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00:00Europe 1 Soir, 19h, 21h, Pierre de Villeneuve.
00:05Avec mes camarades de la deuxième heure, bonsoir Alexandre Malafaille.
00:08Bonsoir Pierre de Villeneuve, fondateur de Sinopia Laboratoire à Didé.
00:11Bonsoir Gilles Boutin, mon frère du Figaro.
00:14Et bonsoir à vous Philippe Etienne, monsieur l'ambassadeur, merci d'être avec nous.
00:18Une question assez simple, dans quoi s'est fourré Emmanuel Macron ?
00:23Alors d'abord, il n'est pas tout seul.
00:26Vous avez vu qu'il y a pas mal de pays qui sont...
00:30Dans quoi s'est fourré Emmanuel Macron ?
00:31Moi ça m'intéresse parce que c'est une action internationale.
00:34D'abord c'est une action franco-saoudienne.
00:36Mais c'est vrai qu'il a pris un leadership, ça c'est vrai.
00:39Il est le porte-étendard de toute une série ensuite de...
00:43Et vous l'avez dit, c'est franco-saoudien.
00:45On pourra peut-être y revenir, il y a peut-être des intérêts saoudiens derrière, on n'en sait rien.
00:49Mais voilà, en tout cas, c'est de lui qu'on parle puisque c'est le président de la France.
00:53C'est normal, mais je veux simplement souligner qu'il a pris la direction,
00:57il a proposé une initiative internationale.
01:00Et cette initiative, on parle évidemment, et c'est tout à fait normal,
01:03c'est historique, la reconnaissance de l'État de Palestine.
01:05Mais c'est pas seulement ça.
01:07C'est un plan, un plan franco-saoudien approuvé par 142 pays.
01:11Et ce qu'on néglige, et d'ailleurs, cette dimension est soutenue,
01:16y compris par des pays qui n'ont pas reconnu l'État de Palestine, y compris en Europe,
01:20c'est le jour d'après, c'est-à-dire ce qu'ils proposent,
01:24ce que ces pays proposent pour le territoire de Gaza.
01:29Pourquoi c'est si difficile d'avoir un cessez-le-feu et la libération des otages ?
01:34Bien entendu, parce que les partis ont des positions extrêmement dures,
01:39mais aussi parce que c'est lié à ce qui va se passer après.
01:44Et donc, le plan franco-saoudien, au-delà de la reconnaissance,
01:48c'est aussi la création d'une force de stabilisation à Gaza,
01:51et tout un plan qui est expliqué dans un texte qui a été adopté par 142 pays.
01:56Ça fait 55 ans qu'on parle du jour d'après, pourquoi Iketnouk ?
02:00Pourquoi maintenant, le jour du nouvel an juif, en l'occurrence,
02:05et aussi à quelques jours seulement du triste anniversaire du 7 octobre 2023 ?
02:13Mais justement, parce qu'il y a eu le 7 octobre 2023,
02:15il y a eu cette abominable attaque terroriste, un mouvement terroriste qui est le Hamas,
02:19et c'est parce que, justement, aujourd'hui, il faut prendre des initiatives pour sortir de cette crise.
02:29Vous voulez dire qu'Emmanuel Macron, après avoir négocié brillamment avec M. Poutine
02:33autour d'une table qui faisait la taille d'un autobus,
02:35va maintenant régler le conflit israélo-palestinien ?
02:39Il ne s'agit pas de régler le conflit israélo-palestinien.
02:42En isolant le Hamas, comme il le dit.
02:43Il s'agit d'obtenir d'abord la libération des otages et le cessez-le-feu.
02:47Mais il n'y a pas de condition préalable, ça n'a pas été donné hier.
02:49Mais c'est la première chose qu'il faut faire.
02:51Mais oui, ça n'a pas été annoncé, Philippe Etienne.
02:54Comment voulez-vous que lui ou les Saoudiens ou d'autres
02:57annoncent quelque chose qui ne relève pas d'eux ?
03:00Bien sûr que si, il y a toujours des conditions préalables.
03:03Ce dont on aura besoin, ce sont évidemment...
03:06Et aujourd'hui, Emmanuel Macron, devant nos confrères de BFMTV,
03:09il dit que l'État de Palestine ne naîtra que quand l'État d'Israël le reconnaîtra.
03:18Donc on a l'impression qu'il y a un rétro-pédalage dans toute cette affaire, si j'ose dire.
03:23Non, c'est une évidence que l'État de Palestine doit être reconnu dans le cadre d'un mouvement régional.
03:30Mais revenons sur ce que vous disiez, les conditions préalables.
03:33À quoi ça sert de mettre une condition préalable qui ne sera jamais acceptée par le Hamas ?
03:39Ce qu'il faut, effectivement, c'est isoler le Hamas.
03:41Là, il y a une divergence fondamentale entre ce qui est dit par les pays qui portent cette initiative
03:45et d'une part le gouvernement israélien, mais aussi l'administration américaine.
03:49C'est ça, finalement.
03:50Est-ce que ces derniers disent, en fait, vous aidez le Hamas ?
03:54Et les porteurs de l'initiative disent, non, pas du tout, on l'isole.
03:58Pourquoi, notamment, disent-ils ça ?
03:59Parce qu'ils ont obtenu que des soutiens du Hamas traditionnel, comme le Qatar et l'Égypte,
04:04signent ce fameux plan.
04:06Qu'est-ce qui dit ce plan ?
04:07C'est que non seulement le Hamas doit être désarmé,
04:09mais être totalement exclu de toute gouvernance future dans la bande de Gaza.
04:13Et ce sont ces pays qui ont quand même signé ça.
04:16Donc, il faut quand même voir qu'il y a quand même un mouvement international dans tout ça.
04:22Alexandre Marafaille.
04:23Monsieur l'ambassadeur, bonsoir.
04:24Vous pensez vraiment qu'on peut faire confiance aux pays arabes ?
04:27Vous pensez vraiment qu'en fait, ils n'ont pas la satisfaction d'avoir arraché cette reconnaissance
04:33contre une signature qui vaudra ce qu'elle vaut ?
04:36Parce que, très sincèrement, aujourd'hui, le Hamas ne se rend pas.
04:39Qu'est-ce qu'il peut faire demain qu'il se rende ?
04:41Vous croyez vraiment qu'on va réussir à leur couper les vivres ?
04:43Vous croyez vraiment que les relations avec l'Iran,
04:45vous croyez vraiment que le sous-jacent de ce dossier
04:47va vraiment permettre, à un moment donné, de les isoler ?
04:50Combien de centaines de milliers de jeunes, aujourd'hui, sont-ils fanatisés,
04:55y compris en Cisjordanie, par le mouvement du Hamas,
04:57qui, finalement, a obtenu une victoire incroyable ?
04:59Non, je crois qu'il faut distinguer l'Iran des pays arabes.
05:02Bien sûr, l'Iran, le régime iranien, fera tout pour réarmer.
05:06Pour réarmer ce qu'on appelle ces proxys, pas seulement le Hamas, d'ailleurs.
05:11Mais, par contre, les pays arabes, eux, je pense que si, par exemple,
05:15les Émirats arabes unis, le Maroc et d'autres ont signé les accords d'Abraham,
05:19si l'Arabie saoudite s'orientait vers ce même horizon...
05:24D'ailleurs, l'attaque du 7 octobre 2023, entre autres objectifs,
05:28elle visait à empêcher cela.
05:30Et donc, ces pays arabes, je crois qu'ils ont besoin de se développer dans un cadre régional.
05:37Et c'est ça qui explique, sans doute aussi,
05:40que l'Arabie saoudite soit porteur de cet élevé avec la France.
05:43Vous avez entendu, en plus, la réponse de Donald Trump, aujourd'hui, aux Nations Unies, à cette...
05:49Il a parlé de beaucoup de choses.
05:50Non, mais il a parlé de beaucoup de choses.
05:51On peut l'écouter, si vous voulez, d'ailleurs, sur l'État palestinien.
05:57Effectivement, Donald Trump a répondu. On écoute.
06:02Maintenant, comme pour encourager la poursuite du conflit,
06:05certains membres de cette assemblée cherchent à reconnaître unilatéralement un État palestinien.
06:10Les récompenses seraient trop importantes pour les terroristes du Hamas, pour leurs atrocités.
06:14Cela constituerait une récompense pour ces atrocités horribles, y compris celles du 7 octobre.
06:20Alors même qu'ils refusent de libérer les otages ou d'accepter un cessez-le-feu.
06:24Au lieu de céder au Hamas et de tant donner, car ils ont tant pris, ils ont pris tant de choses.
06:30Cela aurait pu être résolu il y a longtemps, mais au lieu de céder aux exigences de rançon du Hamas,
06:35ceux qui souhaitent la paix devraient être unis avec un seul message,
06:38libérez les otages maintenant.
06:42On en revient à ce qu'on disait tout à l'heure.
06:44Et c'est la question d'Alexandre.
06:46Est-ce qu'on peut faire confiance aux pays arabes,
06:48et notamment en l'occurrence au Hamas ?
06:51Non, mais le Hamas et les pays arabes, c'est différent.
06:53Non, mais là, ils ont...
06:53Non, je suis désolé, c'est différent.
06:54Non, mais vous avez parlé de proxys.
06:56Les proxys pour certains...
06:57Non, j'ai parlé de proxys pour l'Iran, pas pour les pays arabes.
06:59Oui, mais il y a aussi des proxys, vous le savez aussi bien que moi,
07:01qui financent les mouvements terroristes.
07:04Mais Pierre, c'est pour ça que c'est très important d'avoir le Qatar et la Turquie dans toute cette initiative.
07:08Ne me gueulez pas, je ne vous ai rien fait.
07:10Je suis, mais je vous répète ce que j'ai déjà dit.
07:13Il y a des proxys qui financent le Hamas, et le Hamas détient les otages.
07:17Donc après, il y a une chaîne, Alexandre Malafait.
07:19Pour le dire autrement, est-ce que vous croyez vraiment qu'on arrivera à faire la paix sans le Hamas ?
07:25Est-ce que vous croyez qu'à un moment donné, même si on l'appelle autrement,
07:28on ne va pas devoir discuter avec, vous êtes un fin diplomate,
07:32avec ces gens qui, beaucoup sont morts, mais ça repousse comme on dit,
07:36sont quand même aux affaires et tiennent la bande de Gaza.
07:38C'est eux qui la tiennent, c'est personne d'autre aujourd'hui.
07:40Oui, mais le Hamas, on lui parle, même les Américains ont engagé cet effort.
07:47Ce n'est pas nouveau, ça.
07:49On leur parle et après, on essaie de lire entre les lignes.
07:52Ça ne marche pas.
07:53Ça ne marche pas.
07:54Et bien sûr que le premier appel, ça libérait les otages.
07:56Vous avez tout à fait raison.
07:58Mais tout le monde demande la libération des otages sans condition.
08:02En faire la condition de la reconnaissance de l'État palestinien,
08:05ça n'a pas beaucoup de sens, puisque le Hamas ne va pas plus le faire.
08:09Le Hamas, il a intérêt à ce que ce conflit, bien sûr, perdure.
08:14Et il n'a aucun intérêt à ce qu'on reconnaisse un État de Palestine,
08:18en disant en plus qu'il doit en être totalement exclu.
08:21Mais, Gilles Boutin, à quoi bon donc reconnaître cet État de Palestine,
08:25puisque, comme vous le dites, si bien, cher Alexandre,
08:28la bande de Gaza est maîtrisée par le Hamas,
08:30qui est un groupe terroriste qui veut la destruction d'Israël,
08:33la Cisjordanie est dirigée par une autorité qui n'a d'autorité que le nom
08:37et qui est lourdement critiquée pour son népotisme,
08:40sa corruption qui la gangrène,
08:43et Israël, dans tout ça,
08:44qui fait en sorte de rendre impossible la création de cet État,
08:48via notamment les colonies qui strient le territoire cisjordanien.
08:53dans ces conditions,
08:55dès lors qu'Israël bloque tout
08:56et qu'elle a affaire à ses interlocuteurs-là,
09:00qui a-t-il à espérer ?
09:00Mais votre diagnostic est assez juste,
09:03mais c'est quoi la conclusion ?
09:05C'est qu'on ne fait rien ?
09:06Donc, ce plan, justement,
09:10moi, je ne sais pas s'il va marcher, ce plan,
09:13j'essaie de l'expliquer, je l'ai lu.
09:14Déjà, je l'ai lu.
09:16C'est un texte qui a été adopté par 142 pays,
09:20début août, de cette conférence pilotée
09:23par l'Arabie Saoudite et la France.
09:24Déjà, lisons-le.
09:26Ce texte, justement, il offre à tout le monde,
09:30y compris Israël, y compris aux États-Unis,
09:34il offre une feuille de route
09:36qui exclut le Hamas de Gaza.
09:41Vous avez raison de dire
09:42que le Hamas va certainement pas se laisser faire,
09:45mais si on l'isole,
09:47en plus des combats
09:51qui sont menés par Israël contre lui,
09:53je pense que c'est certainement
09:56quelque chose qui va avoir un effet.
09:59Parce que, comme vous l'avez dit vous-même,
10:01il a quand même été alimenté dans le passé,
10:04pas seulement par l'Iran,
10:05mais aussi par des contacts avec d'autres pays.
10:08Donc, bâtir cette coalition
10:10et en plus proposer quelque chose
10:12d'assez précis quand même,
10:13avec cette force de stabilisation et de protection,
10:16une administration,
10:18bien sûr acceptée par Israël,
10:21dans l'idée où le plan marcherait,
10:24qui serait aussi soutenu par la communauté internationale.
10:27Après, vous dites à juste titre aussi
10:29que l'autorité palestinienne
10:30n'est pas en état,
10:32n'est pas interlocuteur.
10:34Donc, ça suppose aussi de...
10:36Bien sûr, ça fait partie du plan.
10:38Il y a un nom qui est soutenu par les Émirats,
10:40mais pour l'instant, on ne l'a pas vu.
10:41Et vous parlez aussi de la politique de colonisation
10:44en Cisjordanie.
10:46Tout ça est vrai.
10:47Et c'est finalement pour ça
10:48qu'à un moment,
10:49il faut peut-être dire
10:50qu'on va vers une catastrophe
10:53de plus en plus grande.
10:54Il faut essayer quelque chose,
10:57il faut prendre cette initiative.
10:58C'est intéressant sur le rôle de la diplomatie.
11:00Je vous pose cette question.
11:02En tant que diplomate,
11:03la diplomatie est-elle une obligation de moyens ?
11:05Ou espérer...
11:07C'est-à-dire, il faut essayer pour essayer ?
11:09Ou est-ce qu'on peut vraiment espérer
11:11des résultats à un moment donné ?
11:13Je crois que c'est une excellente question.
11:16J'ai été 42 ans diplomate.
11:18Je crois qu'il ne faut pas...
11:19Il ne faut pas prendre des initiatives
11:21pour le plaisir de prendre des initiatives.
11:24Mais effectivement,
11:24il y a aussi quand même
11:25le devoir d'essayer.
11:26Simplement, il faut essayer
11:28de manière aussi pertinente que possible.
11:33Donc, il faut proposer des choses
11:34qui peuvent marcher,
11:36qui ont la meilleure chance de marcher.
11:38Et il faut le proposer dans des alliances.
11:40Ce sont les deux conditions.
11:41Mais on ne peut pas se limiter
11:44à dire qu'on ne proposera que quelque chose
11:46que si on est sûr que ça marche.
11:48Ce n'est pas ça non plus la diplomatie.
11:49On a encore plein de questions
11:50à vous poser, Philippe-Étienne.
11:51Donc, vous allez faire l'amabilité
11:53de rester avec nous
11:54encore un petit peu de temps.
11:55On va laisser passer
11:56le rappel des titres de l'actualité.
11:58Puis, je vous signale
11:59qu'Ondelatte raconte.
12:00C'est le podcast
12:00le plus écouté de France.
12:02Christophe Ondelatte raconte
12:03les affaires criminelles
12:04qui ont marqué les Français.
12:06Demain, l'affaire Saint-Aubin,
12:07le combat d'une mère.
12:09Et maintenant, en podcast,
12:10rien qu'en podcast,
12:11sur toutes les plateformes d'écoute
12:12et le site, bien sûr,
12:13europe1.fr.
12:15A tout de suite
12:15dans Europe 1 Soir.
12:16Europe 1 Soir.
12:1919h, 21h, Pierre de Villeneuve.
12:21Toujours avec Alexandre Malafaille,
12:23Gilles Boutin
12:23et l'ambassadeur Philippe-Étienne.
12:25Écoutons Emmanuel Macron
12:26qui s'est exprimé
12:27au lendemain de cette reconnaissance
12:29par la France
12:29de l'État de Palestine
12:32au micro et aux caméras
12:34de nos confrères de BFM TV.
12:36Par ce mouvement
12:37qu'on a déclenché,
12:38par notre travail
12:39de ces derniers mois,
12:40on est en train
12:41d'isoler le Hamas.
12:41C'est le seul moyen
12:42d'isoler le Hamas.
12:43Le gouvernement israélien
12:44et son armée
12:45ont réussi quelque chose
12:46de remarquable.
12:47Ils ont vraiment neutralisé
12:48tous les décideurs du Hamas.
12:50Ça, c'est un vrai succès militaire.
12:51Les combattants du Hamas
12:52sont aujourd'hui
12:53à peu près autant
12:54qu'ils étaient
12:55au début de la guerre.
12:56Pourquoi ?
12:56Parce qu'ils en ont tué
12:57des dizaines de milliers
12:58mais le Hamas
12:58en a recruté autant.
13:00Ce qui montre que
13:00la guerre,
13:01y compris la guerre totale,
13:02y compris les bombardements,
13:06ce qui est inacceptable.
13:08Ça ne marche pas.
13:10Le seul moyen
13:11d'éradiquer le Hamas,
13:13c'est de restaurer
13:13une autorité civile légitime,
13:15des forces de sécurité
13:16aux côtés de cette autorité civile
13:18qui sont légitimes
13:19et de démobiliser,
13:20démilitariser
13:21avec l'aide
13:21de la communauté internationale.
13:23Comment est-ce que vous appréciez
13:24cette parole présidentielle ?
13:26On a l'impression,
13:26Philippe Etienne,
13:27et vous qui avez...
13:29Vous étiez du temps
13:30justement du président Macron.
13:33Vous étiez ambassadeur
13:34du temps du président Macron.
13:35Donc vous l'avez vu
13:35en déplacement,
13:36j'imagine,
13:36quand vous étiez à Washington notamment.
13:39Vous voyez,
13:40je comprends
13:41l'explication
13:42que vous avez fournie
13:43et vous avez lu
13:44le dossier
13:45de ce texte
13:46qui a été accepté
13:48par plus de 140 pays,
13:49sachant que 148 pays
13:51avaient déjà reconnu
13:52l'état de Palestine
13:53sur les 192.
13:54Et là,
13:55il y en a d'autres
13:55qui se sont joints
13:56pour ce nouveau texte.
13:58Cela dit,
13:58vous comprenez que
13:59cette façon
14:01de s'expliquer
14:02tout le temps
14:03soit
14:05une fois
14:06à la télévision israélienne,
14:07une fois
14:08à la télévision américaine,
14:09maintenant
14:09à la télévision,
14:10sur une chaîne privée
14:11de la télévision française,
14:13ça l'affaiblit en fait
14:14le président.
14:14On comprend bien
14:15que,
14:16et on a lu ce papier
14:17nous tous
14:17dans le Figaro,
14:19et que c'est un papier
14:19de Louis Oselter,
14:20on comprenait
14:21qu'il était embêté
14:22vis-à-vis
14:23de la population juive.
14:24Comment est-ce que
14:24vous voulez tenir
14:25une position pareille
14:26aujourd'hui ?
14:27C'est difficile,
14:27vous qui êtes diplomate.
14:30Je pense qu'il y a
14:31un besoin d'explication
14:32aux pays
14:33qui ne sont pas d'accord,
14:35en tout cas
14:36dont les gouvernements
14:36ne sont pas d'accord,
14:37parce qu'aux Etats-Unis,
14:37il y a beaucoup de gens
14:38qui sont d'accord
14:38avec cette initiative,
14:40d'où les interviews
14:42à la télé américaine
14:43et à la télé israélienne,
14:44et puis il y a
14:45un besoin effectivement
14:46de s'adresser
14:46à l'épinion française.
14:48Et c'est vrai,
14:48alors là,
14:49je prends ma casquette
14:50de président
14:50de la mission
14:51pour le 80e anniversaire
14:53de la fin de la guerre
14:54et de la libération.
14:56C'est vrai que
14:57la remontée
14:57de cet antisémitisme
14:59qui n'est d'ailleurs
15:00pas seulement en France
15:01est un phénomène
15:02extrêmement inquiétant,
15:04surtout quand on pense
15:05à ce qui s'est passé
15:06dans notre histoire,
15:07de même d'ailleurs
15:08que le retour
15:08de la guerre en Europe,
15:11et c'est quelque chose
15:12qui doit absolument
15:13mobiliser,
15:15je dirais,
15:16encore plus
15:16que les autorités
15:18qui doivent mobiliser
15:19en tout cas
15:20de la société
15:21et en tout cas
15:22dans la société,
15:23tous ceux
15:23qui tiennent
15:25au vivre ensemble.
15:27Donc ça,
15:28cet appel,
15:28c'est très important.
15:30Alors,
15:30après,
15:31le lien entre
15:31la reconnaissance
15:32de l'État de Palestine
15:32et ce sentiment
15:36de la communauté
15:38juive en France,
15:39où...
15:40Mais qui vit
15:41un antisémitisme
15:42grandissant aussi
15:43parce qu'il y a
15:44cette reconnaissance
15:45de la Palestine,
15:45vous comprenez ?
15:46Justement,
15:46là,
15:47je ne suis pas
15:47complètement d'accord
15:48avec vous.
15:48Je ne vous engueule pas,
15:50Pierre de Villers.
15:50Je sais bien,
15:50mais ce n'est pas
15:51d'être d'accord.
15:52Moi non plus,
15:52je ne vous engueule pas.
15:53Alors,
15:53laissez-moi m'exprimer
15:54dans ce qui est
15:55un végé des accords.
15:56Ce qui est factuel,
16:00c'est que ce n'est pas
16:01seulement la reconnaissance
16:02de la Palestine.
16:03Évidemment,
16:04ce n'est pas bien pris
16:05par cette partie
16:05de nos concitoyens,
16:07mais c'est tout
16:08ce qui s'est passé avant.
16:09Et c'est la manière
16:11dont Israël...
16:12Mais c'est une manière
16:12d'encourager
16:13ceux qui propagent
16:14l'antisémitisme,
16:15Philippe Etienne,
16:16dans notre pays.
16:17Et pas seulement.
16:17Également,
16:18on a vu ce qui s'était passé
16:19en Espagne,
16:19ce qui s'est passé
16:20dans d'autres pays d'Europe.
16:22Alexandre Raffaille.
16:23Tout dépend de ce qui va
16:24se passer maintenant.
16:25Bien entendu,
16:27il y a une chose
16:27qui est absolument essentielle,
16:28c'est lutter
16:28sans aucune compromission
16:30contre l'antisémitisme.
16:31A tous égards.
16:32Très bien,
16:32mais il ne suffit pas
16:33de le dire.
16:34Mais bien sûr,
16:35c'est ce que je viens
16:35de vous dire.
16:36Oui,
16:36il faut le faire.
16:37Il veut bien le faire.
16:39Lutter, c'est des choses
16:41très concrètes.
16:41En faisant cette reconnaissance
16:42de la Palestine,
16:43il y a beaucoup de gens
16:44dans certaines communautés
16:45en France,
16:46dans certains territoires
16:47qui se disent
16:48« Ah bah tiens,
16:49il a reconnu
16:49l'état de la Palestine ».
16:51Donc, forcément,
16:52il y a des raisonnements
16:56qui sont binaires
16:57en France.
16:57Non, mais je comprends.
16:58Vous avez complètement raison.
16:59Mais en même temps,
17:00si cette reconnaissance
17:02de la Palestine,
17:03qui encore une fois
17:03n'est pas seulement
17:04une reconnaissance
17:04de la Palestine,
17:05mais un plan politique
17:08qui vise à exclure
17:10le Hamas,
17:10parvient à éviter
17:13à Israël
17:14son isolement
17:15croissant sur la scène
17:16internationale ?
17:17Mais je pense que ça a été
17:18très mal expliqué.
17:18Alexandre Malafaï.
17:19Pour rester sur le terrain
17:20de nos compatriotes
17:21juifs de France,
17:23si vous aviez été
17:24à ce moment-là
17:24consulté par le président,
17:26est-ce que vous lui auriez
17:27recommandé d'aller marcher
17:28avec tous les Français,
17:30tous les Juifs
17:30après le 7 octobre ?
17:32Et est-ce que vous lui auriez
17:33recommandé d'éviter
17:34de faire son discours
17:35à l'ONU
17:36le jour du Nouvel An Juif ?
17:37Ce sont des petits symboles,
17:38mais enfin,
17:38ils ont toute leur place,
17:39surtout quand ils sont
17:39chefs de l'État.
17:40Est-ce que vous auriez
17:41eu un poids auprès de lui
17:43pour dire
17:43choisissez bien vos dates,
17:44choisissez bien vos actions ?
17:45Oui, alors,
17:46sur le deuxième point,
17:48je pense que c'est
17:48une coïncidence
17:49sur laquelle
17:50ni lui,
17:52ni un gouvernement
17:54individuel
17:55n'a de prise,
17:56puisque c'est le premier jour
17:57de l'Assemblée,
17:57du segment au niveau
17:58de l'Assemblée Générale.
17:59Effectivement,
18:00c'est Roch-Ochana,
18:01donc c'est le Nouvel An Juif.
18:04Moi, je me souviens,
18:06bon, excusez-moi
18:06de ramener mon expérience
18:08qui est déjà un peu ancienne.
18:08Non, mais on vous invite
18:10pour ça aussi.
18:11Je me souviens
18:11du mois de juillet 2017,
18:14on était avec Emmanuel Macron
18:15et Benjamin Netanyahou
18:16sur le site du Veldiv,
18:18et d'un discours très fort
18:18qu'il a fait,
18:19c'est le premier président
18:20qui a assimilé
18:22l'antisionisme
18:22à l'antisémitisme.
18:24Donc,
18:25ce sont des paroles fortes.
18:26C'est tout aussi incompréhensible.
18:27Et donc,
18:28aujourd'hui,
18:29oui,
18:29aujourd'hui,
18:30cet effort doit être prolongé.
18:31Mais pourquoi n'est-il pas venu marcher
18:35avec l'ensemble de l'Assemblée Générale ?
18:37Écoutez,
18:37je ne peux pas vous répondre
18:38à cette question.
18:38Vous l'auriez dû d'aller marcher ?
18:39Vous l'auriez dû d'aller marcher ?
18:40Je ne suis pas...
18:42Il n'est pas conseiller à l'Élysée,
18:43il n'a pas envie de vous répondre.
18:44Non,
18:45ce n'est pas que je n'ai pas envie de répondre.
18:46C'est plus exactement
18:47que je comprends votre question,
18:49mais j'imagine
18:50que ce n'est pas forcément
18:51une modélité ou une autre
18:53qui permet...
18:54Il faut se manifester
18:55auprès de la communauté juive,
18:56bien sûr.
18:56Mais vous voyez,
18:57il est sifflé aujourd'hui
18:58au niveau du CRIF.
18:59Quand on est à la réunion du CRIF,
19:00il est sifflé, le président.
19:00C'est dans le prolongement
19:02de ce que dit Alexandre,
19:03c'est-à-dire qu'on a un président
19:04qui,
19:04et vous l'avez dit,
19:05vous avez cité ce discours
19:07très fort au Veldiv.
19:08Il y a eu aussi,
19:09après le 7 octobre,
19:11Emmanuel Macron,
19:12qu'est-ce qu'il fait ?
19:12Il se rend en Israël,
19:14il propose une coalition
19:15contre le Hamas.
19:18Et puis après,
19:18on n'entend plus parler
19:19de cette coalition.
19:20Puis après,
19:20il y a Gaza.
19:21Et Frédéric Ancel,
19:22qui était mon invité hier,
19:24disait,
19:24mais vous comprenez,
19:25il a été touché
19:26par l'aspect humanitaire
19:28de la bande de Gaza.
19:29Oui, certainement.
19:29Et moi,
19:30je me suis permis
19:31de faire le parallèle
19:32avec Angela Merkel
19:33qui avait été touchée
19:33par le petit Thaïlande
19:35qui était mort à Bodrum.
19:37Et du coup,
19:37elle a fait rentrer
19:38un million de...
19:39de migrants
19:40en Allemagne.
19:41Il y a eu beaucoup
19:42de relations
19:44de cause à effet,
19:45en fait,
19:45dans...
19:46Vous voulez dire
19:46que les politiques,
19:48surtout les dirigeants,
19:49ne devraient pas
19:49avoir de sentiments ?
19:51Je ne sais pas
19:52si je dois dire ça.
19:53Je dis qu'il faut réfléchir.
19:54Et je pense que vous,
19:55vous réfléchissez,
19:56Philippe Etienne.
19:57Je pense qu'Angela Merkel
19:59et Emmanuel Macron
20:00réfléchissent aussi.
20:01Mais les politiques
20:02ne doivent-ils pas,
20:02justement,
20:03se mettre en surplomb
20:03des cas particuliers ?
20:04Effectivement,
20:05réussir à mettre de côté
20:06quand bien même
20:07ça va être
20:08la fiction.
20:08Je ne reprends
20:09que l'analyse
20:10de Frédéric Ancel
20:11qui disait qu'il y avait
20:11ce côté humanitaire
20:13qui l'avait profondément
20:14touché.
20:14Maintenant,
20:15est-ce que c'est vrai ?
20:16Est-ce que ce n'est pas vrai ?
20:17Est-ce que ce plan
20:18de reconnaissance
20:19de la Palestine,
20:20il l'avait depuis longtemps
20:21dans sa tête ?
20:22C'est difficile.
20:22dans toutes les émissions
20:24qu'on présente ici même
20:25à Europe 1,
20:27on dit toujours
20:27malin est celui
20:28qui est dans la tête
20:28d'Emmanuel Macron.
20:29Pardonnez-moi,
20:29je ne l'ai pas la réponse.
20:32Il a eu la question
20:33dès le début,
20:33est-ce que vous allez
20:34reconnaître un jour
20:35l'État de Palestine ?
20:36Sa réponse depuis le début
20:37a été de dire
20:38ce n'est pas un sujet tabou.
20:41Il a choisi le meilleur jour.
20:43Je le fais pas.
20:43Et vous l'avez dit,
20:44le jour de Rochachana.
20:45Non, c'est...
20:46Si, vous l'avez répété.
20:47C'est la question,
20:48mais j'ai aussi dit
20:49que c'était aussi
20:50le premier jour
20:50de l'Assemblée Générale
20:51des Nations Unies.
20:51On a une solution
20:52à deux États
20:53qui se dessinent.
20:54On n'est pas en train
20:55de la mettre en or.
20:56Il va couler encore
20:57un peu d'eau sous les ponts
20:58avant que ça soit réalisé.
21:00Mais imaginons que ça se fasse.
21:01Dans le contexte actuel,
21:01on peut imaginer
21:02que le deuxième État
21:02sera très probablement islamiste.
21:05En tout cas,
21:06régi par un islam
21:07plutôt radical
21:08compte tenu de la situation
21:09et de son évolution.
21:11Est-ce que vous pensez
21:11que c'est viable
21:12cette cohabitation
21:13entre deux pays,
21:14l'un qui est démocratique
21:15et l'autre qui sera sans doute
21:17effectivement proche
21:18d'une pratique
21:19d'islam radical ?
21:20En tout cas,
21:20avec Gaza,
21:21on peut l'imaginer.
21:22Oui, alors,
21:22il y a deux choses.
21:23D'abord,
21:23cette solution à deux États,
21:24ce n'est pas aujourd'hui
21:25qu'elle apparaît.
21:26Elle apparaît dans la résolution
21:28de l'Assemblée Générale
21:29des Nations Unies
21:30de novembre 1947.
21:31Elle a toujours existé
21:32à l'épaule
21:33qu'on appelait la Palestine
21:35avec un État juif
21:36et un État arabe.
21:37Bon, c'est ça.
21:38Non, mais c'est important
21:40de le rappeler quand même.
21:41Ensuite,
21:42est-ce que...
21:43Quelles sont les alternatives ?
21:43Les Arabes n'en ont pas voulu,
21:44il faut le rappeler aussi.
21:45On ne va pas refaire
21:46l'histoire de cette région
21:46si on en a jusqu'à 23 heures,
21:48malheureusement.
21:49Quelles sont les alternatives ?
21:51Quelle est la solution
21:53qui, encore mieux
21:56que la solution à deux États,
21:58peut permettre
21:59à ces communautés
22:00et donc espérons-le
22:02à ces États
22:02de vivre en paix
22:03et en sécurité
22:04comme les résolutions
22:05des Nations Unies
22:05ont demandé ?
22:07Est-ce qu'il y a une alternative
22:08même pour Israël ?
22:10Ce n'est pas à moi de le dire,
22:11moi je ne représente pas Israël,
22:12mais malgré tout,
22:13quelles sont les alternatives ?
22:14Merci beaucoup Philippe Etienne
22:16d'avoir été l'invité
22:17d'Europe 1 Soir.
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