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  • il y a 4 mois
Nicolas Dupont-Aignan, président du parti Debout la France et candidat à l'élection présidentielle, est l'invité de BFMTV.

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Transcription
00:00Nicolas Dupont-Aignan, bonsoir. Merci d'être avec nous.
00:04Vous êtes président de Debout la France, candidat à l'élection présidentielle 2027 et auteur de l'ouvrage
00:10Où va le pognon aux éditions de l'Archipel ? Merci d'être avec nous dans BFM Grand Soir.
00:15Bonsoir.
00:16D'abord peut-être un mot, est-ce que cette affaire vous met en colère quand vous l'entendez ?
00:21Oui, elle me met en colère parce que c'est le fruit de tous les dysfonctionnements.
00:27Enfin, le mot dysfonctionnement d'ailleurs est déjà choquant, de tous les scandales.
00:33C'est un peu le fruit du gouvernement des juges.
00:36Je veux dire par là que ce qui est insupportable pour moi, c'est que la représentation nationale,
00:42suite à ce drame, a voté une loi pour allonger la durée de rétention, comme dans tous les pays européens.
00:50A 210 jours.
00:51A 210 jours, 180 à 210, alors qu'on est à 60 et 90.
00:56Et que ce qui est extravagant, c'est-à-dire que non seulement on subit ça, non seulement il y a ce drame,
01:02mais les neuf sages, qui ne sont pas sages, neuf personnes qui n'ont aucune élection, aucune légitimité,
01:11annulent cette loi votée par la représentation nationale, je crois quasiment à l'unanimité.
01:16Et ça veut dire quelque chose, ça veut dire quelque chose de notre société, ça veut dire quelque chose de l'impuissance publique.
01:24Parce que j'ai bien lu la décision, je l'ai relu encore cet après-midi, la manière dont ils interprètent la Constitution est spécieuse et politique.
01:35Ils font de la politique. Et là, il va y avoir une épreuve de force, pas que sur ce sujet, entre le peuple français et ces neuf juges,
01:45qui d'ailleurs entre nous étaient des anciens hommes politiques qui ont ruiné la France après 40 ans de travail.
01:49Donc il y a un moment où il va falloir dire aux Français, eh bien on va revoir la Constitution, il va y avoir un référendum,
01:57parce qu'on ne peut pas accepter que neuf personnalités aillent contre la volonté populaire.
02:02Vous trouvez que c'est ça qui coince aujourd'hui ?
02:04Aujourd'hui, dans notre pays, il y a ça. Mais il n'y a pas que ça, parce que où je serais d'accord avec Madame,
02:09vous voyez, ça va vous surprendre, c'est que le fonctionnement de la justice n'est pas que la faute des juges.
02:14Quand il n'y a pas de greffier, je vais regarder un chiffre impressionnant,
02:18la France dépense grosso modo par habitant moitié moins que l'Allemagne pour faire fonctionner sa justice.
02:24Et donc, on n'a pas investi dans les places de prison.
02:27En 2017, j'en avais proposé 40 000, en utilisant les casernes désaffectées, etc.
02:32On n'a pas investi dans les greffiers, dans l'informatisation suffisante, dans la rapidité.
02:37Et donc, on a un problème majeur.
02:40Il y a des décisions politiques de certains juges, bien évidemment, personne n'est parfait.
02:44Il y a une faiblesse des lois, donc ils appliquent des lois, il faut les changer.
02:47Mais là, le Conseil constitutionnel bloque.
02:49Et puis, il y a un problème de moyens pénitentiaires.
02:52Et notamment, il faut créer ces places de prison, il faut enfermer des gens dangereux.
02:58Il faut oser le dire.
02:59Pour vous, la justice est aussi victime, en quelque sorte, de ces dysfonctionnements ?
03:02Elle est à la fois, pour une part, victime, parce qu'il y a beaucoup de magistrats qui font leur métier,
03:07qui punissent, mais il n'y a pas de place de prison.
03:09Et il y a des injonctions contradictoires à l'égard des magistrats.
03:12D'un côté, on leur dit « soyez plus fermes », et de l'autre, on leur dit « libérez, il n'y a pas de place ».
03:16Emmanuel Macron s'était engagé, je crois, sur 15 000 places.
03:20Il en a effectué réellement, il a réalisé 5 000.
03:22Il y en a 7 000 qui vont arriver, on sera à 7 000.
03:25Et il y a 20 000 de surpopulation.
03:27Donc, vous voyez déjà qu'on n'est même pas capable de gérer la surpopulation.
03:31Et on n'est même pas capable d'avoir le nombre de places suffisant
03:35pour assumer l'aggravation de la délinquance.
03:38Donc, c'est pourquoi, quand j'avais proposé 40 000, on m'avait traité au fou.
03:42Pas du tout. C'était un chiffre tout à fait raisonnable.
03:45– Il y a une volonté quand même du ministre de la Justice, Gérald Darmaner,
03:49avec les prisons de haute sécurité, qui ont du sens, à mon sens, je dirais,
03:53et également les fameuses prisons intermédiaires,
03:56pour qu'on puisse désengorger le fait qu'il y ait 84 000 détenus.
04:01Donc, il y a quand même des avancées qui se font.
04:02– Enfin !
04:04– J'ai eu le sentiment qu'il était ministre depuis 8 ans.
04:08– Non mais, il était ministre de la Justice.
04:11– Oui, il a été ministre intérieur avant.
04:12– De l'intérieur et acteur de la vie politique.
04:14– Non mais, c'est extraordinaire.
04:16Je trouve extraordinaire tous ces…
04:17Mais c'est bien, mieux vaut tard que jamais.
04:20Et je pense qu'enfin, il y a un ministre de la Justice
04:23qui a envie de faire quelque chose.
04:25C'est plutôt bien.
04:26– Bon, Ormalmal, quel est votre regard sur tout ça ?
04:29Est-ce que la justice française est trop laxiste ?
04:31Ou est-ce qu'elle est tout simplement impuissante ?
04:34C'est aussi ce que dit Nicolas Dupont-Aignan.
04:36– C'est un peu la peste et le choléra, les deux, c'est très compliqué.
04:40Oui, je pense qu'il y a, en tout cas, le problème, c'est que quand on voit un fait divers comme cela
04:44et face à la douleur de la mère de Philippines, je pense qu'aucun débat qu'on peut avoir ce soir
04:49sur la question « pouvait-on l'éviter, que peut-on faire aujourd'hui » n'est de toute façon
04:53à la hauteur de ses larmes et de la détresse d'une famille.
04:56Et toutes les réponses, ou même l'examen de ces dysfonctionnements successifs
05:00ne ramèneront pas à Philippines, ne soigneront pas, je dirais, la peine de cette famille.
05:04– Mais normalement, ce qu'elle demande, c'est que ça ne recommence pas
05:05et elle demande aussi de protéger d'autres Françaises et Français.
05:09– Tout à fait, mais c'est vrai que la question des dysfonctionnements arrive.
05:13La question, je trouve que c'est intéressant de revenir sur cette question
05:16de la censure du Conseil constitutionnel.
05:18Parce que, contrairement à ce que vous avez dit, M. Dupont-Aignan,
05:21la loi n'a pas été adoptée à l'unanimité.
05:23Il y avait 168 voix contre de la gauche.
05:25Il y avait quand même un débat à l'Assemblée nationale
05:27qui était d'ailleurs assez virulent entre justement la gauche
05:30qui disait que c'était une loi cosmique qui ne réglerait rien.
05:33Et que, assez étonnamment, la mesure qui faisait le plus polémique
05:37a été validée par le Conseil constitutionnel.
05:38C'était celle de justement prendre en photo des étrangers
05:41sans leur consentement.
05:43– Vous connaissez qu'en ce moment, c'était quand même dans un hémicycle
05:47où il n'y a pas de majorité, c'était quand même très large.
05:49– Oui, oui, il y avait… – Vous connaissez.
05:50– Non, mais il manquait effectivement les voix d'une grande partie de la gauche.
05:54Mais ça, c'est très intéressant parce qu'on entend, en fait, les deux parties.
05:57La gauche s'était félicité de cette censure du Conseil constitutionnel
06:01qu'ils jugeaient justement proportionnée et raccord avec leurs valeurs.
06:05Et je pense que si demain, le Conseil constitutionnel censure
06:08une hypothétique taxe Zuckmann, puisque c'est aussi ce qui pourrait se passer,
06:12là, eh bien, la gauche dira que, justement, c'est un scandale
06:15et que le Conseil constitutionnel outrepasse justement ces prérogatives.
06:20Et moi, je trouve que ce débat, il est très intéressant parce que,
06:23vous l'avez dit, le Conseil constitutionnel n'est pas élu.
06:26Et c'est vrai que, quand même, le bloc de constitutionnalité
06:30peut interroger les Français par rapport à ce qui est apprécié.
06:33Parce que le bloc de constitutionnalité, c'est ce que le Conseil constitutionnel
06:37prend en compte pour apprécier la légalité d'une loi ou pas.
06:39Et c'est vrai, quand même, que ces derniers temps, on a le sentiment,
06:42tant qu'observateur de la vie politique, que le Conseil constitutionnel
06:45vient extrêmement régulièrement dire si une loi, finalement, est appliquée ou pas.
06:49Et je pense que ça pose un problème démocratique
06:51et je pense que ça pose une question de compréhension, même,
06:54de ce que font le législateur et, d'ailleurs, de la façon dont,
06:56dans la Constitution, il est écrit que la souveraineté nationale
06:58s'exprime par ses représentants ou par la voie du référendum.
07:02Et ça pose effectivement question d'organiser une sorte d'impuissance législative
07:06à l'Assemblée nationale.
07:07Madame Sermarin ?
07:09Oui, on a vu que M. Retailleau faisait appel au référendum en disant
07:16que cette loi, comme vous le dites, a été censurée par le Conseil constitutionnel.
07:20On passait quand même trois mois de rétention d'un étranger
07:25qui n'est pas, donc, pour des raisons pénales en détention.
07:29Simplement, c'est parce qu'il n'est pas en séjour régulier.
07:32Donc, le but de la rétention administrative,
07:33c'est, effectivement, de l'expulser et de permettre son expulsion.
07:38Il s'agit quand même des personnes qui représentent un danger.
07:40Alors, là, il se trouve que la personne représentait un danger,
07:44qu'il n'y avait pas de laissé-passer consulaire.
07:47Et on passait, donc, pour cela, à sept mois de détention provisoire.
07:50Oui, mais pour les...
07:51Mais le problème, et je finis,
07:54le problème, c'est que les laissé-passer consulaires,
07:58on les a au bout de, en gros, deux mois et demi, trois mois,
08:01et les sept mois ne changeraient rien pour avoir...
08:04Oui, mais excusez-moi, madame,
08:06d'abord, la censure du Conseil constitutionnel prévoyait des cas
08:09de personnes dangereuses.
08:12Et, deuxièmement, je ne vois pas pourquoi la plupart des pays d'Europe,
08:17et pourtant, je ne suis pas un européiste forcené,
08:20mais pourquoi ce qui est accepté dans des pays
08:23qui ont des valeurs démocratiques,
08:24nos voisins, qui va jusqu'à plus de 210 jours de mémoire,
08:28mais pas loin, contre-méré, peut-être,
08:31serait un scandale en France,
08:33alors même qu'on a un problème ?
08:35Et j'ajouterais dernièrement que, pour moi,
08:38être en séjour irrégulier,
08:40je sais que François Hollande a supprimé ce délit de séjour irrégulier...
08:43La CEDH ?
08:45Oui, oui, mais justement, on en vient à l'essentiel,
08:47et vous avez raison,
08:48c'est la vraie question de la souveraineté.
08:50Moi, je suis souverainiste.
08:51La souveraineté, c'est la démocratie.
08:53Eh oui !
08:54Et on ne peut pas continuer à avoir des pays en pilotage automatique,
08:58la CEDH d'un côté,
09:00la Cour de justice de Luxembourg de l'autre,
09:02le Conseil constitutionnel,
09:03ça pose un problème démocratique.
09:05Et quand il n'y a pas de démocratie par les urnes,
09:08par le vote, ça se fait dans la rue.
09:10Et je mets en garde ce système effrayant
09:13où personne n'est responsable de rien.
09:16Personne n'est responsable de rien.
09:17On est responsable devant le peuple, que je sache.
09:20Pour vous, le problème, c'est les juges.
09:22Non, c'est les juges qui abusent.
09:23La CEDH, ça ne va pas.
09:26Le Conseil constitutionnel, ça ne va pas.
09:28Et les juges judiciaires, ça ne va pas non plus.
09:30Donc, le problème démocratique, moi, je le vois aussi,
09:33parce que je pense que dans une démocratie,
09:35il faut quand même une autorité judiciaire.
09:38Et donc, on ne peut pas tout mettre sous le dos des juges.
09:42C'est le législateur qui fait la loi et les juges l'appliquent.
09:45Je suis tout à fait d'accord avec vous.
09:47C'est pour ça, d'ailleurs, je l'ai précisé.
09:48Mais les juges obéissent à la loi.
09:50La justice est rendue au nom du peuple français.
09:54Et le peuple français se donne des lois
09:56par le Parlement ou le référendum.
09:58Et on en est arrivé à une dérive avec des juges constitutionnels
10:02ou européens qui n'appliquent pas les lois françaises.
10:06Et c'est là où il y a un problème.
10:07Après, je n'ai jamais mis en cause un juge qui appliquait des lois françaises.
10:10J'ai toujours considéré qu'il y avait beaucoup d'hypocrisie
10:12de la part des personnels politiques,
10:14à voter des lois d'amnistie, souvent d'ailleurs pour eux,
10:17et puis après à se plaindre que les juges les utilisaient.
10:20Donc, je ne suis pas de cela.
10:21Mais en revanche, ce que je n'accepte pas,
10:23c'est des juges extraterritoriaux qui sont au-dessus des lois,
10:26qui interprètent un bloc de constitutionnalité,
10:29vous le savez tous, tellement vague
10:30que vous pouvez lui faire dire tout et le contraire de tout.
10:33Et ça pose quand même un vrai problème.
10:35Et je pense que la colère populaire qu'il y a actuellement
10:37s'explique par l'absence de clarté démocratique.
10:41Mais pour en revenir à Philippines,
10:42un an après sa mort,
10:44Maxime Brandstetter,
10:45est-ce que sa maman a le sentiment
10:47que quelque chose a changé,
10:49qu'on avance en France ?
10:51Non, non, non.
10:52Elle a l'horrible sentiment que ça n'a pas changé.
10:55La maman de Philippines, comme son papa d'ailleurs,
10:57qui était là aussi,
10:58ils ont soutenu cet amendement de la loi Marlex
11:01qui devait passer de 90 jours au maximum
11:04de rétention administrative à 210 jours.
11:07Ce qu'on fait déjà d'ailleurs en matière de terrorisme.
11:09Et là, l'idée était de l'appliquer en matière de profils
11:12qui peuvent causer un trouble à l'ordre public.
11:15Et ils l'ont soutenu.
11:16Je crois même qu'ils ont été auditionnés
11:18à l'Assemblée nationale parce qu'ils voulaient...
11:20Parce que, eux, je pense que ce n'est pas
11:22des questions politiques de positionnement.
11:24Ils ne vont pas jusqu'à la CEDH.
11:26Leur principe, il est simple, c'est que c'est terrible.
11:28Mais le laisser-passer consulaire
11:30qui aurait fait expulser Tahao le meurtrier de leur fille,
11:33il est arrivé le jour où il a été libéré.
11:36Donc, quel dysfonctionnement y a-t-il eu ?
11:38C'est la faute à pas de chance ?
11:39Ah non.
11:40On peut essayer de chercher qui est la faute.
11:42C'est vrai que, madame, vous disiez que c'est visiblement
11:44les services de l'État français
11:45qui ont envoyé au mauvais...
11:47Après, c'est aussi la version du Maroc.
11:49À l'époque, le Maroc, sur le nombre de demandes,
11:51donnait très peu de laisser-passer consulaire.
11:5362% ils en acceptaient à l'époque.
11:55J'ai regardé les chiffres de 2029.
11:57Ça s'est quand même nettement amélioré.
11:58On est quand même...
11:59Depuis que diplomatiquement, ils s'entendent bien.
12:00Mais alors, j'ai une question.
12:01Est-ce qu'il n'aurait pas pu rester en prison
12:03jusqu'à ce que tout soit prêt pour le renvoyer dans son pays
12:08et pour qu'il n'ait pas à passer par la case sans...
12:09C'est le jeu des réductions de peine, si vous voulez,
12:11qui s'applique à tout le monde.
12:12C'est la raison pour laquelle il a été libéré.
12:14C'est parce qu'il y a des réductions de peine
12:16et qu'il devait avoir certainement
12:17un comportement correct en prison.
12:19Donc, il a bénéficié.
12:20Est-ce qu'il a été bien évalué ?
12:21Excusez-moi.
12:22Voilà pourquoi je suis pour la réduction
12:24des réductions de peine.
12:26Quasiment la suppression.
12:28Quel est ce pays où vous avez un viol,
12:315 ans, 7 ans de condamnation,
12:33pas le cher,
12:34et 5 ans d'application ?
12:35Et dans tous les domaines, c'est comme ça.
12:37Il faut supprimer certaines réductions de peine.
12:39On est obligé d'avoir une réduction de peine
12:41pour bon comportement.
12:42Ça, c'est une évidence.
12:43Mais il y a beaucoup trop de réductions de peine
12:44dans notre pays.
12:45C'est mieux pour les surveillants.
12:46Mais c'est mieux pour les surveillants.
12:48Excusez-moi.
12:48Nous sommes le seul pays au monde
12:50où on libère des criminels.
12:52Ah bah oui, on vous libère.
12:53Donc, vous tenez tranquille.
12:54Mais on en est à un point.
12:56Par rapport aux autres pays,
12:59on est chez les fous.
13:00Pardonnez-moi.
13:01Il y a un moment
13:02où si on ne prend pas des mesures rapides,
13:04vous aurez les agressions de policiers
13:06qui vont se multiplier.
13:07C'est ce qui se passe.
13:08Qu'on n'est pas mis en prison
13:10à titre préventif.
13:12Ceux qui ont roué de coups un policier
13:13qui ont fait une vidéo
13:15et qui en étaient fiers
13:16montrent la démission totale
13:18de l'institution dans notre pays.
13:20C'est la mort de l'autorité.
13:22Vous critiquez aussi les juges français.
13:24Vous nous diriez tout à l'heure
13:25que c'était que les juges extérieurs.
13:28Mais même les juges...
13:29C'est pourquoi je suis pour des peines planchées.
13:30Ce qui n'interdit pas l'individualisation
13:32parce que vous pouvez avoir...
13:34J'étais à l'extérieur, je vous écoutais.
13:36Vous pouvez avoir une peine planchée
13:39et une individualisation au-dessus.
13:41Ce qu'a proposé Gérald Darmanet d'ailleurs.
13:43Et oui.
13:43Six mois minimum pour...
13:44Et ce qu'on a proposé il y a 15 ans.
13:47C'est-à-dire que vous pouvez avoir
13:48une peine planchée.
13:50Toute agression d'un représentant
13:52de l'ordre public
13:53doit imposer la prison.
13:55Immédiatement, sans condition.
13:57Et tous les jeunes doivent le savoir.
13:58Et madame, dans ma ville,
14:00un jour je croise des jeunes
14:01avec une barre de fer
14:02qui me disent...
14:03Ils me disent bonjour monsieur le maire.
14:05À l'époque j'étais maire.
14:06Avec la barre de fer dans la main.
14:06Avec la barre de fer dans la main.
14:07Ils étaient polis, vous voyez, ils me respectaient.
14:09Bonjour monsieur le maire.
14:10Je leur dis qu'est-ce que vous allez faire ?
14:11On va buter quelqu'un.
14:13Ah.
14:14Vous voyez où on en est arrivé ?
14:16Vous avez appelé la police ?
14:17Oui, bah oui.
14:18Figurez-vous, j'ai appelé la police.
14:19Mais vous voyez où on en est arrivé ?
14:21Un délire.
14:22C'est-à-dire que...
14:22Je n'étais pas très motivé quand même
14:23pour vous dire ce qu'ils allaient faire.
14:25Oui.
14:25Mais ça veut dire quoi ?
14:26Et pas très mal.
14:26Mais les policiers, tous les jours,
14:28vous raconteront des anecdotes.
14:29À partir du moment
14:30où des milliers
14:33ou des dizaines de milliers
14:34dans un pays
14:35de délinquants
14:36ou de petits voyous
14:37n'ont plus peur de la police
14:38et savent
14:39qu'ils peuvent ruer de coups
14:41un policier,
14:41se mettre en vidéo
14:42et qu'ils vont être lâchés,
14:44c'est fini.
14:46Voilà, c'est fini.
14:48Ceux qui démontrent
14:48les 6700 policiers
14:50vous disaient blessés par an.
14:51On n'a jamais vu ça.
14:52Et puis demain,
14:53ce n'est pas que les policiers,
14:54c'est tout le monde.
14:55Bien sûr.
14:55Les professeurs, les élus.
14:57Sur tout ce qui est
14:58des tensions provisoires
14:59et aussi les peines
15:00qu'on peut prononcer en France,
15:02je pense qu'en bout de chaîne,
15:04on ne réglera pas
15:06tous ces problèmes
15:07si on ne règle pas
15:08la situation des prisons
15:10et de la surpopulation carcérale.
15:12C'est évident.
15:13Alors le problème,
15:13c'est que quand on prend
15:14la décision
15:14de construire des places
15:16de prison,
15:16entre la décision
15:17et le moment
15:18où elles sont construites,
15:19ça prend du temps.
15:20Ça, c'est la première chose.
15:21Et la deuxième chose,
15:21je pense qu'il y a une grosse part
15:22de responsabilité
15:23de l'ensemble
15:24de la classe politique
15:25parce que tout le monde
15:25est d'accord
15:26pour construire des prisons.
15:27Mais personne n'en veut
15:28à côté de chez lui.
15:29Donc, dès qu'il y a un projet,
15:30vous avez une levée de bouclier.
15:32Oui, mais écoutez,
15:33ça, je sais que c'est l'argument.
15:34Mais où trouver l'argent,
15:36pardon,
15:36mais c'est quand même
15:37beaucoup d'argent.
15:38C'est l'argument
15:39des opérations d'intérêt nationales.
15:41C'est un argument,
15:42c'est un instrument de l'État.
15:44Si l'État veut faire
15:45une opération d'intérêt national,
15:46n'importe où,
15:46il l'a fait.
15:47Les Jeux Olympiques,
15:48on a été capable
15:48de construire des choses
15:50incroyables,
15:51de mettre 1,4 milliard
15:52d'euros
15:53pour se baigner dans la Seine
15:54deux jours par an.
15:55Je veux dire qu'à un moment,
15:56il y a des priorités
15:57dans notre pays.
15:58Pardonnez-moi,
15:59s'il y a des casernes désaffectées,
16:01ils ont fermé
16:02la prison de Clairvaux,
16:03Mme Tolira,
16:04qui était une prison
16:05de haute sécurité,
16:06parfaite.
16:07Ils l'ont fermée,
16:08elle est toujours vide.
16:10Donc, si on voulait vraiment
16:11rouvrir des places de prison
16:12dans notre pays,
16:12on pourrait le faire.
16:14Et il n'y a pas besoin
16:14de prison de haute sécurité
16:15pour des petits délits.
16:17Et regardez l'expérience
16:18des Pays-Bas,
16:18qui est très intéressante,
16:20où dès le premier délit,
16:21dès le premier délit
16:22à emprisonnement,
16:23systématique,
16:248 jours,
16:2515 jours,
16:26avec psychologues,
16:27avec études,
16:28etc.
16:28Et aujourd'hui,
16:29ils ont moins de prisonniers,
16:31parce que dès le premier délit,
16:32il y a un avertissement
16:33qui est donné,
16:34alors qu'en France,
16:35vous avez,
16:35je vois arriver là,
16:36en Essonne,
16:39des jeunes et des moins jeunes,
16:4050 délits.
16:4250 délits.
16:43Ils n'ont jamais eu
16:44une journée d'emprisonnement.
16:46Et après,
16:47quand ça leur tombe dessus
16:47d'un coup,
16:48ils ne comprennent rien.
16:49Et en plus,
16:49il ne se passe rien en prison.
16:50C'est-à-dire,
16:51la peine ne sert à rien,
16:52la peine d'emprisonnement,
16:52parce qu'il n'y a pas,
16:53comme vous dites,
16:54de psychologues,
16:54il n'y a pas d'accompagnement,
16:56il n'y a absolument
16:57aucun accompagnement.
16:58Il y a des sorties sèches,
17:00et les personnes,
17:01effectivement,
17:01c'est vrai qu'il y a
17:02de la récidive,
17:03mais le problème aussi,
17:04c'est à quoi sert la peine.
17:06Et malheureusement,
17:07la contrôleuse générale
17:08des lieux de préservation
17:09de liberté le dit bien,
17:10dans la plupart des cas,
17:11la peine,
17:12c'est simplement du temps
17:13passé en prison.
17:14Ils ne peuvent même pas
17:15travailler dans la plupart des cas.
17:15Excusez-moi,
17:17l'avantage de la peine,
17:18c'est quand même
17:18qu'ils ne sont pas dehors
17:20et qu'ils ne vont pas
17:20les violer,
17:21qu'ils ne vont pas les voler,
17:22qu'ils ne vont pas les tuer.
17:23C'est déjà pas mal.
17:25Non,
17:25mais c'est déjà pas mal.
17:26Si vous aviez
17:27les 20 000 ou 30 000
17:28voyous
17:29qui foutent en l'air
17:31notre pays,
17:32les quartiers,
17:33les gens les plus modestes
17:34et qui étaient en prison
17:35et qui savaient
17:35ce que ça voulait dire,
17:36et pas des prisons 4 étoiles
17:38avec la télé,
17:39avec les portables,
17:40avec etc.
17:40Attention,
17:41vous avez les droits de l'homme
17:41qui vont tomber dessus,
17:42je vais vous dire,
17:44s'ils allaient dans une prison
17:45marocaine ou algérienne,
17:47ils comprendraient beaucoup mieux.
17:49Et je peux vous dire
17:49qu'un jour,
17:50un ministre marocain
17:51ou un ministre algérien
17:51m'a dit,
17:52vous êtes vraiment
17:53des imbéciles en France.
17:55Mettez-les dans nos prisons
17:56et vous verrez.
17:56Ils ne recommenceront pas.
17:57Ça ne va pas arranger
17:58nos relations.
17:59Pour le coup,
18:00là,
18:00ils avaient raison.
18:01La question se pose aussi
18:01sur la détention provisoire.
18:03Je parle sous le contrôle de madame.
18:04C'est quasiment la moitié,
18:06un tiers des détenus.
18:0733 %,
18:08c'est énorme.
18:09Oui,
18:09mais là,
18:10c'est aussi
18:10les délais de la justice
18:11et ça pose le problème des moyens.
18:12Donc,
18:12c'est un problème extrêmement complexe
18:14et il n'y a pas une seule cause.
18:16S'il y avait une seule cause,
18:17ça sortait.
18:18Je crois aussi
18:19qu'on a un problème
18:19parce que là,
18:21on est en train de parler
18:22de manière générale
18:22et on mélange un peu tout
18:23entre les petits délits,
18:24les voyous
18:25et on est quand même
18:26parti d'un crime
18:27absolument horrible
18:29qui relève plus du...
18:31Mais elle se dit,
18:31c'était aussi des largeurs.
18:32Mais excusez-moi,
18:33le crime,
18:33il a commencé avant
18:34par un viol.
18:35qui relève du prédateur.
18:36Oui,
18:37mais excusez-moi,
18:37on oublie toujours
18:39que ça commence
18:39par des délits
18:40et que ça monte en prison.
18:42Là,
18:42c'est pas un crime.
18:43C'est un crime.
18:43C'est un crime.
18:44Et je pense que,
18:46par contre,
18:46ici,
18:47en France,
18:48on a peut-être
18:49effectivement un problème
18:50d'évaluation
18:50d'un certain nombre
18:51de profils
18:52parce que
18:53cette année,
18:56début de l'année,
18:56il y a eu l'affaire
18:57Agathe Tilleret
18:58qui a été assassinée
19:01par une personne
19:03qui sortait
19:03de 20 ans
19:04de prison
19:05pour viol
19:07qui avait déjà été
19:09précédemment
19:09condamnée
19:10à 12 ans.
19:11La deuxième fois,
19:12elle avait été
19:13condamnée
19:13à 30 ans
19:14et avec 20 ans
19:15de sûreté,
19:15donc elle est sortie
19:16au bout
19:16de sa période
19:18de sûreté.
19:19Et cette personne
19:19était sous surveillance
19:20judiciaire,
19:22en plus,
19:22ce qui fait que
19:23ça montre aussi
19:24les problèmes
19:25de moyens,
19:26de peut-être
19:26coordination
19:27sur le terrain,
19:28mais aussi
19:28un gros problème
19:30d'évaluation
19:30de la dangerosité
19:31de certains individus.
19:32Et pire,
19:33je vais rajouter
19:34un détail
19:36qui n'en est pas un
19:37sur cette affaire
19:37Agathe,
19:37c'est qu'on nous avait
19:38confirmé qu'il avait
19:40un suivi judiciaire,
19:41il sortait de prison,
19:41vous l'avez dit,
19:42il devait être suivi
19:42notamment par un médecin
19:43qui doit évaluer
19:44sa dangerosité.
19:46Et lorsqu'il a attaqué
19:48Agathe,
19:48il sortait
19:49de chez le médecin,
19:50il sortait de son suivi.
19:51On a du mal
19:53à appréhender
19:53ces profils-là.
19:54Évidemment,
19:54il y aurait bien
19:55d'autres affaires
19:55à évoquer.
19:56Merci beaucoup
19:57d'avoir été avec nous
19:58sur l'affaire Philippine.
20:02On va maintenant évoquer
20:03un dossier explosif
20:05qui fait trembler
20:06la mairie de Paris.
20:07Après les révélations
20:08de Mediapart
20:09sur ces notes de frais,
20:11la mairie de Paris
20:12décide de contre-attaquer
20:13en justice.
20:15Je vous montre
20:15ce dont Anne Hidalgo
20:19est accusée.
20:20Donc on rappelle
20:20ces révélations
20:22entre 2020 et 2024.
20:24Elle aurait dépensé
20:24près de 210 000 euros
20:26principalement
20:27pour sa garde-robe.
20:28L'autre volet
20:29des révélations
20:29concerne ses déplacements.
20:31Environ 125 000 euros
20:32entre juillet 2020
20:33et décembre 2023.
20:36Il y a des voyages
20:36extrêmement onéreux,
20:38notamment à New York,
20:39à Tokyo,
20:40à Tahiti.
20:40On en avait
20:41beaucoup parlé
20:42pour évoquer
20:43ce sujet.
20:45Laurence Saillet
20:45nous a rejoint.
20:46Bonsoir.
20:47Merci d'être avec nous,
20:48ancienne députée européenne.
20:50On est aussi avec Nour
20:51Durand-Rocher.
20:52Bonsoir.
20:52Bonsoir.
20:53Merci d'avoir accepté
20:54notre invitation.
20:55Vous êtes conseiller de Paris.
20:56Vous n'avez pas peur
20:56de vous prendre des coups.
20:57Merci d'avoir accepté
20:58cette invitation
20:59parce que,
21:00évidemment,
21:01c'est assez délicat
21:02comme affaire.
21:03On sait que,
21:04justement,
21:04ça va être bien,
21:05on va pouvoir avoir
21:05votre avis sur la question.
21:07La mairie de Paris
21:08vient d'annoncer
21:09qu'elle ne se laisserait
21:10pas faire
21:10et qu'elle déposait plainte
21:11contre X
21:12pour diffamation.
21:14Oui.
21:15Alors,
21:15ça,
21:15c'est la parole
21:16de la maire de Paris,
21:17en l'occurrence.
21:18C'est-à-dire que,
21:19moi,
21:19personnellement,
21:20je suis élu écologiste
21:21et donc,
21:22nous,
21:22on a toujours été
21:22pour la probabilité
21:23en politique
21:24et pour vérifier
21:25l'utilisation
21:26des frais de mandat
21:27et de tout ce qui va autour.
21:28D'ailleurs,
21:28plusieurs fois,
21:29des lois sur l'utilisation
21:30des frais de mandat
21:30ont été portées
21:31par le géologiste.
21:32En l'occurrence,
21:33pour l'instant,
21:34on parle de dépenses
21:35extrêmement importantes,
21:36mais il n'y a pas
21:37de question de l'égalité.
21:38Et en fait,
21:38c'est deux choses différentes.
21:39J'ai peur qu'on mette
21:40sur le même plan
21:41une question de l'égalité
21:43et une question
21:44de comment est-ce qu'on utilise
21:45des frais légaux.
21:46Elle avait le droit.
21:47C'était des frais de représentation ?
21:48En tout cas,
21:48pour ce que j'en sais,
21:49elle avait le droit.
21:51Et à un niveau bien moindre,
21:52pour ce qui est
21:53des maires d'arrondissement,
21:54il y a des frais de représentation
21:55qui sont beaucoup plus faibles
21:56et qui sont tout à fait compréhensibles.
21:59Sur le niveau
21:59des frais de représentation,
22:01c'est là où on peut discuter.
22:03Mais la réalité,
22:04c'est quand même en politique,
22:05quand on est là
22:06pour défendre la probité,
22:07on est là pour se battre
22:08contre l'enrichissement personnel.
22:09Et en l'occurrence,
22:10de l'enrichissement personnel,
22:12malheureusement,
22:13ça arrive en politique
22:13bien trop souvent
22:14et ça me semble
22:15un sujet autrement plus grave
22:16que d'une utilisation
22:17des frais de mandat
22:18à discrétion.
22:19Et pour ce qui est
22:20de la déclaration
22:21et de la transparence,
22:22par contre,
22:22ça me semble effectivement
22:23très important
22:24et les élus écologistes
22:25s'astreignent
22:26à toujours déclarer
22:27comment ils utilisent
22:28leurs fonds
22:29et donc à rendre public
22:31aussi leur richesse personnelle.
22:33Oui,
22:34Or Malval,
22:35malgré tout,
22:36dans le contexte actuel,
22:37avec la crise
22:38que l'on traverse,
22:39quand les Français
22:40voient ces sommes
22:41qui sont somme toute
22:43exorbitantes,
22:43ça peut être
22:44difficilement entendable.
22:46Je pense que
22:46c'est absolument
22:47pas entendable.
22:48En fait,
22:48la question,
22:49c'est une question
22:49de transparence,
22:51je pense,
22:51de la démocratie
22:52et aussi une question
22:53d'ordre de grandeur
22:54effectivement
22:54et d'application
22:55de la loi
22:56pour tout le monde pareil.
22:57Et c'est vrai que
22:57sur le premier point,
22:59la mairie de Paris,
23:00il y avait marqué
23:01sur le site
23:01de la mairie de Paris,
23:02Anne Hidalgo
23:03a fait de la déontologie
23:04et de la transparence
23:05de la vie publique
23:06un acte fort
23:06de sa première année
23:07de mandature.
23:09Effectivement,
23:09on peut se demander
23:10et après
23:10parce que
23:11ce n'est pas
23:12la première fois
23:13qu'il est compliqué
23:14d'avoir en plus
23:15des réponses
23:16justement sur la transparence.
23:17On se souvient
23:18en 2017,
23:19il y avait ce journaliste
23:20néerlandais
23:20qui avait voulu
23:21qu'on lui soit
23:22communiqué
23:23au titre
23:24justement
23:24de la transparence
23:25de la vie publique
23:25et de l'accès
23:26des citoyens
23:27à la formation
23:27qui est aussi
23:28un droit
23:29extrêmement fondamental
23:30qui, quand même
23:31dans toutes ces années
23:32n'a pas beaucoup
23:32préoccupé
23:33la mairie de Paris.
23:34Il voulait consulter
23:35les notes de frais
23:35et les déplacements
23:36de la maire
23:37dans le cadre
23:37de la candidature
23:38au JO.
23:38Ça a été un long feuilleton,
23:39il a fini par y accéder.
23:42Ensuite,
23:42il y a eu aussi
23:43une bataille judiciaire
23:44de trois associations
23:45qui voulaient avoir
23:46en 2020
23:46toujours pareil
23:48les notes de frais
23:48de restauration
23:50et de représentation.
23:51À nouveau refus
23:52saisie de la CADA,
23:54la commission d'accès
23:55aux documents administratifs,
23:56une instance
23:56très précieuse
23:57pour nous les journalistes
23:58mais sur lesquelles
23:59la mairie de Paris
23:59apprécie diversement
24:01leurs avis.
24:02C'est un premier point,
24:03c'est effectivement
24:04la question de la transparence.
24:05Pourquoi c'est compliqué
24:06d'accéder à ces chiffres
24:07et évidemment,
24:07ça crée de la suspicion.
24:09Là, en l'occurrence,
24:10il y a de la transparence.
24:12Ça a mis du temps.
24:13Oui, ça a mis du temps
24:14mais il y a malgré tout
24:15de la transparence.
24:16Nicolas Dupont-Aignan,
24:20qu'est-ce que ça vous évoque
24:21quand vous voyez ces montants ?
24:22Est-ce que vous dites
24:22que le souci,
24:24c'est que les Français
24:24ont besoin d'exemplarité ?
24:26Je me dis
24:27que c'est dramatique
24:28parce que tous les élus
24:29ne sont pas comme ça.
24:30D'abord, je veux vous le dire.
24:31Moi, quand j'ai repris
24:32la ville d'Oillère
24:33qui était en faillite
24:33il y a bien longtemps,
24:34je me souviens très bien,
24:36on m'a dit
24:36il y a des frais
24:37aux 30 000 habitants,
24:38je ne sais pas combien c'était,
24:401 000 euros,
24:41je ne me souviens plus
24:43et j'ai dit
24:43on arrête tout
24:44et il n'y aura pas
24:44un repas de plus de 15 euros.
24:47C'est fini.
24:47Parce qu'on va demander
24:48des mesures douloureuses,
24:50d'augmenter des impôts,
24:51de réduire des services
24:52et si nous,
24:52on ne s'applique pas
24:53ces mesures,
24:54on n'a plus aucune crédibilité.
24:56Et le vrai problème,
24:57ce n'est pas la légalité,
24:58c'est légal ce qu'elle a fait,
25:00c'est l'exemplarité.
25:01Comment peut-elle
25:02avoir caché,
25:03parce qu'elle a lutté
25:04pendant 5 ans,
25:05je crois,
25:05ou 4 ans,
25:06contre ceux
25:07qui demandaient les factures,
25:08espérant que ça ne se sache pas
25:10et à la fin,
25:12c'est tellement dément
25:13de se dire que
25:14voilà,
25:16on achète des robes de Dior
25:17quand on fait acte de...
25:19Alors vous allez dire
25:20qu'elles soient de Dior
25:21ou d'ailleurs,
25:22c'est pareil.
25:22Non, ce n'est pas pareil.
25:23C'est-à-dire qu'il y a un moment,
25:26il y a un peu de décence,
25:27quand on connaît
25:28le discours d'Anne Hidalgo
25:29et cette pratique.
25:32Et moi,
25:32ce que je trouve désespérant,
25:35c'est que ça va faire reculer
25:36tout le monde politique
25:36de 10 cases.
25:38Parce qu'il y a des conseillers
25:38de Paris très exemplaires
25:41de tous les bords politiques,
25:42il y a des gens formidables
25:43qui se dévouent,
25:43il y a des petits maires ruraux
25:44qui font un boulot incroyable,
25:46qui ne sont quasiment pas payés.
25:47Mais les Français,
25:49moi je sais ce qui va se passer
25:50demain sur le marché de ma ville,
25:51les gens vont dire
25:52tous les mêmes,
25:53tous pourris,
25:54vous en prenez plein les poches.
25:56C'est horrible.
25:56C'est quelque chose
25:57que vous entendez
25:57de plus en plus.
25:58Mais bien sûr.
25:59Cette défiance des Français
26:00vis-à-vis des politiques,
26:01c'est quelque chose
26:02qui s'effrite.
26:02Mais quand le gouvernement
26:03demande à la pharmacie
26:04de payer le double de franchise,
26:06quand une retraitée
26:08me dit à un café,
26:09il y a 15 jours,
26:10dans un café,
26:12elle me dit,
26:12vous savez,
26:13je ne prends pas le croissant,
26:14je ne peux prendre
26:14que le petit café,
26:15le petit noir.
26:16parce que ma retraite,
26:17elle est misérable
26:18et qu'elle voit
26:19que Mme Hidalgo
26:20donne des leçons
26:20à la terre entière
26:21et se paye des robes
26:23de Dior ou de Burberry
26:24ou je ne sais pas où,
26:24il ne faut pas faire de la pub ici.
26:26Enfin, je ne vois pas
26:26qu'il peut se les payer.
26:28C'est trop tard.
26:29Je ne suis pas sûr
26:29que c'est de la bonne pub.
26:31Non, mais vous voyez
26:32qu'il y a un moment,
26:32on se dit,
26:33mais où ils vivent ?
26:35En fait,
26:35où ils vivent ?
26:37Comme quand elle est partie
26:38à Tahiti.
26:39Mais où ils vivent ?
26:41Je ne sais pas.
26:41Il y a d'autres affaires.
26:42Laurence Saillet,
26:43on sait aussi que Rachida Dati
26:45est visée par une enquête
26:46car elle aurait omis
26:47de déclarer des bijoux
26:48pour un montant
26:49de 420 000 euros.
26:50On sait aussi
26:51que certains membres
26:52du Rassemblement national
26:53auraient déclaré
26:54des frais kilométriques
26:55exorbitants
26:55lors des dernières élections
26:56législatives en 2024.
26:59Ça fait beaucoup
26:59de tous bords politiques.
27:01Déjà,
27:02la comparaison me gêne un peu
27:03parce qu'imaginons
27:04que Mme Dati
27:05soit mise en cause
27:07sur ce sujet.
27:07Je n'ai pas le sentiment
27:08que ce soit de l'argent public
27:09qu'elle ait utilisé,
27:11si vous voulez,
27:12et de l'argent des Français.
27:13Donc déjà,
27:14mettre sur le même plan
27:15j'entends ce que vous dites
27:16parce que ça crée...
27:17Ça crée de la défiance
27:18en tout cas
27:19des Français
27:20des avis des personnalités politiques.
27:21On va voir déjà
27:21Mme Dati aura son mot à dire
27:23et je ne sais pas
27:24ce qu'elle dira sur le sujet.
27:26Mais là,
27:26on parle bien
27:27d'argent public.
27:28Je pense qu'en cette période
27:29effectivement...
27:30J'étais plutôt sur le sujet
27:31de la défiance en règle générale.
27:32Mais de toute façon,
27:33la défiance,
27:33elle existe.
27:35Je lisais un sondage
27:36au DOXA
27:36où en fait,
27:37une très grande majorité
27:38de Français
27:39voulaient maintenant
27:39que ce soit plus
27:40des chefs d'entreprise
27:41qui prennent le pouvoir
27:42plutôt que des politiques.
27:44La défiance,
27:44elle existe
27:45et chaque comportement
27:46qui peut mettre le doute
27:47est un comportement
27:48qui augmente cette défiance.
27:50Donc,
27:51de toute façon,
27:52elle a déposé plainte
27:52pour dénonciation calomnieuse.
27:54C'est une bande à l'envers quand même.
27:56C'est quand même incroyable.
27:57Elle aura à répondre justement.
27:59Oui, mais reconnaissez
28:00que c'est fou.
28:00Oui, mais ce que je veux dire par là,
28:02c'est que maintenant,
28:02c'est la justice
28:03qui va s'occuper de cette affaire
28:04puisqu'à partir du moment
28:05où elle dit
28:05que cette dénonciation
28:06est calomnieuse,
28:07elle aura à démontrer
28:08le contraire.
28:09Mais de toute façon,
28:10l'ambiance générale
28:11est totalement toxique.
28:12On le voit,
28:13on l'entend dans les manifestations.
28:15De toute façon,
28:16c'est le tous pourri.
28:17On a toujours envie de dire
28:18que les politiques sont mauvais.
28:20Alors,
28:20il y en a qui agissent bien,
28:21il y en a qui agissent moins bien.
28:23Il ne faut pas jeter
28:23l'opprobre sur tout le monde.
28:25Il y a des maires
28:25qui sont dévoués,
28:27qui ont des tout petites indemnités,
28:29qui payent pratiquement pour...
28:31et qui ne peuvent pas
28:32beaucoup travailler à côté.
28:33Donc,
28:33il faut faire très attention
28:34de bien distinguer
28:36les individus
28:38et la classe politique
28:39dans son ensemble
28:39parce que sinon,
28:40qu'est-ce qu'on va faire ?
28:41Qui va gérer le pays,
28:43en fait ?
28:43On va demander ça à qui ?
28:44Qui va vouloir encore
28:45s'engager en politique ?
28:46Monsieur Dupont-Aignan.
28:47En vous écoutant,
28:49je réfléchissais.
28:50Il me semble bien
28:51que François Fillon,
28:52et j'étais candidat face à lui,
28:54donc ce n'est pas pour le défendre,
28:56a eu le parquet financier
28:58pour deux costumes.
29:00Hubert Falcon peut rajouter.
29:01Et a été éliminé.
29:04Et le président de l'Assemblée
29:04est tombé pour un homme.
29:05Ça ne veut pas dire
29:06que je justifie.
29:07Attention,
29:08ce que je veux dire,
29:09et c'est Mme Hidalgo,
29:10qui vraiment vit
29:11hors du temps et de l'espace,
29:13qui annonce
29:13qu'elle va porter
29:14plein de contrics.
29:15Mais elle a déjà
29:16beaucoup de chance.
29:17qui n'est pas une enquête.
29:19Elle a déjà beaucoup...
29:19Enfin, c'est-à-dire que
29:20non seulement elle pourrait presque,
29:22à l'américaine peut-être,
29:23s'excuser en disant
29:23oui, j'ai peut-être fait une bêtise,
29:24je n'ai pas réalisé,
29:26je vais rembourser.
29:28Et puis voilà,
29:28et puis l'affaire est finie.
29:30Mais, non, non,
29:31elle porte plainte.
29:31C'est-à-dire qu'à un moment,
29:32là, vous vous dites,
29:33vraiment, c'est bizarre quand même.
29:35Le culot.
29:36Je suis extrêmement étonné,
29:38parce qu'en fait,
29:39là, on fait comme si
29:40le problème de Mme Hidalgo
29:41était le problème majeur
29:43de la défiance des Français
29:44vis-à-vis de la politique.
29:44Non, c'est le problème majeur.
29:46C'est quand même qu'il y a
29:47de l'enrichissement personnel
29:48de personnes qui sont accusées
29:49de corruption.
29:50Et c'est déjà arrivé
29:51à plusieurs reprises.
29:53Et par ailleurs,
29:53que les Françaises et les Français
29:54s'appauvrissent régulièrement
29:56et ont l'impression
29:57d'avoir une classe politique
29:59complètement déconnectée.
30:00Et en fait,
30:01ce qui crée de la défiance,
30:02c'est toujours l'inadéquation
30:03entre les demandes des Français.
30:05Les Français sont quand même
30:05très clairs,
30:06ils l'ont encore exprimé hier
30:07dans la rue.
30:08On parle quand même
30:09de 9 millions de pauvres.
30:10On parle d'un pays
30:11qui s'appauvrit régulièrement
30:12avec des gens
30:13qui ont du mal
30:14à nourrir leurs enfants
30:14le soir
30:15et qui voient
30:16toute une classe politique
30:17qui parle tout le temps
30:18de sujets
30:18extrêmement éloignés
30:19des leurs
30:20et qui n'y ont pas de réponse.
30:21N'exagérons pas.
30:22L'enrichissement personnel,
30:24l'enrichissement personnel,
30:26c'est quand même autre chose
30:27que d'utiliser
30:28des frais de mandat
30:29de manière dispendieuse.
30:30Il n'y a pas de décret
30:31pour la qualité
30:32et de tout mettre au même niveau.
30:34C'est une forme
30:35d'enrichissement personnel.
30:36Vous parliez de la mobilisation
30:37d'hier.
30:38Les frais de représentation,
30:40c'est les jeans
30:40qu'elle n'a pas achetés
30:41avec son argent à elle
30:42et qui ne sont pas du tout
30:43faits pour la représentation.
30:44Il faut qu'on avance
30:46justement sur les mobilisations
30:47d'hier.
30:48Merci beaucoup Nicolas
30:49Dupont-Aignan
30:50d'avoir été avec nous.
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