- il y a 4 mois
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00:00Bienvenue au Cœur du crime, un podcast issu des archives d'Europe 1.
00:11Savez-vous que plus d'un tiers des crimes et délits commis en France sont traités par la Gendarmerie Nationale ?
00:19Je m'appelle Yann Kermadek, je suis commandant de gendarmerie.
00:25Je dirige une section de recherche dont la mission essentielle est une mission de police judiciaire.
00:41L'histoire que je vais vous raconter est une histoire vraie.
00:46Tous les faits sont réels et se sont déroulés en France.
00:50Seuls, les noms des personnes et des lieux ont été changés.
00:55La Mercedes roulait à vive allure.
01:02En entrant dans l'agglomération, elle ralentit respectant ainsi la limitation de vitesse.
01:09Il y avait beaucoup de monde sur la route ce jour-là, en raison des retours de week-end.
01:15Les citadins étaient, comme d'habitude, partis aux mêmes heures et se retrouvaient tous ensemble, comme chaque dimanche soir, sur la route.
01:23Mais la Mercedes roulait en sens inverse du courant de circulation le plus important.
01:29Et elle se mit à reprendre de la vitesse.
01:32Soudain, elle quitta la chaussée sur sa droite, percuta le pylône électrique implanté à l'angle d'une rue,
01:38rebondit et alla s'écraser contre le mur d'une maison.
01:41En quelques secondes, elle s'embrasa et se transforma en une torche géante.
01:45Quelques automobilistes, qui s'étaient arrêtés, horrifiés devant le véhicule en flamme,
01:51n'essayèrent en vain d'éteindre le feu avec des extincteurs.
01:55Quand ils purent enfin s'approcher de la Mercedes, ils ne trouvèrent plus qu'un corps carbonisé.
02:01Dès leur arrivée sur les lieux, les gendarmes de la brigade de Vaudrémont constatent que l'intérieur de la voiture est complètement détruit par le feu.
02:13Le conducteur, seul occupant du véhicule, est retrouvé allongé sur les sièges avant, entièrement carbonisé et donc difficilement identifiable.
02:28La voiture, une Mercedes, est immatriculée en Allemagne.
02:35La carrosserie et le moteur sont gravement endommagés sur tout l'avant par suite du choc contre le pylône et le mur.
02:41Une partie du mur, défoncée par la Mercedes, s'est écroulée dans le fossé bordant la route.
02:48À peine arrivés sur les lieux, les gendarmes sont absorbés par les premières mesures à prendre.
02:54Alerter les pompiers, faire venir un médecin, prévenir le commandant de compagnie,
03:00appeler un garagiste, faire évacuer le corps, réguler la circulation et protéger les lieux.
03:06Bref, la routine.
03:08Mais, hélas, tout cela est difficilement mis en place dans la cohue d'un retour de week-end.
03:15C'est le commandant de compagnie, le commandant Larniac, qui m'avait téléphoné.
03:21Larniac était un excellent homme, très bon officier.
03:25Il était en place dans la région depuis près de trois ans.
03:28Il arrivait de son béarne natal.
03:30« Désolé de vous déranger, Kermadec. Peut-être étiez-vous en famille, mais j'ai un problème.
03:36Il faut que vous veniez.
03:38Un accident pas bon à voir, et qui ne me semble pas très catholique. »
03:43« Pas très catholique ! »
03:45C'était l'expression favorite de Larniac, qui la mettait à toutes les sauces.
03:49En l'occurrence, j'aurais bien aimé qu'il m'explique en quoi pouvait consister un accident catholique.
03:55Quelques minutes plus tard, je me trouvais à Vaudrémont sur les lieux de l'accident.
04:03L'ambulance venait d'emporter le corps calciné du malheureux conducteur vers la morgue de l'hôpital régional.
04:10Le commandant Larniac me fit part de ses premières constatations.
04:15« Dès regardez, Kermadec. Il n'existe aucune trace sur la chaussée pouvant traduire une réaction du conducteur ou un défaut du véhicule.
04:22La cause de l'accident n'apparaît ni sur le terrain, ni dans les premiers témoignages.
04:28Les personnes qui ont vu l'accident affirment qu'aussitôt après le choc,
04:31la voiture s'est embrasée dans sa totalité comme sous l'effet d'une explosion brutale.
04:36Les sauveteurs munis de plusieurs extincteurs se sont aussitôt précipités,
04:40mais leur action est restée sans effet.
04:43Autre constatation, Kermadec.
04:45L'état du cadavre ne permet pas son identification.
04:49Pas de papier, pas de vêtements.
04:50On ne sait même pas pour l'instant si la victime est un homme ou une femme.
04:55De vous à moi, ça n'est pas très catholique tout ça.
05:00En effet, cet accident qui à première vue pouvait sembler banal était bien étrange.
05:06Mais avant de tirer des conclusions,
05:09il fallait d'abord rechercher l'identité de la victime ainsi que les causes de l'accident.
05:15La victime avait été évacuée sur la morgue de l'hôpital de la région.
05:20J'adressais un premier message, un complet bien sûr, au Centre National d'Information Routière.
05:28Je me trouvais encore sur les lieux du drame quand, parmi les inévitables curieux,
05:34un jeune couple demanda à faire une déposition, prétendant reconnaître la voiture.
05:39En effet, quelques jours plus tôt, ces témoins spontanés, qui s'appelaient Pierre et Sylvie Larue,
05:46avaient rencontré les occupants de la Mercedes.
05:49Un couple d'Allemands, Karl et Birgit, avec lesquels ils avaient sympathisé et passé plusieurs soirées.
05:56Ils ne connaissaient que leur prénom et le nom de l'hôtel où ils logeaient, le Regina à Langres.
06:01Immédiatement, je préviens la brigade territoriale de Langres.
06:07Les gendarmes se rendent à l'hôtel Regina et apprennent que les deux Allemands ont couché là les trois nuits des 17, 18 et 19 juin,
06:15mais qu'ils n'ont pas reparu depuis, bien qu'ils aient laissé des affaires personnelles dans la chambre.
06:20Les gendarmes de la brigade de Langres saisissent immédiatement les effets personnels
06:26ainsi que la fiche d'hôtel remplie par les deux clients.
06:30Ces fiches comportent les noms de Birgit Hoffen et Karl Strauss,
06:35âgés respectivement de 23 et 25 ans, de nationalité allemande et venant de Berlin.
06:41Le patron de l'hôtel Regina se souvient très bien de la voiture du jeune couple,
06:46dont la description correspond parfaitement à celle de la voiture accidentée.
06:51Les vêtements saisis dans la chambre d'hôtel sont essentiellement féminins.
06:56Ils appartiennent donc a priori à Birgit Hoffen.
07:00Il n'y a rien qui semble avoir été laissé par Karl Strauss.
07:03Malgré tous ces renseignements, l'identité du conducteur de la Mercedes au moment de l'accident reste à découvrir.
07:13Pour cela, je prends contact avec le consulat d'Allemagne en l'informant que la victime de l'accident
07:19pourrait être Karl Strauss ou Birgit Hoffen
07:22et qu'il serait bon d'obtenir des renseignements plus précis
07:25en interrogeant les familles Strauss et Hoffen à Berlin.
07:29Une autopsie du cadavre calciné découvert dans la voiture est prévue le 23 juin à 18h.
07:39Le dimanche 22 juin, le consulat d'Allemagne apporte des éléments positifs à notre enquête.
07:47Bien que la Mercedes appartienne vraisemblablement à Karl Strauss et à Birgit Hoffen,
07:54les familles doutent fortement de la mort de l'un d'entre eux.
07:57Toutefois, elles apportent des précisions qui seront fort utiles pour l'identification du cadavre.
08:09Karl Strauss porte en permanence une gourmette en or sur laquelle est gravé son prénom.
08:15Il porte également une chaîne en or autour du cou.
08:18Birgit, elle, porte toujours une bague en or dans laquelle est incrustée une pierre fine rectangulaire
08:25et aussi, autour du cou, une chaînette avec une médaille de la Vierge.
08:30Les gendarmes de la brigade qui ont été les premiers sur les lieux de l'accident
08:35confirment qu'une bague a été retrouvée dans la voiture accidentée.
08:40Elle correspond parfaitement à la description sommaire fournie par la famille.
08:46En revanche, on n'a retrouvé ni la chaînette en or ni la médaille de la Vierge.
08:51Le corps de la victime serait-il celui de Birgit Hoffen ?
08:58Mais alors, où est passé son compagnon, Karl Strauss ?
09:04C'est ce que vous saurez dans quelques instants.
09:05En cette fin de week-end, un accident de voiture peut paraître banal.
09:17Mais celui-là nous semble plutôt mystérieux.
09:22Une Mercedes, traversant une agglomération et roulant à 40 km heure,
09:27a brusquement quitté la route, percutant un pylône et un mur
09:30avant de s'enflammer en l'espace de quelques secondes.
09:33A l'intérieur, on a retrouvé un corps calciné, non identifiable.
09:41Grâce à des témoins, j'apprends que la voiture appartient à un couple de touristes allemands
09:47dont nous finissons par retrouver l'identité.
09:51Il se pourrait fort bien que la victime soit la femme, Birgit Hoffen,
09:56mais rien n'est moins sûr.
09:59Et pour le moment, je n'ai aucune nouvelle de son compagnon.
10:03Karl Strauss.
10:05J'ai fait diffuser sa photographie dans la presse
10:08et le 23 juin, à 15 heures,
10:11de lui-même, Karl Strauss se présente à mon bureau.
10:15Il est bouleversé en apprenant ce qui est arrivé.
10:20Il ne peut pas croire que le corps calciné découvert dans la Mercedes
10:23soit celui de Birgit, sa compagne.
10:26« Monsieur Strauss, pourquoi n'étiez-vous pas avec Mlle Hoffen le jour de l'accident
10:33et pourquoi avez-vous disparu jusqu'à aujourd'hui ? »
10:38On s'était un peu disputé.
10:41On avait décidé de nous séparer.
10:44Enfin, pour être plus précis,
10:46j'avais décidé de quitter Birgit.
10:50Depuis que nous avions quitté l'Allemagne,
10:54nous n'arrêtions pas de nous quereller.
10:55Mais ce voyage qui aurait dû être une joie
10:58était devenu un supplice.
11:00Alors, je suis parti le 20 juin au matin.
11:03J'ai fait ma valise et j'ai pris le train.
11:09« Où êtes-vous parti, M. Strauss ? »
11:11« Vers le sud de la France, vers la côte d'Azur. »
11:16« M. Strauss, pouvez-vous prouver que le jour de l'accident,
11:20vous n'étiez plus dans la région ? »
11:22« Avez-vous un billet de train, des témoins,
11:25quelque chose, quelqu'un qui prouve que vous étiez loin d'ici ? »
11:28« Non, non, commandante, j'ai jeté mes billets de train
11:32et je n'ai pas des témoins,
11:34mais ma parole devrait vous suffire.
11:38Pourquoi vous mentirais-je ? »
11:41« Parce que, M. Strauss,
11:44l'accident de voiture qui a coûté la vie à Mlle Hoffmann
11:48nous semble suspect.
11:51Nous attendons les résultats de l'autopsie,
11:53mais aussi nous voulons connaître les causes exactes de cet accident.
11:58Une voiture qui roule à quarante kilomètres heure
12:01et qui percute un pylône et un mur
12:02ne s'enflamme pas comme une allumette en si peu de temps.
12:08Il ne reste rien de Mlle Hoffmann,
12:10ni papier, ni vêtements.
12:11Nous ne sommes même pas certains que ce soit son corps
12:14que nous avons sorti du véhicule, M. Strauss.
12:17« Ah ! Marine commandante,
12:22je ne sais plus quoi vous dire.
12:25Qu'est-ce que je dois faire ? »
12:29« M. Strauss, je vous prie de rester à notre disposition.
12:33Veuillez, s'il vous plaît, ne pas quitter la région. »
12:38J'avais reçu d'Allemagne
12:39d'autres précisions concernant Birgit Hoffmann
12:42qui pouvaient m'être utiles pour l'identification.
12:47Birgit Hoffmann avait été victime
12:49cet an auparavant d'une fracture du péronné droit
12:51et, il y a quatre ans,
12:53à la suite d'un accident de voiture,
12:55d'une double fracture du maxillaire inférieur.
12:57L'autopsie avait lieu, comme prévu, à 18h
13:02et je décidai de m'y rendre,
13:04muni des derniers enseignements obtenus.
13:08Le médecin légiste a pu prélever
13:11et radiographier le péronné droit,
13:14mais son examen ne permet de détecter
13:16aucune lésion ancienne.
13:19L'ablation des tissus calcinés au niveau de la face
13:22permet le prélèvement du maxillaire inférieur.
13:25La denture est jugée en excellent état,
13:28sans érosion notable,
13:30et l'os ne porte aucune anomalie,
13:32asymétrie ou cale
13:33permettant de diagnostiquer
13:35rétrospectivement une fracture.
13:38Enfin,
13:40incrustée dans la chair carbonisée du cadavre,
13:43on retrouve la chaînette
13:45et la médaille de la Vierge.
13:48Mais tout ça ne me convainc pas encore.
13:52Le corps calciné est-il bien celui de Birgit Hoffmann,
13:54des détails supplémentaires se révèlent nécessaires.
14:00Par l'intermédiaire du consulat,
14:02un nouveau contact est pris avec la famille Hoffmann,
14:04qui vit dans une tragique incertitude,
14:08sans toutefois songer à se déplacer jusqu'ici.
14:13Les parents de Birgit
14:14nous envoient des radiographies dentaires
14:16prises à l'époque de sa double fracture de la mâchoire.
14:19Un expert stomatologiste
14:22se joint au médecin légiste
14:24afin de conduire une étude comparative
14:26plus poussée.
14:27Et cette fois,
14:29les conclusions sont positives.
14:32Il existe une séquelle visible de fractures
14:34de l'angle droit du maxillaire.
14:36Et surtout,
14:38la comparaison des radiodentaires
14:39et de la mâchoire de la victime
14:41démontre que les groupes dentaires
14:43sont identiques.
14:44L'autopsie, cette fois, est catégorique.
14:50Elle permet de conclure
14:51qu'il s'agit bien de Birgit Hoffmann,
14:54de nationalité allemande
14:55âgée de 23 ans.
14:59L'identification est terminée,
15:02mais elle aura nécessité
15:03de nombreuses démarches
15:05et un délai
15:06d'une bonne dizaine de jours.
15:08Ce mystère étant éclairci,
15:13il me faut maintenant résoudre
15:14celui des causes de l'accident.
15:17Le jour de l'accident,
15:19les premières opérations terminées,
15:21le chef Beauvais,
15:22technicien des investigations criminelles,
15:24avait recherché sur les lieux du drame
15:25tous les indices
15:26susceptibles de fournir une explication
15:29à l'étrange incendie de la voiture.
15:32La fouille détaillée
15:34de la carcasse de la Mercedes
15:35n'avait apporté que peu d'éléments.
15:38Un attache papier de bureau
15:40en forme de pince à linge en bois
15:42recouvert de simili-cuir
15:44avec ressort métallique
15:45avait été découvert
15:46sur la pédale d'embrayage.
15:49Sur le plancher avant du véhicule,
15:50près de la portière droite,
15:52on a trouvé les restes fondus
15:53d'un morceau de tuyau
15:54en matière plastique.
15:57L'ensemble mesure environ un mètre.
16:00Les morceaux de papier
16:00et des chiffons brûlés
16:02étaient éparpillés dans la voiture.
16:05Dans le fossé,
16:06à proximité
16:08de l'automobile accidentée,
16:10le chef Beauvais
16:11avait découvert
16:11le morceau intact
16:13d'un tuyau neuf
16:14paraissant identique
16:15au précédent.
16:16Ce tuyau
16:17était recouvert intérieurement
16:18d'une substance
16:19charbonneuse
16:20et l'un des bouts
16:22était aplati et fondu.
16:26Tout cela...
16:27tout cela est bien étrange.
16:31Ces différents matériaux
16:32ont été saisis
16:32pour être remis au parquet
16:34en même temps que la procédure.
16:35Le 24 juin,
16:37je reçois à nouveau
16:38Karl Strauss
16:39qui me semble
16:39très préoccupé
16:41et dans un état
16:41de grande nervosité.
16:43Il est
16:43d'une pâleur extrême
16:45et me parle avec des sanglots
16:46dans la voix.
16:48Moi, le commandant,
16:49j'ai beaucoup réfléchi.
16:50Je suis très malheureuse
16:52de la mort de Birgit.
16:53Je suis responsable
16:55de sa mort,
16:56mais pas comme vous le croyez.
16:59Birgit m'avait dit
17:00que si je la quittais,
17:01elle se tuerait.
17:02je n'ai pas voulu
17:04la croire.
17:05Vous savez,
17:06maille commandant,
17:07Birgit était très déprimée
17:08depuis quelque temps.
17:10Elle sentait
17:10que notre liaison
17:12se terminait,
17:13n'est-ce pas ?
17:14Elle avait insisté
17:15pour faire ses voyages,
17:17pensant que je reviendrais
17:18à de meilleurs sentiments.
17:20Mais c'est tout le contraire
17:22qui est arrivé.
17:23Je ne pouvais plus
17:25la supporter.
17:26et je l'ai quittée
17:27si bêtement
17:28dans un pays
17:29qu'elle ne connaissait pas,
17:30loin de sa famille,
17:31de ses amis,
17:32qui auraient pu l'aider
17:34à surmonter son chagrin.
17:36Ah,
17:37ma reine commandante,
17:39à mon âme et conscience,
17:41je crois vraiment
17:42que Birgit
17:44s'est suicidée.
17:45Karl Strauss
17:49est sympathique
17:50et
17:50il a l'air innocent.
17:54Mais
17:54des assassins
17:57sympathiques
17:58à l'air innocent,
18:00j'en ai vu défiler
18:01beaucoup dans mon bureau.
18:05Tout de suite après Karl,
18:07je reçois
18:07les deux premiers témoins,
18:09Pierre et Sylvie Larue,
18:11qui avaient rencontré
18:11Karl et Birgit
18:12et qui,
18:13au début de l'enquête,
18:14m'ont fait retrouver
18:15la trace.
18:15des jeunes Allemands.
18:17Ils sont tous excités
18:18parce qu'ils se sont
18:19brusquement souvenus
18:20que Birgit et Karl
18:21transportaient
18:22dans le coffre
18:23de la Mercedes
18:23un jerrycan d'essence
18:25qui leur servait
18:26à allumer le feu
18:26au camping
18:27où ils avaient séjourné
18:28avant l'hôtel Regina.
18:31Or,
18:31d'après les journaux
18:32qu'ils ont lus,
18:34aucun jerrycan
18:35n'a été retrouvé
18:36par les enquêteurs
18:37dans la voiture accidentée.
18:39Or,
18:39ils sont formels,
18:40Pierre et Sylvie Larue.
18:41Il y avait
18:42un jerrycan métallique
18:43en permanence
18:44dans le coffre
18:44de la Mercedes.
18:45Alors, il me vient
18:48une pensée.
18:51Et si
18:51si Karl avait raison,
18:53si Birgit avait voulu
18:54se suicider,
18:55si elle avait
18:56vidé le contenu
18:57du jerrycan
18:58dans la voiture,
19:00qu'elle ait pris la route
19:01et qu'à un certain moment
19:03elle ait jeté
19:04sur le sol
19:06de la voiture
19:06une allumette
19:07enflammée.
19:10Il ne me reste plus
19:11qu'à attendre
19:12les résultats
19:12de l'expertise.
19:14Des faits troublants
19:16ayant été constatés
19:17lors de l'enquête,
19:19le juge d'instruction
19:20a délivré
19:20une ordonnance
19:21de commission
19:21d'experts
19:22avant de déterminer
19:23les causes
19:24de l'accident.
19:24L'expertise a lieu
19:27le 24 juin
19:28à 18h
19:29et les conclusions
19:29extrêmement précises
19:32sont étonnantes.
19:34Avant de prendre
19:35la route
19:35pour son dernier voyage,
19:38Birgit a préparé
19:39sa voiture
19:39d'une bien étrange façon.
19:43Elle s'est munie
19:43d'un tuyau de néoprène
19:45d'une longueur
19:45de 4,50 m.
19:46Elle en a branché
19:48une extrémité
19:49sur le tuyau d'échappement
19:50à l'arrière du véhicule
19:51puis,
19:51le faisant passer
19:52sur l'aileron arrière droit
19:54et le long du flanc droit,
19:55elle l'a fait pénétrer
19:56dans l'habitacle
19:57par l'entrebaillement
19:58du déflecteur arrière droit
20:00jusqu'à la boîte à gants
20:01dont le couvercle
20:02permettait
20:03d'en coincer
20:04l'autre extrémité.
20:06La longueur
20:07du tuyau fondu
20:08correspond exactement
20:09à la distance
20:10séparant le déflecteur
20:12de la boîte à gants.
20:13En fait,
20:14il s'agit
20:14de la seule partie
20:15du tuyau
20:16se trouvant
20:16dans la voiture
20:18au moment de l'incendie.
20:20Le dépôt remarqué
20:21à l'intérieur
20:22de ce tuyau
20:23est manifestement
20:24constitué
20:25par les gaz
20:26d'échappement
20:26du moteur diesel.
20:28La pince de bureau
20:29que le chef Beauvais
20:30avait trouvée
20:31dans la voiture calcinée
20:32avait été placée
20:33sur la tige
20:34du sélecteur de vitesse
20:35qui longe
20:36la colonne de direction
20:37de manière
20:37à l'enserrer
20:38très fortement.
20:40Suivant la position
20:41que Berguide
20:42voulait lui donner
20:43par simple rotation
20:44commandée du bout du pied,
20:45ces deux branches
20:46pouvaient maintenir
20:47l'accélérateur
20:48enfoncé
20:48pour le régime
20:49de moteur souhaité.
20:52Berguide
20:53a remonté
20:53les glaces
20:54de manière
20:54à ce qu'elles soient
20:55complètement fermées
20:56comme en témoignent
20:57les commandes
20:58de crémaillères.
21:00Elle a obturé
21:01l'entrebaillement
21:01du déflecteur
21:02utilisé
21:02pour laisser passer
21:03le tuyau de néoprène
21:04avec des tampons
21:05de papier
21:06et de chiffon
21:07dont le chef Beauvais
21:08a retrouvé
21:08les restes carbonisés
21:10sur le plancher arrière
21:10de la Mercedes.
21:14Ayant ainsi
21:15bien étrangement
21:17aménagé son véhicule,
21:20Berguide
21:20a pris la route.
21:23Après avoir atteint
21:24sa vitesse de croisière,
21:26elle a bloqué
21:27l'accélérateur
21:28avec la pince
21:28de bureau.
21:31En très peu de temps,
21:33l'habitacle
21:33s'est trouvé
21:34rempli
21:34de gaz d'échappement
21:35à forte teneur
21:36en oxyde de carbone
21:37extrêmement toxique.
21:39À ce moment-là,
21:42Berguide
21:43a dû perdre
21:43connaissance.
21:46La voiture
21:47a obliqué légèrement
21:48roulant sur l'accotement
21:49puis ses roues droites
21:50s'engageant
21:51dans le fossé
21:52et a terminé
21:53sa course
21:53contre un poteau électrique
21:54puis contre le mur
21:55d'une maison.
21:57Sous l'effet du choc,
21:58la batterie
21:59a été projetée
21:59vers l'avant
22:00entraînant
22:01le câble positif
22:02qui aussitôt
22:02a provoqué
22:03un court circuit
22:03et une étincelle
22:04sous le tableau de bord.
22:07L'habitacle étant
22:07saturé
22:08d'un mélange
22:09détonant
22:10et combustible,
22:11son embrasement
22:12a été immédiat
22:13et total,
22:14rendant
22:14toute intervention
22:15des sauveteurs
22:16impossible.
22:20L'absence
22:21de choc
22:21sur le volant
22:22démontre
22:22qu'au moment
22:23où la Mercedes
22:24roulait dans le fossé,
22:25la conductrice
22:26déjà intoxiquée
22:28avait basculé
22:29inconsciente
22:30sur les sièges avant.
22:31Ainsi,
22:35Birgit
22:35s'était
22:35suicidée
22:36d'une manière
22:37sophistiquée
22:39mais
22:39très efficace.
22:43Karl Strauss,
22:44innocenté,
22:45repartit
22:46dans son pays
22:46le lendemain même
22:47de l'expertise.
22:50Le commandant
22:51Larniaque
22:51trouva le mot
22:52de la fin
22:53pour cette triste affaire.
22:56« Vous voyez,
22:56Carmine,
22:57j'avais bien senti
22:58que cet assidane
22:59n'était pas catholique. »
23:01« En fait,
23:01c'était un suicide. »
23:04« Oui,
23:05mais
23:05dites-moi Larniaque,
23:07au juste,
23:08qu'est-ce que c'est
23:09un accident catholique ? »
23:12« Ah ah !
23:13Sacré-Germadec,
23:14toujours le mot
23:15la pointe, hein ! »
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23:24Au cœur du crime,
23:26un podcast
23:26issu des archives
23:27d'Europe 1.
23:28Réalisation
23:29Julien Tarot.
23:30Productions
23:31Estelle Laffont.
23:33Patrimoine sonore
23:34Sylvaine Denis,
23:35Laetitia Casanova
23:36et Antoine Reclus.
23:40Au cœur du crime
23:41est disponible
23:42sur le site
23:42et l'appli Europe 1.
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