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  • il y a 4 mois
Inass, 4 ans, avait été retrouvée morte sur l'autoroute A10 dans le Loir-et-Cher en 1987. Il avait fallu plus de 30 ans pour l'identifier, et pour que ses parents soient mis en cause dans l'enquête sur sa mort.

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Transcription
00:00Un dénouement judiciaire très attendu pour la petite martyre de Ladis.
00:03Il y a 38 ans maintenant, cette petite fille avait été retrouvée morte sur l'autoroute dans le Loir-et-Cher.
00:08Son identité est longtemps restée un mystère.
00:10Il a fallu 30 ans pour que les enquêteurs parviennent à l'identifier.
00:14Elle s'appelait Inas.
00:15Elle avait 4 ans quand elle est morte et vraisemblablement suite au mauvais traitement que lui infligeaient ses parents.
00:21Ces derniers ont donc vécu 30 ans, une éternité avant d'être interpellés, placés en garde à vue et mis en examen.
00:26Aujourd'hui, nous sommes en 2025 et 7 ans après cette énorme avancée dans le dossier, aucune audience n'a encore été programmée.
00:33Ça fait donc 37 ans qu'Ina s'est morte.
00:35Comment expliquer que l'enquête ait pris tant de temps ?
00:37Pourquoi ce dossier est-il considéré comme sensible ?
00:40Et qu'est-ce que cela implique dans l'organisation d'un procès ?
00:43Je suis Pauline Revena, vous écoutez notre nouvel épisode d'Affaires suivantes, le podcast Inédit.
00:48Elisa Fernandez, bonjour.
00:57Vous êtes journaliste police-justice à BFMTV.com.
01:00Arnaud Gallet, bonjour.
01:01Bonjour.
01:01Vous êtes le cofondateur de l'association Mouv'Enfant.
01:03Merci d'être avec nous.
01:04Et dans un instant, nous reviendrons avec vous sur les raisons pour lesquelles cette affaire met autant de temps à arriver devant un tribunal.
01:10Mais tout d'abord, un rappel des faits, Elisa.
01:11C'était en 1987 que le corps de cette petite fille a été retrouvé sur l'autoroute A10.
01:17Tout à fait. Le 11 août 1987 précisément, ce sont des agents d'entretien qui, pendant leur service, vont faire cette triste découverte.
01:26En regardant derrière une glissière de sécurité au niveau de la commune de Suèvre, dans le Loir-et-Cher,
01:32juste à côté d'une sortie de l'autoroute, ils trouvent le corps d'une fillette dissimulée sous une couverture.
01:38Ils vont appeler les autorités et c'est le point de départ d'une enquête qui va durer plusieurs dizaines d'années.
01:44Oui. Alors, à première vue, d'après les premières constatations, les enquêteurs estiment que cette petite fille, elle a entre 3 et 5 ans.
01:51Elle a des cheveux bruns bouclés, des yeux marrons et elle porte un t-shirt, un short ainsi qu'une robe de chambre.
01:57Et il y a un élément en particulier qui amène rapidement les enquêteurs à penser qu'il s'agit d'un meurtre.
02:02Oui, ce sont les multiples marques de violence qu'il découvre sur son corps.
02:06Entre autres, ils vont constater que cette petite fille, elle a été victime de coups, de brûlures, de morsures.
02:12Et il est établi qu'elle est décédée d'épuisement après de multiples maltraitances.
02:17Et d'emblée, ce qui va compliquer le travail des enquêteurs, c'est que personne n'a signalé la disparition de cette petite fille.
02:24Personne ne semble la chercher, personne ne la réclame.
02:27Compliqué donc de poser un nom sur la victime.
02:30La gendarmerie va donc ratisser assez large pour tenter de l'identifier.
02:35Elle va lancer des opérations de grande ampleur.
02:38Dès la rentrée scolaire, au total, il y aura 65 000 écoles qui vont être passées au crible par les enquêteurs.
02:44Ils vont chercher à savoir évidemment si un enfant manque à l'appel.
02:48Ils vont également se tourner vers les médecins scolaires, les assistantes maternelles.
02:52Un signalement va aussi être lancé dans plusieurs pays à ce moment-là.
02:56La photo de la petite fille va être placardée dans de nombreux lieux publics, toujours avec le même objectif, poser un nom sur cet enfant et mieux comprendre ce qui lui est arrivé.
03:10Et pourtant, les années passent et l'enquête stagne.
03:12Alors au fil des années, le dossier va tout simplement devenir ce qu'on appelle un call case.
03:17Oui, alors il y aura des tentatives pour relancer les investigations.
03:21Par exemple, en 2018, les gendarmes vont se servir des progrès techniques et scientifiques.
03:27En 2008, pardon.
03:28Les gendarmes se servent des progrès pour donner un nouvel élan à l'enquête.
03:33Cette année-là, ils vont inscrire son ADN dans le FNAEG, le Fichier National des Empreintes Génétiques.
03:41Et ils vont essayer de le comparer à d'autres ADN de ce fichier.
03:44À ce moment-là, en 2008, rien ne matche.
03:48Ce sera le cas seulement neuf ans plus tard, en 2017.
03:52Un ADN match à ce moment-là et on parvient à remonter jusqu'au noyau familial de la petite fille.
03:57Et ça, c'est grâce à ce qu'on appelle l'ADN de parentèle.
04:00Oui, alors c'est une technique que les enquêteurs utilisent souvent maintenant lorsqu'ils ont un ADN qu'ils souhaitent identifier.
04:06En fait, ils vont chercher dans le FNAEG si ce profil génétique inconnu correspond à une partie d'un profil d'une personne qui, elle, est inscrite dans le fichier, soit parce qu'elle a commis un crime ou un délit.
04:21Et à ce moment-là, ça veut dire que s'il y a une correspondance, qu'il y a de fortes chances pour que l'ADN inconnu et l'ADN de la personne dans le fichier soient ceux de deux personnes d'un même noyau familial.
04:34De là va après découler une enquête assez classique.
04:38On part de la personne connue dans le fichier, remonter vers sa famille et puis on essaie d'identifier comme ça la victime.
04:46Dans ce dossier de la petite martyre de la 10, c'est exactement ce qui s'est passé.
04:50Son frère était inscrit au FNAEG parce qu'il a été interpellé pour un vol quelques temps auparavant.
04:56Et en poussant les investigations dans ce sens, les enquêteurs mettent un nom sur la victime.
05:01Il s'agit d'Inas Touloub, qui est morte à l'âge de 4 ans.
05:05Et à partir de là, les enquêteurs vont remonter jusqu'à ses parents ?
05:08Oui, parce que la question qui se pose dans ce dossier, c'est pourquoi ses parents ne l'ont jamais recherché ?
05:13Pourquoi cette petite fille est passée sous les radars pendant si longtemps ?
05:17Pourquoi elle a disparu depuis plusieurs années des listes de l'administration ?
05:22Et ses parents, ils vont être interpellés en juin 2018.
05:26Ils vont être mis en examen pour meurtre sur mineurs de moins de 15 ans, recel de cadavres et violences sur mineurs.
05:33Pendant une conférence de presse, le procureur de Blois va un petit peu donner des éléments de contexte.
05:37Il va expliquer que cette petite fille, elle est née en 1983 au Maroc, qu'elle n'a jamais été scolarisée.
05:45Ses parents se sont installés plutôt en 1985 dans les Hauts-de-Seine.
05:50Il indique aussi qu'en garde d'avu, le père de la fillette déclare que sa compagne était violente avec ses enfants
05:58et qu'un jour, il a retrouvé sa fille Inas sans vie en rentrant chez lui après le travail
06:04et que le lendemain, il a décidé de l'abandonner sur le bord de l'autoroute en partant vers le Maroc en voiture.
06:12Donc la mère de la victime va elle aussi évidemment être entendue
06:16et elle, elle ne reconnaît pas réellement son implication dans la mort de sa fille.
06:19Alors donc, sept ans après, l'organisation d'un procès dans ce dossier est toujours en cours ?
06:23Oui, et pour expliquer ce délai, le ministère de la Justice nous précise qu'il s'agit d'un procès classé comme sensible.
06:31Alors, une audience peut être caractérisée de sensible pour plusieurs critères.
06:35Ça peut être par exemple quand un dossier est très fortement médiatisé.
06:39Ça peut être aussi quand on estime qu'un accusé peut être très dangereux.
06:43Il arrive aussi qu'un très nombre, quand il y a un très grand nombre de parties civiles,
06:49que le procès se tienne dans une autre juridiction.
06:52Dans le cas de la petite martyr de la 10, ça n'est pas le cas,
06:56étant donné que seules neuf parties civiles se sont constituées.
06:59Alors, merci beaucoup Elisa pour ce récit.
07:00Arnaud Galèche, je rappelle que vous êtes vous le cofondateur de l'association Mouve Enfants
07:03et dans ce cadre, vous suivez évidemment ce dossier de très près.
07:06Merci d'être avec nous.
07:07Alors, je vous voyais réagir visuellement, on vient de le dire,
07:10le ministère de la Justice, lui, il a classé cette audience comme sensible.
07:14Est-ce que vous, vous comprenez pourquoi ?
07:15Non, on ne comprend pas.
07:16Je veux dire, on a eu dernièrement le procès Mazan,
07:19on a le procès Le Scornec, on a plein d'autres procès.
07:21Je vais vous dire le sujet.
07:22Le sujet, c'est que dans ce pays, finalement, ce qui est renvoyé,
07:26c'est que les parents ont droit de vie ou de mort sur leur enfant, en réalité.
07:28Il faut le dire de cette manière-là.
07:29Pourquoi ?
07:30Parce qu'il n'a plus personne pour défendre ses intérêts directement.
07:33Donc, ça veut dire qu'on la met à l'oubli, peu importe.
07:36Aujourd'hui, ses parents peuvent mourir tranquillement.
07:39On voit bien, on peut se poser la question quand même.
07:41Vous imaginez quand même, pendant plus de 30 ans,
07:43elle n'avait aucune identité.
07:45Ils ont gardé ça.
07:46Alors, ce qui est important quand même de dire aussi,
07:47c'est que au Maroc, elle avait été effectivement élevée par sa grand-mère.
07:50Personne n'a donné l'alerte.
07:52Il y a des voisins qui ont cherché à donner l'alerte à un moment donné.
07:54Je crois qu'il y avait eu un appal à témoignage qui avait été fait.
07:57Mais bon, pour différentes raisons, ça n'a pas été pris en compte.
08:00Donc, on voit bien, en fait.
08:00Il y a dans ce dossier, en fait, déjà, c'est important de le souligner.
08:04Et vraiment, on y tient au niveau de Mouve Enfance.
08:07Et qu'on a des professionnels de police-justice qui ont fait leur travail,
08:09juges d'instruction, gendarmes.
08:11Enfin, voilà, ça s'est bougé.
08:12Et puis, un village incroyable.
08:14C'est-à-dire que nous, on est en lien avec le village, le village de Suevres.
08:17La mairie, les adjoints, les élus, toutes les habitantes, les habitants
08:21ont adopté cette petite fille au point de faire de la sépulture d'Inès
08:26un espace public.
08:28C'est-à-dire, pour éviter que les parents puissent même reprendre la sépulture,
08:32ils se sont dit, c'est une propriété de la commune.
08:35Et vous allez sur cette tombe, moi, j'y ai été, c'est la plus belle tombe du village.
08:40Et donc, il y a quelque chose, finalement, qui est beau.
08:41Il y a un élan citoyen.
08:42Et derrière, on a un ministère de la Justice qui, une fois de plus,
08:45brille par son immobilisme.
08:47Et nous, on ne comprend pas.
08:47Vous savez, l'argument qui est amené aujourd'hui par le ministère public,
08:51ce qui est scandaleux, c'est de se dire qu'effectivement,
08:53il y aurait un procès hors normes, soit disant,
08:56parce qu'il y aurait beaucoup de journalistes qui seraient là.
08:58Donc, trop cher à organiser, c'est quoi exactement ?
09:00Donc, trop cher à organiser ?
09:01On ne sait pas, en fait.
09:02On ne comprend pas l'argument.
09:03Enfin, je ne sais pas, vous allez avoir Marine Le Pen qui va être jugée prochainement.
09:05Il n'y a pas beaucoup de journalistes qui vont se présenter.
09:07Ça pose un problème d'organiser un procès pour Marine Le Pen ?
09:09Bon, pourquoi on ne le fait pas pour Inès ?
09:10C'est une question.
09:11Inès qui a été martyrisée avec des marques de faits retrouvées,
09:16des violences inouïes, vous voyez.
09:17Et on se dit, donc, peu importe.
09:19Et on a uniquement cet élan de solidarité.
09:22Je vous dis, le maire du village, dernièrement,
09:24avait encore les larmes aux yeux en disant,
09:26Inès, c'est une enfant du village.
09:27Et je pense que c'est une belle histoire.
09:29Des habitants peuvent être à la hauteur d'un enfant.
09:32Par contre, la justice est bien loin, malheureusement.
09:35Avec l'association Mouve Enfants,
09:36vous vous mobilisez énormément pour que cette affaire passe devant la justice.
09:41En juillet, vous avez lancé une pétition
09:44pour demander à ce qu'un procès tienne avant la fin de l'année.
09:48Il y a eu combien de signatures ?
09:49Je crois 14 000, plus de 14 000 signatures.
09:51On est à près de 15 000 aujourd'hui, près de 15 000 signatures.
09:53Et c'est vrai que les personnes ne comprennent pas.
09:54On a fait une action devant le tribunal de Blois,
09:56comme on le fait habituellement,
09:58en retracant, mettant une scène de crime,
09:59en disant simplement, c'est un crime, en fait,
10:01ce qui s'est passé simplement dans ce pays.
10:02Et comment se fait-il qu'on laisse des parents en liberté ?
10:04Vous savez, ce qui est quand même important, c'est de se dire...
10:06Parce que c'est ça qu'il faut rappeler.
10:07C'est que les deux parents, ils sont où aujourd'hui ?
10:08Ils sont en liberté.
10:09Ils ont été un petit peu en détention provisoire.
10:11Je le dis un petit peu parce que voilà.
10:13Et aujourd'hui, il y a des questions de santé, etc.
10:15Donc très bien.
10:15Donc ça veut dire que quand on agresse,
10:16quand on tue en France,
10:18ces enfants, bon, c'est pas un problème.
10:20Et vous savez, c'est important de dire
10:22pourquoi est-ce que le nouveau enfant se mobilise.
10:25On a dans ce pays un enfant
10:27qui meurt tous les 4-5 jours sur les coups de ses parents.
10:29Un enfant tous les 4-5 jours.
10:30Mais quel message est renvoyé ?
10:32Si ce n'est, évidemment,
10:32vous pouvez continuer à taper sur vos enfants.
10:34Donc ce que vous dites, c'est qu'à travers ce procès,
10:36on pourrait en faire un procès pédagogique,
10:37un procès symbolique
10:38pour les violences intrafamilières ?
10:40Je pense qu'il faut même se dire
10:41pour toute l'INAS.
10:42Moi, je pense que c'est le message
10:43qu'il faut renvoyer.
10:44Il faut se dire aussi qu'on peut s'unir.
10:45On peut avoir aussi de belles actions.
10:47On peut souligner tout le travail
10:48qui peut être fait par les enquêteurs.
10:49Et on peut se dire finalement
10:50qu'on prenne ce qui se passe
10:51au niveau de la justice aujourd'hui
10:52pour plus jamais que ça se passe de cette manière-là
10:54et pour qu'on puisse aussi,
10:55à un moment donné, protéger les enfants.
10:57Je veux dire, un enfant tous les 4-5 jours.
10:59Là, ça veut dire qu'on renvoie le message.
11:00Allez-y, continuez, il n'y a pas de problème.
11:02Vous pourrez vivre tranquillement.
11:04Vous vous rendez compte quand même,
11:05pendant 30 ans,
11:06ils ont caché ce crime effroyable.
11:0830 ans quand même.
11:09Et on a pu remonter à eux
11:10que grâce, si je puis dire,
11:11à la condamnation du frère
11:12qui offre ainsi son ADN parentel
11:14et c'est comme ça qu'on remonte à lui.
11:16Mais sans la condamnation du frère,
11:17les parents n'auraient jamais été inquiétés.
11:19C'est surtout que la police,
11:21encore une fois, a fait son travail
11:21par rapport à l'ADN.
11:23Ça a été rappelé à juste titre.
11:24Donc ça veut dire que là,
11:25on peut se dire souvent,
11:26il peut y avoir par un moment
11:26des dépôts.
11:28Là, c'est carré.
11:29Donc, ça a pu matcher au niveau de l'ADN.
11:31Donc, le nécessaire a été fait.
11:32Et même quand tout est aligné,
11:35il y a un problème.
11:36Là, on a un problème de salle.
11:37Un problème de salle en France,
11:39en 2025,
11:40pour juger des parents
11:41qui ont commis un acte effroyable
11:42sur leurs filles.
11:45Insupportable.
11:46Et là, avec cette pétition,
11:48vous demandiez aussi
11:49l'organisation d'un procès
11:50avant la fin de l'année.
11:51Est-ce que ça vous semble
11:52encore réalisable ?
11:53Ou là, quel est votre sentiment
11:55par rapport à ça ?
11:55Nous, ce qu'on souhaite,
11:56on exige un procès
11:57avant la fin de l'année.
11:58Après, si c'est début 2026,
11:59tant mieux.
11:59Mais nous, ce qu'on veut,
12:00c'est que ça aille vite.
12:01C'est-à-dire qu'on arrête
12:01un peu de nous enfumer
12:02avec des histoires pas possibles
12:04et qu'on puisse,
12:04à un moment donné,
12:06pour Inas,
12:07pour, je dirais,
12:08cet enfant de l'autoroute A10
12:10qui n'a même pas eu d'identité
12:11pendant plus de 30 ans de sa vie
12:12et qui a été laissé
12:14dans un sac plastique,
12:15un vulgaire objet,
12:16je veux dire,
12:16sur l'autoroute,
12:17qu'on puisse se dire,
12:17à un moment donné,
12:18un peu de décence,
12:19un peu de dignité
12:19et qu'on lui rende sa dignité
12:20à cette petite
12:28belle chose.
12:28Et là, malheureusement,
12:29la justice nous fait honte
12:30avec ce blocage.
12:31Vous savez,
12:32et c'est important de le dire
12:33parce que nous,
12:33on a écrit jusqu'à l'Élysée.
12:35On a écrit jusqu'au Conseil de justice.
12:36On a eu une réponse
12:37en disant,
12:38oui, au final,
12:39c'est un retour à l'envoyeur.
12:40Il faut revoir
12:41avec le procureur de la République.
12:42Nous, on se dit à un moment donné,
12:43si c'est un problème de ça,
12:44ce n'est pas un problème
12:45d'indépendance de la justice.
12:46Donc, c'est un problème
12:47de moyens matériels.
12:48Si c'est un problème
12:48de moyens matériels,
12:49donc c'est le ministère de la justice,
12:50on n'a pas besoin
12:51d'avoir une ingérence
12:53dans les affaires judiciaires.
12:55Malheureusement,
12:55aujourd'hui,
12:56on n'a aucune réponse.
12:57On est en lien
12:57avec la délégation interministrale
12:59des deux victimes
12:59qui confirme les arguments
13:00qui ont été amenés
13:01par le parquet,
13:02à savoir que la salle
13:03serait trop petite
13:04pour les journalistes.
13:05Enfin, je ne sais pas,
13:05à faire le squarnet,
13:06il y a une salle
13:06qui a été mise à disposition
13:07pour les journalistes.
13:08Bien sûr.
13:09Donc, il n'y a pas de sujet
13:10en fait par rapport à ça.
13:11Simplement, je vous le dis,
13:12Inas est toute seule.
13:13Elle a peut-être un village
13:15qui s'est uni autour d'elle,
13:17mais elle n'a pas de personne
13:18de sa famille
13:18pour s'unir
13:20et pour défendre ses intérêts.
13:21Donc, on la laisse
13:22en fait dans sa tombe
13:22et on se dit
13:23voilà, ça nous suffit
13:24d'avoir une tombe,
13:25je le dis pour les personnes
13:26qui nous écoutent,
13:27avec une petite couronne
13:28de princesse
13:29parce que je pense
13:29que c'est comme ça
13:30en fait qu'elle a été adoptée
13:31dans cette commune
13:32et je pense que c'est important
13:33de le dire.
13:34Il faut que la justice
13:34soit à la hauteur d'Inas.
13:36Alors, à la hauteur d'Inas,
13:38il y a cette mobilisation citoyenne,
13:40vous en avez parlé,
13:41mais est-ce que pour mettre la pression
13:43ou en tout cas continuer le combat,
13:44est-ce que vous prévoyez
13:45d'autres actions
13:45en plus que la pétition ?
13:47Alors, on a eu le maire
13:49plus différents adjoints
13:50qui étaient présents.
13:51On va organiser une marche
13:52mi-octobre.
13:53On est en train
13:53de convenir de la date
13:54et on va faire un appel
13:56à manifestation.
13:57Il faut que les personnes
13:57viennent.
13:59Ça ne se passe pas
14:00très loin de Blois.
14:00Moi, j'invite
14:01toutes les personnes
14:01quand on donnera la date,
14:03vraisemblablement
14:03autour du 18 octobre.
14:05N'hésitez pas
14:05à prendre vos voitures,
14:06c'est pas loin,
14:07au moins pour Inas,
14:09pour toute cette histoire
14:09qu'elle racontée.
14:10Il va y avoir toute une marche
14:11qui va être faite
14:12d'une demi-heure
14:12où on se dit
14:13qu'il faut absolument
14:13qu'on arrive aussi
14:14à montrer qu'au bout d'un moment
14:15il faut qu'il y ait
14:16une vraie culture
14:17de la protection des enfants
14:18et qu'on rende hommage
14:19et fémage
14:20pour les enfants
14:21qui sont malheureusement
14:22qui meurent
14:22sous les coudes
14:23de leurs parents.
14:24Vous l'avez dit,
14:25la commune de Suèvre
14:26l'a un peu adoptée
14:27comme une enfant du village.
14:29Au-delà de ça,
14:30il y a eu aussi
14:30une mobilisation,
14:32j'imagine,
14:32au-delà du village.
14:33Mais comment est-ce
14:34qu'on peut expliquer
14:34que cette histoire
14:36touche autant ?
14:38Tout simplement
14:38parce que c'est
14:38l'incompréhension
14:39parce que l'incompréhension
14:40aujourd'hui de se dire
14:41que pendant 30 ans
14:41c'est déjà un,
14:43l'affaire de se dire
14:43on retrouve la démarche
14:46de laisser sur l'autoroute,
14:47au bord de l'autoroute,
14:48de sortir.
14:50Et ce qu'on ne dit pas en plus
14:50c'est qu'il y a une personne
14:51qui était en face
14:52qui a vu le sac plastique sortir
14:54donc il ne savait pas,
14:54il a témoigné par la suite.
14:56Il n'a pas relevé la plaque,
14:57etc.
14:57C'était un peu compliqué
14:58parce que les parents
14:59partaient vers le Maroc
15:00pour dire les choses
15:01de manière très claire.
15:02C'était un acte prémédité
15:03quand même.
15:04Donc déjà forcément
15:04ça suscite quand même
15:05beaucoup d'émotions.
15:06Pendant 30 ans
15:06on se demande
15:07qu'est-ce qui s'est passé.
15:08Il y a une action
15:08qui est faite au niveau
15:09de l'ensemble d'un village.
15:11On arrive à retrouver
15:11les parents 30 ans après
15:12et aujourd'hui
15:13il ne se passe rien.
15:14Enfin je veux dire
15:14il ne faut même pas
15:16être activiste, militant.
15:17Il faut juste être citoyen, citoyenne
15:19et se dire
15:19bon à un moment dans ce pays
15:20quel est le problème
15:22en fait avec les enfants.
15:23Est-ce qu'on a le droit ?
15:24Est-ce que les enfants
15:24sont considérés comme des objets
15:25ou est-ce que les enfants
15:26ont des droits ?
15:27Je pense que c'est le sujet
15:27qui est porté
15:28et je pense que c'est là-dessus
15:29que c'est important
15:30de se mobiliser.
15:31Et si jamais le procès
15:32est organisé
15:33est-ce que selon vous
15:33il faut attendre quelque chose
15:34de la parole
15:35des parents d'Inas ?
15:36Est-ce que la responsabilité
15:39n'est pas clairement établie ?
15:40Oui c'est un drame
15:41intrafamilial
15:41le père dit que sa compagne
15:43était violente
15:44la compagne n'est ni la responsabilité
15:45est-ce que vous pensez
15:46qu'ils soient en capacité
15:47d'expliciter quoi que ce soit
15:49devant une cour ?
15:50Oui moi je pense que c'est
15:50à la justice de toute façon
15:52de faire la lumière
15:52sur ce qui se passe
15:53c'est important
15:53après on sait bien
15:54la justice doit être
15:56en capacité de caractériser
15:57tous les éléments
15:58qu'elle a
15:59mais on voit bien
15:59quand même dans cette affaire
16:00je le disais tout à l'heure
16:01vous avez un travail remarquable
16:03qui a été fait par les enquêteurs
16:04pendant plus de 30 ans
16:05et quand même quelque chose
16:05qui est aussi affligeant
16:06et qui est à charge
16:07à mon sens pour les parents
16:08quand pendant plus de 30 ans
16:09ils n'annent même pas l'alerte
16:10même si le père va dire
16:11oui mais j'ai été
16:12ma femme était
16:13mon ex-femme était violente
16:14enfin d'accord
16:15c'est lui à forcerie
16:16qui a déposé le sac
16:17sur l'autoroute
16:18il faut quand même admettre
16:19que c'est quand même
16:19une action un peu particulière
16:20de déposer un sac
16:21oui bien sûr
16:22donc moi je pense
16:23que tous les éléments
16:24et puis après effectivement
16:25quelle peine etc
16:26ça c'est encore autre chose
16:27ce qu'on souhaite au moins
16:28c'est qu'il y ait ce procès
16:29qui se passe
16:29c'est de se dire au bout d'un moment
16:30que cette petite Inas
16:31elle mérite au moins ça
16:33après les supplices
16:34qu'elle a vécues
16:35et qu'on arrête un peu
16:36de nous faire miroiter
16:37quelque chose
16:38où on ne sait pas trop
16:38et puis avec des excuses
16:40enfin sincèrement
16:40c'est magique quand même
16:43de se dire
16:43ça mérite un peu plus
16:44d'explications
16:44c'est ce que vous dites
16:45bien sûr
16:45merci beaucoup Arnaud Gallet
16:49merci beaucoup Elisa
16:50pour votre éclairage
16:51et votre participation
16:52vous pouvez retrouver
16:52cet épisode
16:53et tous les autres
16:54sur bfmtv.com
16:55et les plateformes de streaming
16:56nous on vous donne rendez-vous
16:57la semaine prochaine
16:58pour de nouvelles enquêtes
16:59dans Affaires suivantes
17:00le podcast Iné
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