- il y a 1 an
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00:00Ça veut dire que l'alcool, la vitesse, crée le pire.
00:04Et ça veut dire qu'il faut en parler.
00:06Parce que, d'ailleurs, 81 gamins sont morts au mois de juillet en France.
00:14Et à côté de ça, ce sont des familles qui souffrent.
00:18Des frères et sœurs qui ont du mal à retrouver un chemin pour leur avenir.
00:23Et tout ça, moi je l'ai vu quand Antoine est parti en fait.
00:26Je me suis dit, mais mon Dieu, mais c'est pas possible ce monde.
00:28Où est-ce qu'est mon gamin à l'institut médico-légal ?
00:31Combien de temps je vais mettre pour le récupérer ?
00:34Et j'en discutais hier avec Mme Macron,
00:36qui a beaucoup œuvré pour nous,
00:40et elle a perdu sa sœur notamment, dans des faits similaires,
00:44pour que la loi de l'homicide routier soit effectif.
00:51Ça veut dire que, quand un enfant part,
00:54il faudrait considérer que 5, 7, 10 personnes autour souffrent.
01:00Et ceux-là, on n'en parle jamais.
01:02On n'en parle jamais.
01:04Donc nous, avec l'association, on aide,
01:05on essaye de remonter ces gens
01:06pour qu'ils puissent retrouver le chemin,
01:09je dirais, de l'envie de vivre.
01:12Alors, les principales dépenses, je crois, de l'association
01:15sont sur des aides psychologiques rarement matérielles,
01:21souvent psychologiques et juridiques.
01:24Donc, il y a des gens qui récupèrent leurs enfants
01:27trois semaines après l'institut médico-légal.
01:30Il y a des gens qui ne savent pas où sont leurs gamins en France
01:32parce que l'institut médical de telle région est pleine,
01:34alors le gamin, il part de l'autre côté.
01:36Il y a des gens qui n'ont pas les moyens
01:39d'enterrer leurs enfants.
01:42Ce qui veut dire que quand l'instruction n'est pas terminée,
01:45l'enfant n'a...
01:46Ça nous est arrivé, je vous le dis parce que je parle d'expérience,
01:49la famille n'a pas les moyens d'enterrer son enfant.
01:51Alors, on fait ça sans sépulture
01:54en attendant que les assurances se déclenchent.
01:57Vous héritez de votre enfant.
02:00Moi, j'ai eu un rendez-vous chez le notaire avec la famille
02:02en disant, écoutez, Antoine travaillait, il était chef de cuisine.
02:04il devait de l'impôt.
02:07Il faut payer l'impôt.
02:08Là-dessus, je n'ai pas de problème.
02:10Après, je pose des questions.
02:12Je n'ai pas de problème parce que je peux le faire.
02:14Je pose des questions.
02:14Et si je ne peux pas payer, il faut refuser l'héritage.
02:16Qu'est-ce que ça veut dire ?
02:18Ça veut dire que toutes les babioles de votre enfant
02:20ne vous appartiennent plus.
02:22Et tout est comme ça.
02:23Tout est comme ça.
02:24Mais parce que, pardonnez-moi, dans votre témoignage,
02:27ça va au-delà de l'homicide routier,
02:30du danger de prendre la route
02:33sous l'emprise de la drogue
02:34ou de l'alcool.
02:37Ce que je retiens dans votre témoignage,
02:38c'est justement l'accompagnement.
02:40C'est-à-dire que l'État, aujourd'hui,
02:42quand on parle de la justice,
02:44peut-être que la justice ne met pas au cœur
02:46de son activité
02:48les victimes
02:49et les familles des victimes.
02:51Et là, on est sur une idéologie,
02:54ce serait une révolution
02:55dans la justice,
02:56c'est-à-dire d'arrêter de mettre
02:57le suspect,
02:59l'accuser au cœur du procès,
03:00mais que ce soit les victimes
03:02et les familles des victimes.
03:03Absolument.
03:04Je vais vous raconter,
03:05parce que, bon,
03:05deux ans et quelques après
03:07la mort d'Antoine,
03:09le procès arrive.
03:11Bon, évidemment,
03:12médiatisé, etc.,
03:13mais peu importe.
03:15Anissa, qui était sur le scooter,
03:16la sous-chef d'Antoine,
03:17qui aurait pu y rester,
03:18pareil,
03:19était là.
03:21Et elle a eu le droit,
03:23parce qu'elle est partie civile,
03:25de parler,
03:27une indemnité de 1 500 euros.
03:28Encore une fois,
03:32ce n'est pas la valeur qui compte,
03:33mais c'est la considération.
03:35Je pense qu'à un moment donné,
03:36il faut s'arrêter aussi
03:37sur cette personne-là
03:38qui,
03:39on l'a beaucoup aidée
03:39pour remonter,
03:41elle a vu son meilleur pote
03:42sur le trottoir.
03:45Mais mon Dieu,
03:46est-ce qu'on a en face de nous
03:47des jeunes
03:48qui ont besoin
03:49de se reconstruire ?
03:50Bien sûr.
03:51Il faut le considérer.
03:51Enfin, c'est l'avenir
03:52de notre pays à la fin.
03:53Je veux dire,
03:53c'est eux qui vont faire tourner
03:54la machine.
03:55C'est eux qui prévoient l'avenir.
03:56Et c'est à ce moment-là
03:58qu'il faut faire attention.
04:00Et c'est hallucinant.
04:01Moi, j'ai des témoignages
04:02de frères et sœurs
04:03qui me disaient
04:03nos parents sont tellement tristes
04:05qu'ils ne s'occupent plus de nous.
04:08On est tout seul.
04:09On arrive à l'école,
04:11on ne sait pas dire
04:12ce qui nous est arrivé.
04:13D'ailleurs,
04:13il n'y a pas de mot pour dire
04:14qu'on a perdu un enfant.
04:15Ça n'existe pas.
04:16On est veuve,
04:17on est veuve.
04:18On ne sait pas dire
04:19qu'on a perdu un enfant.
04:20Donc, à chaque fois,
04:21je vous garantis
04:22que vous parlez de ça,
04:24vous êtes obligés
04:25de justifier
04:25ou de raconter
04:26ce qui s'est passé
04:26et de retourner
04:27dans votre État.
04:30Donc, tout ça,
04:30ça doit, je pense,
04:31changer
04:32et qu'on traite,
04:34ça fait partie de la vie,
04:35mon Dieu.
04:36Malheureusement.
04:37Ça fait partie
04:37de notre société.
04:38Donc, regardons les choses
04:39en face
04:39et essayons de faire
04:41le maximum ensemble.
04:42Quand on parle de l'État,
04:43je pense qu'il faut parler
04:44d'un pays plutôt.
04:45Parce que l'État
04:46n'est pas responsable
04:47de tout faire non plus.
04:48On peut aussi s'organiser.
04:51Enfin, je veux dire,
04:51quand ça arrive,
04:52dans le temps,
04:53moi, je me rappelle,
04:54on grandissait,
04:56il y avait un décès
04:57quelque part.
04:58Déjà, il y avait
04:58le rite religieux
04:58qui n'existe plus.
05:01Les campagnes,
05:03chacun mettait son poulet
05:04sur un poulet rôti,
05:06sur la grille.
05:07Il y avait cette espèce de...
05:08Société de voisinage
05:09qui n'existe plus,
05:10malheureusement.
05:10Ça n'existe plus.
05:12Donc, je pense que
05:14dès l'éducation,
05:17maintenant,
05:18on doit pouvoir dire,
05:19on a fait un spectacle
05:20d'ailleurs qui s'appelle
05:20Fragile avec l'association,
05:21j'invite les gens
05:23qui nous écoutent
05:24à le regarder,
05:24Fragile avec un S,
05:26tapez Antoine Alléonno à côté,
05:27vous allez voir,
05:28on a monté un spectacle
05:29parce que je pense
05:29que l'art contemporain,
05:30l'art en tout cas,
05:31la danse,
05:31la musique,
05:32etc.
05:32peut marquer les esprits
05:34et notamment l'esprit des jeunes.
05:36La prévention doit changer
05:38pour parler aux jeunes
05:39parce que c'est eux
05:40qui prennent le lendemain,
05:43c'est eux qui morflent.
05:43Il y a deux combats
05:45que vous menez,
05:46c'est évidemment la prévention
05:47et puis c'est que les choses bougent
05:49du côté de la justice.
05:51Vous allez rester avec nous
05:52jusqu'à 11h30,
05:53Yannick Allénaud
05:53est l'invité exceptionnel.
05:55Donc,
05:56Eliott,
05:57Deval et vous.
05:58Deval et vous.
06:0011h17 sur Europe 1,
06:01Eliott,
06:01Deval et vous,
06:02c'est jusqu'à 13h
06:03et Yannick Allénaud
06:04est avec nous en studio.
06:05Yannick Allénaud
06:06et son engagement
06:07pour la sécurité routière,
06:08il est avec nous
06:09jusqu'à 11h30 en studio
06:10car après,
06:11Yannick,
06:11vous vous rendez sur le pont Diena
06:13où l'association Antoine Allénaud
06:14que vous avez fondée
06:15se trouve déjà sur place
06:16depuis 8h
06:17avec notamment 1500 photos
06:19de proches de victimes de la route
06:20sont collées à même le pont.
06:23Parce que,
06:24et je reçois énormément de messages
06:25Yannick Allénaud
06:26parce que votre témoignage
06:27est bouleversant,
06:28parce que votre engagement
06:29aussi est important,
06:31que vous symbolisez quelque chose
06:32pour ces Français
06:33qui sont en souffrance
06:35et qui vivent
06:38parfois dans leur chair
06:39cette injustice
06:40de perdre un proche
06:41dans des conditions
06:42insupportables.
06:44Quand,
06:44par exemple,
06:45et c'est,
06:46je le rappelais tout à l'heure
06:46pour votre fils,
06:48tué en mai 2022,
06:50le criminel
06:52est un homme multirécividiviste
06:55qui était au volant
06:55d'une voiture volée,
06:56qui n'avait rien à faire dehors
06:58et à la souffrance
06:59s'ajoute l'injustice.
07:02Est-ce que vous avez réussi
07:03à passer outre
07:04cette injustice,
07:06Yannick Allénaud ?
07:07Non,
07:08non,
07:08il a commis
07:09l'irréparable,
07:10le mec.
07:12Donc,
07:13de toute façon,
07:13ce sera deux faits injustes.
07:16Il n'y a rien
07:17qui compense.
07:19Il n'y a rien
07:19qui compense.
07:23Donc,
07:23qu'est-ce que je vous dise,
07:24moi ?
07:25Je pense que
07:26la reconnaissance
07:27de...
07:30Déjà,
07:30l'homicide involontaire,
07:31c'était insupportable,
07:32ça,
07:32on l'a fait changer.
07:34Je pense qu'il faut mettre
07:34les mots sur les choses,
07:35tout simplement.
07:36Et vous voyez,
07:37l'œuvre qu'on a faite
07:38avec Girard
07:39est très importante.
07:43On a une femme
07:44qui,
07:45depuis le départ
07:46de son enfant,
07:47il y a trois ans,
07:48n'était pas sortie
07:49de chez elle.
07:51Elle est restée
07:52clôtrée chez elle.
07:53Parce qu'il y a aussi
07:53une sorte de culpabilité,
07:56de...
07:57Enfin,
07:57je ne sais pas,
07:58c'est très,
07:58très,
07:59très,
07:59très difficile.
08:00Elle est là
08:01avec nous aujourd'hui.
08:03Elle est venue
08:03coller des affiches
08:04hier et qu'on connaît
08:05des portraits.
08:06Donc,
08:07je pense que ce que nous sommes
08:08en train de faire
08:08va faire changer la perception.
08:11Elle vous dit quoi,
08:12cette femme ?
08:13Cette mère
08:14qui a perdu son enfant ?
08:15Elle ne dit pas grand-chose.
08:17Vous savez,
08:17quand vous prenez
08:17un peu une bouffée d'air
08:18comme ça,
08:19dans votre vie,
08:21c'est très,
08:22très meurtrissant.
08:24Mais,
08:24quand même,
08:25je trouve que,
08:27peut-être,
08:27j'espère qu'on a ouvert
08:28une fenêtre d'espoir pour elle.
08:29L'espérance,
08:30là aussi,
08:30c'est le combat
08:31et l'espérance
08:32et à travers vos mots,
08:33il y a trois semaines,
08:34j'avais l'honneur
08:35de rencontrer
08:35Harmonie Comine
08:36qui a eu aussi
08:38le courage
08:38de se mobiliser,
08:39qui a eu le courage
08:40de dire les termes,
08:41les siens,
08:42du moins,
08:42puisqu'elle considérait
08:43que la France
08:43avait tué son mari,
08:44le gendarme Comine.
08:46Et,
08:46c'est vrai que vous êtes
08:47des sources d'espérance
08:49pour les Français
08:50qui nous écoutent.
08:51Nous sommes dans le studio
08:52avec Georges Fenech
08:53et Alexandre Dévécueux.
08:54Dans un instant,
08:55je vous donne la parole,
08:56messieurs,
08:56mais la priorité,
08:57ce sont aussi les auditeurs.
08:58Et on est en direct
08:59avec Cédric.
09:00Bonjour,
09:00Cédric.
09:01Bonjour Eliott,
09:02bonjour.
09:04Je sais que vous avez,
09:06vous aussi,
09:07vécu un drame
09:08puisque vous avez perdu
09:09votre frère.
09:10Est-ce que vous pouvez
09:11nous rappeler
09:11les conditions
09:12de cet accident ?
09:13J'ai perdu mon petit frère
09:15il y a un peu moins
09:16de dix ans.
09:18Grenoble,
09:18porte de France,
09:19il était en train
09:20de sauver.
09:22Il y a une fille
09:22qui voulait se suicider
09:23au bout de la lune droite
09:28au bout de la porte de France.
09:29Et en fait,
09:31un chauffard est arrivé
09:33et l'a percuté par derrière
09:35à plus de 170 km heure
09:37alors que c'est limité à 70.
09:39Il avait été alcoolisé,
09:41il avait pris des stupéfiants.
09:43Et aujourd'hui,
09:45moi je peux vous dire
09:45qu'à la vitesse
09:46à laquelle il roulait
09:47parce qu'on a pris
09:49un expert judiciaire
09:51pour estimer la vitesse
09:56parce qu'en tout cas,
09:58à ce moment-là,
09:59la justice
09:59n'avait pas voulu
10:03prendre d'experts
10:05pour assumer la vitesse.
10:07Savoir qu'en France,
10:07normalement,
10:08quand on cumule
10:09l'alcool et la vitesse,
10:10les peines ne sont pas
10:11les mêmes.
10:13Ce sont des circonstances
10:14aggravantes ?
10:15C'est ça.
10:17Donc,
10:18par rapport au sujet
10:19où il a fait la justice,
10:21je remets ça aussi
10:22à l'État,
10:22on n'est pas aidé,
10:23on n'est pas suivi.
10:24Vous n'êtes pas soutenu
10:26dans le combat
10:27que vous menez ?
10:28Non, on n'a pas été soutenu.
10:29Nous sommes en direct
10:29avec, vous l'avez bien entendu,
10:31avec Yannick Alenaud
10:32qui a justement,
10:34qui lui,
10:35se mobilise,
10:36qui veut rendre visibles
10:38les invisibles.
10:39Peut-être que vous avez envie
10:39d'échanger avec
10:40Yannick Alenaud,
10:41Cédric.
10:43Oui,
10:44j'ai suivi son histoire.
10:46Je trouve que c'est bien
10:49de...
10:50Bravo à ce qu'il fait.
10:52Son mobilisation,
10:53c'est courageux.
10:54Après,
10:57nous,
10:59aujourd'hui,
10:59par rapport à notre situation,
11:02nous,
11:02aujourd'hui,
11:03on a pris perpétuité
11:04comme lui.
11:06Et aujourd'hui,
11:08je ne sais pas quoi dire,
11:11de plus qu'en fait.
11:12Mais c'est...
11:13Enfin, nous,
11:13c'est tout toujours.
11:14Enfin, c'est tout les mêmes
11:15qui sont...
11:15Bonjour, Cédric.
11:17Oui.
11:17Non, mais je pense que
11:18la pénalisation
11:20a fait beaucoup
11:22et elle a fait ses preuves.
11:24Les radars,
11:25les permis à point,
11:26ces choses-là,
11:26on fait aussi décroître
11:28l'accidentologie.
11:31Et je pense que
11:31ce n'est pas suffisant.
11:33Il faut encore plus
11:34être sévère
11:35vis-à-vis des gens
11:36qui font n'importe quoi
11:36avec leur véhicule.
11:38Je suis d'accord avec ça.
11:39Et tu vois,
11:40je pense que là,
11:41il faut vraiment
11:42que ça soit intransigeant.
11:45Évidemment,
11:46il y aura toujours
11:46les voyous.
11:47Ceux-là,
11:47on ne pourra pas
11:48les traiter forcément,
11:49mais les gens,
11:50je dirais,
11:51qui de temps en temps
11:52se disent
11:52« Bon, ce n'est pas grave,
11:53je vais prendre un verre de plus,
11:54mais je vais rentrer quand même. »
11:56J'aurais envie
11:57de m'adresser à ceux-là.
11:58Pensez-y tous les jours.
12:00Il y a des moyens
12:01de rentrer chez soi,
12:02de dormir sur place.
12:04Il y a des moyens,
12:05je veux dire,
12:0580% de la population française
12:06vit en métropole aujourd'hui.
12:08Donc Uber, taxi et autre.
12:09Tu as Uber, taxi,
12:10tout à fait.
12:11Donc, s'il vous plaît,
12:13essayez de prendre conscience
12:15de ça tous les uns les autres
12:16et de se dire
12:16qu'on peut ensemble
12:18collectivement
12:18faire attention
12:19aux gamins
12:21sur sa trottinette,
12:22à la jeune fille
12:23sur son vélo,
12:25aux grands-pères
12:26qui traversent la rue.
12:28Ayez un réflexe
12:30de compréhension
12:32et de conscience
12:34des environnements
12:34dans lesquels
12:35nous habitons tous.
12:36Cédric.
12:38Vous parlez de conscience,
12:39vous parlez de conscience,
12:40mais en fait,
12:40souvent,
12:41quand on fait le point
12:42sur ces personnes
12:42qui ont commis ces actes,
12:45on se demande
12:45s'ils ont vraiment une conscience
12:47qui, à la base,
12:48ils sont normalement
12:49constitués,
12:50mais ils n'ont pas...
12:52Pour moi,
12:52je trouve que
12:53quand on fait le...
12:55Par rapport à la personne
12:56qui a tué mon frère,
12:57c'est toujours les mêmes
12:58qui ressortent.
12:59Donc,
13:00c'est...
13:01Il faudrait arriver
13:03à faire confiance aux gens,
13:04mais...
13:06Non,
13:06mais c'est aussi pour ça
13:07qu'il faut de la fermeté
13:08et que justice soit rendue.
13:10Cédric,
13:11la personne
13:12qui a tué votre frère
13:13a été condamnée ?
13:15Alors,
13:16la procureure
13:16a demandé 10 ans
13:17parce que,
13:17du coup,
13:17nous on a apporté
13:18cette preuve de vitesse.
13:22Donc,
13:23c'est de 170
13:23en expertise.
13:26Donc,
13:26le procureur
13:27a demandé 10 ans,
13:27il a eu 2 ans
13:28et il en a fait...
13:31il a fait 3 mois
13:31de brasser
13:33l'électronique
13:34en fait,
13:34il n'a rien fait.
13:35Il n'y a pas de raison
13:35qu'il ne recommence pas.
13:36Voilà.
13:37Et c'est aussi
13:38cet élément
13:39qui est essentiel.
13:39C'est pour ça
13:40qu'on dit
13:40et que la question
13:41qu'on se pose,
13:42c'est la justice
13:42s'occupe-t-elle
13:43des victimes
13:43et des familles
13:44des victimes
13:45dans de tels drames ?
13:46Parce que,
13:47à l'horreur
13:48de votre histoire,
13:50au drame complet
13:51se rajoute
13:52un autre drame.
13:53C'est le sentiment
13:55de ne pas
13:55avoir vu
13:57une justice
13:57rendue
13:58et de voir
14:01que cette personne-là
14:02n'est pas derrière
14:03les barreaux
14:03pendant des années.
14:04Georges Fenech,
14:05un ancien magistrat
14:05est avec nous.
14:06Georges.
14:07Vous permettez,
14:07Elliot,
14:08de vous reprendre
14:08sur un qualificatif
14:09que vous avez employé
14:10tout à l'heure
14:11et que je comprends.
14:13Vous avez parlé
14:13de l'auteur
14:14de l'excident mortel
14:15qui a entraîné
14:15dans plein mort
14:16d'Antoine Aléno,
14:17vous avez parlé
14:17du criminel.
14:18Or,
14:20la justice
14:21ne considère pas
14:22encore
14:22ses comportements
14:24comme criminels
14:25parce que si c'était
14:25le cas,
14:26on irait aux assises.
14:28Les crimes,
14:28c'est les assises.
14:29Là,
14:30on parle toujours
14:30de délinquants routiers.
14:32Ce qu'a fait
14:33ce combat
14:33et d'ailleurs,
14:34il faut se féliciter,
14:36si vous permettez le mot,
14:37de l'utilisation
14:39de la notoriété
14:40que possède
14:41Yannick Aléno
14:42pour ce combat,
14:43non seulement
14:44pour la mémoire
14:44de son fils
14:45mais pour la collectivité.
14:47Vous avez fait avancer
14:48les choses
14:48mais on peut aller
14:49beaucoup plus loin
14:50parce que le changement
14:51sémantique
14:52qui est important,
14:53c'est vrai,
14:54parler d'homicide routier
14:56et non plus
14:56d'homicide involontaire
14:58ne tient pas compte
14:59encore,
15:00à mon avis,
15:01du comportement criminel
15:03de certains chauffards
15:04comme c'était le cas ici,
15:06voyez-vous ?
15:07Et je pense que
15:08le fait de prendre un volant,
15:10de se comporter
15:11de cette façon
15:11de consommer d'alcool
15:13ou d'estupéfiant,
15:14c'est un comportement
15:15volontairement
15:16dangereux
15:17qui peut causer la mort.
15:19Et ça,
15:19à mon avis,
15:20il faut qu'on change
15:20de qualification
15:21et qu'on en fasse
15:22une criminalisation
15:24et que ça soit jugé
15:25par une cour d'assises
15:26avec des peines
15:27à la hauteur
15:27si on veut vraiment
15:28être efficace.
15:29Voilà mon sentiment.
15:30Yannick Aléno.
15:31Vous avez raison.
15:33Évidemment.
15:35Il fallait déjà
15:36ouvrir la brèche,
15:37je crois.
15:37Vous l'avez fait.
15:38Maintenant,
15:40je ne veux pas attendre ça
15:41avec impatience
15:41parce que ce n'est pas le mot.
15:43Ce sera...
15:44Mais un jour arrivera.
15:45C'est évident.
15:48C'est un personnage
15:49sous-stupéfiant
15:50alcoolisé
15:51fait un massacre
15:52de masse.
15:54Et là,
15:55je pense qu'il faudra
15:55qu'on soit tous ensemble
15:56pour effectivement
15:58que ça passe aux assises
15:59et qu'enfin,
16:00on arrête
16:01de faire semblant
16:03que c'est un accident.
16:05Donc,
16:06ce qui est arrivé à Antoine,
16:08il est mort en bas de la maison,
16:09j'ai vu des amas de métaux,
16:10j'ai vu comme un attentat.
16:12Ce qui se passe en France,
16:13c'est cinq à six fois
16:14le Bataclan.
16:15Mais comme c'est
16:15des attentats individuels,
16:16ça reste encore
16:17dans cette compréhension
16:19diluée.
16:20D'accord ?
16:22Je ne le souhaite pas vraiment.
16:23Vraiment.
16:24Je ne le souhaite pas.
16:25Mais,
16:25je pense que ça arrivera.
16:27Un jour,
16:28un taré
16:28ira tuer
16:29une masse d'enfants
16:30qui sera devenue
16:31insupportable pour la société.
16:32Et là,
16:33à ce moment-là,
16:33ça bougera encore plus.
16:35Eh bien, écoutez,
16:36merci Yannick Alenot
16:37d'être venu
16:37dans les locaux d'Europe 1
16:39pour votre combat.
16:40Je rappelle l'association
16:41Antoine Alenot
16:42qui se réunit
16:43avec le dessinateur
16:45J.A.R.
16:45ce samedi,
16:4713 septembre,
16:48dès 8h,
16:49sur le pont d'Iéna.
16:49Si vous êtes parisien,
16:50allez sur le pont d'Iéna
16:52pour rendre visibles
16:53les invisibles.
16:541500 photos
16:54de proches de victimes
16:55de la route
16:56qui seront collées
16:57à même la chaussée
16:58puis arrachées
16:58pour symboliser
16:59l'abandon
17:00des co-victimes.
17:02Je rappelle aussi
17:02votre association,
17:03l'association Antoine Alenot
17:05Agir pour protéger
17:07nos enfants.
17:08Alors,
17:08normalement,
17:08je donne le numéro
17:09du standard,
17:10mais là,
17:10je vais donner
17:10le vôtre de numéro.
17:12La demande d'aide
17:13et d'accompagnement,
17:14c'est le 01 89 43 19 97.
17:17Vraiment merci Antoine Alenot
17:19et vous revenez
17:20quand vous voulez
17:21dans les studios d'Europe 1
17:22pour parler de votre combat.
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