00:00Le Refin Soir Week-end, 19h21, Stéphanie Demureux.
00:04Et toujours avec mes débatteurs de la deuxième heure,
00:07Georges Fenech et Gilles Boutin.
00:08On vient d'avoir un échange très intéressant avec Jean-Éric Branat,
00:12spécialiste des Etats-Unis, avec ses hommages rendus à Charlie Kerr,
00:15qui est notamment un hommage rendu ce soir en France.
00:18C'est un sujet, évidemment, on l'a évoqué avec vous,
00:21Georges Fenech, qui a polarisé aussi le débat en France
00:23d'une manière assez violente.
00:25D'ailleurs, vous-même, vous avez été critiqué avec votre sortie,
00:29effectivement, sur Martin Luther King.
00:31Alors, la question que tout le monde se pose,
00:33c'est ce qui se passe aux Etats-Unis.
00:35Est-ce que ça pourrait arriver en France ?
00:38Je voudrais vous faire écouter ce qu'a dit Pascal Praud,
00:41notre confrère, évidemment, jeudi sur CNews.
00:46Et Europe 1, il évoquait justement cette sortie de Delphine Ernot
00:50sur les médias Bolloré, les médias d'extrême droite,
00:55selon la patronne de France Télévisions.
00:57Écoutez la réaction de Pascal Praud.
00:59Mais c'est un vrai scandale.
01:01C'est-à-dire qu'on dépasse tout.
01:03Là, on dépasse toutes les limites.
01:05Et c'est relayé, bien sûr, par Le Monde.
01:08C'est également relayé par Télérama, qui fait sa une, etc.
01:11Je vous assure, je veux bien qu'on fasse...
01:14Les médias Bolloré, comment ils sont attaqués depuis deux ans, trois ans,
01:18c'était aussi le cas de Cyril Hanouna, etc.
01:21Ces gens sont dangereux.
01:24Ils sont dangereux pour nos vies.
01:26Madame Ernot met une cible sur nos vies.
01:28Elle met une cible sur les gens qui sont sur le terrain.
01:32Donc c'est irresponsable.
01:33Alors c'est vrai que le parallèle avec Charlie Kirk
01:36peut peut-être se poser à force de traiter les gens,
01:40effectivement, les nazifiés, les traités d'extrême droite.
01:43Est-ce que ce n'est pas le risque dont parle Pascal Praud ?
01:47Bien sûr. Mais d'abord, dire que c'est totalement intolérable
01:53que la présidente de France Télévisions,
01:57donc le service public, et donc qui est tenue à une obligation de réserve,
02:01vienne attaquer frontalement...
02:04Et de neutralité.
02:04Et de neutralité, mais obligation de réserve,
02:07quand on est dans le service public.
02:09elles viennent comme ça tirer à boulet rouge
02:13sur un groupe de presse, celui du groupe Bolloré,
02:16en les taxant d'extrême droite.
02:17Alors d'abord, c'est inadmissible pour nous qui travaillons ici,
02:21mais c'est aussi...
02:21Je vous le confirme.
02:23Vous me confirmez bien sûr.
02:24Vous imaginez les conséquences,
02:26on l'a vu d'ailleurs hier,
02:27pour la journée de manifestation syndicale,
02:30comment ont été traités sur la voie publique
02:33les journalistes de ces news,
02:35qui ont été agressés,
02:37et qui ont été empêchés de faire leur travail.
02:40On voit bien les conséquences que ça...
02:42Donc, je crois que la violence,
02:45elle est déjà là.
02:46Vous voyez l'affaire cœur.
02:47En fait, nous sommes déjà dans un climat qui est très tendu,
02:51et on ne sait pas jusqu'où ça peut aller.
02:53Si effectivement, les responsables
02:55de chaînes de services publics,
02:57mais si également les responsables politiques,
03:00on a tous entendu les propos de Jean-Luc Mélenchon,
03:03par exemple,
03:04ou de Madame Binet,
03:05qui traite aussi la présidente de la CGT,
03:09qui traite aussi notre chaîne d'extrême droite.
03:12Donc, on nous met, si vous voulez,
03:13une cible dans le dos,
03:15et ça va devenir extrêmement difficile,
03:16et ça peut tomber dans l'oreille
03:18quelqu'un qui a quelques troubles un petit peu.
03:20C'est ce que disait Donald Trump,
03:21d'ailleurs, sur Charlie Kerr,
03:22qu'a force de traiter de nazi, effectivement.
03:24Mais bien sûr.
03:25Il peut se sentir désinhibé,
03:27vous voyez ce que je veux dire.
03:28D'ailleurs, je vous propose d'écouter,
03:30vous parliez des violences
03:32qui se sont retrouvées justement lors des manifestations.
03:35Hier, vous avez vu cette guillotine,
03:37Gilles Boutin,
03:38je vais vous faire réagir dans quelques instants,
03:39couverte de slogans,
03:40une vraie guillotine,
03:42couverte de slogans sans ambiguïté,
03:44Bolloré, encore, voilà.
03:46Toujours le même groupe, Arnaud,
03:47terrain, couic,
03:48ou encore, cité écolo,
03:49plante un fachot.
03:50Écoutez, la réponse d'André Valigny,
03:53chroniqueur régulier chez Pascal Praud,
03:55plutôt classé à gauche,
03:57ancien ministre.
03:57Ce n'est pas d'extrême droite.
03:58Non, bien sûr,
03:59mais écoutez ce qu'il dit quand même.
04:01On en est là, hélas,
04:02et moi, hier soir,
04:03quand j'ai vu ces images,
04:04vers 22h30,
04:05quand je suis rentré,
04:07j'ai vu une guillotine dans la manifestation,
04:09j'ai dit, mais ce n'est pas possible.
04:09Moi, je me suis engagé à gauche,
04:11notamment parce que Mitterrand avait promis
04:13d'abolir la peine de mort.
04:15J'étais proche de Robert Ballinter
04:17jusqu'à la fin de sa vie.
04:19J'allais le voir régulièrement.
04:20Pour moi, c'est un des plus grands républicains
04:22de l'histoire,
04:23avec Victor Hugo et quelques autres.
04:25On va, dans deux semaines,
04:27le faire entrer au Panthéon.
04:29Et la gauche,
04:30ou plutôt l'extrême gauche,
04:31va dans une manifestation
04:33avec une guillotine.
04:34Il n'y a pas de mots pour dire.
04:36Je suis totalement écoeuré par ça.
04:39Écoeuré et révolté.
04:40Gilles Boutin,
04:41on comprend effectivement,
04:43André Valigny.
04:45C'est vrai que ça va quand même
04:46très loin dans la violence.
04:49C'est une gauche positive,
04:50universaliste,
04:51qui se retrouve confrontée
04:52à une résurgence
04:53de ce que la gauche,
04:55dans son caractère extrême,
04:56avait de pire,
04:57et de souillé par l'histoire.
04:59Mais on ne se débarrasse pas comme ça
05:00de certaines identités profondes.
05:03Et il y a des atavismes
05:05qui reviennent.
05:06Et ce qu'on a justifié
05:08au nom de la cause
05:08à des époques,
05:09la mort de millions de personnes
05:12qui n'étaient que des statistiques,
05:13dans les esprits
05:14de certaines personnes
05:15à l'extrême gauche,
05:16au nom de la cause supérieure.
05:18Et on se demande bien
05:19quelle est cette cause aujourd'hui.
05:20Elle est protéiforme,
05:22elle défend autant la Palestine
05:23que la défense des jours fériés.
05:25On a vu beaucoup
05:25de drapeaux palestiniens hier.
05:27Ça m'a frappé.
05:27Alors je ne sais pas
05:28si je suis mal tombée
05:29au moment où il y avait les caméras.
05:31Mais alors il y avait au moins
05:31une quinzaine de drapeaux palestiniens.
05:33Le drapeau, on les voit
05:34beaucoup en ce moment.
05:36Et donc cette cause supérieure,
05:37suprême,
05:38qui à l'époque était uniquement
05:39celle de la lutte des classes,
05:41elle est aujourd'hui protéiforme.
05:43Elle concerne un peu tout
05:44et n'importe quoi.
05:44C'est un pot pourri.
05:46Mais quoi qu'il en soit,
05:47il y a toujours ce bon vieux réflexe
05:48révolutionnaire de gauche
05:50qui justifie le pire
05:52au nom de cette cause suprême.
05:55Et à partir du moment
05:56où des ennemis sont identifiés,
05:58j'avoue que j'ai été surpris
05:59quand vous avez fait la liste,
06:01les Bolloré,
06:03c'était un écouïc à côté.
06:07C'est très surprenant.
06:08Et c'est d'une génération.
06:10Oui, mais c'est surprenant.
06:12Mais c'est une continuité historique.
06:15L'histoire est faite d'oscillation.
06:16La gauche s'était considérablement calmée
06:18justement sous l'effet de ce catalyseur
06:20qu'avait été le programme commun.
06:22On avait embarqué tout le monde
06:23dans un projet plutôt positif
06:24qui a vite montré ses limites.
06:26Mais voilà, tout revient.
06:27Et Jean-Luc Mélenchon,
06:28lui, il se surfe là-dessus.
06:29Il a bien compris que pour retrouver
06:30un peu de peste, de succès...
06:30Et vous rajoutez là-dessus
06:31la taxation des plus riches.
06:33On est toujours dans cette même veine,
06:36Georges Fenech.
06:36Vous permettez, je voudrais rappeler
06:38que l'arrivée de François Mitterrand
06:41a été une soupape.
06:41Mais dans les années 80 et 90,
06:45on est passé à l'acte.
06:47C'est-à-dire que les mouvements
06:48d'ultra-gauche
06:49ont assassiné son autre sol.
06:51Dois-je vous rappeler
06:52le mouvement Action Directe
06:54qui ont assassiné
06:55notamment Georges Bess,
06:56le patron de la Régie Renault,
06:58ou le lieutenant-général Audran,
07:00ou le général Delfos,
07:02et d'autres.
07:03Dois-je rappeler aussi
07:04la bande à Bader en Allemagne
07:06ou en Italie,
07:09les Brigades Rouges.
07:10Voyez-vous ?
07:10Et c'était une époque
07:12où on libérait
07:12la gauche de Mitterrand
07:14à libérer
07:15en 80-82
07:18avec la loi d'amnistie
07:19250 terroristes
07:21qui sont sortis de prison
07:22et dont certains
07:22ont commis les crimes
07:24que je viens de rappeler.
07:26On ne les appelait plus
07:27des terroristes,
07:27on les appelait
07:27des combattants
07:28pour la liberté.
07:29Comme Georges Abdelala,
07:30souvenez-vous ?
07:31Voilà,
07:31où on s'est félicité,
07:33où M. Coquerel
07:33allait le voir
07:34dans sa cellule
07:35qui a tué des diplomates
07:36israéliens et américains.
07:38Vous voyez ce que je veux dire.
07:39Donc,
07:39on n'est pas à l'abri
07:42d'un retour
07:42de ces violences
07:45de caractère terroriste
07:46comme on voit
07:48aux Etats-Unis
07:48aujourd'hui.
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