00:00Europe 1 Soir, 19h-21h, Pierre de Villeneuve.
00:04Victor Hérault de Valeurs Actuelles, Joseph Massescaron, Michel Aubouin, ancien préfet, sont là pour commenter l'actualité, évidemment dominés par ce succès.
00:13Et on remercie d'ailleurs Philippe de Villiers d'avoir lancé cette grande question, je le disais, structurelle, dans les priorités du pays aujourd'hui.
00:22Trois quarts des Français estiment qu'il faut une immigration choisie, c'est qu'il y a vraiment matière à débattre au moins là-dessus.
00:29Donc référendum sur l'immigration, on a regardé là à l'instant, il y a 1 117 087 signatures à date, Michel Aubouin, c'est un succès et ça prouve qu'il faut en parler, il faut peut-être le faire.
00:44Philippe de Villiers appelle le président de la République à le faire, d'ailleurs on va l'écouter, on va vous faire réagir après.
00:50Les choses sont allées très vite, en 10 jours, 1 million, et c'est aussi un message.
00:55Le peuple des signataires de la pétition voit qu'on ne contrôle plus rien, et donc il faut rendre au peuple français la maîtrise de son destin.
01:02Que faire de cette pétition soutenue par plus d'un million de Français ?
01:06Je répondrai d'une manière un peu nette et très concrète, faire une clé de bras à toute la classe dirigeante qui ne veut rien entendre.
01:14Leur dire, vous ne voulez pas voir ce que nous voyons, vous ne voulez pas entendre le cri du peuple qui ne veut pas mourir.
01:21Aujourd'hui, nous sommes un million. Si vous ne répondez pas, demain, nous serons deux millions, puis trois millions, et plus encore.
01:30La classe politique a abandonné la France, mais le peuple français, lui, ne veut pas abandonner la France.
01:35Il veut garder sa France, notre France, notre France chérie.
01:39Philippe de Villiers qui craint un populicide, c'est le titre de son livre qui sort ces jours-ci.
01:44Oui, alors Michel Auboy, il y a une phrase qui est importante au début de cette courte interview faite par Jacques Serret du service politique d'Europe 1, c'est
01:52« On ne contrôle plus rien ». Vous êtes d'accord avec ça ?
01:55Ce qui est vrai, c'est que depuis 20 ans, chaque année qui passe, le flux de l'immigration augmente.
02:04Donc, on ne sait pas si on contrôle ou on ne contrôle pas, mais ce qui est vrai, c'est qu'on ne régule pas.
02:08On ne régule pas, et on ne régule pas parce qu'en fait, les mécanismes d'entrée sur le territoire national,
02:15quelle que soit la façon d'entrer, n'ont fait que d'amplifier les flux migratoires.
02:20Soit parce que l'immigration familiale elle-même est élargie par rapport à ce qu'elle était,
02:26c'est-à-dire qu'au-delà de l'épouse, on peut aujourd'hui accepter des parents, etc.
02:30Soit parce que l'immigration irrégulière, notamment à travers la demande d'asile, s'amplifie d'année en année.
02:38Alors, ça, c'est vrai.
02:42Ce qui est vrai aussi, c'est qu'on voit bien que la France, et d'une certaine façon, peut-être tant mieux d'ailleurs,
02:49a en partie perdu ses capacités de régulation du phénomène migratoire au profit de l'Europe.
02:56Et je pense que, vous voyez bien, parce que le bon n'est pas propre à la France,
03:00tous les pays d'Europe se posent la même question.
03:02Et je pense que c'est, petit à petit, la fermeture des frontières européennes qui va réguler la question.
03:07Mais au-delà de ces grandes lignes, Michel Leboin, vous qui avez été au cœur du réacteur,
03:11parce que je rappelle que vous étiez en charge de l'intégration des étrangers et des naturalisations.
03:15On le sait, vous et moi, et quelques auditeurs qui nous écoutent depuis longtemps,
03:20depuis que vous faites vos apparitions sur Europe 1 et sur CNews,
03:23notamment, il y a par exemple toute une série d'agences, comme la CIMAD,
03:28qui aident les migrants, qui leur donnent pratiquement des tutos de ce qu'il faut dire,
03:32ce qu'il ne faut pas dire, pour passer, entre guillemets, l'examen de naturalisation.
03:36Il y a un autre sujet auquel je pense, c'est ceux qui disparaissent dans la nature,
03:40c'est-à-dire qu'ils sont dans un cras, après le délai est terminé,
03:43après on les reloge, et comme on les reloge, du coup ils sont libres de leur mouvement.
03:47Donc c'est peut-être ça qu'il veut dire aussi, Philippe Devillé.
03:51Ce sont deux exemples, et j'imagine que vous en avez 57 autres.
03:53Oui, tout à fait, je pense qu'il a raison, en tout cas il a raison de soulever cette question.
03:59Il n'est pas le seul d'ailleurs à en parler,
04:02et moi je pense que la pétition fera plus d'un million,
04:05parce que je vois bien que c'est quand même une des grandes préoccupations des Français,
04:08cette question migratoire, dont on ne parle jamais, vraiment,
04:11en tout cas jamais d'un point de vue technique.
04:13Parlez-nous des trous dans la raquette, Michel Aubois.
04:14Et alors, on a effectivement, le système est organisé de telle façon
04:23à ce qu'on entre assez facilement sur le territoire national.
04:27Parce que ?
04:28Parce que les frontières sont restées relativement ouvertes,
04:33parce qu'on a tous les flux à travers la Méditerranée
04:36qui continuent d'acheminer des migrants vers l'Italie,
04:40que nous-mêmes d'ailleurs on ne contrôle pas les flux,
04:42parce qu'on avait instauré à la suite des accords du Touquet avec la Grande-Bretagne,
04:47une frontière entre la France et la Grande-Bretagne,
04:50pour éviter que ceux qui arrivaient en France ne puissent pas passer en Grande-Bretagne,
04:54ce n'est pas du tout ce qui s'est passé,
04:56d'où la réaction d'ailleurs de la Grande-Bretagne sur la migration.
05:00Et nous on subit des migrations qui passent, par exemple, la frontière italienne.
05:04Et donc personne n'est vraiment solidaire dans cette affaire,
05:06et tout le monde pousse le misnigri dans le pays d'à côté.
05:09Et on a effectivement plein d'exemples où on voit bien qu'il est extrêmement difficile,
05:14une fois que la personne est installée,
05:16qu'elle a demandé l'asile, qu'elle n'a pas obtenu,
05:21qu'elle peut être...
05:24faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire,
05:29et d'une reconduite à la frontière,
05:31mais que toute une série de dispositifs consécrés nous-mêmes,
05:34d'obstacles consécrés nous-mêmes...
05:35Est-ce que vous diriez que ces dispositifs sont des dispositifs militants ?
05:40Je pense qu'ils sont dans un esprit...
05:45Alors on ne peut pas dire militants...
05:49Est-ce qu'une agence comme la CIMAD est une agence militante ?
05:52Aujourd'hui, oui, clairement, oui, tout à fait.
05:53Alors expliquez aux auditeurs de votre part, que fait la CIMAD, par exemple ?
05:56La CIMAD, il faut se souvenir qu'à l'origine, pendant la guerre,
06:00c'était un mouvement protestant qui aidait les réfugiés
06:03à passer les frontières pour s'abriter de la dictature nazie.
06:08Donc c'était quand même une belle idée.
06:10Aujourd'hui, la CIMAD, elle sert surtout à protéger des gens
06:13qui sont dans l'illégalité et qui ne devraient pas rester en France.
06:17Parce que derrière tout ça, vous avez cette idée qu'il y a un droit,
06:20il y a le droit qu'on appelait auparavant le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes,
06:23le droit des peuples à avoir des nations et les nations à avoir des frontières.
06:26Et donc vous venez si vous êtes invité.
06:29Si vous êtes invité, vous êtes invité à les bras grands ouverts.
06:32Si vous n'êtes pas invité, vous ne venez pas.
06:33Et d'ailleurs, nous les Français, si on avait l'intention de s'installer
06:37sans avoir de visa dans les pays d'envoi de migrants,
06:41évidemment, on ne serait pas autorisé à le faire non plus.
06:42Donc c'est cette question-là que la CIMAD et d'autres estompent aujourd'hui
06:48au prétexte de la défense de familles.
06:50Et en faisant quoi au quotidien ?
06:52Que font les agents, entre guillemets, de la CIMAD ?
06:54En fait, l'État les a placés dans tous les secteurs
06:58où l'État a pensé,
07:01et quand je dis l'État,
07:02c'est des gouvernements différents,
07:04l'État a pensé qu'il fallait donner des gages d'humanisme
07:09en installant ces grandes associations.
07:10Et donc moi, je suis migrant, j'arrive à la CIMAD,
07:13et alors on va me faire quoi ?
07:14On va me faire remplir un papier ?
07:16Je vous donne un autre exemple.
07:18Vous êtes un étranger.
07:20Vous avez fait l'objet d'une reconduite à la frontière
07:22et donc vous êtes placé dans un centre de rétention administrative
07:25en attendant qu'on vous trouve un vol pour repartir.
07:28Et dans le centre de rétention administrative,
07:30vous êtes déjà passé en jugement.
07:32Dans le centre de rétention administrative,
07:33en fait, l'État a installé des associations,
07:36la CIMAD et d'autres,
07:39cinq ou six associations,
07:41qui en fait ont pour objet d'aider les migrants.
07:46C'est assez étrange,
07:47parce qu'on va leur apporter une aide juridique,
07:51alors qu'ils ont déjà franchi toutes les barrières des jugements.
07:54C'est payé par le contribuable français.
07:55Et c'est payé par le contribuable français.
07:57C'est payé par le contribuable français.
07:58Donc une aide en disant,
07:59un autre avocat peut rejuger un truc qui a déjà été jugé en fait.
08:02Oui, en tout état de cause.
08:04Alors c'est là où vous trouvez les militants,
08:06c'est-à-dire qu'ils pourraient faire juste un travail d'aide sociale, etc.
08:08Mais comme ces associations embauchent des jeunes juristes en général,
08:13qui sont eux-mêmes militants,
08:15assez naturellement,
08:17ils sont plus enclins à proposer à l'étranger de l'aider pour rester,
08:20plutôt que de l'aider à partir dans une condition.
08:21C'est ce qu'on a vu à la gaieté lyrique à Paris, par exemple.
08:24Ils ne veulent pas aider à ce que le départ se passe le mieux possible,
08:26ils veulent les faire rester.
08:27Donc on est passé du droit de l'homme, des droits de l'homme,
08:31aux droits de l'autre.
08:31Oui.
08:32C'est tout à fait ça.
08:34Écoutez, M. Joron,
08:36Grégory Joron, secrétaire général du syndicat Unité SGP Police,
08:39il était sur CNews.
08:40C'est une question centrale,
08:41puisqu'on a énormément de forces qui sont dédiées à la lutte contre l'immigration.
08:45On a justement les missions LIC,
08:48lutte contre l'immigration clandestine,
08:50où on engage des forces mobiles,
08:51où on engage des compagnies de marche,
08:53c'est-à-dire des fonctionnaires d'une même zone,
08:54qu'on envoie trois semaines à Calais ou ailleurs.
08:56Et juste, pour le petit mot,
08:58on se sent bien en effet qu'on ne sait pas trop où on va,
09:00ou en tout cas nous, les consignes sur le terrain sont compliquées.
09:02Je vous donne un exemple très précis.
09:04On a nos CRS qui nous disent régulièrement,
09:06c'est assez drôle, entre guillemets,
09:08quand on est à Menton, on nous demande de lutter
09:11contre les gens qui veulent rentrer sur notre territoire.
09:15Et la semaine d'après, ou 15 jours après,
09:16on va à Calais,
09:17et on nous demande de les empêcher de sortir.
09:20Bon, tout est dit.
09:22Tout est dit.
09:23C'est imagé, et en plus c'est exact.
09:26Mais comment peut-on sortir de cette situation ?
09:32On peut reprendre la totalité du dispositif.
09:36C'est-à-dire, on peut en sortir si on applique,
09:40on est particulièrement laxiste, la France,
09:42par rapport aux autres pays européens.
09:43Déjà, si on applique des règles un peu plus fermes...
09:47Si on donne, comme l'a dit ce policier,
09:49des règles strictes, des ordres stricts et cohérents,
09:53et non pas tout et son contraire.
09:54Déjà, comment c'est par là ?
09:56Je vais vous donner juste un exemple.
09:57Quand j'étais en poste,
10:00on faisait des reconduites de familles entières.
10:03Ça me paraissait, c'est logique.
10:05Vous avez un père, une mère, des enfants,
10:07et vous les reconduisez de façon...
10:09Le regroupement familial inversé.
10:11Exactement.
10:12Et moi, j'y ai procédé,
10:14et je le faisais d'une certaine façon moi-même.
10:17C'est moi qui recevais les personnes,
10:18en leur disant, voilà, vous êtes ici,
10:20il n'y a pas de solution pour vous,
10:22vous allez repartir.
10:23On a, par ailleurs,
10:25parfois quelques aides financières
10:27pour qu'ils puissent y repartir.
10:27Et donc, ça marchait.
10:31C'était un peu coercitif,
10:32mais ça fonctionnait quand même.
10:34Et puis un jour,
10:36on nous a dit,
10:38ce n'est pas bien pour les enfants,
10:40il serait tellement mieux ici
10:41que d'être en Roumanie,
10:43ou en Tunisie,
10:44ou que sais-je.
10:45Et donc,
10:46vous allez les déstabiliser dans leur scolarité.
10:48Alors ça, ce n'était pas faux non plus.
10:50L'idée, c'était quand même
10:51de les faire partir
10:52pendant les vacances scolaires,
10:53évidemment, pas pendant la scolarité.
10:54C'était juste normal.
10:55Mais, petit à petit,
10:58on a dissocié le père de famille
11:00du reste de la famille,
11:02et donc, on a rendu impossibles
11:03les expulsions.
11:04Et voilà, c'est la suite
11:05du regroupement familial.
11:06Merci beaucoup, Michel Auboin,
11:07d'avoir été avec nous.
11:07Et bien sûr,
11:08on reparlera de l'immigration
11:09dans les heures qui viennent.
11:11Sur Europe.
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