- il y a 3 mois
Faites entrer laccusé - Véronique Pierret et Émilie Viseur, les expertes
Historique et Descriptif de l'émission TV
Faites entrer l’accusé est une émission de télévision française de faits divers, créée en 2000 par Christian Gerin. Lors de sa première saison, l'émission s'appelait Histoires de.
Chaque épisode retrace une affaire criminelle (homicide, viols, braquage, terrorisme), depuis les années 1950 jusqu'à aujourd'hui, qu'elle soit très connue du grand public (l'affaire Grégory, l'affaire Christian Ranucci, l'assassinat du juge Michel, l'affaire Omar Raddad...) ou peu médiatique. La plupart des faits se situent en France ou ses DOM-TOM, mais certaines affaires se déroulent en Suisse, en Belgique ou au Luxembourg.
L'idée de l'émission, pionnière du genre en France, est issue du constat du succès du récit des faits divers dans la presse écrite.
Historique et descriptif de l'Affaire (2013)
En mars 2013, dans l'Aisne, deux meurtres sont commis à 40 km de distance et à 24 heures d'intervalle, selon des modes opératoires différents, sur des hommes qui ne se connaissaient pas, Dominique Laplace, 45 ans, et José Barreyre, 47 ans. Pourtant, la police va établir un terrible lien entre ces deux affaires.
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Historique et Descriptif de l'émission TV
Faites entrer l’accusé est une émission de télévision française de faits divers, créée en 2000 par Christian Gerin. Lors de sa première saison, l'émission s'appelait Histoires de.
Chaque épisode retrace une affaire criminelle (homicide, viols, braquage, terrorisme), depuis les années 1950 jusqu'à aujourd'hui, qu'elle soit très connue du grand public (l'affaire Grégory, l'affaire Christian Ranucci, l'assassinat du juge Michel, l'affaire Omar Raddad...) ou peu médiatique. La plupart des faits se situent en France ou ses DOM-TOM, mais certaines affaires se déroulent en Suisse, en Belgique ou au Luxembourg.
L'idée de l'émission, pionnière du genre en France, est issue du constat du succès du récit des faits divers dans la presse écrite.
Historique et descriptif de l'Affaire (2013)
En mars 2013, dans l'Aisne, deux meurtres sont commis à 40 km de distance et à 24 heures d'intervalle, selon des modes opératoires différents, sur des hommes qui ne se connaissaient pas, Dominique Laplace, 45 ans, et José Barreyre, 47 ans. Pourtant, la police va établir un terrible lien entre ces deux affaires.
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00:04:30Que disent les balisticiens sur la trajectoire du tir ?
00:04:33Alors, regardez, la balle, elle est entrée par l'aile droite du nez, ici, elle est allée se loger dans le cerveau.
00:04:40Un seul tir, pour l'instant, il est évidemment impossible d'aller chercher le projectile à cet endroit-là et de dire de quel type de munition il s'agit.
00:04:49Donc, les experts, les experts parlent d'un tir à une distance d'un tir à courte distance est exclu parce que la proximité du canon, la poudre brûlante qui sort aurait provoqué des tatouages sur sa peau.
00:05:04Il n'a eu qu'un seul tir, le ou les auteurs n'ont laissé aucun élément sur place, pas de douille, pas d'étui.
00:05:12Laura, la compagne, elle a vu quelque chose ?
00:05:14Laura, elle n'a rien vu. Elle parle d'une voiture de couleur sombre qu'elle a vue partir.
00:05:18Elle est incapable de dire si la voix qu'elle a entendue est celle d'un homme ou d'une femme.
00:05:24Elle n'a même pas entendu la détonation. Alors, autant vous dire que c'est une enquête pas facile qui démarre.
00:05:35J'étais chez moi et ma mère me téléphone en me disant que mon frère s'est fait agresser.
00:05:41Une balle, je me dis, mince, qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce qui s'est passé, quoi ?
00:05:49À Lens, tout le monde connaît José. Parce qu'il est tatoueur, mais aussi tatoué.
00:05:55Il a un tatouage sur le visage, donc il ne passe pas inaperçu.
00:06:00C'est sûr que quand je disais mon frère, c'est le tatoueur de Lens, il a un tatouage sur la figure.
00:06:07Ceux qui l'avaient déjà rencontré le reconnaissaient, en fait.
00:06:10Une figure de la ville, mais aussi un père de famille nombreuse, qui vient d'être papa pour la quatrième fois.
00:06:22Il vivait une vie tranquille, rangée.
00:06:25C'était son tatouage, ses piercings.
00:06:29Et son nouveau bébé, son petit bébé, ses enfants, c'est tout pour lui.
00:06:35C'est sa vie.
00:06:36Un homme rangé, que la police a quand même déjà croisé un peu.
00:06:46La victime, on la connaît, nous, de par plusieurs dossiers à son encontre.
00:06:55Il sait ses propres cultures de cannabis.
00:06:58Donc il avait une culture aussi bien dans son jardin que sous son faux plafond.
00:07:02En fait, il y a eu un accident de moto et il avait très mal à une jambe.
00:07:08Donc à des périodes de changement de temps ou des choses comme ça, c'est là où les antidouleurs ne faisaient plus effet.
00:07:15Donc en fait, c'était là qu'il consommait.
00:07:20Et qu'il vendait aussi.
00:07:23La première idée était de penser problème de cannabis, une dette ou autre chose.
00:07:30On fait une visite domiciliaire et on récupère tout ce qui est carnet d'adresse, son téléphone pour exploiter, carte de visite au niveau du salon, les textos, etc.
00:07:43On n'a strictement rien comme indice, nous permettant de dire règlement de compte ou pas.
00:07:56Mais quelques jours plus tard, l'hôpital a de bonnes nouvelles pour la famille de José.
00:08:02Ça avait l'air d'aller un peu mieux.
00:08:04Donc du coup, ils l'ont sorti du coma, ils l'ont remonté dans une chambre.
00:08:08Et moi, je me disais, oui, c'est un bâton, il va s'en sortir.
00:08:12On a la chance que M. Barère se réveille au bout de 3-4 jours.
00:08:22M. Barère ne s'exprime quasiment pas.
00:08:26Je lui demande, il me répond en me serrant la main.
00:08:29Je lui demande déjà s'il me reconnaît.
00:08:31Là, il a serré la main une fois, donc il me reconnaissait.
00:08:33Après, je lui demande s'il connaissait l'auteur.
00:08:36Et là, il s'énerve.
00:08:37Il me serre la main très, très fort.
00:08:39Je lui ai demandé s'il pouvait écrire.
00:08:45On lui a tendu une ardoise et un stylo.
00:08:47Et je lui ai demandé d'écrire le nom de l'auteur des faits.
00:08:51Il écrit tant bien que mal, trois lettres, E, M, L, sur l'ardoise.
00:09:09Mais, quid de ces trois lettres ?
00:09:13E, M, L.
00:09:16Tout de suite, on pense à Émilie Wieser.
00:09:20Émilie Wieser, l'ex-femme de mon frère.
00:09:23Émilie Wieser.
00:09:2526 ans.
00:09:27Elle a quitté José deux ans plus tôt.
00:09:29Et depuis, c'est la guerre.
00:09:31Entre José Barère et Émilie Wieser, c'était des plaintes réciproques.
00:09:37Des plaintes pour des violences, des plaintes pour du harcèlement.
00:09:40C'était évidemment très, très conflictuel.
00:09:45Un sujet en particulier cristallise le conflit.
00:09:48C'est leur fils, âgé de cinq ans.
00:09:52Il y a eu un gros, gros problème de garde d'enfants.
00:09:55Madame Wieser avait interdit catégoriquement M. Barère
00:09:58d'approcher de près ou de loin son fils.
00:10:01Mon frère voulait voir son fils, donc il allait à l'école
00:10:06pour essayer de le voir.
00:10:09Mais elle, elle faisait une crise.
00:10:11Elle faisait des crises, elle pleurait, elle se mettait dans tous ses états.
00:10:18Les policiers convoquent donc Émilie,
00:10:20histoire de vérifier ce qu'elle faisait cette nuit-là.
00:10:24Et elle raconte.
00:10:26Son dîner au fast-food, avant de rentrer son bêtre chaud à la maison.
00:10:31Sa carte bleue et son téléphone le confirment.
00:10:35Émilie Wieser n'était pas sur la scène de crime.
00:10:37Mais quand même, ces trois petites lettres.
00:10:44E, M, L.
00:10:46À part Émilie Wieser, on a strictement rien qui permet d'accrocher un auteur ou des auteurs.
00:10:54On est vraiment dans un flou complet, on n'a aucun élément.
00:11:00Donc là, on a demandé au magistrat de mettre Mme Wieser sur écoute.
00:11:05Et là, grosse surprise, l'opérateur téléphonique nous dit « ce n'est pas possible ».
00:11:10Comment ça, ce n'est pas possible ?
00:11:15On apprend que Mme Wieser est donc sur écoute dans le cadre d'un meurtre commis deux jours auparavant sur le village de Comont.
00:11:23Un autre crime, 48 heures plus tôt, à 40 kilomètres de l'An.
00:11:31Et une femme liée de près ou de loin à ces deux affaires criminelles.
00:11:35Les policiers n'en reviennent pas.
00:11:37Ça n'arrive pas tous les jours.
00:11:38Ce sont les gendarmes d'Amiens qui travaillent sur le crime de la veille, le meurtre de Comont.
00:11:42Un crime qui a donc eu lieu le vendredi 15 mars 2013.
00:11:52Comme tous les vendredis, Myriam est venu finir la semaine chez son chéri, Dominique Laplace.
00:12:02Elle est d'abord surprise de voir que la porte d'entrée n'est pas verrouillée, comme à l'habitude.
00:12:07Et quand elle entre dans la maison, elle voit tout de suite dans le hall, Dominique Laplace face contre terre, gisant dans le mar de sang.
00:12:21Myriam se jette sur le téléphone, mais il n'y a plus rien à faire pour Dominique.
00:12:29On se rend compte qu'il a pris un coup de couteau au niveau du cœur.
00:12:32Le corps est tout de suite dans le hall, donc on présume qu'un peu de temps après avoir rencontré son accresseur, ou ouvert son accresseur,
00:12:42l'empoignade ou l'échange a eu lieu.
00:12:44Ça s'est fait dans les secondes qu'on suivit de l'entrée du meurtrier dans la maison.
00:12:51Dominique avait 45 ans.
00:12:55Visiblement, il a été surpris et tué en plein repas.
00:12:59Sans enfants, cet éducateur spécialisé vivait seul, dans une maison modeste.
00:13:11Ça ne sent pas l'argent, il n'y a pas un train de vie énorme, elle est isolée de tout.
00:13:18Si elle n'a pas du gain, il paraît peu probable dans cette affaire.
00:13:22En fait, il ne sent pas avoir de richesse dans cette habitation.
00:13:24L'auteur du crime n'a laissé aucune trace derrière lui.
00:13:31Du beau boulot.
00:13:33Pas d'empreintes, pas de traces de pas, pas d'ADN.
00:13:37Rien, franchement rien.
00:13:38Le seul chose, c'est qu'on sait qu'il y a un téléphone qui est volé, le téléphone de la victime.
00:13:42Donc cette absence d'éléments matériels montre une certaine organisation du ou des auteurs.
00:13:47Ils sont au moins venus déjà avec une arme et ils sont venus équiper de telle façon qu'on ne trouve rien en empreinte et en ADN.
00:14:00Dominique, un coup de couteau en plein cœur, mais comme ça ou à la suite d'une bagarre ?
00:14:04Alors, la plaie thoracique est profonde, c'est un coup de couteau, un seul, fatal.
00:14:10On parle d'une plaie transfixiante, ce qui veut dire que le cœur de Dominique Laplace a été traversé de part en part.
00:14:18Son corps présente des contusions multiples, le front, les homoplates, les deux homoplates, l'avant-bras droit, l'aile gauche du nez.
00:14:27Il a des plaies sur le cuir chevelu, un hématome au sommet du crâne.
00:14:32Et pour répondre à votre question, oui, il y a eu bagarre parce qu'il a des traces de défense, des lésions de défense sur les mains.
00:14:40La mort remonte à quand ?
00:14:41On sait que Dominique Laplace parle pour la dernière fois au téléphone avec sa copine Myriam.
00:14:46Le 14 mars 2013, il est 17h49.
00:14:50Il est en train de bricoler, il lui dit « je te rappelle ».
00:14:53Mais il ne la rappellera pas, il coupe son ordinateur à 18h55.
00:14:58Myriam découvre son corps le lendemain à 18h.
00:15:01Donc pour les gendarmes, il est mort soit le soir du 14, soit dans la nuit du 14 au 15, en tout cas avant le matin.
00:15:09Parce que le matin, il a l'habitude de rallumer et son ordinateur qu'il a coupé et son téléphone.
00:15:15Et ce matin-là, il ne les a pas rallumés.
00:15:17Donc dans cette affaire non plus, on n'a ni arme du crime, ni crasse due ou découpable.
00:15:22Non, rien.
00:15:23En revanche, on sait que Dominique Laplace a des armes.
00:15:27Il possède des fusils, des carabines.
00:15:30Et chez lui, on a volé une carabine.
00:15:40Dominique Laplace était éducateur spécialisé.
00:15:43Il était très investi dans son travail.
00:15:44C'est quelqu'un qui a apprécié de tout son entourage.
00:15:50Il a un cercle d'amis assez restreint.
00:15:52Voilà, personne ne lui connaît d'ennemis.
00:15:57Pourquoi on lui a fait ça ? Il ne méritait pas.
00:16:00Pas Dominique.
00:16:02Il faisait de mal à personne.
00:16:03Écôté cœur, une idylle sans accro avec Myriam, son amour de jeunesse.
00:16:15Myriam, un peu le même style de Dominique.
00:16:19Tranquille.
00:16:20Elle est sur le bord de la mer.
00:16:23Il était heureux.
00:16:23On avait même établi un code avec une pierre sur le bord de la fenêtre.
00:16:30Comme ça, quand ils voulaient être tranquilles, ils mettaient la pierre.
00:16:33Bon, je ne savais pas, il ne fallait pas où j'y aille.
00:16:37On a travaillé sur elle.
00:16:38On a regardé, on a exploité tout ce qu'on pouvait exploiter.
00:16:40On s'est rendu compte qu'il n'y avait aucun souci entre eux.
00:16:42Au contraire, la relation était très bonne.
00:16:45On a vite compris que l'assassin n'était pas là.
00:16:49Alors, qui a tranché le cœur d'un homme qui présente si peu d'aspérité
00:16:55et fouillé sa maison de fond en comble?
00:16:59Car la maison, elle, elle a bien été retournée.
00:17:04Est-ce pour simuler un cambriolage?
00:17:09Est-ce que le tueur cherchait quelque chose?
00:17:11Cette fouille aurait-elle un lien avec la passion originale de Dominique Laplace?
00:17:25La prospection.
00:17:33L'homme passait tout son temps à arpenter les champs de Picardie
00:17:37avec sa poêle à métaux.
00:17:39Son dada, c'était des objets antiques.
00:17:44Les vieilles pièces de monnaie.
00:17:46Il y a des qui rentraient du travail, il prenait sa moto.
00:17:50Il partait pendant des heures.
00:17:53Le soir, des fois, il m'appelait.
00:17:54Il me dit, tu peux passer à la maison?
00:17:55J'ai découvert quelques trucs.
00:17:59La loupe, c'était son troisième oeil.
00:18:03On passait nos soirées à essayer de trouver ce que c'était,
00:18:08quand ça datait.
00:18:09C'était un autre truc.
00:18:15Du coup, les gendarmes se lancent aussi dans la prospection.
00:18:19Mais chez Dominique.
00:18:20On découvre un nombre très important de vieilles pièces,
00:18:30de vieux morceaux de fer qui datent de l'Antiquité, voire même de plus loin.
00:18:35On peut supposer qu'il ait trouvé quelque chose qui ait pu attirer la convoitise.
00:18:43Quand on étudie les contacts qu'il avait, les gens avec qui il faisait la prospection, ses amis, ses connaissances,
00:18:51on apprend rapidement que Dominique a fait une très belle découverte,
00:18:56notamment ce qui est annoncé comme un trésor.
00:18:58Un trésor dont les gendarmes n'ont qu'une photo.
00:19:02Une parure antique évaluée à 4000 euros.
00:19:05La pièce la plus chère que Dominique ait jamais trouvée.
00:19:08Collier rigide, un torc, bracelet et boucle d'oreille en or.
00:19:12C'est une pièce de musée.
00:19:15C'est rare de tomber sur des choses comme ça.
00:19:19Seulement voilà, la parure, elle n'est plus là.
00:19:23On essaie de se renseigner où est cette parure, ce qu'elle est devenue.
00:19:28Et en fin de compte, on a du mal à remonter et on apprend bien plus tard qu'elle a été vendue.
00:19:36Vendue deux ans plus tôt par Dominique.
00:19:39Si l'assassin cherchait la parure, il a fait chou blanc.
00:19:46En creusant dans l'entourage de Dominique, les gendarmes ont quand même déterré une autre pépite.
00:19:51Finalement, il y a bien quelqu'un avec lequel Dominique n'était plus en très bon terme.
00:19:55C'est son ex, Véronique Pierret.
00:19:57Une femme avec qui les peaux de fleurs volaient bas.
00:20:04C'était un de ses premiers amours.
00:20:06C'est vrai que c'était une jolie femme, à être plus âgée que lui.
00:20:13Dominique, il en était fier.
00:20:20Il était encore étudiant quand il a flashé sur Véronique,
00:20:24une infirmière qui avait 14 ans de plus que lui,
00:20:27et un tempérament volcanique.
00:20:30Elle était gentille, mais des fois, elle avait des trucs bizarres.
00:20:39Elle se mettait facilement en colère.
00:20:43Il y avait des sujets de conversation qu'on ne pouvait pas avoir.
00:20:46Parler de femme, ça ne fallait pas aborder du tout.
00:20:51Elle était très jalouse.
00:20:52On se rend compte que c'était fusionnel, passionnel.
00:20:58Ils étaient fous amoureux l'un de l'autre.
00:21:00Ils ont vécu 13 ans ensemble.
00:21:02Et au cours de ces 13 ans, il y a eu entre 8 et 9 ruptures.
00:21:07Une fois, il m'a raconté qu'elle lui achetait un pot de fleurs en pleine tête.
00:21:12Il y a eu les deux dents devant cassées.
00:21:16Au fond de moi-même, je le plaignais.
00:21:16Ça me faisait mal au cœur pour lui.
00:21:21Après le coup du pot de fleurs,
00:21:23Véronique Pierret se serait-elle mise à jouer du couteau ?
00:21:28Les gendarmes qui découvrent son tempérament jaloux
00:21:30apprennent aussi qu'elle partageait la même passion que Dominique.
00:21:36On prospectait ensemble, oui.
00:21:38Mais elle était plus, on va dire, vénale.
00:21:42Dominique, il trouvait un objet, lui, c'était pour...
00:21:49C'était d'histoire.
00:21:51Mais elle, c'est de l'argent.
00:21:55Je me rappellerai toujours, je partais travailler.
00:21:58Et sur ma barrière, il y avait un sac.
00:22:00Il y avait plein de monnaies dedans.
00:22:04Oh, si Dominique a eu quelque chose.
00:22:07Puis en fin de compte, il m'a appelé plus tard dans la journée.
00:22:09Puis il m'a expliqué qu'il y avait une grosse engueulade.
00:22:15Donc il avait peur pour ses objets.
00:22:16Du coup, il les avait mis sur ma barrière.
00:22:18Donc je les ai gardés.
00:22:20Puis après, je lui ai ramené.
00:22:23C'est là que la fameuse parure fait son retour dans l'enquête des gendarmes.
00:22:27C'est Dominique Laplace qui a découvert les premiers bijoux de la parure en 2011 dans un bois.
00:22:33Véronique Pierret l'a alors aidé à fouiller le coin.
00:22:36Et ils ont retrouvé des pièces manquantes.
00:22:38Mais elle a tout voulu garder pour elle.
00:22:44Véronique a tout fait, a voulu absolument récupérer la parure.
00:22:48Elle a eu un simple processus à une période.
00:22:52Dominique a réussi à la récupérer.
00:22:54Mais force qu'elle l'embête, qu'il lui a cédé un brassé parce qu'elle n'arrêtait pas.
00:22:59Elle voulait vraiment récupérer cette parure.
00:23:01Elle a revendiqué la découverte.
00:23:05Donc c'était à elle, c'était pour elle.
00:23:08C'était quasiment une idée fixe.
00:23:13Un énième conflit qui a précipité la fin du couple.
00:23:16Et après la séparation, je sais que Dominique, il m'avait appelé et il m'a montré son portable.
00:23:28Elle l'a menacé.
00:23:28Envoyait des photos, des messages, mais elle le menaçait carrément.
00:23:36Il avait peur d'elle, il avait peur des personnes qu'elle côtoyait.
00:23:43Soif en compte, elle a des contacts qu'elle avait dans le sud de la France.
00:23:47Elle a réussi à ce que ces personnes contactent Dominique, le menacent pour qu'il rende le trésor.
00:23:52Sinon, ils allaient monter.
00:23:54C'est là, je dis à Dominique, maintenant tu fermes ta porte.
00:23:58Fermes ta porte à clé.
00:23:59Parce qu'il ne fermait pas sa porte à clé.
00:24:03Dominique Laplace a fini par vendre la parure.
00:24:05Pour 3000 euros.
00:24:07Mais il n'a visiblement jamais fermé sa porte à clé.
00:24:17Deux jours après le meurtre, les gendarmes convoquent donc la fameuse Véronique.
00:24:23C'est une personne qui était assez excentrique.
00:24:26Elle est très sûre d'elle.
00:24:28Et voire même un peu arrogante.
00:24:30Le fait qu'il soit décédé ne la dérange pas.
00:24:35On a l'impression qu'elle n'est pas mécontente que Dominique Laplace soit décédé.
00:24:39En tout cas, ce n'est pas parce qu'il est mort qu'elle l'épargne.
00:24:42C'était un coureur de femmes.
00:24:46Il était narcissique, imbuvable.
00:24:50Elle s'explique de la relation qu'elle a eue.
00:24:53Tout ce qui est arrivé dans le couple, c'est de la faute à Dominique, pas de sa faute à elle.
00:24:56La parure, elle ne sait pas ce qu'elle est devenue.
00:25:04À part ça, vous faisiez quoi le 14 mars 2013 au soir, Mme Pierret ?
00:25:09Elle explique qu'elle a mangé une pizza avec Malorie Kubel, son neveu, à son domicile.
00:25:19Son neveu était venu chez elle pour lui réparer sa baignoire.
00:25:24Et ce soir-là, son neveu lui a même présenté sa petite copine.
00:25:29Je peux vous donner le numéro de Malorie si vous voulez l'appeler ?
00:25:32Dominique, j'imagine que les gendarmes ont vérifié l'alibi de Véronique Pierret.
00:25:38Oui, ils ont fait leur boulot.
00:25:40Elle dit que son neveu est venu pour réparer sa baignoire dans l'après-midi,
00:25:45qu'il est resté le soir, sa copine était là, ils ont mangé une pizza tous les trois.
00:25:50Les deux jeunes sont repartis vers 20-21 heures.
00:25:53Alors, les gendarmes reprennent la téléphonie de Véronique Pierret.
00:25:5714 mars 2013, entre 16h12 et 17h55, elle échange 11 SMS avec son neveu Malorie.
00:26:05C'est bizarre, il est chez elle.
00:26:07Mais bon, continuons.
00:26:08À ce moment-là, le téléphone de Véronique Pierret borne bien chez elle.
00:26:12Elle est à Saint-Gobain, puis plus rien.
00:26:16Son téléphone cesse d'émettre jusqu'au lendemain matin.
00:26:19Ok. Et le Malorie, il dit quoi ?
00:26:21Malorie dit qu'effectivement, il est allé bricoler chez sa tante.
00:26:25Il est arrivé dans l'après-midi, fin d'après-midi, mais il n'avait pas les outils nécessaires.
00:26:29Donc, il est rentré chez lui à Lens.
00:26:32Il a dîné avec sa femme et son fils.
00:26:34Et ensuite, il a pris ses outils.
00:26:36Il est revenu chez sa tante vers 22h, dit-il.
00:26:39Et là, on est reparti vers 23h minuit.
00:26:43Son téléphone est raccord ou pas ?
00:26:45Alors, ce soir-là, le téléphone de Malorie borne bien chez lui, à Lens.
00:26:49Il échange d'ailleurs une trentaine de SMS avec une amie.
00:26:52Donc, ils ne disent pas exactement la même chose sur le repas, sur les horaires.
00:26:57Oui.
00:26:58Ce sont des erreurs ou ce sont des petits mensonges ?
00:27:01En tout cas, ce sont des trucs qui vont intriguer les gendarmes.
00:27:03Et comme les gendarmes n'ont pas la vérité, eh bien, ils décident de perquisitionner.
00:27:08Chez Véronique Pierret, on ne trouve rien.
00:27:10Ils passent la maison au Blue Star.
00:27:12Pas d'ADN, pas d'empreinte, rien du tout d'intéressant pour l'enquête.
00:27:16Donc, dans les faits, rien ne la relie au meurtre de son ex, Dominique Laplace.
00:27:20Non.
00:27:21Mais comme il y a des discordances dans les versions des uns et des autres,
00:27:24les gendarmes décident de placer tout le monde sur écoute.
00:27:27La tante, Véronique Pierret, le neveu, Malorie, et la petite copine du neveu.
00:27:31Et la petite copine du neveu, elle s'appelle Émilie Viseur.
00:27:34C'est la fameuse Émilie, qui est l'ex-compagne de José Barrère, José le tatoueur,
00:27:41qui va faire l'objet d'une tentative de meurtre 24 heures après, à Londres.
00:27:45Il y a des hasards dans la vie quand même.
00:27:51On est énormément surpris.
00:27:53Donc, pourquoi une telle personne est sur un premier meurtre et une tentative de meurtre
00:27:57à 40 kilomètres de distance ?
00:28:01Une mère de famille de 26 ans, haute comme trois pommes,
00:28:05mêlée de près ou de loin, à deux homicides différents, en 24 heures ?
00:28:10Je me rapproche des gendarmes pour voir un petit peu les similitudes entre les deux dossiers.
00:28:20À part Émilie Viseur, on n'a aucun élément qui permet de rapprocher les deux enquêtes.
00:28:29Chacun reprend donc son bâton de pèlerin,
00:28:33les policiers de l'an sur le dossier du tatoueur,
00:28:37et les gendarmes d'Amiens sur celui du chercheur de trésor.
00:28:43Mais côté gendarmerie, cet étrange concours de circonstances donne du baume au cœur
00:28:49à ceux qui ne croient pas au concours de circonstances.
00:28:54C'est ce qu'on pourrait dire une coïncidence,
00:28:56mais deux homicides à 24 heures d'intervalle, franchement,
00:29:00là, nous on dit on est dans le vrai, le trio est ciblé.
00:29:04Voilà qui leur donne raison d'avoir mis sur écoute la tante, le neveu et sa copine.
00:29:15Et tandis que les gendarmes se branchent sur le trio,
00:29:18à l'an, les policiers réentendent tous les proches de José le tatoueur.
00:29:24C'est là que sa sœur leur rapporte une drôle d'histoire.
00:29:28Une histoire que José lui a racontée,
00:29:30et qui date du temps où il était encore avec...
00:29:32avec la fameuse Émilie.
00:29:38J'habitais pas très loin de chez lui, il était venu.
00:29:41Il m'avait dit, tu sais pas, Émilie,
00:29:44dans les débuts qu'on s'est mis ensemble,
00:29:45elle m'avait demandé d'agresser,
00:29:48même de supprimer son ex-compain.
00:29:51Alors il dit, tu vois pas, heureusement que j'ai pas fait ça.
00:29:53Ben, je dis, oui, j'imagine.
00:29:57Liquider un ex.
00:29:59En voilà une idée étrange.
00:30:00Une idée intéressante pour des policiers
00:30:03quand l'ex d'après, José Barrère,
00:30:06est laissée pour mort.
00:30:08Et si elle avait des idées fixes, Émilie ?
00:30:13Ça nous met quand même la puce à l'oreille.
00:30:15Madame Viseur est capable de tuer quelqu'un,
00:30:17ou de faire tuer quelqu'un.
00:30:18Mais une semaine après son agression,
00:30:24José Barrère ne peut toujours pas en dire plus aux policiers.
00:30:28Et soudain, son état s'aggrave.
00:30:32Ça s'est dégradé,
00:30:35et puis ma maman m'a téléphoné pour me dire,
00:30:39on va voir José pour une dernière fois.
00:30:43Est-ce que tu veux venir avec nous ?
00:30:46Et moi j'ai dit, non,
00:30:47je me sentais pas capable, j'avais pas la force,
00:30:50et je pouvais pas, j'y arrivais pas,
00:30:51c'était pas possible.
00:30:53Et ils l'ont débranché.
00:30:56Vous perdez un morceau de votre cœur.
00:31:07Il y a...
00:31:11Ouais, vous perdez un...
00:31:12Enfin pour moi, j'ai perdu un morceau de mon cœur en fait.
00:31:16C'était notre grand frère.
00:31:18Donc...
00:31:18Les policiers tâtonnaient sur une tentative d'homicide.
00:31:27Les voilà chargés de résoudre un meurtre.
00:31:32Dominique, cette Émilie dont tout le monde parle maintenant,
00:31:34est-ce qu'on peut la replacer dans l'organigramme des deux affaires ?
00:31:37Parce que ça commence à faire du monde là.
00:31:38Ouais, alors, c'est simple en fait.
00:31:41Émilie vivait avec José, le tatoueur.
00:31:43C'est la deuxième victime.
00:31:44Ils ont un fils ensemble.
00:31:46Elle l'a quittée pour s'installer avec Malorie.
00:31:49Malorie, il a une tante.
00:31:50Véronique, il a présenté sa tante à Émilie.
00:31:53Et Véronique, elle a un ex qui est Dominique.
00:31:57Et Dominique, c'est la première victime.
00:31:59Les deux victimes, Dominique et José, ne se connaissent pas.
00:32:02Donc, si je comprends bien, c'est pas Émilie qui fait le lien entre les deux affaires.
00:32:06C'est Malorie.
00:32:06Absolument.
00:32:08Parce que Malorie connaît un proche de chacune des deux victimes.
00:32:12Il connaît Émilie qui est l'ex de José.
00:32:16Il connaît Véronique qui est l'ex de Dominique.
00:32:19Ça, ça intéresse les gendarmes qui se disent, on va s'intéresser à lui.
00:32:23Perquisition chez Malorie et chez Émilie puisqu'ils vivent ensemble et on trouve ça.
00:32:28Vous savez ce que c'est ?
00:32:29Un plan.
00:32:29C'est le plan du domicile de José, le tatoueur.
00:32:33Le plan de son domicile avec la cachette où il met sa drogue
00:32:37et la cachette où il planque son argent à l'intérieur de son salon de tatouage.
00:32:43D'accord, mais c'est peut-être Émilie qui l'a dessiné ce plan puisqu'elle vivait avec lui.
00:32:46Ça aurait été une bonne explication à des nos gendarmes,
00:32:49mais c'est Malorie qui a dessiné ce plan.
00:32:51Il leur dit.
00:32:52Il leur dit, je l'ai dessiné parce que je voulais balancer José à la police
00:32:55avec son trafic de stupes et puis son pognon.
00:32:59Et finalement, j'ai renoncé à le faire.
00:33:00Donc le plan, je l'ai rangé chez moi et c'est pour ça que vous venez de le trouver.
00:33:04Mais ça pue ça, non ? Ça pue un peu le mensonge, non ?
00:33:06Bien sûr.
00:33:06Et c'est finalement l'enquête des gendarmes sur le meurtre de Dominique
00:33:10qui va en novembre 2013, on est huit mois après les crimes,
00:33:16permettre d'y voir plus clair, Christophe.
00:33:19Très clair même, grâce à un indice.
00:33:21Une loupe !
00:33:26Le voilà l'indice qui va faire basculer toute l'affaire.
00:33:31Après que le domicile de M. Dominique Laplace soit restitué,
00:33:36la famille s'aperçoit qu'il manque une loupe.
00:33:40La loupe de Dominique Laplace, son troisième œil,
00:33:44celui qui ne quittait jamais son bureau, dont il se servait tous les jours,
00:33:48et qui n'a donc pu disparaître qu'au moment du crime.
00:33:55Une loupe la particular avec une inscription publicitaire dessus.
00:34:01Elle n'est pas unique, mais il y a très peu de modèles.
00:34:05Donc on retourne sur place.
00:34:06En cherchant partout, on ne la découvre pas.
00:34:11Elle n'est plus dans la maison.
00:34:12Donc on peut prétendre qu'elle a également disparu le soir des fées.
00:34:16Si le vol de carabine peut encore s'expliquer,
00:34:20pourquoi voler une simple loupe ?
00:34:23Ça nous remet le pied à l'étrier sur la prospection,
00:34:30parce que cette loupe n'est utilisée que pour l'analyse des pièces.
00:34:33Donc on revient sur cette découverte, cette parvue,
00:34:36on revient dans le second de la prospection.
00:34:41Et la seule personne pour qui cet objet a de la valeur,
00:34:45c'est Véronique Pierret.
00:34:47Les conflits familiaux, on n'en avait pas.
00:34:51Le cambriolage, il n'y avait pas d'équipe de convoyeurs
00:34:53en activité dans ce secteur à la période des fées.
00:34:56Donc il reste la piste Véronique Pierret.
00:35:00On sent qu'on est sur la bonne piste,
00:35:02qu'on a le bon bout de ficelle, comme on dit.
00:35:05Le bon bout de ficelle, mais pas la queue d'une preuve.
00:35:09Les gendarmes vont donc y aller au bluff.
00:35:12Il faut bien abattre notre jeu,
00:35:14et y aller avec ce qu'on a,
00:35:15et puis déclencher les opérations.
00:35:17Déclencher les gardes à vue,
00:35:18mener, interpeller tout le monde au même moment,
00:35:21et puis voilà ce que ça donne.
00:35:29Le 20 novembre 2013, à 9h du matin,
00:35:32c'est le coup de filet.
00:35:33Trois suspects d'un coup,
00:35:35avec une nouvelle perquise
00:35:37chez Véronique Pierret en prime.
00:35:40On espère tout trouver.
00:35:41Le téléphone, la carte SIM,
00:35:42les vêtements qu'on utilise pour commettre l'homicide,
00:35:45et puis bien sûr la loupe.
00:35:47On nous reçoit, elle ouvre,
00:35:53et là, moi j'ai un premier choc visuel.
00:35:56Elle a pris 10 ans en 6 mois,
00:35:58et elle est complètement handicapée,
00:36:00elle marche péniblement avec des béquilles,
00:36:02et tout de suite ça frappe.
00:36:04Une Véronique Pierret diminuée,
00:36:08mais la tête haute.
00:36:11Elle est très sereine,
00:36:12quand on commence à évoquer certaines choses,
00:36:14elle a dû répondre,
00:36:16elle a répondu tac au tac.
00:36:18Les gendarmes farfouillent,
00:36:20sans lui dire évidemment ce qu'ils cherchent.
00:36:23Pas de téléphone,
00:36:24pas de vêtements tachés de sang,
00:36:27toujours rien qui ne rattache
00:36:29Véronique Pierret au crime.
00:36:31Quant à la loupe,
00:36:33C'est peut-être un souvenir
00:36:35qu'elle aurait gardé de Dominique,
00:36:36la vie qu'ils ont eue ensemble.
00:36:38Comme un trophée.
00:36:41Le majeur essaye donc d'imaginer
00:36:42où elle aurait pu bien la garder.
00:36:44Il s'est déterminé
00:36:46quelle était sa position habituelle.
00:36:48Et en la regardant,
00:36:50on s'est rendu compte
00:36:51qu'il était sur le canapé
00:36:51dans la salle à manger, le salon.
00:36:55Du coup, à un moment,
00:36:56je me suis mis à sa place.
00:36:59J'ai fait un 360 degrés.
00:37:02Et c'est en faisant ce 360 degrés
00:37:03que j'ai vu sur un étagère,
00:37:04derrière le canapé,
00:37:05il y avait cette loupe
00:37:06qui était entre deux objets.
00:37:10La loupe de Dominique.
00:37:11La preuve qui rattache
00:37:15Véronique Pierret
00:37:16à la scène de crime.
00:37:19Je lui montre
00:37:20à Madame Pierret et Véronique
00:37:21et je lui dis
00:37:21« Vous savez pourquoi
00:37:22on le saisit, Madame Pierret ? »
00:37:23Et là, pour la première fois
00:37:25et la seule fois d'ailleurs,
00:37:27elle n'a pas pu répondre.
00:37:29Elle est restée sans voix.
00:37:35Vous imaginez,
00:37:36c'est quasiment
00:37:37si vous aviez le mobile de l'affaire.
00:37:38C'est le seul élément
00:37:39qu'on ait besoin
00:37:40et on le découvre
00:37:41chez Véronique Pierret.
00:37:43On a gagné,
00:37:44on a des bons éléments
00:37:45pour continuer.
00:37:47Les gendarmes
00:37:48embarquent une femme
00:37:49qui a visiblement
00:37:50encore du mal à comprendre
00:37:51que cette loupe
00:37:52peut les mener loin.
00:37:56Dans la voiture,
00:37:57elle m'a dit texto
00:37:58« Vous avez de beaux yeux,
00:37:59je vais vous présenter ma fille. »
00:38:00Voilà, c'est...
00:38:02C'est une joueuse, quoi.
00:38:03Elle joue.
00:38:04À 14h, son avocate est là.
00:38:11La première audition
00:38:12de garde à vue
00:38:13peut commencer.
00:38:18Elle me dit
00:38:19que Dominique Laplace,
00:38:20c'est l'amour de sa vie,
00:38:22qu'elle l'a aimée,
00:38:23qu'elle l'aime toujours
00:38:23et d'ailleurs
00:38:24qu'elle n'a jamais pu réaliser
00:38:26qu'il ne soit plus de ce monde.
00:38:28Ça a été très difficile
00:38:29pour elle
00:38:29quand elle a appris
00:38:30la mort de Dominique Laplace.
00:38:32Elle nie toute implication
00:38:35dans les faits
00:38:36qui lui sont reprochés
00:38:37et elle se demande
00:38:38pourquoi elle est là.
00:38:43À part la loupe
00:38:43dont les gendarmes
00:38:44sont persuadés
00:38:45qu'elle a été dérobée
00:38:46le soir du crime,
00:38:47les enquêteurs
00:38:47n'ont rien
00:38:48contre Véronique Pierret.
00:38:50Et elle le sait.
00:38:51Ce qu'elle ignore en revanche,
00:38:52c'est que son neveu
00:38:53et sa petite amie
00:38:54sont aussi en garde à vue
00:38:55et qu'ils seront peut-être
00:38:56moins coriaces.
00:39:00Dans le bureau voisin,
00:39:02Malorie Kubel
00:39:02continue à torpiller
00:39:03l'alibi de sa tante.
00:39:09Il maintient
00:39:10que le soir du crime,
00:39:11il a dîné chez lui
00:39:12à Lens
00:39:12avec Émilie
00:39:13et pas chez Véronique.
00:39:18Est-ce que c'est
00:39:19un scénario
00:39:20qui a été mal ficelé,
00:39:22un alibi
00:39:22qui a été mal fait ?
00:39:24Est-ce que, voilà,
00:39:25qui dit vrai ?
00:39:26Ça tombe,
00:39:26toutes les versions
00:39:27peuvent être fausses.
00:39:27dans un troisième bureau,
00:39:33Émilie Viseur
00:39:34est en pleurs.
00:39:39On comprend que ça va être
00:39:40le maillon faible du trio,
00:39:42sachant qu'elle risque gros.
00:39:45Elle a un enfant,
00:39:47donc avoir sa mère en prison,
00:39:48c'est pas la meilleure des choses.
00:39:49On joue dans l'affect,
00:39:54en fin de compte.
00:39:55Du coup,
00:39:56elle comprend rapidement
00:39:57où est son intérêt
00:39:57et son intérêt,
00:39:58c'est de dire la vérité.
00:40:02Les gendarmes
00:40:03ont vu juste...
00:40:08Elle commence à dire
00:40:10qu'elle a peur
00:40:10d'un homme et d'une femme
00:40:11parce qu'elle savait des choses
00:40:14sur le meurtre
00:40:14de Dominique Laplace.
00:40:16Elle y vient progressivement,
00:40:23tranquillement, quoi.
00:40:27Et en fin d'après-midi...
00:40:31Elle nous dit
00:40:31que c'est Malorie Kibbel
00:40:32et sa tante
00:40:32qui ont tué Dominique Laplace.
00:40:37Je sais que Malorie
00:40:37et sa tante ont tué Dominique.
00:40:41Ils m'ont dit
00:40:41qu'ils avaient fait cela
00:40:42comme des professionnels.
00:40:43Émilie,
00:40:46pendant ce temps-là,
00:40:49elle était chez elle
00:40:50avec le portable
00:40:52de Malorie.
00:40:54C'est là
00:40:54qu'on apprend
00:40:55à ce qui s'est passé
00:40:56et les doutes
00:40:57qu'on avait
00:40:57sur cette téléphonie.
00:41:00C'est elle
00:41:01qui se faisait passer
00:41:01pour Malorie
00:41:02et qui a échangé
00:41:03des SMS
00:41:04pour lui procurer
00:41:05un alibi
00:41:05pour le soir des fées.
00:41:06Voilà donc pourquoi
00:41:13le téléphone
00:41:14de Malorie Kibbel
00:41:14a borné
00:41:15toute la soirée
00:41:16à 40 kilomètres
00:41:17de la scène de crime.
00:41:20Mais on garde à vue
00:41:20le menteur
00:41:22sans tête.
00:41:25Il est formel,
00:41:25il n'a rien à voir
00:41:26avec ça.
00:41:27C'est de la pure invention.
00:41:28Il n'y a pas de...
00:41:29Lui,
00:41:30il n'a rien à voir
00:41:30avec ça.
00:41:31C'est le moment
00:41:35de savoir
00:41:35si Véronique Pierret
00:41:37sera déstabilisée
00:41:38par les premières
00:41:39déclarations d'Emilie.
00:41:42Elle continue
00:41:43dans sa version des fées,
00:41:44elle continue
00:41:44à faire du Véronique Pierret.
00:41:47On lui pose
00:41:47carrément les questions.
00:41:48On lui dit
00:41:49est-ce que vous avez
00:41:49commis le meurtre ?
00:41:50Elle dit non
00:41:50et toutes les questions
00:41:51répondent non.
00:41:52Donc en fin de compte
00:41:52on se rend compte
00:41:53qu'on a affaire à un mur.
00:41:54Elle ne parlera pas.
00:41:57Sauf qu'à ses côtés,
00:41:59son avocate
00:41:59a bien compris
00:42:00que les aveux
00:42:01d'Emilie Viseur
00:42:02changeaient la donne.
00:42:05Elle demande
00:42:06à rester seule
00:42:06avec sa cliente.
00:42:10Je lui demande
00:42:11de jouer carte sur table.
00:42:12C'est-à-dire que
00:42:12si je veux assurer
00:42:13correctement la défense,
00:42:15il est important
00:42:16que j'ai tous les éléments
00:42:17en ma possession.
00:42:18Et de femme à femme...
00:42:22Elle reconnaît
00:42:23dans le cadre
00:42:23de cette audition
00:42:24qu'on a toutes les deux
00:42:26qu'effectivement
00:42:27elle s'est présentée
00:42:28avec Malorie
00:42:29au domicile
00:42:30de Dominique
00:42:31parce qu'elle avait
00:42:31besoin de lui parler.
00:42:33Elle m'a dit
00:42:34oui j'y suis allée.
00:42:35Il n'y avait pas du tout
00:42:35d'intention
00:42:36de tuer Dominique.
00:42:38J'avais besoin
00:42:38de lui parler.
00:42:39Savoir s'il m'aimait encore.
00:42:44L'audition reprend
00:42:45à l'issue de cet entretien.
00:42:47On décide
00:42:48de faire des déclarations
00:42:49spontanées
00:42:49et de dire
00:42:51réellement
00:42:52ce qui s'est passé
00:42:52ce soir-là.
00:42:56Véronique Pierret
00:42:57raconte.
00:43:02D'abord la préparation.
00:43:07La perruque
00:43:08pour elle
00:43:08et les gants
00:43:09qu'elle et Malorie
00:43:09portaient tous les deux
00:43:11ce soir-là.
00:43:12Mais aussi
00:43:13une arme de poing.
00:43:14Au cas où.
00:43:17Puis l'arrivée
00:43:18chez Dominique Laplace
00:43:19à Caumont.
00:43:22Le neveu
00:43:23qui frappe à la porte.
00:43:25La tante
00:43:26qui le suit
00:43:26en béquille.
00:43:29Et Malorie
00:43:29qui se jette
00:43:30sur Dominique.
00:43:32J'ai dit à Malorie
00:43:33lâche-le,
00:43:34lâche-le.
00:43:42Dominique Laplace
00:43:42s'est effondrée.
00:43:44Victime
00:43:45d'un coup de couteau
00:43:45en plein cœur.
00:43:48Elle dit qu'elle
00:43:51ne voulait pas ça.
00:43:52Elle a essayé
00:43:52de l'empêcher.
00:43:53Elle lui a demandé
00:43:53d'arrêter.
00:43:54Voilà.
00:43:54Sur les faits,
00:43:55elle minimise
00:43:56sa participation.
00:43:57Elle va reconnaître
00:43:58vraiment le minimum.
00:43:59en fin de compte.
00:44:05Il est 21h.
00:44:08Deux suspects
00:44:08sur trois
00:44:09ont déjà craqué.
00:44:12Mais Malorie
00:44:12Kubel,
00:44:13lui,
00:44:13il tient bon.
00:44:17Après,
00:44:18le soir,
00:44:19ça joue quand même
00:44:20en notre faveur.
00:44:21Le soir,
00:44:21c'est quand même bon.
00:44:22Il y a la fatigue
00:44:23de la journée.
00:44:24Il y a la pression
00:44:25qui retombe un peu.
00:44:26c'est une atmosphère
00:44:27indifférente la nuit.
00:44:34Ce jeune homme,
00:44:35en fait,
00:44:36on a l'impression
00:44:36qu'il est perdu.
00:44:38Il résiste
00:44:38dans un premier temps.
00:44:39Malorie est à bout.
00:44:48Et à 22h,
00:44:50il se libère.
00:44:52Il décrit la soirée
00:44:53sous forme de flash.
00:44:55Il dit qu'il est rentré,
00:44:57qu'il se voit
00:44:57s'empoigner
00:44:58avec Dominique Laplace.
00:45:00qu'il voit tomber,
00:45:05qu'il voit du sang,
00:45:06qu'il voit sa tante hurler.
00:45:08Elle a frappé
00:45:09sur la tête
00:45:09de Dominique Laplace.
00:45:19On a plus l'impression
00:45:20qu'il subit
00:45:20les événements
00:45:22qu'en étant
00:45:23l'acteur principal.
00:45:24Les gendarmes
00:45:28ont ce qu'ils voulaient.
00:45:31Ils s'apprêtent
00:45:32à lever la garde à vue
00:45:32quand Émilie Wieser
00:45:36demande à leur reparler.
00:45:40Elle nous dit
00:45:40« J'ai aussi des choses
00:45:41à vous dire
00:45:42sur la mort
00:45:43de José Barère. »
00:45:45Malorie Kubel
00:45:46et sa tante
00:45:47Véronique Piré
00:45:48sont aussi
00:45:49appliquées
00:45:50dans la mort
00:45:50de José Barère.
00:45:52Et elle balance
00:45:59encore Émilie.
00:46:00Deux fois
00:46:01dans la même journée.
00:46:03Sa garde à vue
00:46:03reprend le lendemain matin
00:46:04mais cette fois
00:46:05ce sont les policiers
00:46:06chargés de l'enquête
00:46:07sur le meurtre
00:46:07de José Barère
00:46:08qui vont l'interroger.
00:46:10Émilie Wieser
00:46:11poursuit donc son récit
00:46:12et c'est en fait
00:46:13un feuilleton policier
00:46:14qu'elle raconte.
00:46:15Un feuilleton
00:46:16dont le premier épisode
00:46:17commence le 13 mars 2013.
00:46:22Ce soir-là
00:46:24Émilie dînait
00:46:25avec Malorie
00:46:25et Véronique
00:46:26et elle s'est lancée
00:46:27dans le long récit
00:46:28des misères
00:46:29que lui faisait José.
00:46:30Elle n'en pouvait
00:46:32plus de son ex.
00:46:34Et la solution
00:46:35elle n'en voyait
00:46:37qu'une.
00:46:39Elle a évoqué
00:46:39auprès de Malorie
00:46:40le fait
00:46:42de faire tuer
00:46:42José Barère.
00:46:45Le retour
00:46:46de la mauvaise idée.
00:46:48La première fois
00:46:48qu'elle a voulu
00:46:49tuer un ex
00:46:49José, son copain suivant
00:46:51l'a envoyé balader
00:46:52mais Malorie
00:46:54Malorie donc
00:46:55accepte
00:46:56il est novice
00:46:57il n'a jamais tué
00:46:58quelqu'un
00:46:58il n'est pas violent
00:46:59et donc il demande
00:47:00de l'aide à sa tante.
00:47:03Sa tante
00:47:04qui a accepté
00:47:04mais qui a posé
00:47:05une condition
00:47:06ok je veux bien
00:47:07aller t'aider
00:47:08pour tuer José Barère
00:47:09mais
00:47:10il faut aller tuer
00:47:11monsieur Laplace
00:47:12à Comon
00:47:12avant.
00:47:15Un meurtre
00:47:16contre un autre
00:47:17donnant donnant
00:47:19au final
00:47:20c'est un deal
00:47:21c'est je tue
00:47:22mais c'est pas
00:47:23c'est pas forcément grave
00:47:24ce qui est hallucinant
00:47:28c'est la réunion
00:47:29de ces trois personnes
00:47:31qui a priori
00:47:32sont pratiquement
00:47:33sans histoire
00:47:34on peut
00:47:35autour d'une table
00:47:36dresser la liste
00:47:37de courses à faire
00:47:37pour le week-end
00:47:38et là
00:47:39de la même manière
00:47:40et avec peut-être
00:47:41autant de chaleur
00:47:42on décide
00:47:44de tuer deux hommes.
00:47:44deux assassinats
00:47:47et un plan
00:47:47minutieusement
00:47:48élaboré
00:47:49c'est l'épisode 2
00:47:52qu'Emily Viseur
00:47:53raconte en détail
00:47:54à la juge d'instruction.
00:47:57Elle savait
00:47:58ce qui allait se passer
00:47:59elle a une phrase
00:48:00à un moment donné
00:48:01il me semble
00:48:02concernant
00:48:03l'assassinat
00:48:03de Dominique Laplace
00:48:04où elle dit
00:48:04on est sortis
00:48:06on savait tous
00:48:06chacun
00:48:07ce qu'on avait à faire
00:48:08c'est-à-dire
00:48:08que les rôles
00:48:09selon elle
00:48:09étaient bien
00:48:10répartis
00:48:11que Dominique Laplace
00:48:13allait être tuée
00:48:14par Madame Pierret
00:48:15et Malorie
00:48:16et que elle
00:48:17son rôle
00:48:18était de faire croire
00:48:19que Malorie
00:48:20n'était pas
00:48:20sur les lieux
00:48:21de commission
00:48:21des faits.
00:48:23Et le lendemain
00:48:24du meurtre
00:48:25de Dominique Laplace
00:48:26rebelote
00:48:27épisode 3
00:48:28Pendant qu'Emily
00:48:32reste à la maison
00:48:33Véronique Pierret
00:48:35et Malorie Kubel
00:48:36reprennent la route
00:48:37malgré les mauvaises
00:48:38conditions météo
00:48:39et ils foncent
00:48:41chez José Barère
00:48:42Les faits à l'origine
00:48:44devaient être commis
00:48:45la même nuit
00:48:45mais Malorie
00:48:47n'était pas en état
00:48:48de commettre
00:48:49la deuxième meurtre
00:48:49il était en état de choc
00:48:50il a vomi
00:48:51et en franco
00:48:52du coup
00:48:52il décide de le faire
00:48:53le lendemain soir
00:48:5424 heures seulement
00:48:57après avoir tué
00:48:58Dominique Laplace
00:48:59Véronique va frapper
00:49:07à la porte
00:49:08de José Barère
00:49:08elle dit
00:49:10j'ai accroché
00:49:11aux doigts
00:49:11avec ce prétexte
00:49:14elle l'emmène
00:49:15à l'extérieur
00:49:15et quand il arrive
00:49:16à l'angle
00:49:16Malorie l'attendait
00:49:19avec une arme
00:49:19et fait feu
00:49:20et le touche
00:49:21en pleine tête
00:49:21José Barère
00:49:27a été tué
00:49:28avec la carabine
00:49:28volée la veille
00:49:29chez Dominique Laplace
00:49:31éliminer deux personnes
00:49:34comme ça
00:49:34en 24 heures de temps
00:49:35il faut le faire
00:49:36il faut avoir
00:49:36les tripes
00:49:37en fin de compte
00:49:38c'est pas facile
00:49:38d'être quelqu'un
00:49:39et notamment
00:49:41repasser à l'acte
00:49:41après avoir tué un premier
00:49:42et là on se dit
00:49:43vraiment là
00:49:44c'est horrible
00:49:47à aucun moment
00:49:52quelqu'un
00:49:53parmi les trois
00:49:54dit stop
00:49:55à aucun moment
00:49:57dans les propos recueillis
00:49:59Madame Viseur
00:50:00Madame Pierret
00:50:00où Monsieur Kubel
00:50:01dit j'ai dit stop
00:50:02ou j'ai été voir la police
00:50:03ou j'ai dénoncé les faits
00:50:05c'est très hermétique
00:50:05il reste tous les trois
00:50:07du début à la fin
00:50:08en basse clos
00:50:08et sur les trois
00:50:09il n'y en a pas un
00:50:10qui met un coup d'arrêt
00:50:12à l'exécution de ce pacte
00:50:15Malorie Kubel
00:50:17est mise en examen
00:50:17pour assassinat
00:50:18sa tante Véronique Pierret
00:50:20et sa compagne
00:50:21Émilie Viseur
00:50:21pour complicité d'assassinat
00:50:23ils risquent la même peine
00:50:24mais qui a le plus
00:50:26de responsabilité
00:50:27dans cette double affaire
00:50:28celui qui a porté les coups
00:50:30ou celles qui en ont eu l'idée
00:50:32il y a trois hypothèses
00:50:34Malorie a tué
00:50:35de sa propre initiative
00:50:36sous l'influence
00:50:38de sa fiancée
00:50:38ou à la demande
00:50:40d'une tante
00:50:40qui l'impressionnait beaucoup
00:50:42ils ont une relation
00:50:47qui est fusionnelle
00:50:48parce qu'en fin de compte
00:50:49on se rend compte
00:50:49que c'est quasiment
00:50:50sa deuxième mère
00:50:51une relation forte
00:50:55qui remonte
00:50:55à la naissance
00:50:56de Malorie
00:50:57en 1982
00:50:58bébé
00:51:01il souffrait
00:51:01d'une malformation
00:51:02de l'intestin
00:51:03comme elle était infirmière
00:51:06elle a été là
00:51:07à temps
00:51:07pour pouvoir le soigner
00:51:09de fait
00:51:11je pense qu'il y a
00:51:12une relation particulière
00:51:13qui s'est liée entre eux
00:51:14je pense qu'il a peut-être
00:51:15toujours été reconnaissant
00:51:16près de sa tante
00:51:17de lui avoir sauvé la vie
00:51:19et puis il y avait
00:51:22une relation
00:51:22qui était compliquée
00:51:23de Malorie
00:51:23avec ses parents
00:51:24donc il trouvait
00:51:27un petit peu
00:51:27du réconfort
00:51:28je pense
00:51:29dans sa plus tendre enfance
00:51:31de venir en vacances
00:51:32chez sa tante
00:51:33d'où le surnom
00:51:34de Tati Véro
00:51:35parce que c'était
00:51:36un petit peu
00:51:37comme ça
00:51:37qu'il l'appelait
00:51:38quand il était gamin
00:51:39tout simplement
00:51:39les années ont passé
00:51:42à 20 ans
00:51:44le fragile Malorie
00:51:44a connu un drame
00:51:45la mort accidentelle
00:51:48de son petit frère
00:51:49renversée par une voiture
00:51:51sur une route de campagne
00:51:52mais Tati Véro
00:51:54était toujours là pour lui
00:51:56ils arrivaient
00:51:58à se comprendre
00:51:59forcément
00:52:00sans parfois
00:52:02se parler
00:52:02le regard faisait
00:52:04qu'ils se comprenaient
00:52:05des années plus tard
00:52:08a-t-il aussi
00:52:10suffi d'un regard
00:52:11de Tati Véro
00:52:12pour que Malorie Kubel
00:52:14comprenne
00:52:14qu'il devait
00:52:15tuer Dominique Laplace
00:52:17Malorie Kubel
00:52:21il n'a aucun compte
00:52:22à régler
00:52:23avec Dominique Laplace
00:52:24contrairement à
00:52:25Véronique Pierret
00:52:26ça c'est clair et net
00:52:27lui à cet homme
00:52:30il ne le connait pas
00:52:32il n'a pas du tout
00:52:33de conflit avec lui
00:52:34et contrairement
00:52:35à Madame Pierret
00:52:35elle a un mobile
00:52:38et il n'en a pas
00:52:39Véronique Pierret
00:52:42n'a jamais digéré
00:52:43que Dominique Laplace
00:52:44refasse sa vie
00:52:45et lui pique
00:52:46Dominique Laparure
00:52:48elle disait à tout le monde
00:52:49au haut et fort
00:52:49qu'elle avait une main
00:52:50contre lui
00:52:50que c'était un voleur
00:52:51qui avait tout volé
00:52:52qu'il était à l'origine
00:52:53de tous les maux
00:52:54dont elle est victime
00:52:55oui Malorie Kubel
00:52:57a été bénie
00:52:57dans cette atmosphère
00:52:59elle a réussi
00:53:01à le convaincre
00:53:02que Dominique Laplace
00:53:02c'est quelqu'un
00:53:03qui lui fait du mal
00:53:04qui lui fait si mal
00:53:05qu'il faut qu'il s'en prenne
00:53:07à lui
00:53:07pour mettre un terme
00:53:08à tout ça
00:53:08pour protéger sa tante
00:53:10c'est vrai que c'est
00:53:13très malin de sa part
00:53:14parce que finalement
00:53:15c'est pas elle
00:53:16qui tue
00:53:17c'est son neveu
00:53:18donc c'est très intelligent
00:53:19parce que finalement
00:53:20ça lui permet
00:53:21elle de rester
00:53:21en arrière-plan
00:53:22alors
00:53:26sous emprise
00:53:27Malorie Kubel
00:53:28pas si simple
00:53:31c'est loin d'être
00:53:32une personnalité
00:53:33manipulable
00:53:34Malorie Kubel
00:53:36c'est un jeune homme
00:53:37qui n'a pas hésité
00:53:39du fond de sa prison
00:53:40à menacer
00:53:41ceux qui approchaient
00:53:42approcher son ami
00:53:43c'est quelqu'un
00:53:46qui avait été en Suisse
00:53:47de très nombreuses années
00:53:48qui avait dû être
00:53:49apatrié précipitamment
00:53:51à la suite
00:53:51d'affaires un peu louches
00:53:52il avait son libre arbitre
00:53:55c'est à dire que
00:53:57c'est lui qui est rentré
00:53:58en premier
00:53:59au domicile
00:54:00de Dominique Laplace
00:54:01c'est lui
00:54:03qui a porté
00:54:03le coup de couteau
00:54:04au niveau du coeur
00:54:05et tout ça
00:54:08c'est pas ma cliente
00:54:09qui lui a demandé
00:54:09s'il n'a pas obéi
00:54:12à sa tante
00:54:13il a peut-être agi
00:54:14à la demande pressante
00:54:15de sa fiancée
00:54:16ce serait encore plus facile
00:54:17pour Émilie
00:54:18d'influencer Malorie
00:54:19parce qu'elle
00:54:19elle l'avait tous les jours
00:54:21sous la main
00:54:21pour lui raconter
00:54:23encore et encore
00:54:24le calvaire
00:54:25que José lui avait fait subir
00:54:26ce calvaire
00:54:34elle le raconte aussi
00:54:35aux policiers
00:54:36pour expliquer
00:54:36sa passivité
00:54:37et sa rancœur
00:54:39elle nous explique
00:54:42que le meurtre
00:54:43de José Barrère
00:54:44était dû
00:54:44à un viol
00:54:46qui aurait été commis
00:54:47il y a quelques années
00:54:48Émilie Viseur
00:54:51aurait été violée
00:54:52par José Barrère
00:54:52alors que le couple
00:54:53traversait la pire
00:54:54des épreuves
00:54:55en 2009
00:55:01le couple a eu
00:55:02un deuxième enfant
00:55:03un garçon
00:55:05chez lequel
00:55:06les médecins
00:55:06ont décelé
00:55:07une tumeur
00:55:07rarissime
00:55:08le petit
00:55:10il a passé son année
00:55:13à l'hôpital
00:55:13il était branché
00:55:15pour être nourri
00:55:16c'était lourd
00:55:19ça les a détruits
00:55:21tous les deux
00:55:21leur couple
00:55:22il a explosé
00:55:22en fait
00:55:22la maison
00:55:26est devenue
00:55:26un terrain
00:55:27de dispute
00:55:27où José
00:55:28s'en prenait
00:55:29à Émilie
00:55:29elle a relaté
00:55:32notamment
00:55:33une scène
00:55:34au cours
00:55:34de laquelle
00:55:34elle se serait
00:55:35retrouvée
00:55:35avec des amis
00:55:37de José Barrère
00:55:38José Barrère
00:55:39lui avait demandé
00:55:39de porter
00:55:40une jupe
00:55:40courte
00:55:41et
00:55:42avait accepté
00:55:44que tous
00:55:44ses copains
00:55:45touchent
00:55:47Émilie Viseur
00:55:47ça a été une période
00:55:51extrêmement difficile
00:55:52pour elle
00:55:53alors qu'elle était
00:55:54aux côtés
00:55:55de son enfant
00:55:55malade
00:55:56Émilie finit par quitter
00:56:01José
00:56:02et elle lui interdit
00:56:03d'approcher
00:56:04les enfants
00:56:04José
00:56:07il n'avait pas le droit
00:56:08d'approcher Émilie
00:56:08à l'hôpital
00:56:10donc il a dit
00:56:11moi je veux aller
00:56:12voir mon fils
00:56:13je veux voir mon fils
00:56:14j'irai le voir
00:56:15jusqu'à la fin
00:56:16parce qu'il savait
00:56:16très bien
00:56:17qu'il
00:56:19ne pourrait pas
00:56:20survivre
00:56:21le petit
00:56:21l'enfant meurt
00:56:24début 2012
00:56:25à l'âge
00:56:27de 14 mois
00:56:28donc là José
00:56:30il a été anéanti
00:56:30il avait même
00:56:32il avait perdu
00:56:3330 kilos
00:56:34Émilie explique
00:56:39aux policiers
00:56:39et aux juges
00:56:40que c'est à l'hôpital
00:56:41entre deux visites
00:56:43au bébé malade
00:56:43que José
00:56:45l'a violé
00:56:45d'après elle
00:56:47c'est la première fois
00:56:48qu'elle réussit
00:56:49à évoquer cette agression
00:56:50mais
00:56:52faut-il la croire
00:56:54non c'est pas grand chose
00:56:56c'est elle qui vient dire
00:56:57qu'il aurait tenté
00:56:58de la violer
00:56:58elle a toujours essayé
00:56:59de façon
00:57:00de se dédouaner
00:57:01de passer
00:57:01pour une victime
00:57:03d'expliquer que
00:57:04finalement
00:57:04les faits avaient eu lieu
00:57:06parce qu'elle avait
00:57:06beaucoup souffert
00:57:07de sa relation
00:57:08avec monsieur Barrère
00:57:09ce qui est sûr
00:57:10c'est qu'elle en a fait part
00:57:12à Malorie
00:57:13et que cet élément-là
00:57:14a pu
00:57:15le convaincre
00:57:17qu'il fallait
00:57:17s'en prendre
00:57:17à monsieur Barrère
00:57:18Émilie venait d'apprendre
00:57:21que José
00:57:22allait récupérer
00:57:23la garde alternée
00:57:23de leur fils aîné
00:57:24Malorie a-t-il voulu
00:57:27protéger la mère
00:57:28la mère et l'enfant
00:57:30c'est un élément
00:57:32qui est
00:57:33je pense
00:57:34très anxiogène
00:57:34si monsieur Barrère
00:57:35n'est plus là
00:57:36elle a plus de problèmes
00:57:37sur la garde
00:57:38de son enfant
00:57:39je me dis
00:57:45c'est un gros machi
00:57:46parce que c'est
00:57:50qu'est-ce que ça lui coûtait
00:57:55de laisser
00:57:56en garde alternée
00:57:58leur fils
00:57:59comme ça se passe
00:58:00dans beaucoup de foyers
00:58:01en fait
00:58:02c'était
00:58:02la normalité
00:58:03on va dire
00:58:04alors que là
00:58:05il a fallu
00:58:06qu'elle aille en prison
00:58:07pour pouvoir
00:58:08avoir son fils
00:58:09à elle
00:58:09c'est grave
00:58:10quand même
00:58:11Malorie Kubel
00:58:13aurait donc été
00:58:14le bras armé
00:58:14de deux femmes
00:58:15en conflit
00:58:16avec leur axe
00:58:17deux femmes
00:58:18qui ont scellé
00:58:19le sort
00:58:19de deux hommes
00:58:20en une soirée
00:58:22la juge
00:58:24doit organiser
00:58:25les reconstitutions
00:58:25des deux crimes
00:58:26mais un nouveau drame
00:58:28vient rebattre
00:58:28les cartes
00:58:30il est 9h
00:58:37ce 15 août 2014
00:58:38quand un surveillant
00:58:39entame sa ronde
00:58:40à la maison d'arrêt
00:58:42de Lens
00:58:42la prison
00:58:44Malorie Kubel
00:58:45est incarcérée
00:58:45depuis maintenant
00:58:46huit mois
00:58:46mais quand le gardien
00:58:51ouvre la cellule
00:58:52il découvre
00:58:55le corps pendu
00:58:56du jeune prisonnier
00:58:57sa vie a été détruite
00:59:03parce qu'il a commis
00:59:04il s'est rendu compte
00:59:04qu'il a été instrumentalisé
00:59:06c'est sûr
00:59:09que c'est difficile
00:59:10de s'en sortir
00:59:10quand on a commis
00:59:11deux homicides
00:59:12c'est pas un assassin
00:59:13dans l'homme
00:59:14monsieur Malorie Kubel
00:59:15Malorie Kubel
00:59:17avait 32 ans
00:59:18dans la lettre
00:59:21qu'il laisse à sa mère
00:59:22il explique
00:59:24qu'il ne pouvait plus
00:59:25vivre avec ses crimes
00:59:26on lui a mis
00:59:28un costume trop grand
00:59:29il n'a pas supporté
00:59:31la mort de deux hommes
00:59:32je pense que
00:59:34c'est peut-être
00:59:34le seul
00:59:35qui a peut-être eu
00:59:36dans cette affaire
00:59:37de l'empathie
00:59:38à l'égard des victimes
00:59:39ce qui fait que
00:59:40on n'est plus
00:59:41dans une affaire
00:59:42où il y a deux morts
00:59:42il y en a trois
00:59:43mes soeurs et ma mère
00:59:48elles ont mal vécu ça
00:59:50elles disaient
00:59:51il ne sera pas
00:59:51dans le box des accusés
00:59:54moi aussi je pensais ça
00:59:55mais d'un autre sens
00:59:56je me disais
00:59:56le jugement
00:59:57qui s'est donné lui-même
00:59:58c'est un jugement capital
01:00:00je veux dire
01:00:01là
01:00:02on ne peut pas le juger
01:00:05pire que ce qu'il a fait
01:00:06c'est un sentiment de gâchis
01:00:13déjà une vie gâchée
01:00:15mais pour l'enquête
01:00:15c'est énorme
01:00:17l'impact qu'il va y avoir
01:00:18sur les assises
01:00:20en fin de compte
01:00:20oui bien sûr
01:00:21il ne pourra plus
01:00:22s'expliquer de ses faits
01:00:23il ne pourra pas donner
01:00:24la vraie version
01:00:25donc on s'en tiendra
01:00:27aux versions
01:00:27des deux autres femmes
01:00:28les reconstitutions
01:00:30se feront donc
01:00:31sans Malorie Kubel
01:00:32uniquement avec
01:00:33Véronique Piré
01:00:34puisqu'Emilie Wieser
01:00:34n'était pas sur
01:00:35les scènes de crime
01:00:36deux absences
01:00:38dont l'attente
01:00:38compte bien profiter
01:00:39pour convaincre la juge
01:00:41qu'il n'y a jamais eu
01:00:41de pacte
01:00:43ces deux crimes
01:00:46Véronique Piré
01:00:47prétend qu'elle n'en voulait pas
01:00:48que c'est Malorie
01:00:52qui s'est jetée
01:00:53tout seule
01:00:53sur Dominique
01:00:54pendant qu'elle le suivait
01:00:57péniblement
01:00:57avec ses béquilles
01:00:58et elle ne peut
01:01:02d'ailleurs même
01:01:03pas mimer ce coup
01:01:03pendant la reconstitution
01:01:05puisqu'elle ne la
01:01:06n'a pas vu venir
01:01:07elle était derrière
01:01:08son neveu
01:01:09cette mort est survenue
01:01:12à son corps défendant
01:01:13puisque c'est une initiative
01:01:15purement personnelle
01:01:16de Malorie
01:01:16elle en était profondément
01:01:19affligée
01:01:19oui
01:01:19met les coups sur la tête
01:01:22de Dominique
01:01:23Malorie a toujours dit
01:01:25qu'après le coup de couteau
01:01:26sa tante s'est acharnée
01:01:27sur son ex
01:01:28en le frappant
01:01:29avec la crosse
01:01:29d'une arme de poing
01:01:30la juge
01:01:33la juge se tourne vers
01:01:34la juge se tourne vers
01:01:34Véronique
01:01:35qui s'en défend
01:01:37c'était rigoureusement
01:01:39impossible
01:01:40elle a ses deux béquilles
01:01:41elle est incapable
01:01:42de tenir debout
01:01:44on s'imagine Dominique
01:01:46au sol
01:01:47ça semble difficile
01:01:49au niveau des membres
01:01:50elle a une béquille
01:01:51dans une main
01:01:51elle aurait une arme
01:01:52de l'autre
01:01:53et elle porterait des coups
01:01:55tout en étant accroupie
01:01:56surprise par l'initiative
01:01:59de son neveu
01:01:59Véronique Pierret
01:02:00pourquoi pas
01:02:01mais alors
01:02:03comment expliquer
01:02:04qu'elle ne se soit pas
01:02:05méfiée d'un homme
01:02:05aussi impulsif
01:02:06le lendemain
01:02:07et puis cette fois
01:02:11il n'est pas venu
01:02:12avec un couteau
01:02:13dans la poche
01:02:13Malorie
01:02:14mais avec la carabine
01:02:16qu'il avait volée
01:02:16la veille
01:02:17chez Dominique Laplace
01:02:18ça se voit une carabine
01:02:20mais non
01:02:21Véronique ne s'attendait
01:02:23pas non plus
01:02:24à ce second crime
01:02:24comme elle l'expliquait
01:02:26qu'elle a juge
01:02:27devant la maison
01:02:28de José Barrère
01:02:29Elle a été
01:02:31véritablement sidérée
01:02:33par la mort
01:02:35de Dominique Laplace
01:02:37et qu'à partir de là
01:02:38elle était un peu
01:02:39dans l'irréel
01:02:40et le lendemain
01:02:42les choses se sont faites
01:02:43machinalement
01:02:45Le toc-toc au volet
01:02:48le problème de voiture
01:02:50pour faire sortir
01:02:51José dans la rue
01:02:51une idée de Malorie
01:02:53et là encore
01:02:56elle n'a pas vu
01:02:58le coup venir
01:02:58elle aurait même
01:03:00pu être blessée
01:03:01par le tir
01:03:01Elle était vraiment
01:03:04à côté de José Barrère
01:03:05quand il va tirer
01:03:06il faut resituer
01:03:08les faits
01:03:09on est dans la pénom
01:03:09il fait nuit
01:03:10il y a très peu
01:03:12d'éclairage
01:03:13et Malorie
01:03:14aurait pu
01:03:15aussi
01:03:16tirer
01:03:17à l'encontre
01:03:19de Mme Pierret
01:03:20ça raconte bien
01:03:21que Mme Pierret
01:03:22ignorait tout
01:03:23de l'intention
01:03:23de Malorie
01:03:24Mais dans ce cas
01:03:27pourquoi ça coûterait
01:03:28de cette manière
01:03:28un bonnet
01:03:30une perruque
01:03:31pour aller demander
01:03:33à son ex
01:03:34s'il vous aime toujours
01:03:35vraiment
01:03:36Si elle avait voulu
01:03:39avoir des explications
01:03:40la question est de savoir
01:03:41pourquoi elle y va
01:03:42déguiser
01:03:43parce qu'il n'y a pas
01:03:44d'autres termes
01:03:45elle met une perruque
01:03:45elle met des gants
01:03:46elle met des bottes
01:03:47tous ces éléments-là
01:03:48laissent clairement penser
01:03:49que quand cette nuit-là
01:03:50elle va chez Dominique Laplace
01:03:51c'est pas du tout
01:03:52pour aller discuter
01:03:53c'est plutôt
01:03:54pour régler les comptes
01:03:56C'est la nuit
01:03:58il fait froid
01:03:58il a neigé
01:03:59on démontre facilement
01:04:01que tout un chacun
01:04:02peut être équipé
01:04:03de bonnets
01:04:04et de gants
01:04:05sur cette période
01:04:06de l'année
01:04:06Les gants d'accord
01:04:09mais la perruque
01:04:10C'est une femme
01:04:12qui aime plaire
01:04:14elle expliquera
01:04:15qu'elle perdait ses cheveux
01:04:16qu'elle ne se supportait pas
01:04:18et elle expliquera
01:04:19que ses perruques
01:04:20c'était justement
01:04:20pour combler
01:04:21cette perte de feu
01:04:22qui n'avait pas
01:04:23d'intention
01:04:24de se dissimuler
01:04:25en se présentant
01:04:26au domicile
01:04:27de Dominique
01:04:28Son alopécie
01:04:30la neige
01:04:31le froid
01:04:31Véronique Pierret
01:04:33aura tout tenté
01:04:34pour convaincre
01:04:35la juge
01:04:35de l'impulsivité
01:04:36de son neveu
01:04:37Mais les absents
01:04:41n'ont pas toujours tort
01:04:42et si la juge
01:04:43est convaincue
01:04:43d'une chose
01:04:44après les deux reconstitutions
01:04:46c'est que
01:04:46Véronique Pierret
01:04:47est bien complice
01:04:48de deux assassinats
01:04:49Le 14 novembre 2016
01:04:55Véronique Pierret
01:04:56comparait donc
01:04:57aux côtés
01:04:57des milliviseurs
01:04:58devant la cour d'assises
01:04:59de Lens
01:04:59Les deux femmes
01:05:00risquent la perpétuité
01:05:02Vont-elles suivre
01:05:03une stratégie commune
01:05:04maintenant que
01:05:04Malorie Kubel
01:05:05n'est plus là
01:05:06et tout lui mettre
01:05:07sur le dos ?
01:05:08Où vont-elles
01:05:09s'accuser mutuellement ?
01:05:11Moi je me souviens
01:05:24de Véronique Pierret
01:05:25dans le box
01:05:26envoyant des baisers
01:05:27à son entourage
01:05:28c'était surréaliste
01:05:30dans une cour d'assises
01:05:31alors qu'elle encourait
01:05:33une réclusion criminelle
01:05:35pour des faits
01:05:35de complicité
01:05:36d'assassinat
01:05:36elle nous regardait
01:05:39elle mettait sa main
01:05:40sur son coeur
01:05:41ouais c'était
01:05:44c'était lourd
01:05:45Véronique Pierret
01:05:48fait le show
01:05:48tandis qu'Emily Viseur
01:05:50elle se fait
01:05:51toute petite
01:05:53On la voit pas
01:05:54elle parle très bas
01:05:56elle fait des phrases
01:05:57courtes
01:05:57il n'y a aucune émotion
01:05:58ça contraste d'autant plus
01:06:14avec Véronique Pierret
01:06:15qui elle
01:06:16quand elle parle
01:06:17tout le monde se tait
01:06:19on l'écoute
01:06:20elle occupe l'espace
01:06:21l'impression qui en ressort
01:06:24c'est que s'il y en a une
01:06:26qui domine tout le monde
01:06:27c'est Véronique Pierret
01:06:29C'est une femme décidée
01:06:34qui fait face à la cour
01:06:36mais la force
01:06:37avec laquelle
01:06:38la tante se défend
01:06:39peut jouer contre elle
01:06:40prouver qu'elle seule
01:06:42peut être l'instigatrice
01:06:44de ses crimes
01:06:44et au moins
01:06:46de celui de Dominique
01:06:47comme l'a déclaré
01:06:49Malorie Kubel
01:06:49avant de se suicider
01:06:50Il faut démontrer
01:06:53qu'il n'y a pas eu
01:06:54cette manipulation
01:06:55et c'est la ligne de défense
01:06:58que je veux avoir
01:06:58Aux côtés de Véronique Pierret
01:07:02la timide Émilie
01:07:04s'y met elle aussi
01:07:05tuer José
01:07:06elle ne se souvient pas
01:07:08en avoir parlé à Malorie
01:07:09Selon elle
01:07:13c'est Malorie
01:07:13qui a pris cette initiative
01:07:14Malorie
01:07:16a-t-il réagi
01:07:17sous la panique
01:07:18a-t-il réagi
01:07:19parce qu'il s'était
01:07:21mis en tête
01:07:22d'agir comme un justicier
01:07:23ça on ne le sait pas
01:07:24La stratégie de défense commune
01:07:30elle est assez évidente
01:07:31c'est dire
01:07:31on va tout mettre
01:07:32sur le dos de celui
01:07:33qui matériellement
01:07:34effectivement
01:07:35indiscutablement
01:07:36a donné la mort
01:07:38à ces deux
01:07:38à ces deux personnes
01:07:39et puis qui surtout
01:07:40ne sera pas là
01:07:40pour nous contredire
01:07:41à l'audience
01:07:42croyez pas
01:07:45que ça nous arrange
01:07:46la mort de Malorie
01:07:48loin s'en fout
01:07:49on aurait préféré
01:07:50qu'il soit là
01:07:50à nos côtés
01:07:51dans le box
01:07:52et qu'on puisse
01:07:52s'expliquer
01:07:53de manière contradictoire
01:07:54on ne pouvait plus
01:07:55combattre
01:07:56des déclarations
01:07:57qui sont sacralisées
01:07:58par la mort
01:07:58de ce garçon
01:07:59ma tante m'a dit
01:08:01Emily m'a demandé
01:08:03toute l'accusation
01:08:05s'appuie sur les propos
01:08:06d'un mort
01:08:07quand la défense
01:08:09tente de faire oublier
01:08:10le fameux pacte
01:08:11les deux accusés
01:08:13s'emportent
01:08:13comment aurait-elle pu
01:08:14céder un marché pareil
01:08:16alors qu'elle venait
01:08:17de faire connaissance
01:08:18l'avocat de la partie civile
01:08:22leur réserve alors
01:08:23une surprise
01:08:24il présente à la cour
01:08:26une photo
01:08:27des deux accusés
01:08:28prises au moment
01:08:29de leur rencontre
01:08:30quelques jours seulement
01:08:32avant les crimes
01:08:32ce que je cherche
01:08:35à démontrer
01:08:35c'est que
01:08:36on est loin
01:08:37de la comédie
01:08:38qui se joue
01:08:39pendant le procès
01:08:39on se connait très bien
01:08:41on sourit
01:08:42on a rigolé ensemble
01:08:43on a mangé ensemble
01:08:45et puis on a pactisé ensemble
01:08:46on a fait un pacte
01:08:47du diable
01:08:48cette photographie
01:08:50c'était une excellente chose
01:08:52pour la défense
01:08:52j'ai trouvé
01:08:54que ça illustrait
01:08:55parfaitement
01:08:55cette forme
01:08:56d'influence
01:08:57qu'avait
01:08:58Véronique Pierret
01:08:59sur Émilie Viseur
01:09:01qui encore une fois
01:09:04s'est très vite comportée
01:09:06comme une amie
01:09:06comme la meilleure amie
01:09:07comme la deuxième maman
01:09:09d'Émilie Viseur
01:09:10alors qu'elle se connaissait
01:09:11à peine
01:09:11Dominique
01:09:19que disent
01:09:19les experts psychiatres
01:09:20et psychologues
01:09:21à la barre
01:09:22est-ce que cette Véronique Pierret
01:09:23est aussi manipulatrice
01:09:24que tout le monde le dit
01:09:25alors en détention
01:09:26elle raconte son parcours
01:09:27elle pleure beaucoup
01:09:28elle n'éprouve
01:09:29pas d'empathie
01:09:30pour les victimes
01:09:31elle s'intéresse
01:09:32beaucoup à elle
01:09:33elle se sent responsable
01:09:34mais elle dit
01:09:34qu'elle n'est pas coupable
01:09:35des trois
01:09:36c'est elle
01:09:37que les experts
01:09:38pensent être
01:09:39la plus intelligente
01:09:41et la plus mature
01:09:42on parle
01:09:42d'une personnalité
01:09:44structurée
01:09:45sur un mode névrotique
01:09:46avec un fort besoin
01:09:48de reconnaissance
01:09:49une intolérance
01:09:50à la frustration
01:09:50notamment
01:09:51dans sa vie amoureuse
01:09:53et dans sa vie sentimentale
01:09:54mais
01:09:55sur la question
01:09:56de la manipulation
01:09:57l'expert psychologue
01:09:59va un peu
01:10:00à contre-courant
01:10:00parce que
01:10:01il relativise
01:10:03le côté manipulateur
01:10:04de Véronique Pierret
01:10:05et il l'écrit
01:10:06elle ne nous est pas apparue
01:10:07foncièrement manipulatrice
01:10:09Et Émilie Viseur ?
01:10:11Alors
01:10:11elle éprouve
01:10:11un gros sentiment
01:10:12de culpabilité
01:10:13elle est présentée
01:10:15par les experts
01:10:15comme une personne
01:10:16immature
01:10:17avec une personnalité
01:10:18psychologiquement fragile
01:10:20et de ce fait
01:10:20facilement influençable
01:10:22Est-ce que les experts
01:10:23ont pu rencontrer
01:10:24Malorie
01:10:24avant son suicide ?
01:10:25Oui
01:10:25pour eux
01:10:26c'est aussi
01:10:27un jeune homme
01:10:28qui est immature
01:10:29mais
01:10:30qui n'est pas influençable
01:10:31ils l'écrivent
01:10:32pas apparue
01:10:33particulièrement influençable
01:10:35ni impressionnable
01:10:36et ça
01:10:36c'est très important
01:10:37pour la défense
01:10:38de Véronique Pierret
01:10:39Donc si je comprends bien
01:10:40tous les trois
01:10:41n'ont pas de pathologie mentale
01:10:43ce ne sont pas des produits crime
01:10:44mais qu'est-ce qui leur passe
01:10:46dans la tête de l'écrivain ?
01:10:46L'effet de groupe
01:10:47les faits de groupe
01:10:48Christophe
01:10:48ils se sont montés
01:10:50le bourrichon
01:10:50tous ensemble
01:10:51en fait
01:10:52ils se connaissent
01:10:52depuis peu
01:10:53mais ils ont monté
01:10:54un scénario
01:10:55et hop
01:10:56ils y sont allés
01:10:57et l'expert psy
01:10:59va dire
01:10:59il aurait suffit
01:11:01que l'un d'entre eux
01:11:02un seul d'entre eux
01:11:03dise
01:11:03stop
01:11:04et tout
01:11:05se serait arrêté
01:11:06mais
01:11:06ça n'a pas été le cas
01:11:07Ni la déposition
01:11:14de l'expert psychologue
01:11:15ni les accusations
01:11:17contre Mallory
01:11:17ne convainquent
01:11:18l'avocat général
01:11:19que le neveu
01:11:20a dérapé
01:11:20tout seul
01:11:21La seule personne
01:11:26qui ne connait
01:11:26ni José Barrère
01:11:27ni Dominique Laplace
01:11:28c'est Mallory Kubel
01:11:29et pourtant
01:11:30c'est lui qui tue
01:11:31c'est
01:11:33une bonne définition
01:11:34de ce que l'on peut appeler
01:11:34un contrat
01:11:35Un contrat préparé
01:11:39de main de maître
01:11:39par la plus âgée des trois
01:11:40celle qui incarnait
01:11:41l'autorité et l'expérience
01:11:43L'avocat général
01:11:45requiert
01:11:4630 ans
01:11:46contre l'attente
01:11:47et une peine
01:11:50plus légère
01:11:51contre Emily Wieser
01:11:52mais tout de même
01:11:53d'au moins
01:11:5412 à 15 ans
01:11:55Je suis obsédé
01:11:58par le fait
01:11:59que c'est elle
01:12:01qui demande la mort
01:12:02de José Barrère
01:12:03que si elle ne le demande
01:12:05pas
01:12:05Véronique Piret
01:12:06ne profite pas
01:12:07de cet effet d'aubaine
01:12:08et Mallory Kubel
01:12:10n'est pas associée
01:12:11à cela
01:12:11Mais je ne peux pas
01:12:13occulter non plus
01:12:14qu'elle a un enfant
01:12:15et que ce fils
01:12:16n'attend qu'une seule chose
01:12:17c'est de retrouver
01:12:19maman
01:12:19Des réquisitions sévères
01:12:22tandis que la défense
01:12:23de la mère de famille
01:12:24plaît désespérément
01:12:26l'acquittement
01:12:27Ce que j'ai demandé
01:12:29ou juré
01:12:30c'est de se mettre
01:12:32à la place
01:12:33d'Emilie Wieser
01:12:35dans cette affaire
01:12:36compte tenu
01:12:37de ce qu'elle a fait
01:12:38des seules choses
01:12:38qu'elle a faites
01:12:39à savoir envoyer
01:12:40des SMS
01:12:41depuis le téléphone portable
01:12:43de Mallory Kubel
01:12:43Je leur ai dit
01:12:44avec ce degré
01:12:45d'information-là
01:12:46est-ce que
01:12:48Emily Wieser
01:12:50est complice
01:12:51d'un double assassinat
01:12:52C'était pas à elle
01:12:57de pleurer
01:12:58C'était mon frère
01:12:59qui était la victime
01:13:00C'était nous
01:13:00qui avions le droit
01:13:01de pleurer
01:13:01Elle n'avait qu'à subir
01:13:02C'était elle
01:13:03qui avait
01:13:03les cartes en main
01:13:05C'est elle
01:13:06qui avait choisi
01:13:07son destin
01:13:07Du côté de Véronique Pierret
01:13:12c'est aussi
01:13:13l'acquittement
01:13:13qui est plaidé
01:13:14par une défense
01:13:16qui dans un dernier élan
01:13:17tente encore
01:13:18d'instiller le doute
01:13:19sur les accusations
01:13:20de Mallory Kubel
01:13:21Où est le vrai ?
01:13:25Où est le faux ?
01:13:26Si vous avez un doute
01:13:26est-ce que
01:13:27pour autant
01:13:27ça veut dire
01:13:28que Véronique Pierret
01:13:30est coupable
01:13:31de tous les mots
01:13:31dont on l'accuse ?
01:13:33Après 10 jours
01:13:38de débat
01:13:38la cour
01:13:39rend son verdict
01:13:4020 ans
01:13:44pour Véronique Pierret
01:13:45Elle est assommée
01:13:47par le prononcer
01:13:49de la peine
01:13:49et elle ne réagit
01:13:51pas
01:13:51C'est une peine
01:13:55qui est lourde
01:13:55mais qui est acceptable
01:13:5810 ans
01:14:00pour
01:14:00Émilie Viseur
01:14:02et là
01:14:03ce fut
01:14:04je dois le dire
01:14:05le soulagement
01:14:06c'est une décision
01:14:07qui lui permettait
01:14:08de penser à l'après
01:14:09Ni le parquet
01:14:18ni les accusés
01:14:19n'ont fait appel
01:14:19du verdict
01:14:20Émilie Viseur
01:14:21qui avait quasiment fait
01:14:223 ans de prison
01:14:23est sortie
01:14:23quelques mois plus tard
01:14:24elle a retrouvé
01:14:25son petit garçon
01:14:26le fils de José Barrère
01:14:28m'incliné
01:14:30de l'incliné
01:14:31m'incliné
01:15:02...
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