00:00Vous voyez, Pierre, la situation politique aujourd'hui n'est pas une situation normale.
00:04C'est une situation où un gouvernement ne peut pas engager de grandes réformes,
00:09ne peut pas réformer le pays.
00:10Il n'a pas de mandat.
00:12Il n'y a un mandat ni pour un gouvernement LR, ni pour un gouvernement socialiste,
00:17ni pour un gouvernement du centre.
00:18Donc il est impossible que Sébastien Lecornu parvienne à convaincre les socialistes
00:24sans froisser les républicains.
00:25C'est impossible.
00:26Mais ce n'est pas sur ce genre de sujet.
00:28Vous pensez que si, vous, Victor et vous ?
00:29Je pense que sur cette mesure-là, oui.
00:32Le nouveau gouvernement, comme auraient dû l'être d'ailleurs les précédents,
00:38il a d'abord à assurer la continuité de l'État
00:41et deuxièmement à faire face aux événements et aux problèmes qui sont posés.
00:44Alors, par exemple, il est obligé de trouver un accord
00:47pour savoir quelle doit être la position de la France
00:51par rapport au traité du Mercosur.
00:53Ça, c'est un sujet auquel on ne peut pas échapper.
00:56Donc là, il faut se mettre d'accord.
00:57Quelle sera la position de la France ?
00:59Mais en revanche, on est dans une grande réforme fiscale
01:03ou le grand soir fiscal aujourd'hui, ça n'a aucun sens.
01:06Personne n'a les moyens politiques de le faire.
01:07Personne n'a le mandat pour le faire.
01:09Vous savez, la grande erreur de la manière...
01:13Enfin, le grand problème de ce débat, du débat politique aujourd'hui,
01:18c'est que tous les partis politiques,
01:22les représentants des partis,
01:23pensent que les choses se passent à l'Assemblée nationale,
01:25entre les partis.
01:26Non, les choses se passent avec le peuple français aujourd'hui.
01:29Et les partis sont prisonniers de leurs électorats.
01:33Si le Rassemblement national avait voulu négocier avec M. Béroud,
01:37s'il avait voulu trouver une porte de sortie et voter la confiance,
01:39il ne l'aurait pas pu.
01:40Il ne l'aurait pas pu, sauf à perdre son électorat.
01:44Bon, aucun parti de gauche ne l'aurait pu non plus,
01:46sauf à perdre son électorat.
01:48Donc chacun est dans son couloir et il ne se passera rien.
01:51Chacun est prisonnier d'une société qui est fracturée et radicalisée,
01:55qui n'est ni droitisée ni gauchisée,
01:59elle est radicalisée.
02:00Tout le monde est radicalisé.
02:01Les partis, ils représentent une fraction de cette population radicalisée
02:05et ils en sont prisonniers.
02:07Donc la situation n'est pas du tout une situation habituelle.
02:10Ce n'est pas une cohabitation.
02:11On ne peut même pas aller vers une coalition.
02:14Personne n'a reçu mandat pour ça.
02:17Tout ce qu'on peut faire, c'est d'essayer quelque chose qui ressemble.
02:20Alors, pas tout à fait à l'Union nationale,
02:22parce qu'il n'y a pas la guerre,
02:24mais quelque chose qui pourrait s'appeler l'unité nationale,
02:27la recherche de l'unité nationale,
02:29dans un moment très compliqué,
02:30où le gouvernement ne peut pas gouverner normalement.