00:007h47, drôle d'époque sur Sud Radio avec vous, Françoise de Goye.
00:04Bonjour, Patrick.
00:04Comme chaque jeudi, bonjour.
00:07En ce jour de mobilisation syndicale, vous nous dites drôle d'époque parce qu'il y a une expression qui est assez dure,
00:14c'est la tête contre les murs. Expliquez-nous ce que vous voulez dire.
00:19Bah écoutez, oui, c'est à se taper la tête contre les murs.
00:22Ces mouvements syndicaux, absolument pas les manifestations, les mobilisations, la grève, pas du tout.
00:27J'entends bien sûr toujours les mêmes parler des Français pris en otage.
00:30Les coups de manteau à nouveau ce matin, comme je le regardais du ministre de l'Intérieur,
00:34qui annonce que les policiers ont ordre d'aller au contact.
00:37Les gros yeux habituels des premiers flics de France, il n'est pas le premier, il ne sera pas le dernier.
00:42Pourquoi je dis la tête contre les murs ? Parce que ce pays peut mettre 200 000 personnes,
00:471 million, 3 millions de gens dans la rue.
00:49Les syndicats n'obtiennent jamais rien ou des miettes.
00:53On peut faire la liste, elle est assez courte.
00:55Les 15 dernières années, regardez la réforme des retraites.
00:58Des millions de gens dans la rue.
01:00Et hop, on la passe au 49-3.
01:02Souvenez-vous, parce que ce n'est pas l'apanage d'Emmanuel Macron,
01:05des lois travail, reproduction en 2016 de François Hollande et Emmanuel Valls.
01:09Des manifs et des manifs.
01:10Et hop, le 49-3 à trois reprises.
01:13À trois reprises.
01:14Il y a donc une forme d'épuisement de l'un des piliers de la République française.
01:18Car on oublie toujours que la France est d'abord et avant tout une république sociale.
01:23Un découragement, elle est manifestée dans les rues.
01:25Car depuis une vingtaine d'années, en fait, les gouvernants n'entendent pas, n'écoutent pas,
01:29et refusent de donner ce fameux grain à moudre, vous vous en souvenez, Patrick,
01:33au syndicat dont parlait André Bergeron, l'ancien leader de Force Ouvrière.
01:37Oui, c'est vrai.
01:37Mais alors la faute à qui, Françoise ?
01:39Ah, il est de bon temps de dire que les syndicats français sont indécrutables.
01:42Là, si seulement ils étaient comme les syndicats d'Europe du Nord,
01:45des syndicats matures, eux, et qui passent des compromis.
01:47Eh bien, moi, je veux casser ce matin la tête à cette idée reçue.
01:51Pour négocier, il faut être deux.
01:53Pour passer des compromis, il faut être deux.
01:55Quand vous avez en face de vous, comme depuis huit ans, sous le règne d'Emmanuel Macron,
01:59ou deux ans quand Manuel Valls était à Matignon,
02:01des dirigeants politiques qui promènent littéralement le chien,
02:04se moquent de vos revendications,
02:06multiplient les réunions pour enterrer ces revendications,
02:10ne veulent pas bouger un iota de leur position.
02:13Qu'avez-vous donc à négocier ?
02:15Rien.
02:16Et je ne parle même pas de la CGT, qui est considérée comme radicale.
02:19La CFDT vous le dit.
02:20Laurent Berger, Marie-Lise Léon, sont des gens raisonnables.
02:23Eh bien, ils vous disent, on ne peut plus avancer sur le champ de la négociation sociale.
02:28Voilà un Premier ministre aujourd'hui, Sébastien Lecornu,
02:30qui va affronter la colère de la rue.
02:33Mais pourquoi est-ce que la rue est en colère ?
02:34On se demande bien pourquoi.
02:36Sébastien Lecornu est issu d'une majorité qui a été battue, rebattue,
02:39et archi-battue depuis 2022.
02:42On resserre Lecornu.
02:44Bien sûr que les revendications du jour, il va les balayer.
02:47Il va les balayer, évidemment, comme son prédécesseur,
02:50évidemment comme Bayrou, évidemment comme Édouard Philippe,
02:52évidemment comme Manuel Valls.
02:54Il va les balayer.
02:55Pourquoi ? Parce que tous les canaux institutionnels,
02:58les canaux de régulation sociale,
03:00sont irrémédiablement bouchés depuis des années.
03:03Ils sont bouchés.
03:04Je ne dis pas que les dirigeants sont bouchés,
03:06mais je ne suis pas loin.
03:07Non mais Patrick, sérieusement, je ne suis pas loin de le dire.
03:10Et gauche-droite confondue.
03:11Excusez-moi, je mets tout le monde dedans.
03:13Résultat, quand vous bouchez la rivière sociale,
03:15elle sort de son lit.
03:16Et ça donne quoi ?
03:17Les gilets jaunes et l'idée malsaine quand même Patrick.
03:20Et qui consiste à penser qu'on obtient tout
03:22en cassant l'arc de triomphe.
03:24C'est ça le sujet.
03:25Donc oui, aujourd'hui, c'est la tête contre les murs,
03:28mais ces revendications ont une vertu première,
03:31canaliser aussi un peu la colère des Français.
03:34Jusqu'à quand ?
03:34Bon, vous revenez tout à l'heure à 8h30,
03:38on en reparlera, on en débattra.
03:38Elisabeth ne sera pas d'accord avec ça.
03:40Non, je pense qu'elle ne sera pas d'accord.
03:41Je le sais déjà.
03:42Vous l'avez évoqué, j'aimerais qu'on y revienne aussi,
03:45tout à l'heure à 8h30,
03:47c'est le taux de syndicalisation en France.
03:49Très faible, très faible.
03:50Par rapport à l'Europe du Nord, très faible, bien sûr.
03:52C'est l'un des plus bas.
03:53Il est à 10%,
03:55dans le privé, il est à 8%,
03:59dans le public, il est un peu plus élevé, à 20%.
04:01Et quand on regarde, en Italie, on est à 30%,
04:04en Allemagne, on est beaucoup plus, évidemment.
04:06On est à 50-60 dans les pays nordiques.
04:08Donc, c'est aussi l'un des problèmes.
04:10C'est l'un des problèmes, d'accord.
04:12Jean-François Aquili, vous l'avez entendu,
04:14votre invité politique tout à l'heure à 8h15.
04:16C'est à 8h15, maintenant, notre invité politique, bien sûr.
04:19Sébastien Chenu, député RN du Nord,
04:21qui est vice-président du Rassemblement National.
04:23Nous nous poserons la question,
04:24est-ce que le RN,
04:26qui est un parti qui souhaite l'ordre républicain,
04:30soutient ces journées de mobilisation
04:32où le peuple descend dans la rue ?
04:34Ah oui.
04:35Est-ce qu'il soutient ?
04:36Bonne question.
04:36Oui.
04:36Bonne question.
04:37Réponse tout à l'heure à 8h15, mon cher Jean-François Aquili.
04:40Dans un instant, ils ont toujours raison,
04:42les chevaliers du fiel.
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