofinier, vous êtes donc Présidente de Créer à son école.
06:35Quelles conséquences pourrait avoir, justement,
06:38cette prise de position du nouveau secrétaire général
06:40de l'enseignement catholique privé sous contrat ?
06:43Une bonne conséquence.
06:44Ça permet de rappeler des choses qui sont dans la loi,
06:46qui sont un peu oubliées.
06:48Et donc, c'est une clarification.
06:50Parce que les arguments mis en avant contre ça,
06:51c'est dire qu'il y a la neutralité des fonctionnaires,
06:54donc les fonctionnaires ne doivent pas.
06:55Mais d'abord, ce ne sont pas des fonctionnaires.
06:56Ce sont des agents publics.
06:58Et ensuite, la loi est très claire.
07:00La neutralité qui est attendue dans l'enseignement catholique,
07:03c'est de respecter le caractère propre,
07:06c'est de respecter la catholicité de l'établissement.
07:08Merci beaucoup Anne Cofinier d'être venue dans le studio d'Europe
07:11pour réagir à ce sujet.
07:12On marque une pause.
07:14Éric, restez en ligne.
07:14Nicolas, restez en ligne.
07:16On revient tout de suite.
07:16Et comme Éric et Nicolas réagissent,
07:18c'est 01, 80, 20, 39, 21, 12h26.
07:21A tout de suite avec Christine Kelly.
07:22On parle de l'école catholique.
07:24Est-ce qu'elle peut enseigner la prière ?
07:26On est en train d'aborder le sujet.
07:28Finalement, Anne Cofinier est restée avec nous
07:30parce qu'on a beaucoup d'appels au standard sur la question.
07:33Et je rappelle, je replante le décor.
07:35Le nouveau secrétaire général de l'enseignement catholique privé sous contrat
07:38souhaite que les enseignants puissent prier dans les cours
07:41pour ceux qui le souhaitent.
07:43Est-ce que vous êtes d'accord ou pas ?
07:45On a Éric qui est en ligne,
07:48qui nous expliquait qu'il était à l'école privée
07:51jusqu'à l'âge de 12 ans
07:52et que vous faisiez une prière.
07:54Et puis après, vous avez arrêté de faire la prière.
07:58Oui, en fait, ce qui m'est passé,
08:00c'est qu'à l'époque,
08:02quand je suis arrivé au collège,
08:04c'était en fait des gens privés.
08:08C'était des gens qui étaient salariés de l'école privée,
08:11mais ce n'était plus des religieux.
08:13Donc à l'époque, je me souviens,
08:15on ne faisait plus de prière.
08:18On était toujours dans le cadre d'une école privée,
08:21sauf qu'on n'était plus forcés à faire de prières
08:25avant de commencer les cours.
08:28Et pour en revenir à ça,
08:29je trouvais que ça cadrait bien les choses, en fait.
08:32Et en même temps, ça donnait un exemple sur beaucoup de choses.
08:36Parce que c'est vrai que quand on est jeune,
08:39c'est là que ça se passe,
08:40que le caractère se forge.
08:41Oui, une certaine spiritualité,
08:43une certaine vision de la vie.
08:45Et lorsqu'on met son enfant dans une école catholique privée,
08:47en général, on s'attend à ça aussi.
08:49C'est ça.
08:50Vous savez, je vais beaucoup en Corse.
08:51Et donc, l'exemple que je vois en Corse,
08:54c'est qu'il y a beaucoup d'enfants à l'église.
08:57Donc certainement que là-bas,
08:59ça doit aussi...
09:00En fait, il y a un autre climat.
09:02C'est beaucoup plus, comment dire,
09:03dans les traditions,
09:04c'est beaucoup plus entier,
09:06et on ressent beaucoup de choses.
09:08Donc après, je pense que c'est important
09:10pour les enfants d'avoir un cadre
09:12et d'avoir des modèles dans la vie.
09:15Merci beaucoup.
09:15C'est ce qui manque aujourd'hui.
09:17Important pour les enfants d'avoir un cadre,
09:20d'avoir des modèles,
09:21nous raconte Théry.
09:22Merci beaucoup pour votre appel.
09:23Merci aussi Nicolas.
09:25Merci beaucoup Nicolas.
09:26Peut-être un dernier mot Nicolas là-dessus.
09:27Vous nous disiez que vous étiez dans une école catholique,
09:30effectivement,
09:30une école de sœurs,
09:31et que je ne voyais pas où est le problème.
09:33C'était ça.
09:33On a fait le tour avec vous mon cher Nicolas ?
09:36Non, je voudrais dire un dernier mot.
09:37Oui, dites-moi.
09:38Rapidement, on devrait remercier
09:42l'enseignement catholique en France
09:44qui représente, comme vous l'avez dit,
09:4696% des établissements privés, bien entendu.
09:52Mais aujourd'hui, tout le monde souhaite,
09:56tous les gens qui souhaitent le meilleur pour leurs enfants
09:58souhaitent les mettre dans le privé.
09:59Et par conséquent, c'est dans des établissements catholiques.
10:04Et on devrait les remercier pour leur contribution
10:07à l'enseignement en France.
10:09Quand on voit le champ de ruines
10:10qui est devenu l'école publique,
10:12il ne faut pas, comme le font ces syndicats,
10:15rejeter la médiocrité de l'école publique
10:17sur la réussite de l'enseignement catholique et supérieur.
10:20Merci, mon cher Nicolas.
10:21Il faut un travail magnifique.
10:22Il faut un travail magnifique.
10:23Très, très bonne remarque.
10:24D'ailleurs, Géraldine, qui est dans le studio,
10:26qui a été enseignante,
10:27elle va dans votre sens.
10:28Oui, exactement.
10:29Et j'ai même ma fille qui est dans une école privée catholique
10:32et je ne vois pas la fin.
10:34J'ai fait le choix de l'inscrire dans un collège catholique.
10:38Donc, pour moi, c'est normal.
10:39On n'a pas à contester cette décision.
10:43Mais on est en train, effectivement,
10:44de se poser des questions autour de l'inscrire.
10:46Oui, voilà, sinon l'école catholique.
10:49Gabriel Cluzel, ensuite Anne Cofigné,
10:51qui est présidente de Créer son école,
10:53et ensuite on aura Isabelle en ligne.
10:54Moi, c'est vrai que j'avoue que la moutarde
10:56me monte un peu au nez,
10:57parce que je me dis,
10:58non mais pardon,
10:59mais l'école catholique va devoir s'excuser
11:01d'être catholique.
11:02Dans l'école catholique, il y a catholique.
11:03C'est ça.
11:03Et c'est ce que dit du reste le nouveau secrétaire général.
11:06Le secrétaire général,
11:07c'est qu'il dit que quand vous poussez la porte
11:09d'un resto chinois,
11:09vous ne demandez pas une pizza.
11:11Donc, les parents, en fait,
11:12certains parents,
11:13d'ailleurs, ce n'est pas forcément les parents,
11:14en l'occurrence, je ne sais pas,
11:15à chaque fois qui se saisit,
11:17il y a beaucoup d'idéologies,
11:18de politiques, de députés,
11:19d'extrême-gauche, etc.,
11:21de médias,
11:22mais on ne peut pas avoir le beurre,
11:23l'argent du beurre et la laitière.
11:24C'est-à-dire qu'on cherche une école catholique
11:26parce qu'on sait,
11:27par ses qualités propres,
11:28qu'elle tire du reste de ses valeurs chrétiennes,
11:32qu'elle a des méthodes d'enseignement de qualité,
11:35qu'il y a une bienveillance,
11:37qu'il y a du calme, etc.
11:38Et puis, on veut saper, finalement,
11:40ces valeurs qui ont fait la réussite de l'école privée.
11:43Et je dois dire que Nicolas a parfaitement raison
11:45quand il dit qu'on devrait remercier l'école catholique
11:48qui, en plus, coûte moins cher.
11:49Bon courage à l'école publique
11:50pour absorber tous les élèves
11:53qui sont dans le privé catholique,
11:55en plus, avec un coût inférieur à celui du public.
11:58Aujourd'hui, dans ces périodes de dettes énormes,
12:01ce n'est pas négligeable de le signaler.
12:03C'était Gabriel Cluzel sur Europe 1.
12:04On a beaucoup d'appels.
12:05Éric Tegner en studio.
12:06Je suis d'accord avec Gabriel
12:07parce que, dans le fond,
12:08ce qui dérange,
12:09c'est qu'on n'ose plus admettre, aujourd'hui,
12:11l'apport du catholicisme.
12:13Pas uniquement pour l'école,
12:14pas uniquement pour l'éducation,
12:16mais pour notre pays.
12:17On essaye de faire en sorte de croire
12:18que, finalement,
12:19la France existe depuis seulement trois siècles,
12:22depuis la Révolution française,
12:23qu'elle ne s'est pas construite
12:24sur 1500 ans de christianisme
12:27et que toutes ces valeurs-là
12:28ne font pas aussi une différence.
12:30C'est-à-dire que notre civilisation,
12:31aujourd'hui, elle est chrétienne.
12:32Ça en fait une différence
12:33par rapport à d'autres civilisations.
12:35Et donc, c'est un vrai apport.
12:36Et je pense également que,
12:38pour nos jeunes,
12:38pour notre jeune génération,
12:39aujourd'hui,
12:40qui a besoin de sens,
12:41un retour aussi
12:42à une forme de spiritualité,
12:43parfois,
12:44une forme d'entraînement,
12:44leur faire comprendre
12:45ce que c'est la spiritualité,
12:46etc.,
12:47est fondamental.
12:48Sinon, ils vont tomber
12:48soit dans une forme de radicalité,
12:50soit dans les jeux vidéo,
12:52soit ils vont être
12:52complètement perdus.
12:54Et donc,
12:54la spiritualité,
12:55au-delà de la foi,
12:56de la religion,
12:56c'est ce que vous disiez tout à l'heure,
12:58la spiritualité doit être enseignée,
12:59je le pense.
13:00Merci beaucoup,
13:01Éric Tegler.
13:03Allô, Isabelle,
13:04vous nous appelez du Puy-de-Dôme.
13:06Isabelle,
13:06bonjour.
13:06Oui,
13:07bonjour, Christine.
13:08Écoutez,
13:09moi,
13:09je ne vais pas dire grand-chose de plus
13:10que tous vos auditeurs précédents
13:12et invités,
13:13parce qu'ils ont bien,
13:14bien,
13:15bien résumé
13:15le fond de ma pensée.
13:17Et moi,
13:18je voulais juste vous donner
13:19mon expérience.
13:21Donc,
13:22je suis d'une autre génération.
13:23J'ai été élevée
13:24dans une école catholique
13:25de la 6e à la Terminale.
13:28Et dans cette école,
13:29c'était des Ursulines,
13:30mais les professeurs
13:32n'étaient pas religieux.
13:33Et donc,
13:34on ne faisait pas la prière le matin.
13:36Mais par contre,
13:36on avait une messe
13:37une fois par semaine,
13:38le mercredi matin.
13:40Et la messe était obligatoire
13:42jusqu'à la fin de 3e.
13:43Et elle devenait facultative
13:45à partir de la seconde.
13:47Et donc,
13:47on pouvait choisir
13:48d'aller en étude
13:49à la place d'aller à la messe.
13:50Et c'était bien le fait
13:51que la messe soit obligatoire,
13:52par exemple,
13:53selon vous ?
13:54Oui,
13:55tout à fait,
13:55parce qu'à l'époque,
13:56je vous dis qu'elle disait
13:58jusqu'en 3e,
13:59de toute manière,
14:00on n'était pas trop à même
14:01de savoir si on croyait
14:02ou si on ne croyait pas.
14:03Et en fait,
14:04leur mot,
14:04c'était si ça ne vous fait pas de bien,
14:05ça ne fera pas de mal.
14:06Donc,
14:07moi,
14:07je me souviens de ça.
14:08effectivement,
14:09c'était un temps
14:10de méditation,
14:11un temps de réflexion,
14:12un temps où on se posait.
14:14Il y avait une chorale,
14:15donc on en profitait
14:16pour chanter ensemble,
14:18pour partager des bons moments.
14:20Et moi,
14:20je garde un souvenir
14:21vraiment merveilleux
14:22de toute ma scolarité
14:23grâce à cet enseignement
14:25et à cet environnement.
14:26Merci beaucoup,
14:27et également,
14:28on a eu droit
14:29à des cours
14:29des intervenants
14:31d'autres religions
14:31qui sont venus nous parler.
14:33Elle nous disait,
14:34les soeurs,
14:34nous,
14:34notre religion,
14:35c'est celle-ci,
14:36mais c'est la nôtre.
14:37Il y en a d'autres qui existent.
14:39Donc,
14:39on va vous faire lire
14:40tout ce que c'est.
14:41Très intéressant.
14:42Merci Isabelle.
14:42On marque une pause.
14:43Anne Cofinier réagit
14:45dans un instant présente
14:46de créer son école.
14:47Elle est dans notre studio.
14:48Ensuite,
14:48on aura Steve en ligne
14:50et restez avec nous sur Europe.
14:52Oui,
14:52et puis je veux préciser
14:53que le nouveau secrétaire général
14:54de l'enseignement catholique privé
14:56sous contrat
14:57et hors contrat
14:59souhaite que les enseignants
15:00puissent prier
15:01pendant les cours.
15:02Je croyais qu'il n'était que
15:02sous contrat,
15:04mais en fait,
15:04aussi hors contrat.
15:05Alors,
15:05Anne Cofinier,
15:06est-ce que ça fait du mal
15:08aux non-catholiques
15:10d'assister à une prière catholique ?
15:13Il y a une dimension culturelle
15:14qui est fondamentale.
15:16Si on veut faire nation,
15:17il faut quand même
15:17qu'on ait une même base
15:19avec les mêmes connaissances
15:21et on voit qu'aujourd'hui,
15:22ça se délite
15:22et que donc,
15:22on a du mal
15:23à avoir une culture commune.
15:25Ça,
15:26c'est la première chose.
15:26Et la deuxième chose aussi,
15:28c'est qu'il y a une grosse différence
15:28entre connaître,
15:30assister
15:31et participer avec son cœur.
15:32Donc,
15:33on peut tout à fait écouter
15:34par exemple
15:36un cours d'instruction religieuse,
15:39une prière,
15:40même une messe.
15:41Ça fait partie de la culture.
15:43C'est un moment
15:43où on est tous,
15:44avec tous les autres,
15:44qu'on n'est pas discriminés,
15:45on n'est pas mis sur le bord.
15:46Et ça,
15:46c'est très important
15:47pour les enfants.
15:48Parce que les enfants
15:48n'apprécient pas toujours
15:49d'être mis de deux côtés
15:50pendant la prière.
15:51qui ont l'impression
15:52qu'ils sont relégués.
15:53Donc là,
15:54ils sont là,
15:54ils ne sont pas obligés
15:55de dire les paroles,
15:56ils écoutent,
15:57ils rêvent,
15:58ils sont là
15:58et ils s'imprègnent.
16:00Et puis, rappelons Anne Cofinier
16:00que ce sont des écoles catholiques
16:02qui ont été choisies
16:04par les parents.
16:05Comme l'a rappelé
16:06Gabriel Cluzel,
16:07c'est un choix
16:08de la part des parents.
16:09Ce n'est pas une obligation,
16:10c'est un choix
16:11d'avoir mis son enfant
16:12dans une école catholique.
16:13On a plusieurs appels.
16:14Et il y a une liberté
16:15d'enseignement
16:16qui est constitutionnelle
16:18et il y a une liberté
16:18religieuse
16:19qui est constitutionnelle
16:20et on considère
16:20que ce pluralisme-là,
16:22il est républicain.
16:23Il a sa place.
16:24Alors,
16:25nous sommes avec Steve
16:26qui a trois enfants
16:27en école catholique.
16:29Bonjour Steve.
16:30Bonjour Christine.
16:31Vous nous appelez des bonjour.
16:34Exactement,
16:35à côté de Saint-Rémy-de-Provence
16:36d'ailleurs.
16:37Oh,
16:37c'est trop beau,
16:38la baditon.
16:39On n'entend pas les cigales.
16:42Non,
16:42ça fait longtemps
16:43qu'elles se sont tues.
16:44Ah oui,
16:44d'accord.
16:46Donc,
16:47c'est un sujet
16:48qui me tient à cœur
16:49puisque hier soir,
16:50je lisais justement,
16:51je regardais la vidéo
16:52de la conférence de presse
16:54du secrétaire général
16:55de l'enseignement catholique
16:56et effectivement,
16:58j'ai vu après
16:58dans les différents médias
16:59que la plupart des médias
17:01s'offusquaient
17:02de ce qui avait été dit.
17:03Bon,
17:04je crois que quand on va
17:05à la boucherie
17:05acheter de la viande,
17:06on n'y va pas
17:06pour acheter du poisson.
17:08Donc,
17:08à un moment donné,
17:09on sait où on va.
17:11La comparaison
17:12est un peu
17:12peut-être doute,
17:14mais en même temps,
17:15c'est ça.
17:15Et moi,
17:16actuellement,
17:17j'ai trois enfants
17:18qui sont scolarisés
17:19sur quatre
17:20et s'est posé
17:22la question
17:22cette année
17:23du hors contrat.
17:23On s'est dit,
17:24à un moment donné,
17:26on est seulement
17:26deux familles
17:27sur 200 élèves
17:28à pratiquer,
17:29à aller à la messe
17:30et nos enfants
17:32sont presque en marge
17:33des autres élèves
17:34dans une école catholique
17:36parce que,
17:37sur place,
17:39nous n'avons pas
17:40de prêtre qui vient,
17:42nous n'avons plus
17:44d'éveil à la foi.
17:44La directrice m'a dit
17:45cette année
17:45que nous n'avons plus
17:46le droit d'appeler ça
17:47l'éveil à la foi,
17:48mais culture chrétienne.
17:49Donc si j'ai bien compris,
17:50vous avez trois
17:50de vos enfants
17:51qui sont dans une école
17:52catholique sous contrat
17:53et vous hésitez
17:54à passer les enfants
17:55hors contrat
17:56pour trouver
17:57une certaine religiosité,
17:59une certaine spiritualité
18:00que vous ne trouvez pas
18:01et qui est étouffée
18:02en fait,
18:02dans l'école catholique
18:03sous contrat.
18:04Exactement.
18:05Une cohérence
18:06avec l'éducation
18:07qu'on donne.
18:08Parce que,
18:09bon,
18:09on ne s'en cache pas,
18:10on va à la messe
18:11tous les dimanches,
18:11on est pratiquant.
18:13Finalement,
18:13nos enfants
18:13sont avec d'autres enfants
18:15qui n'ont
18:17aucune culture
18:19chrétienne
18:19dans l'école.
18:20Et ils se trouvent
18:21marginalisés
18:21au sein
18:22d'une école catholique
18:22sous contrat.
18:23C'est incroyable.
18:25Tout à fait.
18:25Moi,
18:26avec mon épouse,
18:26c'est ce qu'on se dit
18:27très régulièrement,
18:29on trouve
18:30qu'ils sont marginalisés.
18:31Si on a décidé
18:32de les mettre
18:32dans une école catholique,
18:33c'est parce qu'on attend
18:34de cette école
18:35qu'il y ait un minimum
18:36de culture chrétienne.
18:38D'ailleurs,
18:39c'est le secrétaire général
18:41qui disait
18:41que les parents
18:44se tournaient
18:45vers des écoles
18:45hors contrat
18:46parce qu'ils ne trouvaient
18:47plus le terreau évangélique
18:48dans les écoles catholiques
18:50sous contrat.
18:51Mais je suis tout à fait d'accord.
18:52Incroyable
18:53d'aller,
18:54d'être dans une école
18:55catholique
18:56sous contrat
18:56et de perdre
18:57tout ce qu'il y a
18:58de catholique.
18:59Si on file
18:59la métaphore commerciale,
19:01il y a tromperie
19:01sur la marchandise
19:02d'une certaine façon.
19:04Bonne remarque,
19:04c'est vrai.
19:04Parce que les parents
19:05pensent mettre leurs enfants
19:06dans une école catholique
19:07et il n'y a plus rien
19:08de catholique.
19:10que c'est vidé
19:11de toute sa substance.
19:12Pas partout quand même.
19:13Pas partout,
19:13mais dans certains endroits.
19:14Il n'y a pas un réveil.
19:16C'est quand même,
19:16pardon,
19:17mais c'est quand même
19:18pas général,
19:19mais il y en a beaucoup.
19:20Il y a quand même
19:21une vraie tendance
19:21depuis à peu près 5 ans
19:23à essayer de retrouver
19:24une dimension catholique.
19:26Et parfois,
19:26on a l'impression
19:26que les opposants
19:28d'écoles catholiques,
19:28ils rêvent d'une école catholique
19:30qui n'aurait de catholique
19:31que le nom.
19:31C'est ça.
19:32Oui, c'est ça.
19:33Plus rien.
19:33Oui, c'est ça.
19:33On dirait la France.
19:35Comment, Eric Tegner ?
19:36On dirait la France.
19:37C'est-à-dire qu'on veut
19:37absolument enlever
19:38tout signe,
19:39tout symbole de catholicisme.
19:40Mais bénéficier
19:41de tout ce qu'elle donne.
19:42Tout ce qu'elle offre.
19:43Il ne faut pas oublier
19:43que l'école catholique,
19:45elle accueille
19:46des musulmans,
19:47des protestants,
19:48des non-croyants
19:50et qui se sentent très bien.
19:51nous avons Anne Cofigny,
19:51présidente de Créer son école
19:53qui vient de s'exprimer,
19:54mais nous avons Brigitte
19:54qui veut parler
19:56de cet accueil
19:57dans les écoles catholiques
19:58de musulmans.
19:59Bonjour Brigitte.
20:02Vous avez travaillé
20:03pendant des années
20:04dans deux écoles privées
20:06pendant 30 ans, Brigitte.
20:07C'est ça ?
20:09Oui, bonjour.
20:11Pendant 30 ans,
20:12j'étais dans une école,
20:14enfin dans deux écoles catholiques.
20:16Je faisais du catéchisme
20:18et sur, on va dire,
20:22au bout de la dixième année,
20:23on s'est aperçu
20:24qu'il y avait beaucoup d'enfants
20:26de confession musulmane
20:27qui venaient.
20:29Les parents les mettaient
20:30parce qu'il y a un gros suivi
20:32et il y a quatre ans maintenant,
20:38on m'a fait savoir
20:39que ce n'était plus possible
20:41de s'occuper du catéchisme
20:43parce qu'il y allait,
20:44en fait,
20:45avoir beaucoup moins
20:46d'enfants
20:48et du fait
20:49qu'il y avait
20:50beaucoup d'enfants musulmans,
20:52cela allait poser problème.
20:53Attendez, attendez,
20:54je ne vous suis pas, Brigitte,
20:56parce que je vous suis tellement bien
20:58que je n'arrive pas à y croire.
20:59Vous êtes en train de me dire
21:00que vous avez travaillé
21:01pendant deux ans
21:02dans des écoles privées,
21:03pendant 30 ans,
21:04dans deux écoles privées,
21:05des écoles privées catholiques,
21:07mais avec l'arrivée
21:08d'enfants
21:09de confession musulmane,
21:11qu'est-ce qui s'est passé
21:13petit à petit ?
21:15Petit à petit,
21:16on a diminué
21:17le catéchisme,
21:19petit à petit,
21:20on est arrivé
21:21à,
21:22sur les cinq dernières années,
21:24on est arrivé
21:24à avoir
21:25un catéchisme
21:27pour les enfants
21:28de sixième
21:28qui a été réduit,
21:30excusez-moi l'expression,
21:31à peau de chagrin,
21:33c'est-à-dire qu'avant,
21:34ils avaient trois heures
21:35le marquis
21:35et ensuite,
21:38au bout de ces trois heures,
21:40on nous a dit
21:41non, non,
21:41maintenant,
21:41ça ne sera plus qu'une heure.
21:43Moi, j'ai proposé
21:43à la directrice
21:44de recréer...
21:44Donc, on réduit le catéchisme,
21:46oui ?
21:47De recréer ?
21:48De recréer ce que j'avais créé
21:50il y a 20 ans
21:51dans une autre école catholique,
21:54ce que j'avais appelé
21:55les richesses de la vie,
21:58c'est-à-dire que c'était
21:58tous les enfants
21:59de confession musulmane,
22:01de confession juive,
22:03de protestants
22:04qui ne désiraient pas
22:05faire du catéchisme
22:06et on avait créé ça.
22:09On parle de toutes ces religions
22:10Brigitte,
22:10dites-moi,
22:11par rapport à ce que vous me dites,
22:12là, c'est quand même
22:12très important,
22:14est-ce que c'était une demande
22:14de la part des musulmans,
22:17des enfants musulmans,
22:18des parents,
22:19ou bien du proviseur,
22:20du directeur d'école,
22:21de diminuer ce catéchisme
22:24à l'intérieur
22:25d'écoles catholiques ?
22:26D'après la directrice,
22:30ça venait du diocèse.
22:32Je n'ai pas su...
22:34Oui.
22:35Voilà.
22:35Alors, restez avec nous en ligne.
22:37Anne Cofinier veut réagir,
22:38présidente de créer son école.
22:39Elle est en studio avec nous.
22:40Il y a une confusion
22:41sur la liberté de conscience
22:42qu'on a voulu.
22:44L'éducation nationale impose,
22:47et c'est normal,
22:48les règles, disons, juridiques,
22:51ça impose à l'enseignement catholique
22:53de respecter la liberté de conscience,
22:55d'accueillir tout le monde.
22:56Ça, c'est tout à fait normal.
22:57Mais ça ne veut pas dire
22:58de ne pas donner le trésor
22:59dont ils sont dépositaires,
23:01c'est-à-dire la connaissance
23:02de la foi,
23:03à tous.
23:04Elle est là,
23:04la vraie discrimination.
23:05C'est de la garder
23:06que pour les catholiques.
23:07Très intéressant.
23:08Brigitte, merci infiniment
23:09pour votre témoignage poignant,
23:10incroyable.
23:11On va, puisqu'on termine
23:13dans une minute,
23:14on va prendre Henri
23:14qui nous appelle d'Alsace.
23:16Bonjour Henri,
23:17pardonnez-moi,
23:18on est un peu en retard là.
23:19Vous êtes pratiquant.
23:20Merci à vous.
23:21Merci ma chère Brigitte.
23:22Merci beaucoup.
23:24Bonjour Henri,
23:24vous êtes pratiquant
23:25et vous avez mis vos enfants
23:26dans une école catholique,
23:28mais vous les avez retirés.
23:29Tout à fait,
23:30et par deux fois en fait.
23:31à Strasbourg,
23:33je les ai mis une première fois
23:34en primaire
23:35dans un enseignement catholique.
23:37Et dites-nous pourquoi,
23:38parce qu'il nous reste 20 secondes,
23:39pourquoi vous les avez enlevés
23:40de l'école catholique ?
23:41Alors,
23:41parce qu'aujourd'hui,
23:43l'école catholique
23:43n'est que de catholique
23:44que le nom
23:45et ça se fait
23:45au niveau dirigeant.
23:47C'est-à-dire qu'en fait,
23:48il n'y a pas de prière,
23:49il n'y a rien.
23:50Incroyable.
23:52On va dire,
23:52comment est l'image
23:53de l'église catholique
23:54depuis 50 ans
23:54où il ne faut pas dire
23:55qu'on est catholique ?
23:56Et le niveau scolaire
23:57n'est pas meilleur non plus.
23:58Donc,
23:59quitte à ce que ce soit médiocre,
24:00autant que ce soit gratuit,
24:01j'ai remis dans le public.
24:02Incroyable.
24:03Merci pour tous
24:04ces témoignages
24:04qui sont incroyables
24:06à la fois.
24:07Effectivement,
24:07on était en train
24:08de discuter
24:09sur cette école catholique
24:10avec le nouveau
24:11secrétaire général
24:12de l'enseignement catholique privé
24:13qui dit qu'il faudrait
24:14maintenant qu'on passe
24:15à la prière
24:15dans une école catholique.
24:17Elle n'a pas de catholique
24:18que le nom.
24:18Il faut qu'elle soit aussi
24:19dans la pratique.
24:20Bonjour.
24:21Merci à tous
24:21et bonjour.
24:22Clélie Mathias.
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