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  • il y a 4 mois
Bruxelles, je t'aime ? : L'avenir de la voiture est-il européen ?

Dans cette édition en français de "Bruxelles, je t'aime ?" nous parlons de la crise existentielle des constructeurs automobiles et des solutions proposées par l'Europe. Faut-il réellement retarder l’interdiction des moteurs thermiques prévu pour 2030 ?

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00:00Bruxelles, je t'aime, Bruxelles, je t'aime, tu m'as fait manquer.
00:04Bruxelles, je t'aime, Bruxelles, je t'aime, dis-moi pour te lever.
00:09Bruxelles, je t'aime, Bruxelles, je t'aime.
00:12Bonjour et bienvenue dans Bruxelles, je t'aime, l'émission hebdomadaire qui décortique tout ce que vous allez adorer ou détester de la politique européenne.
00:20Je suis Maya Delabaume, merci de nous avoir rejoints.
00:22Au programme cette semaine, les ventes de voitures sont en baisse en Europe, tandis que le stress monte chez les constructeurs automobiles européens.
00:30Alors que les fabricants chinois mènent la course en matière de véhicules électriques et de batteries,
00:35la présidente de la Commission européenne a rencontré les PDG de l'automobile européenne pour tenter d'apaiser leurs inquiétudes.
00:42Sous la pression croissante de produire plus propre et de passer à l'électrique,
00:47nous examinerons la crise existentielle qui frappe l'industrie automobile et bien sûr le climat.
00:52Et vous vous souvenez sans doute de Mario Draghi, l'ancien président de la Banque centrale européenne
00:57et ex-premier ministre italien, a remis à la Commission européenne il y a tout juste un an
01:02un rapport accablant avertissant que l'Union européenne devait réparer son marché unique fragmenté
01:08ou alors mourir à petit feu, je le cite.
01:11Un an plus tard, nous faisons donc le point, y a-t-il eu des améliorations ?
01:15L'UE reste-t-elle à la traîne plutôt que de devenir un réel leader ?
01:19Alors pour explorer et discuter de ces sujets, j'ai le plaisir d'accueillir sur ce plateau
01:24Lucien Mathieu, alors directeur du programme automobile à l'ONG Transport & Environment.
01:29Bonjour Lucien.
01:30Bonjour.
01:31Klaus Veillet, ancien secrétaire général du Parlement européen et qui est maintenant au Think Tank Wilfried Martin Center.
01:37Bonjour Klaus.
01:38Bonjour.
01:38Et Sophie Pornschlegel du Think Tank Das Progressive Zentrum.
01:43Je le dis bien Sophie ?
01:44C'est ça.
01:45Bonjour Sophie.
01:46Donc merci à vous trois de nous avoir rejoints.
01:48Avant de vous donner la parole, explorons de plus près cette crise existentielle chez les constructeurs automobiles.
01:54On regarde.
01:54Le ralentissement des ventes, les prix élevés de l'énergie, la concurrence mondiale croissante et un environnement commercial incertain ont plongé l'industrie automobile européenne dans une crise sans fin.
02:11Au printemps dernier, l'UE a lancé un plan d'action industriel qui comprend notamment des fonds pour les fabricants de batteries,
02:23mais ses initiatives n'ont pas réussi à changer un avenir globalement morose.
02:31Les constructeurs automobiles sont particulièrement frustrés par l'absence d'un plan politique pragmatique pour la transformation de l'industrie.
02:37Il réclame une baisse des coûts énergétiques pour la recharge, davantage de subventions à l'achat et de réduction fiscale,
02:45et surtout une meilleure infrastructure de recharge afin que le passage aux véhicules électriques devienne un choix évident pour l'ensemble des consommateurs européens.
02:54Si cela ne fonctionne pas, faudra-t-il reporter l'interdiction des voitures à moteur à combustion à partir de 2035 ?
03:00Alors on le voit un peu dans cette vidéo, le ton un peu alarmiste, on la connaît cette crise automobile,
03:11on sait que c'est une période extrêmement difficile.
03:14Alors Lucien, justement, je me tourne vers vous, c'est la question que pose cette vidéo,
03:17est-ce qu'il faut retarder l'interdiction des voitures à moteur thermique ?
03:22Alors ce qu'on voit la semaine dernière, c'est un moment assez décisif pour l'industrie de l'automobile.
03:26D'un côté, au salon de Munich, les constructeurs automobiles ont annoncé plein de nouveaux modèles électriques,
03:30plus abordables, plus d'autonomie.
03:32En même temps, la Commission européenne, via la Présidente, a annoncé que le futur était électrique,
03:37et que l'Europe doit en faire partie lors du dialogue stratégique automobile.
03:42Donc en fait, aujourd'hui, l'Europe fait face à un choix décisif.
03:45Soit elle choisit de maintenir les objectifs CO2 et d'accélérer dans la course vers l'électrique,
03:51et ainsi de se donner une chance de rivaliser avec la compétition chinoise et américaine.
03:56Ou bien elle choisit de ralentir, d'affaiblir les objectifs.
04:00Et en fait, ça, ça risquerait de donner à l'industrie automobile un retard qui serait peut-être irratrapable.
04:07Donc en fait, c'est cette hésitation qui peut mener l'industrie automobile dans une impasse aujourd'hui.
04:12Mais donc il faut leur retarder, selon vous, ou pas ?
04:14Ah non, alors c'est important de garder les objectifs en place.
04:17Pourquoi ? En fait, principalement parce que ces objectifs servent de boussole pour les investissements.
04:23Il y a des centaines de milliards d'euros qui sont investis aujourd'hui en Europe dans la transition vers l'électrique.
04:29Alors ça va être dans les batteries, ça va être dans les infrastructures de recharge,
04:32les composants pour les véhicules électriques.
04:34Et d'ailleurs, c'est le sens d'une déclaration, d'une lettre qui a été envoyée par 150 PDG à la Commission européenne
04:39en demandant ne touchez pas les objectifs.
04:41On a besoin pour sécuriser nos investissements qui sont déjà faits aujourd'hui.
04:45Donc en fait, c'est ce pas en arrière qui risquerait vraiment de ralentir toute cette transition.
04:51Alors justement, Klaus, je me tourne vers vous.
04:53Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ?
04:54C'est-à-dire, est-ce qu'il faut garder ces objectifs, garder ce délai installé par la Commission ?
04:59Ou alors est-ce qu'il faut peut-être respecter et interdire véritablement pour l'instant les moteurs thermiques ?
05:06Quel est votre point de vue là-dessus ?
05:08Je crois que ce n'est jamais une bonne idée de prescrire une technologie dix ans en avance.
05:13Et donc, ça, c'était une faute.
05:15Et je crois qu'il faut en discuter et les discussions vont continuer là-dessus.
05:19Mais il faut voir en même temps de remplir les ambitions climatiques.
05:25Si je suis bien informé, pour 2025 à 2027, pour les voitures privées et pour les poids lourds, on est en train de les remplir.
05:35Je suis aussi optimiste pour l'industrie automobile.
05:40Vous avez parlé de Munich.
05:42En effet, BMW, Mercedes, ils ont présenté des nouveaux modèles.
05:47Et ils ont investi chacun plus que dix milliards, si je sais bien, dans cette technologie-là.
05:53Donc, on va avoir un certain parallélisme.
05:57Aussi important, parce que l'introduction était un peu alarmiste, si je connais les chiffres bien en Allemagne pour les nouveaux modèles, les premières six positions sont quand même Volkswagen.
06:07Et donc, cette idée qu'on est submergé par les modèles chinois dans la pratique des choses n'est pas vraie.
06:16On est compétitif et c'est essentiel qu'on garde cette industrie de l'automobile et qu'on combine la compétitivité avec la réduction du CO2, mais dans un scénario technologiquement neutre.
06:29Si je comprends bien, vous avez foi en un tout électrique.
06:32C'est-à-dire, vous pensez que c'est tout à fait quelque chose qui est... On n'a pas besoin de retarder le délai.
06:38Non, ça sera la nouvelle technologie.
06:40Oui.
06:41Mais peut-être, après, on va avoir quelque chose d'autre. Dans l'industrie automobile, on discute aussi d'autres, disons, je ne sais pas si en français, carburant, c'est la juste expression.
06:54Oui, tout à fait.
06:55Donc, ce n'était jamais une bonne idée de dire, il faut cette technologie et seulement cette technologie-là. Il faut être technologiquement ouvert, mais avoir les mêmes ambitions que la Commission a déjà prescrit pour 2035.
07:11D'accord. Sophie, justement, est-ce que vous êtes d'accord avec ça ? Est-ce que, véritablement, il y a une... Comment dire ? Ce tout électrique, il doit être là. Il n'y a pas besoin d'un retard sur le délai.
07:21Mais c'est ça, la priorité ? Et comme dit Klaus, peut-être que c'est aussi une diversification ?
07:26La diversification, il la faut. Après, il ne faut pas oublier qu'on a quand même une crise climatique et que le principal, c'est qu'il faut décarboner. On n'a pas le choix.
07:32Et les voitures en font partie. Et d'ailleurs, la Commission a bien un plan aussi, avec quand même un pacte vert qui démontrait qu'il fallait décarboner.
07:40Par exemple, aussi les flottes d'entreprises qui vont passer. C'est une réglementation qui va être mise en place et qui fait d'ailleurs une grande partie aussi de la flotte de voitures qu'on a en Europe.
07:49Donc, c'est le droit chemin. Après, il ne faut pas oublier quand même que le secteur automobile, ça fait 14 millions d'emplois en Europe.
07:56Donc, c'est une grosse part des emplois. Et c'est ça qui compte pour l'instant aussi, parce qu'on est face à une récession économique.
08:02Donc, on voit aussi que la Commission est un peu dans une situation difficile, puisque d'un côté, ils essayent d'être protectionnistes aussi par rapport aux voitures électriques chinoises.
08:10On a mis des droits de douane dessus parce qu'il y a eu des subventions qui étaient injustes et donc une compétition qui était inégalitaire.
08:16Mais d'un autre côté, on voit aussi que le secteur automobile n'a peut-être pas fait les investissements qu'il fallait ces dernières années et qu'on a un retard technologique.
08:24Et un retard, par exemple, dans les chaînes d'approvisionnement. En ce qui concerne les matériaux critiques, les batteries, on en a parlé.
08:30Alors justement, vous parliez des suppressions d'emplois et ça, c'est très important.
08:33Une étude publiée par l'Institut de l'économie allemande, commandée donc par le ministère fédéral, prévoit qu'environ 100 000 emplois pourraient disparaître d'ici à la fin de l'année.
08:41Lucien, est-ce que ça vous inquiète justement ?
08:44Alors, il faut savoir que lors de la transition vers la mobilité électrique, en fait, c'est une transformation assez profonde pour l'industrie automobile.
08:51Donc, il y a certains emplois, notamment dans la chaîne de valeur du moteur thermique, qui vont disparaître.
08:56Mais il y a beaucoup d'autres qui vont être créés dans toute cette chaîne de valeur de la mobilité électrique que je mentionnais précédemment.
09:01Les batteries, la recharge, les composants.
09:05Donc, nous, on a fait une étude qui montre qu'en fait, c'est principalement un changement d'un secteur vers l'autre.
09:11Donc, un net résultat qui est quasiment neutre.
09:15Ce que ça veut dire, en fait, c'est-à-dire que la priorité doit être sur la formation.
09:19Les compétences ne sont pas forcément transférables.
09:22Donc, il faut former les personnes, les ouvriers, les employés vers les secteurs d'avenir.
09:28Donc, ça veut dire beaucoup de créations d'emplois, en gros.
09:30Voilà, il y a des créations d'emplois à la clé.
09:32On a fait une étude aussi qui montre qu'en fait, en revenant sur 2035 et en affaiblissant les politiques industrielles,
09:40c'est un million d'emplois qui pourraient être perdus.
09:43Et ici, dans la chaîne de valeur de la mobilité électrique.
09:46Donc, il y a des gros enjeux dans cette transition.
09:48Et ce qu'il faut savoir, c'est que le monde va vers l'électrique avec l'Europe ou sans l'Europe.
09:53Et donc, la Chine, notamment, mais aussi d'autres marchés, comme l'Indonésie, la Thaïlande, sont en train d'aller vers l'électrique et même de dépasser l'Europe.
10:04Donc, cette transition, elle est en train de se faire.
10:06Et en fait, ce n'est pas en hésitant qu'on va récupérer ces emplois-là.
10:10Et ce n'est pas en misant sur une technologie thermique en fin de vie qu'on va les sauver.
10:14Alors, justement, Klaus, un des grands patrons de l'automobile, qui a été cité dans la presse récemment,
10:20a dit que ce débat sur le report du délai, justement, d'interdiction des moteurs thermiques,
10:25c'est à la fois contre-productif et perturbant pour le consommateur.
10:29Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ?
10:31Si je sais bien, c'était le CEO de Audi.
10:34Et il y a différents positionnements de différentes entreprises.
10:38Donc, Volkswagen a beaucoup investi.
10:40Aussi, Volvo a beaucoup investi.
10:42Donc, ils voient ça peut-être comme un avantage.
10:47Mais en réalité, je crois qu'il faut organiser une transition qui est bonne pour tout le monde.
10:53Et j'étais récemment en Chine.
10:55J'ai pu visiter des usines aussi de l'industrie automobile européenne.
11:01Et c'est ce qu'ils font.
11:02Ils font les deux en parallèle.
11:04Donc, je suis entré.
11:05On m'a dit, à gauche, on gagne notre argent.
11:09Et à droite, c'est le futur.
11:10Et donc, il faut permettre cette transition-là et ne pas être naïf.
11:15Il ne faut pas perdre notre secteur automobile comme on a perdu le secteur solaire vers les Chinois.
11:22Et donc, on ne peut pas seulement optimiser vers le CO2 seulement.
11:27Il faut aussi penser industrie.
11:29Il faut aussi penser de ne pas donner des arguments de plus à l'extrême droite qui aimerait bien utiliser ça.
11:36Oui.
11:37Et Sophie, vous pensez justement, en parlant de cette transition, est-ce qu'elle est aujourd'hui bien enclenchée ?
11:42C'est-à-dire, est-ce qu'on est sur la bonne voie ?
11:46Une grande, grande question.
11:48Je pense, voilà, après, c'est une opinion personnelle.
11:50Je pense qu'on n'est pas allé assez loin.
11:52Et on voit aussi quand même que dans tout ce qui était pacte vert dans le mandat précédent,
11:55après les élections européennes, on a maintenant tout ce qui est les simplifications.
11:59Et je ne suis pas sûre que juste déréguler, ça soit une bonne idée.
12:02Surtout que ce n'est pas basé non plus sur une évidence très claire que ça va augmenter la compétitivité, par exemple.
12:08Après, sur tout ce qui est automobile, je pense qu'il y a beaucoup qui doit venir aussi du secteur lui-même.
12:13Et on voit que pour l'instant, on a quand même une concurrence déloyale énorme de la part de la Chine et des Etats-Unis.
12:21On a un climat, une politique commerciale globale qui n'est plus là pour nous, alors qu'on est très dépendant des exports.
12:26Et donc ça, ça nous met dans une position qui est très difficile.
12:29Donc je pense qu'en fait, ça s'est accéléré et on n'a pas assez investi assez rapidement.
12:33Et d'ailleurs, on va en reparler avec le rapport Draghi.
12:35Mais je pense qu'il y a vraiment un problème politique où il faut mettre en place ces structures politiques pour avoir cette transition qui fonctionne.
12:42Justement, au niveau politique, la semaine dernière à Strasbourg, lors du discours sur l'état de l'Union, l'automobile a fait son apparition.
12:49Et un message clair a été adressé au secteur.
12:51La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, était assez passionnée. On la regarde.
12:57Millions d'Européens veulent acheter des cars affordables européens.
13:02Des millions d'Européens souhaitent acheter des voitures européennes abordables.
13:08Nous devons donc investir dans des voitures compactes et abordables, tant pour le marché européen que pour répondre à la forte augmentation de la demande mondiale.
13:15C'est pourquoi nous proposerons de collaborer avec l'industrie dans le cadre d'une nouvelle initiative en faveur des voitures compactes et abordables.
13:21Je pense que l'Europe devrait avoir sa propre voiture électrique.
13:24L'avenir de l'automobile et les voitures du futur doivent être fabriquées ici, en Europe.
13:29Le futur des cars et les cars du futur doivent être faits ici, en Europe.
13:35Alors, Lucien, quand vous regardez von der Leyen, alors c'est des choses qu'elle a déjà dites, on le sait,
13:41mais est-ce que c'est réaliste de le présenter de cette façon-là, cette petite voiture électrique dont elle parle ?
13:47Déjà, il faut souligner qu'elle dit très clairement que le futur de l'automobile est électrique et l'Europe doit en faire partie.
13:54Et je suis d'accord à ce que vous disiez, décarbonation ne peut pas rimer avec désindustrialisation.
13:59Donc, c'est une transition qui doit se faire avec l'industrie.
14:01Et l'industrie automobile européenne a aujourd'hui les moyens de réussir cette transition.
14:07Et ce n'est pas en hésitant et en essayant de freiner qu'elle va y arriver, d'ailleurs, comme je disais tout à l'heure.
14:12Mais pour la petite voiture électrique, ce que mentionne Ursula von der Leyen,
14:16donc ça, c'est une nouvelle initiative.
14:17On ne sait pas encore exactement ce qui va en sortir.
14:19Alors, nous, on espère que ce soit une initiative qui permette de vraiment booster le segment de la petite voiture électrique en Europe,
14:26car c'est ça dont on a besoin aujourd'hui pour faire pénétrer l'électrification dans le marché de masse.
14:31Voilà, les revenus, les ménages à bas ou moyens revenus, aujourd'hui, ils n'achètent pas des véhicules à 40 000 euros.
14:38Donc, c'est ce petit véhicule électrique plus abordable qui véritablement permettra à la transition électrique en Europe de passer la vitesse supérieure.
14:46Alors, on va revenir un peu sur les problèmes, véritablement, de cette voiture électrique.
14:50Mais du point de vue politique, et que là, je me tourne vers vous,
14:53et en tant qu'ancien secrétaire général aussi du Parti populaire européen, du PPE,
14:58il y a eu beaucoup de huées du côté du Parlement européen.
15:01Après le discours de von der Leyen, y compris de sa propre famille politique,
15:05et elle les a dérangées.
15:06Donc, le PPE, aujourd'hui, est-ce qu'il a raison de vouloir en découdre sur cette question ?
15:11Je crois que le PPE a compris, et peut-être que c'était une des premières forces politiques qui a compris,
15:18qu'on ne peut pas faire l'environnement contre l'économie et contre l'industrie.
15:23Parce que si on essaie ça, on va perdre notre démocratie.
15:26Et l'extrême droite en Allemagne et en France, on profiterait.
15:30Donc, on ne peut pas optimiser juste pour CO2.
15:35Il faut préserver notre industrie.
15:37Il ne faut pas être naïf.
15:39On a déjà perdu tellement de secteurs vers la Chine,
15:42qu'il est resté quand même principalement un pays qui travaille avec une industrie d'État.
15:48Ils ont signé sur la WTO, mais après, ils n'ont pas rempli les conditions.
15:55Donc, je crois que le PPE est sur le bon chemin.
15:59Elle a forcé la nouvelle commission de changer la direction
16:03et de voir l'environnement, l'économie et la démocratie ensemble.
16:09Mais le PPE est plutôt contre ce délai, justement, de l'interdiction des voitures à moteur thermique.
16:14Donc, vous, vous avez l'air de dire, au contraire,
16:16qu'il ne faut pas forcément être contre ?
16:18Je crois qu'il faut maintenir le cap de la décarbonisation,
16:24mais il faut être technologiquement neutre.
16:27Donc, il faut en discuter comment on peut y arriver.
16:30Si c'est 2035 ou pas, Mme von der Leyen a confirmé 2035.
16:35On a ajouté le projet des petites voitures.
16:38C'est ce qui est très proche au cœur du commissaire Séjourner.
16:42Volkswagen a déjà proposé qu'ils vont construire un modèle à 20 000 euros.
16:49Je suis sûr que les producteurs français et italiens seront capables de faire la même chose.
16:54Mais il faut faire la transition avec prudence pour qu'on ne perde pas encore un secteur.
16:59Transition avec prudence, Lucien ?
17:00Je voulais rebondir sur le point de la neutralité technologique qui est un peu utilisé aujourd'hui comme un totem.
17:05Ce qu'il faut savoir, c'est qu'aujourd'hui, les options de neutralité technologique,
17:11ça rime avec souvent des options qui sont plus chères,
17:14comme les hybrides rechargeables ou les carburants de synthèse ou certains biocarburants.
17:20Donc, malheureusement, souvent, derrière ces solutions de neutralité technologique,
17:24en fait, il y a une sorte presque d'écologie punitive
17:27parce que l'option la moins chère aujourd'hui, c'est le véhicule électrique.
17:32C'est les petits véhicules abordables dont on parlait tout à l'heure.
17:36Et donc, en fait, ralentir ce électrique et déployer des solutions comme les hybrides rechargeables
17:40qui coûtent aujourd'hui 50 à 60 000 euros en moyenne,
17:43ce n'est pas véritablement ça qui va permettre à la population et aux citoyens d'accepter cette transition.
17:50Justement, Lucien, parlons justement de la population et des citoyens.
17:52Et Sophie, je me tourne vers vous.
17:53Finalement, la vraie question, c'est aussi qu'est-ce que veulent les consommateurs ?
17:59Et peut-être que vous pouvez répondre à cette question compliquée.
18:01Je ne connais pas les sondages, je dois dire,
18:03que je vois avec le collègue de Tijani.
18:06Ce n'est pas toujours clair de savoir.
18:07Ce n'est pas toujours clair.
18:08Je pense que, voilà, pour rebondir sur ce que disait Klaus Welles,
18:12ce que je trouvais quand même intéressant,
18:13c'est qu'on a un problème structurel aussi de voir que la démocratie
18:16se soumet quand même aux lois du marché.
18:19Et ça, ça me paraît quand même très difficile.
18:21Ça me rappelle d'ailleurs ce que disait la chancelière Angela Merkel
18:23en allemand en disant la démocratie conforme au capitalisme,
18:26donc au marché.
18:27Je trouve que c'est un peu compliqué.
18:29Après, je dis que, bien entendu, on est dans la situation actuelle.
18:32Mais après, comment dire, la Commission et les institutions politiques européennes
18:37sont quand même démocratiques.
18:39Et elles ont le droit aussi de décider, en fait,
18:42puisque ce sont des élus.
18:43Et c'est eux qui décident de quelle réglementation on a.
18:46Et ce n'est pas nécessairement l'industrie.
18:48On doit travailler ensemble, mais il faut quand même faire une différence
18:50entre ceux qui sont élus et ceux qui décident pour les citoyens
18:53et ceux qui sont l'industrie.
18:55Qui, bien entendu, on a un pouvoir énorme,
18:57puisque c'est eux qui décident de l'économie
18:58et que ça joue un rôle important.
19:00Et aussi des emplois.
19:01Donc, ce n'est pas à ne pas prendre en compte.
19:03Mais il faut quand même faire la différenciation aussi
19:04entre ces deux choses.
19:05Alors, justement, un problème majeur pour les consommateurs aujourd'hui,
19:09lorsqu'ils envisagent de passer à l'électrique,
19:11est la peur de rester bloqués sans borne de recharge.
19:14Pour savoir si cette inquiétude est justifiée,
19:16nous avons parlé à Romain Deneyer,
19:18conseiller principal en immobilité chez EV Belgium.
19:21On l'écoute.
19:22Le principal obstacle aujourd'hui, c'est la perception.
19:28Et c'est un véritable problème que nous observons partout en Europe.
19:31Et cela, même si nous constatons que les prix d'achat des véhicules électriques baissent,
19:35qu'ils deviennent plus accessibles,
19:36et que ce que l'on appelle le coût total de possession
19:38est chaque jour plus avantageux,
19:39voire souvent plus avantageux que celui d'autres types de véhicules.
19:47Le deuxième obstacle que nous observons aujourd'hui,
19:51c'est la présence d'infrastructures de recharge,
19:53qui est toujours perçue comme un problème.
19:55Bien que nous ayons célébré les 1 million de points de recharge en Europe,
19:57nous savons qu'il existe encore certaines régions
19:59où des problèmes persistent,
20:00mais cela devrait s'améliorer dans les années à venir.
20:05Alors justement, avant de parler un peu de ce problème des bornes de recharge,
20:09Lucien, justement, ce qu'on entend de cette vidéo,
20:12c'est le problème de perception.
20:14Est-ce que les gens, vous pensez aujourd'hui,
20:15ne se rendent pas réellement compte
20:17du potentiel qu'il y a dans la voiture électrique ?
20:21Oui, il y a la question de la perception,
20:23c'est un vrai sujet,
20:24notamment lié aux infrastructures de recharge.
20:26Il faut savoir qu'aujourd'hui,
20:29le réseau européen commence à être plutôt bien couvert.
20:3280% du réseau autoroutier
20:34est couvert avec de la recharge ultra rapide.
20:37Mais dans trois pays principaux.
20:38Il y a encore du travail à faire,
20:40mais comme ça a été dit tout à l'heure,
20:41on vient de passer le 1 million de points de recharge public,
20:44ça avance très vite,
20:45et on va continuer à ce rythme
20:46et atteindre 2 millions en 2030.
20:48Oui, alors après, Sophie,
20:50est-ce que justement ce problème de borne de recharge,
20:52est-ce que c'est une inquiétude légitime
20:54pour les citoyens, justement ?
20:55Oui, après, je pense que, comment dire,
20:57il faut bien entendu voir les vœux des consommateurs,
20:59en même temps, il faut voir aussi ce qu'on leur offre.
21:01Et c'est toujours une question
21:02en ce qui concerne les prix,
21:04en ce qui concerne l'infrastructure.
21:05Et peut-être un point qu'on n'a pas encore abordé,
21:07mais je pense qu'on a un problème en Europe
21:09du fait que notre marché soit encore extrêmement fragmenté.
21:11On a un marché unique,
21:12mais l'harmonisation ne se fait pas nécessairement
21:14sur tout ce qui est réglementation technique
21:15et surtout sur la fiscalité.
21:17Donc, en gros, on a encore beaucoup de réductions
21:19de coûts à faire sur ça,
21:20si on travaillait ensemble
21:22et si aussi on avait une politique industrielle
21:24plus stratégique au niveau européen.
21:26Mais là, on voit qu'on a tout de suite des problèmes.
21:28Alors, ce que je comprends,
21:29c'est qu'il faut cette transition prudente
21:31et il faut développer aussi les bornes de recharge.
21:33C'est important, vous l'avez dit.
21:35C'est donc sur ce point que nous pouvons
21:36clore cette discussion.
21:38Merci beaucoup à notre panel d'avoir été avec nous.
21:41Ne bougez pas, car après une courte pause,
21:43nous parlerons de l'économie
21:44et du rapport de Mario Draghi.
21:45Un an plus tard, où en est-on ?
21:48La situation de l'UE est-elle pire qu'avant ?
21:50À très vite.
21:59Heureuse de vous retrouver sur le plateau de Bruxelles.
22:02Je t'aime avec nos trois invités ici présents.
22:04Alors, cette semaine, Mario Draghi est venu à Bruxelles
22:07pour rappeler aux législateurs qu'il y a un an,
22:09il avait averti lui-même que l'UE risquait de mourir à petit feu
22:13si elle ne s'engageait pas dans une profonde refonte
22:16et une simplification de ses règles,
22:18si elle n'améliorait pas l'accès au financement
22:20et ne facilitait pas la vie des start-up
22:23et des entreprises en croissance.
22:25Dans un discours franc cette année,
22:27l'ancien chef du gouvernement italien a affirmé
22:29qu'un an plus tard, l'Europe est dans une situation
22:31encore plus difficile et que sans nouvelles dépenses,
22:35la dette publique européenne
22:36augmentera de 10 points de pourcentage
22:38dans la prochaine décennie.
22:40Alors, Sophie, je me tourne vers vous.
22:42Qu'est-ce qui a véritablement changé
22:43depuis la publication du rapport Draghi
22:46il y a un an ?
22:46La Commission a eu une année très difficile.
22:49On l'a vu cet été, par exemple,
22:50avec l'accord commercial qui a été fait
22:52avec les Etats-Unis, qui a été extrêmement critiqué.
22:55Il y a eu aussi le dialogue stratégique sur l'automobile
22:58en sachant que notre industrie va mal.
23:00Il y a quand même eu un Clean Industrial Deal,
23:03donc un pacte industriel vert
23:05qui a été mis en place à partir de mars.
23:07Mais bien entendu, il faut l'implémenter.
23:09Donc ce n'est pas évident.
23:11Et quand j'ai vu les chiffres,
23:12à peu près on dit que 14% du rapport l'Etat
23:15a été mis en place pour l'instant.
23:17Après, la Commission a encore jusqu'à 2029
23:19quand même pour faire des législations.
23:21Et je dois aussi dire que ces journées,
23:23donc le commissaire disait que c'était
23:24une doctrine économique européenne,
23:26il ne faut pas oublier qu'il y a eu aussi
23:28d'autres rapports, le rapport l'Etat, le rapport l'Uniste.
23:30Donc ce sont des rapports que la Commission peut utiliser
23:33comme elle bon lui semble,
23:34puisque Mario Draghi n'est pas élue à la Commission européenne.
23:38Et c'est bien entendu à la Commission de décider aussi
23:40ce qu'elle semble bien, en fait,
23:42ce qu'elle doit mettre en place ou pas.
23:43Alors justement, vous dites que Mario Draghi n'est pas élue,
23:45mais on a l'impression qu'il agit un peu
23:47dans l'Union européenne comme une sorte de fantôme
23:50qui est là pour rappeler un peu
23:52ce que l'Union européenne devrait faire.
23:53Je pense que vous êtes d'accord avec ça, Klaus.
23:55Mais pourquoi il était si pessimiste, en fait,
23:58dans son dernier discours, justement ?
23:59Est-ce qu'on n'a pas suffisamment suivi
24:03les recommandations de Draghi ?
24:04Je crois que ça se prépare,
24:05mais il manque un peu les actions d'urgence.
24:09Et Ouzola von der Leyen, je crois,
24:11elle a bien dit,
24:12on parle 15% de tarifs
24:14avec la douanière, avec les Etats-Unis,
24:17mais les obstacles non tarifaires
24:19à l'intérieur de l'Union européenne
24:22sont bien plus élevés, 45% pour les produits
24:26et 110% pour les services.
24:29Ça veut dire qu'on a, en réalité,
24:32perdu une bonne partie de notre marché antérieur.
24:35Et c'est ce qu'il faut,
24:36ce n'est pas une mesure ici
24:37et une autre mesure là,
24:40mais c'est ce qu'il faut,
24:40c'est un nouveau plan dès lors,
24:43comme on a fait il y a 30 ans.
24:45Et ça, il n'y a pas.
24:46Donc, il y a des mesures isolées,
24:48mais il faut une grande planification
24:51ensemble avec les chefs d'Etat et de gouvernement.
24:54Pourquoi ?
24:55Parce que c'est eux les responsables.
24:57C'est eux qui ne veulent pas unifier.
24:59C'est eux qui ne veulent pas changer la législation.
25:02Jacques Delors, dans le temps,
25:03l'a fait ensemble avec Helmut Kohl et Mitterrand.
25:06Il faut quelque chose de cette même envergure.
25:09Alors, justement, un plan Delors,
25:11vous êtes d'accord, Lucien,
25:12justement, dans votre secteur,
25:16qui est surtout l'automobile,
25:17est-ce qu'il faut cette dynamique-là ?
25:20Oui, c'est vrai.
25:20Donc, il y a aujourd'hui un manque d'urgence.
25:22Il faut accélérer sur la mise en œuvre.
25:24Ça, c'est au niveau des États membres et du Parlement
25:26que là, il faut vraiment accélérer.
25:28Mais il y a aussi un manque d'ampleur.
25:31Ce qu'il y a besoin,
25:31c'est quand même une politique industrielle très forte
25:34avec des investissements massifs.
25:37Il faut regarder que le rapport Draghi,
25:38quand même un des piliers,
25:39il se base sur le fait que la compétitivité,
25:42ça va ensemble avec la décarbonation.
25:44Donc, ça place vraiment ce tandem au cœur
25:47de sa politique industrielle.
25:50Ce qu'il faut faire aujourd'hui,
25:51notamment dans le secteur des technologies vertes,
25:54alors ça va être les batteries,
25:55les véhicules électriques,
25:56les composants électriques,
25:57l'acier vert, les panneaux solaires,
25:59il y a besoin d'aide à la production.
26:03C'est ce qu'on a dans l'IRA américain,
26:05le Inflation Reduction Act,
26:06qui est ce plan américain
26:07de subvention massive à l'industrie.
26:10Aujourd'hui, c'est de ça dont on a besoin,
26:11notamment pour l'industrie des batteries,
26:13si on veut qu'elles puissent survivre
26:15et se déployer et monter à l'échelle en Europe.
26:18L'une des priorités justement fixées par Draghi,
26:21c'est de combler le retard d'innovation
26:23dans les technologies avancées.
26:25Mais cela a été contesté par Michael Pinto,
26:27directeur général de Circular Materials,
26:30une entreprise spécialisée
26:31dans les matériaux climatiquement positifs
26:33pour la construction.
26:35On l'écoute.
26:35Le problème ne réside pas dans un manque d'innovation.
26:40Les Européens sont très innovants.
26:41Ce dont nous avons besoin,
26:43c'est de faciliter la mise à l'échelle
26:44et la commercialisation des technologies
26:45que nous développons
26:46et de les garder ici sous forme d'entreprise.
26:48Et la réponse à cette question
26:50est évidemment de s'attaquer à la fragmentation.
26:52Nous devons faire de l'Europe
26:53un marché unique sans friction
26:54qui profite à l'ensemble
26:56des 450 millions de citoyens.
26:57Et pour cela,
26:58tous les acteurs doivent jouer le jeu.
27:00Il ne s'agit pas seulement
27:01de la Commission européenne.
27:02Il s'agit en fait des États membres,
27:04des régions au sein de chaque pays.
27:05Et nous devons en faire
27:06une proposition attrayante
27:07pour les investisseurs.
27:12Justement Sophie,
27:13Draghi, lui, il affirme
27:14que l'UE doit promouvoir
27:15les technologies de pointe,
27:17quantique, biotechnologie,
27:19robotique, spatiale.
27:20Mais est-ce qu'on a vraiment
27:21les chances d'y exceller
27:24dans ces domaines-là ?
27:25Oui, on a ce qu'il faut.
27:26On a des universités,
27:28on a l'innovation,
27:28on a une industrie.
27:29Le problème qui a déjà été mentionné,
27:31c'est vraiment cet approfondissement
27:32du marché unique
27:33et aussi le fait
27:34que les États membres,
27:35et c'est pour ça que c'est important
27:36aussi de faire la différenciation
27:37avec la Commission
27:37qui essaye de proposer,
27:39mais elle ne peut rien faire
27:40sans les États membres.
27:41Et en fait,
27:41il y a un manque d'urgence
27:42dans les États membres
27:43de vraiment comprendre
27:44qu'on est dans une situation
27:45où il faut vraiment
27:46un plan de l'or
27:47ou un plan,
27:48dans ce cas-là,
27:48Van der Leyen,
27:49Draghi,
27:50pour avancer.
27:51Et je pense que le problème
27:52qui a été mentionné,
27:53le fait qu'on n'arrive pas
27:54à mettre à échelle
27:55à commercialiser,
27:56on le voit avec par exemple
27:57les startups
27:57où il y a beaucoup d'idées
27:58qui sont créées en Europe
27:59et après,
28:00ils partent aux États-Unis
28:00pour s'agrandir.
28:02Et ça,
28:02ce n'est pas faisable pour nous
28:04puisque ce n'est pas nous
28:04qui profitons au final
28:05et ce n'est pas notre économie
28:06qui y profite
28:07alors que c'est nous
28:08qui avons inventé les idées
28:09et puis voilà,
28:10faites cette innovation
28:12qui est nécessaire
28:13dans l'économie.
28:14Alors justement,
28:14Klaus,
28:15il y a une autre chose
28:16que Draghi a dit,
28:16c'est qu'il fallait mettre
28:17en pause l'AI Act
28:19qui est vraiment
28:20l'acte fondateur
28:21de la régulation
28:22sur l'intelligence artificielle.
28:24Est-ce que c'est
28:25une proposition selon vous
28:26qui...
28:28Est-ce qu'il doit faire
28:30ce genre de proposition ?
28:31Est-ce que vous êtes d'accord ?
28:32Je crois que c'est
28:32ce qu'il a voulu dire.
28:34Il faut mettre fin
28:35à cette idée
28:36que nous,
28:37on met des règles
28:39sur tous les risques
28:40et on ne prend plus les risques.
28:42Et là,
28:43dans ce sens-là,
28:44je suis d'accord.
28:46On est une société
28:48qui est vieillissante
28:49et des sociétés vieillissantes
28:51n'aiment pas le risque.
28:52Mais de ne pas prendre le risque,
28:53c'est le plus grand risque.
28:54Et on est un peu là.
28:56Nous,
28:56on fait les règles
28:57pour l'intelligence artificielle,
29:00mais la croissance
29:02se fait ailleurs.
29:03Et je suis d'accord
29:04avec Sophie.
29:05Donc,
29:05il y a beaucoup de jeunes
29:06qui sont très qualifiés
29:07des universités
29:08qui peuvent établir
29:10leur petite entreprise
29:11jusqu'à 50 personnes
29:12et après,
29:13quand ils veulent
29:13avoir la vraie croissance,
29:16ils doivent se mettre
29:16en États-Unis.
29:17Et ça,
29:18c'est pas juste.
29:18Et c'est pour cela
29:19qu'il faut un nouveau
29:20plan de l'or,
29:21plan Van der Leyen
29:22et pas des mesures isolées.
29:24justement,
29:25prendre plus de risques
29:26et mettre en place
29:27ce grand plan de l'or.
29:29C'est sur ce point
29:30que nous pouvons conclure
29:31cette conversation.
29:32Merci infiniment
29:33à notre panel
29:34d'avoir été avec nous
29:35et merci à vous
29:35de nous avoir suivis.
29:37A très bientôt
29:37sur Euronews.
29:38Heureuse de vous retrouver
29:47sur le plateau
29:48de Bruxelles Je T'aime
29:49avec nos trois invités
29:50ici présents,
29:51Lucien Mathieu,
29:52directeur pour l'ONG
29:53Transport and Environment,
29:55Klaus Veil,
29:56ancien secrétaire général
29:56du Parlement européen
29:57et maintenant au Think Tank
29:59Wilfried Martin Center
30:00et Sophie Porch-Legel
30:01du Think Tank
30:02Das Progressive Centrum.
30:03Alors justement,
30:04un élément qui a retenu
30:05l'attention,
30:06surtout dans la presse belge,
30:08c'est une proposition
30:08pour déployer des soldats
30:10dans les rues de Bruxelles
30:11afin de lutter contre
30:12la criminalité liée
30:14à la drogue.
30:15Le plan porté par le ministre
30:16de l'Intérieur,
30:17Bernard Quintin,
30:18prévoit également
30:19un investissement
30:20de 20 millions d'euros
30:21pour déployer
30:22un vaste réseau
30:23de caméras de sécurité.
30:25Alors je me tourne
30:25vers vous Klaus,
30:26est-ce que c'est une bonne idée
30:27selon vous ?
30:28J'habite dans le centre
30:29de Bruxelles
30:29et moi personnellement
30:30je n'ai pas besoin
30:31pour dire ça.
30:32D'avoir des soldats
30:34autour de vous.
30:34Voilà.
30:36Mais je crois
30:37qu'il faut voir
30:37c'est la conséquence
30:39de quoi ?
30:39C'est la conséquence
30:41des guerres
30:42des gens
30:43qui sont dans la drogue,
30:45dans le trafic de drogue.
30:46Et Envers
30:47est devenu
30:48un des ports principaux,
30:49si pas le port principal
30:50en Europe
30:51pour l'importation
30:52de la drogue,
30:53spécifiquement du cocaïne.
30:55Et c'est ces bandes
30:57de drogue
30:57qui se bataillent
31:00entre eux
31:01avec
31:03les kalachnikovs
31:05et tout cela.
31:06Il faut bien dire
31:07aux spectateurs français
31:09que ce n'est pas dangereux
31:10de se rendre
31:10à Bruxelles.
31:11Mais quand même,
31:12c'est dangereux,
31:14mais c'est le signal
31:15d'un problème
31:16beaucoup plus grave
31:17et c'est la cocaïne
31:18et c'est la mafia
31:19de cocaïne.
31:20C'est un prême européen.
31:21Alors justement,
31:21pour savoir
31:22ce que les habitants
31:23de Bruxelles pensent
31:24de l'idée
31:25de voir des soldats
31:26patrouillés
31:26dans leurs rues
31:27pour lutter
31:27contre la criminalité,
31:29nous sommes allés
31:29à leur rencontre
31:30dans la capitale.
31:31On écoute.
31:32Je ne suis pas sûre
31:33que cela me rassurerait.
31:36Je pense que cela
31:36attirerait davantage
31:37l'attention.
31:38Il est un peu naïf
31:39de penser que la violence
31:44liée à la drogue
31:44ou les problèmes
31:45de drogue à Bruxelles
31:45sont isolés,
31:46alors que nous avons
31:47bien sûr une autre ville
31:48comme Anvers,
31:49qui est très proche
31:49et où il y a aussi
31:50des problèmes
31:51avec le port.
31:55Nous avions déjà
31:56des soldats
31:56après les attentats
31:57terroristes de Bruxelles.
31:58Donc je pense que oui,
31:59cela donnerait peut-être
31:59un sentiment de sécurité
32:00supplémentaire.
32:03Cela ne ferait qu'empirer
32:04les choses,
32:04l'insécurité
32:05et la violence,
32:06car je pense que les soldats
32:07sont des soldats
32:07et qu'ils sont entraînés
32:08pour combattre.
32:09Donc je pense que cela
32:09n'aiderait en rien.
32:12Alors c'est drôle,
32:13on le voit justement
32:13dans cette vidéo,
32:14c'est un sujet
32:14qui divise justement.
32:16Alors Sophie,
32:17comme le disait Klaus Bruxelles,
32:18c'est quand même 57 fusillades
32:20cette année,
32:21dont 20 l'été dernier.
32:22Ce n'est pas un phénomène isolé,
32:24mais est-ce que justement
32:24déployer des soldats,
32:26ça règle le problème ?
32:27Pour moi, non.
32:27Je ne vois pas comment
32:28est-ce qu'un déploie
32:29de soldats
32:30avec des armes à feu
32:31va aider un problème
32:32qui est là depuis longtemps.
32:34Et on sait par exemple
32:35que le procureur du roi
32:36de Bruxelles a dit
32:38qu'il fallait des investissements
32:39massifs dans la justice,
32:40qu'il y avait des problèmes
32:41dans les prisons,
32:42qu'on n'a pas assez investi
32:43dans la réinsertion sociale aussi,
32:45qu'on a des problèmes
32:46d'inégalité et de pauvreté
32:47qui sont toutes la base
32:48pour avoir un trafic
32:48de drogue aussi important.
32:50Plus, comme l'a déjà dit
32:51Klaus Veller,
32:52qu'on a des problèmes
32:52au port d'Anvers.
32:53Donc je pense que c'est
32:55une méthode à court terme
32:57d'essayer de trouver
32:58une solution
32:58qui n'en est pas vraiment une
33:00au lieu d'investir
33:01dans les vraies choses
33:02qui aideraient à ce programme.
33:03Justement Lucien,
33:04c'est ce que vous dites Sophie,
33:06au lieu de dépenser plus d'argent
33:07dans la traque et la surveillance,
33:09est-ce qu'il ne faudrait pas
33:10plutôt investir
33:11justement dans le système judiciaire
33:13pour que les criminels
33:13soient vraiment punis ?
33:15Oui, je suis tout à fait d'accord.
33:17Je pense que ce n'est pas
33:17en mettant l'armée dans les rues
33:19qu'on va régler le problème
33:21et s'attaquer aux causes
33:22de la violence.
33:24En plus, ce n'est pas forcément
33:25leur mission première à l'armée.
33:28Ils ne sont pas forcément équipés
33:29ou formés pour faire des contrôles
33:32et patrouiller dans les rues.
33:33Donc, ça nécessite en plus
33:36une collaboration
33:37et un cadre légal.
33:39Alors, aujourd'hui,
33:40ça apparaît plutôt
33:40comme une solution court-termiste
33:42et qui ne s'attaque pas
33:44aux causes structurelles.
33:45Donc, on a vraiment besoin
33:46de ces solutions structurelles
33:47qui sont, voilà,
33:49démanteler les réseaux criminels,
33:51investir dans la police judiciaire
33:52et tout ça au niveau européen également.
33:55Klaus, est-ce d'accord avec ça ?
33:57Justement, peut-être changer
33:58ce cadre judiciaire
33:59qui est plus important même
34:00que de déployer des soldats ?
34:02Je crois.
34:03Et les pays qui ont lutté
34:05avec succès contre la drogue,
34:07ils ont fait spécifiquement
34:09avec des mesures
34:10dont les lois financières,
34:12par exemple, en Italie.
34:13Et si je peux rajouter aussi,
34:15c'est quand même pas normal aussi
34:16d'avoir autant de fusillettes.
34:17Ça veut dire aussi
34:17qu'il y a des armes à feu
34:18qui sont illégales,
34:19qui sont en Belgique.
34:21Et on voit que ça vient
34:22de l'ex-Yougoslavie,
34:23des pays paletiques
34:23et ça risque d'augmenter
34:24aussi avec l'Ukraine.
34:25Donc là, je pense qu'il faut aussi
34:26des réglementations plus fortes.
34:28Et aussi, un deuxième point
34:29sur la police,
34:30on voit que la Belgique
34:31est un état très fédéral
34:32et ça risque aussi
34:34de ne pas avoir
34:35les moyens suffisants
34:36pour un problème
34:37du crime organisé
34:38qui est vraiment
34:39à un niveau absolument
34:40international et mondial.
34:42Après, peut-être,
34:43justement,
34:43ce qu'on entend aussi,
34:45c'est que le soldat
34:45a quand même
34:46un espèce de rôle
34:47un peu dissuasif
34:48pour les gens,
34:48plutôt même que la police.
34:49Si on pense
34:50à la perception populaire,
34:52est-ce que vous ne pensez pas
34:52justement que ça joue
34:54peut-être dans la psyché collective,
34:55cette idée de protection ?
34:57Ça pourrait avoir
34:58un effet dissuasif.
34:58Je ne suis pas expert
34:59du sujet,
35:01mais ce qui est sûr,
35:02c'est que ça reste
35:03des solutions
35:03au court terme.
35:04Oui, on parle
35:05en tant que citoyen, là.
35:06Oui, ça reste
35:07des solutions au court terme.
35:09Et en tant que citoyen,
35:09je me dis aussi
35:10que ce qui pourrait aider
35:12à coordonner tout ça,
35:13ce serait quand même
35:13d'avoir un gouvernement
35:14à Bruxelles,
35:15chose qu'on n'a pas
35:16depuis plus d'un an.
35:18Donc, ça pourrait aider
35:18aussi à la coordination
35:19entre les services de police,
35:21avec la police judiciaire,
35:22etc.
35:22Oui, parce qu'on sait
35:24qu'à Bruxelles,
35:24tout est très compartimenté.
35:27Donc, on aurait l'armée.
35:28Est-ce que vous pensez,
35:29vous, Klaus,
35:29que justement,
35:30c'est dissuasif,
35:31l'armée dans les rues,
35:33en tant que citoyen ?
35:34Non, je ne crois pas
35:35en général.
35:36Quand j'étais secrétaire général
35:37du Parlement,
35:38on a eu cet soutien-là
35:40après un acte terroriste.
35:41Oui, parce que les soldats
35:43sont très associés aussi
35:44dans l'esprit des gens
35:45aux actes terroristes
35:46puisqu'ils sont en France aussi.
35:48Oui, je crois plutôt
35:49la décision qu'on a prise
35:52de mettre les six districts
35:56policiers ensemble,
35:59ça, c'est quelque chose
36:00qui pourrait aider.
36:01Oui.
36:01Vous êtes d'accord avec ça,
36:03Sophie, justement ?
36:03Oui, je pense qu'il faut
36:04avoir une force unifiée
36:05contre le crime organisé
36:07international.
36:07Ça, c'est important.
36:08Et peut-être aussi
36:09pour rappeler quand même
36:10qu'il y a eu un ministre
36:11de la justice
36:12qui a été mis sous
36:13protection policière
36:14à cause justement
36:15d'enlèvements,
36:17enfin de peur,
36:18de menaces d'enlèvements
36:19de part des trafiquants
36:21de drogue.
36:21Donc c'est vraiment
36:22un problème en fait
36:23qui est assez important
36:25en Belgique
36:25et je ne vois pas
36:26pour l'instant
36:26les solutions politiques
36:27malheureusement,
36:28non seulement au niveau
36:29régional Bruxelles
36:30mais aussi au niveau
36:30fédéral.
36:31Est-ce qu'il n'y a pas
36:31justement un risque
36:32qu'on fasse aussi
36:33disparaître peut-être
36:34la police au profit
36:35de l'armée
36:35si jamais on développe
36:37cette alternative ?
36:38C'est pour ça que je soulignais
36:40que le plus important
36:41c'est quand même
36:41l'investissement
36:42dans la police,
36:43la formation de la police,
36:45la collaboration
36:45avec la police judiciaire,
36:47l'investissement aussi
36:47dans la police judiciaire,
36:48la prévention,
36:49c'est tout ça
36:50les solutions en fait
36:50structurelles
36:51qui sont nécessaires
36:52et qui peut-être
36:53dans le futur
36:54éviteront d'arriver
36:55à ces moments de crise
36:55où on en vient
36:56à des solutions
36:57de dernier recours
36:58qui sont
36:59intervention de l'armée.
37:00Alors si j'ai bien compris
37:01nos invités ici
37:02vous n'êtes pas vraiment
37:03d'accord sur l'idée
37:04d'avoir des soldats
37:05dans les rues
37:06en tout cas à Bruxelles
37:07et c'est donc sur cette note
37:08que s'achève l'émission
37:09Bruxelles je t'aime
37:10merci à nos trois invités
37:12et à tous ceux
37:13qui nous regardent
37:14de chez eux
37:14si vous voulez continuer
37:15la conversation
37:16sur le sujet
37:17de votre choix
37:17n'hésitez pas
37:18à nous écrire
37:19à bruxellesjetaime
37:20at euronews.com
37:21ou à nous contacter
37:22via les réseaux sociaux
37:23à la semaine prochaine.
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