00:00Européen Soir Week-end, 19h, 21h, Stéphanie Demureux.
00:04Et toujours en compagnie de Vincent Roy et d'Alexandre Malafaille.
00:08Messieurs, je voulais revenir avec vous sur cette déclaration.
00:11Ce matin, interrogé par Pierre de Villeneuve sur CNews Européen,
00:16dans le grand rendez-vous sur la question de la police accusée parfois de tuer
00:21au sein du parti de M. Coquerel, LFI.
00:26Écoutez la réponse, Éric Coquerel, ce matin.
00:28Que la police tue, ça, j'allais dire, à certains moments, c'est une possibilité
00:33puisqu'ils ont le monopole de la violence légitime.
00:37Par essence, la police tue, mais quand...
00:38Ce que j'entends, c'est que c'est la question de la violence systémique.
00:41Mais vous ne pouvez pas dire par essence la police tue, la police protège.
00:44On entend, j'allais dire, la même remarque que Pierre de Villeneuve.
00:48Parce que par essence, la police tue, alors ça c'est la meilleure.
00:51Elle est formidable, la formule. Elle était exceptionnelle, cette formule.
00:56Parce qu'au début, on sent qu'il y va un petit peu modérément,
00:58puis finalement, paf, par essence, la police tue.
01:01Oui, écoutez, tout est bon pour conquérir un électorat.
01:07On parlait tout à l'heure de rupture entre deux.
01:13Vous savez, il y a eu toute une époque dans ce pays
01:15où finalement, les gens de gauche et de droite pouvaient se parler.
01:17Pourquoi ? Parce que ce pays faisait encore nation.
01:21Aujourd'hui, vous voyez bien qu'il n'est plus possible,
01:24mais simplement de parler, d'échanger des idées.
01:28C'est d'ailleurs théorisé par l'extra-gauche,
01:30qui dit finalement, avec un certain nombre d'individus,
01:32il ne faut même plus de dialogue.
01:34Donc, il n'est plus question de dialogue.
01:37Là, on est, j'entendais, de la même manière,
01:40sur une chaîne concurrente.
01:41Le numéro 2 des LFI aujourd'hui dit,
01:45dire, ce qu'il faut, c'est compter le nombre d'agressions
01:49qui sont perpétrées en France contre les musulmans.
01:53C'est la première population qui est stigmatisée.
01:56Vous voyez ?
01:57Non, dans les faits, ce n'est pas le cas.
02:00Alors là, pour le coup, les statistiques du ministère de l'Intérieur...
02:02Il était ce matin, ce matin, sur une chaîne concurrente,
02:06et voici ce qu'il disait.
02:08Et il disait, on ne fait pas cette comptabilité.
02:10Voilà, pour ne pas dire, évidemment,
02:13pour ne pas parler des agressions perpétrées contre les juifs.
02:16Donc, vous voyez, on peut amener dans le débat public un contre-récit,
02:21et c'est ce que font à la fois M. Coquerel,
02:24et les gens de l'EFI, et les autres,
02:27amener un contre-récit pour essayer d'insinuer...
02:31Et oui, mais sauf que ça donne des scènes,
02:34comme je dis à Tourcoing,
02:35où vous avez un policier de la BAC, Alexandre Malafaille,
02:39cloué au sol, tabassé par 4 ou 5 individus,
02:41d'ailleurs dans 5, puisque...
02:434, puisque le 5e filmait,
02:45et a relayé ça largement sur les réseaux sociaux
02:47qui ont trouvé du soutien.
02:50Mais c'est ça, l'une des conséquences.
02:52Ça légitime ce type d'action violente contre la police,
02:56ce type de discours, ça peut, en tout cas, légitimer ?
02:59En tout cas, ça délégitime complètement
03:02les représentants de la France Insoumise
03:04à pouvoir un jour avoir des postes à responsabilité.
03:06Alors M. Coquerel en a à l'Assemblée Nationale,
03:08mais à l'échelon supérieur,
03:09il faut vraiment, je dirais,
03:11prier, entre guillemets, pour que ça n'arrive pas.
03:13Ils n'ont aucune qualification pour pouvoir gouverner.
03:16Ils sont disqualifiés avec des propos comme cela.
03:18C'est-à-dire, le clientélisme politique
03:20a une fin quand même, à un moment donné.
03:23Il faut essayer de prendre un peu de hauteur.
03:24Il faut essayer quand même, à un moment donné,
03:26de ne pas trop jouer avec les mots,
03:27de ne pas tout confondre.
03:28Parce que derrière ça, en effet,
03:29on dissémine une petite musique,
03:31ou plutôt une musique mortifère,
03:33qui est que finalement,
03:34l'autorité, ce n'est pas important,
03:36l'État, ce n'est pas important,
03:37la police, il faut la désarmer.
03:39D'accord, mais on fera comment
03:40s'ils arrivent aux affaires demain ?
03:41Ils vont devoir faire exactement l'inverse.
03:43Ils seront face à des réalités.
03:44Il vaudra mieux l'armée, en effet,
03:46et la police.
03:46Voilà la problématique à laquelle on est confronté.
03:48Ce sont des gens qui,
03:49en effet, la fin justifiant les moyens,
03:51ils ont bien lu Machiavel,
03:54mais c'est complètement démentiel de faire ça.
03:57Mais c'est surtout ce que ça tricote.
03:58C'est-à-dire que vraiment,
03:59ça rentre dans la tête d'un certain de nos compatriotes,
04:02ou de populations d'origine étrangère,
04:04en situation plus ou moins régulière,
04:05et qui se disent, après tout,
04:07c'est open bar, la France.
04:09Et donc, on peut faire ce qu'on veut.
04:10L'autorité n'est pas dangereuse.
04:12La police, de toute façon,
04:13on la neutralise.
04:14Et puis, si un jour, on a le pouvoir,
04:15alors là, on la mettra en...
04:16Il y a du racisme dans la police,
04:18dit-il aussi.
04:19Il ne s'en est pas arrêté là.
04:19Je vous propose de l'écouter.
04:20C'est toujours Éric Coquerel sur CNews Les Echos
04:23dans le Grand Rendez-vous ce matin.
04:25Je ne dis pas que les policiers
04:27sont forcément tous racistes.
04:28Je dis que dans l'Afrique,
04:30il y a quelque chose qui, structurellement,
04:32pose un problème de racisme.
04:33Je l'affirme, je vous le dis.
04:34Donc, on a bien une problématique qui est posée
04:37et qui, structurellement,
04:39c'est-à-dire, c'est les consignes,
04:41c'est la façon de faire,
04:43fait en sorte que les rapports
04:44entre la police et la population
04:46n'aient plus supportables.
04:47Éric Coquerel, puis je le regrette.
04:50Vincent Roy.
04:52Écoutez, j'écoute tout ça
04:53depuis un certain temps maintenant,
04:55en étant très attentif à ce qui se dit,
04:57et notamment, il me semble,
04:58notamment du côté des Léphi,
05:00c'est toute cette outrance,
05:02ce contre-récit dont je parlais,
05:03et ce qui m'apparaît,
05:05ce qui m'apparaît comme prophétique,
05:08c'est évidemment la phrase de Pasolini,
05:09la fameuse phrase de Pasolini,
05:11le fascisme reviendra,
05:12il s'appellera antifascisme.
05:14Nous y sommes.
05:15Regardez ce qui s'est passé avec Charlie Kirk,
05:17à force de le désigner
05:19comme étant un fasciste
05:21de la plus belle espèce,
05:23certains ont dit,
05:26à l'extra-gauche,
05:27finalement,
05:28il a été assassiné,
05:29mais il l'a bien cherché.
05:31Oui, il y en a eu un certain nombre,
05:32d'ailleurs au Parlement européen,
05:34on a refusé un hommage.
05:35Lorsque vous comparez Trump à Hitler,
05:40vous justifiez le fait que l'on puisse s'en prendre physiquement à Trump.
05:45Pourquoi ?
05:46Parce que lorsque vous comparez quelqu'un à Hitler,
05:49il faut bien arrêter,
05:50vous comprenez qu'il est facile,
05:52d'arrêter Hitler par tout moyen,
05:54si j'ose dire.
05:55Donc, il faut comprendre ce qui est en train de se jouer là.
05:58Moi, je pense que si cette extra-gauche
06:00est si véhémente,
06:02je vais vous dire le fond de ma pensée,
06:04si elle est si véhémente,
06:05si elle devient si dure,
06:06si elle devient si heurtée,
06:08et si sans doute, probablement,
06:10elle devient si violente,
06:11c'est qu'elle a compris, me semble-t-il,
06:14que d'une certaine façon,
06:15elle avait perdu la partie.
06:16Oui, on l'a vu d'ailleurs, Alexandre Manafail,
06:18dans les manifestations assez...
06:22Enfin, c'était...
06:23Il parle de 110 000 personnes au Royaume-Uni,
06:25mais enfin, à mon sens,
06:26il y en avait beaucoup plus,
06:27il suffit de regarder les images,
06:28les organisateurs, d'ailleurs,
06:29parlent d'un million.
06:30Il y avait des portraits, d'ailleurs,
06:31de Charlie Kerr,
06:32que vous en parliez il y a quelques instants,
06:34des manifestations contre la submersion migratoire.
06:38Voilà, des Anglais, des familles,
06:39des jeunes, des vieux,
06:41dans le calme,
06:42qui s'inquiétaient juste
06:43de voir leur identité disparaître.
06:45Alors, en France, évidemment,
06:46c'est devenu des manifestations
06:47d'extrême droite, fascistes,
06:50c'est toujours le même procédé, Alexandre.
06:55Les phénomènes migratoires ont toujours existé.
06:57Ils existeront sans doute toujours
06:58et pour encore très longtemps.
06:59Et à la limite, d'une certaine façon,
07:00on a besoin d'un peu de migration.
07:02Ça peut être utile à l'économie,
07:03les patrons le savent bien,
07:04dans un certain secteur d'activité.
07:06Le vrai problème, c'est qu'en fait,
07:07ce n'est pas la question de savoir
07:08est-ce qu'on fait de l'immigration ou pas,
07:10c'est la question, c'est comment on l'a fait
07:11et est-ce que ça marche ?
07:12Aujourd'hui, il faut simplement regarder et observer.
07:14Mais dans ce cher vieux pays,
07:16on n'a pas de possibilité
07:17d'arriver à s'entendre sur quoi que ce soit,
07:19ni sur un budget,
07:20ni sur un constat,
07:21ni sur l'immigration,
07:21ni sur rien.
07:22Mais en Angleterre, ils ont essayé.
07:23Ils ont eu une approche extrêmement bienveillante
07:25qui était le multiculturalisme.
07:26Ils ont laissé se développer le truc
07:28à un niveau complètement invraisemblable
07:30jusqu'à pratiquement des tribunaux islamiques
07:32dans certains quartiers.
07:33Ils ont vraiment voulu jouer le jeu.
07:35Ça n'a pas marché.
07:35Ils en font aujourd'hui le retour en arrière.
07:37Un certain nombre de pays d'Europe du Nord
07:38font la même chose.
07:39Il y a un problème de gérer...
07:40Et les gouvernements de gauche,
07:41par exemple danois,
07:42prennent des mesures anti-immigration.
07:44Il faut le souligner aussi.
07:46Mais en France, on n'y est pas du tout.
07:47Aucun système politique.
07:48Aucun système politique
07:49qu'il s'agisse de la laïcité chez nous,
07:51d'organisation politique,
07:53de la laïcité chez nous,
07:54ou du multiculturalisme britannique,
07:57ne fonctionne face à la défiance des peuples
08:00devant la submersion migratoire.
08:03Il faut en être conscient.
08:04C'est quasiment une donnée structurelle.
08:09Je vous rappelle qu'il y a très peu de temps,
08:10et on l'avait traité ici sur Europe 1,
08:13vous avez un professeur de criminologie
08:15au Trinity College
08:16qui disait qu'il y avait deux sociétés
08:19qui étaient au bord de la guerre civile,
08:20précisément pour ces questions migratoires,
08:23et j'en avais discuté ici même avec Alain Bauer,
08:26c'était la France et l'Angleterre.
08:28Et voyez, deux structures de sociétés
08:30extrêmement différentes.
08:32Et pour rebondir là-dessus,
08:33je pense que le problème pourrait se soigner
08:35si on était capable de poser les mots
08:37sur les problèmes.
08:38Sauf que comme chacun va exploiter ça
08:40à des fins, on va dire, partisanes,
08:42et très malsaines.
08:45Donc on n'arrive pas à nommer les choses.
08:47Donc on en arrive à cette situation,
08:48on est dans le déni complet,
08:49on ne traite pas les problèmes,
08:50on ne peut pas arriver à poser les problèmes
08:52de la bonne façon.
08:53Et donc au bout du compte,
08:54qu'est-ce que ça encourage ?
08:54Ça encourage les radicalités.
08:56Et c'est ce qu'on voit aujourd'hui.
08:57Et regardez, je vais donner un chiffre,
08:59on ne veut pas regarder la réalité en face
09:00sur l'immigration.
09:01Mais aujourd'hui, 25% des populations
09:04en prison sont d'origine étrangère.
09:06Donc ça dit bien quelque chose.
09:07Alors on ne veut pas les responsables politiques
09:09qui s'imaginent que c'est un sujet
09:11de discorde absolue,
09:12alors que finalement dans la population,
09:14il y a peu de clivage.
09:17D'ailleurs vous avez vu Philippe Devilliers
09:18qui a lancé sa pétition
09:19pour faire un référendum
09:22sur la question migratoire.
09:23Là je crois qu'on en est à plus de 850 000 signataires.
09:27Bon, pas grand monde en parle
09:28par les médias.
09:30Sur le service public, personne,
09:31France Info, France Info, France Info.
09:32Là vous avez vu comment ils nous parlent.
09:35À l'inverse de la loi du plomb.
09:37À l'inverse de la loi du plomb
09:38où chaque jour on nous donnait des chiffres
09:40en nous disant
09:41c'est formidable, regardez ce qui se passe, etc.
09:44Mais est-ce que vous ne pensez pas justement
09:46que le peuple va finir par l'emporter
09:49sur cette question ?
09:49C'est la théorie du monsieur
09:51que nous avions au téléphone tout à l'heure
09:52et qui est porte-parole du Rassemblement National
09:54qui dit
09:55maintenant effectivement
09:57les Français, à un moment ou à un autre
09:59vont devoir prendre la parole.
10:01C'était d'ailleurs promis
10:01par le chef de l'État
10:03dans ses voeux au premier temps.
10:05Oui, alors on les attend toujours
10:06ces consultations du peuple
10:09qu'il avait promis.
10:10Je m'en souviens.