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  • il y a 1 an
Benoît Perrin : «La dernière fois que Fitch a attribué une note à la France, elle ne l'avait pas dégradée alors que tous les modèles économiques montraient le contraire. C'était compliqué pour elle de ne pas le faire cette fois-ci.»

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Transcription
00:00La première leçon, déjà, c'est que l'agence de notation Fitch ne s'est pas décrédibilisée.
00:04Parce que, comme vous le savez, il y a eu, notamment au moment de la crise financière en Grèce,
00:09des agents de notation qui n'avaient pas assez tiré la sonnette d'alarme.
00:12Donc, du coup, ça fait quand même des années, en quelque sorte, qu'elles sont un peu décrédibilisées, effectivement.
00:17Et là, Fitch, la dernière fois qu'elle a attribué une note à la France,
00:22elle n'avait pas dégradé la France, alors que tous les modèles économiques montraient qu'elle devait dégrader la France.
00:26Donc, c'était compliqué pour elle de ne pas le faire cette fois-ci.
00:28Deuxième point, je crois que nos voisins européens doivent se frotter les mains.
00:32Pourquoi je vous dis ça ? Parce que vous aviez à peu près 15 pays qui avaient une note inférieure à celle de la France jusqu'à présent,
00:39alors que ces pays-là avaient fait des gros efforts et avaient des indicateurs économiques largement meilleurs que nous.
00:44Je pense évidemment au sujet de la dette et au sujet des déficits.
00:47Donc, c'était en quelque sorte une injustice que la France soit si bien notée.
00:50Troisième remarque, je crois qu'il faut faire attention à la théorie du bouc émissaire.
00:55Il ne faut pas en vouloir un Fitch ce soir. Il faut quand même se regarder le nombril.
00:58C'est-à-dire que très concrètement, si on est dans cette situation-là aujourd'hui, c'est parce qu'on a des responsables politiques
01:02qui ont mal géré l'argent des Français depuis plus de 50 ans.
01:06Donc, il ne faut pas en vouloir à ces agences-là. Elles ne font en fait que leur travail.
01:09Et dernier point, et ça me semble être important de comprendre la conséquence directe pour les Français.
01:14Il y en a deux. La première, évidemment, c'est que comme les taux d'intérêt vont continuer à augmenter,
01:19on va devoir consacrer encore plus d'argent au remboursement de la dette.
01:23Donc, c'est-à-dire très concrètement, on va travailler chacun de plus en plus pour rembourser nos créanciers.
01:28Et deuxième conséquence, puisque les taux vont continuer à monter progressivement,
01:32eh bien, on va avoir les taux immobiliers qui vont continuer à monter.
01:36On va avoir les entreprises qui vont devoir faire des emprunts à la banque,
01:39qui vont aussi voir leur taux d'intérêt monter.
01:42Donc, il y a des conséquences très concrètes pour les Français.
01:44Mais je ne crois pas, évidemment, malgré cette dégradation, évidemment, au krach, obligataire, ça n'arrivera pas.
01:50En revanche, on va continuer, en quelque sorte, cette montée progressive.
01:54En fait, on va se faire, en quelque sorte, si on ne fait rien, se faire étouffer.
01:57C'est comme une cravate, en quelque sorte, dont le nœud se serrait de plus en plus autour de notre gorge.
02:03Et en fait, c'est un peu comme l'histoire, vous savez, de la grenouille qui ne s'aperçoit pas qu'elle meurt
02:06parce qu'elle est plongée dans un bac d'eau froide et puis qu'on chauffe peu à peu.
02:12Et puis, en fait, elle meurt sans même s'apercevoir que l'eau a chauffé petit à petit.
02:16Eh bien, si on ne fait rien, la France va être dans cette situation-là.
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