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  • il y a 5 mois
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Télématin reçoit le comédien et réalisateur Alex Lutz pour la sortie du film "Connemara".

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Transcription
00:00Notre invité est un touche-à-tout à succès, acteur humoriste, metteur en scène de théâtre, auteur, peintre.
00:05Mais ce matin, c'est le réalisateur qu'on reçoit. Bonjour Alex Lutz.
00:08Bonjour.
00:09C'est vrai que sur un CV, vous en avez des cases, vous.
00:11J'ai plein de petits chapeaux, mais des chapeaux de la même ambiance.
00:17Voilà, on reste à la même famille, on est d'accord.
00:18Votre film sort aujourd'hui intitulé Connemara avec Mélanie Thierry et Bastien Bouillon.
00:23Très émouvant, très joli film. On en parle dans un instant, mais on commence par une rubrique traditionnelle.
00:28Dorénavant, Alex, ça s'appelle du tac au tac. Je vous pose des questions dans toutes les directions, une minute.
00:33Et je dois répondre du tac au tac, j'imagine.
00:36Vous êtes tout fort. Vous êtes droit à un joker éventuellement, si vous voulez vous défiler sur une... On y va.
00:41Est-ce qu'on vous a déjà confondu avec un autre comédien ?
00:43Oui.
00:44Qui ?
00:44Tous les blonds.
00:47Alex Lutz, c'est votre vrai nom. Est-ce que vous avez un jour imaginé prendre un pseudo ?
00:52Oui.
00:53Lequel ?
00:53Je ne sais plus, mais tous les machins, un peu comme Alexandre Jardin, des espèces de trucs comme ça.
00:59Je m'appelle Alexandre.
01:00Oui.
01:00Donc, j'avais mis... C'est trop long.
01:02Très bien.
01:04Retrouvez un amour de jeunesse des années après, est-ce que ça vous est déjà arrivé ?
01:07Non.
01:08Le mot de la langue française que vous préférez ?
01:10Euh... Ah ?
01:13Euh... Nuage.
01:14Oui.
01:15Pas du tout.
01:15D'accord.
01:16Si je vous dis que vous êtes vierge ascendant, gémeaux, vous répondez quoi ?
01:19Ben, la même tête que vous.
01:21Non, moi, j'adore l'astrologie. Complétez cette phrase. L'Alsace, pour moi, c'est...
01:25Super.
01:28Votre plus belle rencontre professionnelle, Alex.
01:30Ah, il y en a plein, mais Sylvie Joly, je veux faire un gros bisou.
01:34L'école, pour vous, rimait avec...
01:36Euh...
01:37Pfff.
01:38OK.
01:39Votre film sort aujourd'hui sur une échelle de trouillomètres et de stress de 0 à 10.
01:43Vous êtes où ?
01:43Ah ben, 12.
01:46Merci, Alex.
01:46Oui, forcément, on a toujours la pression quand son film sort, parce que c'est le fruit de combien de mois, voire années de boulot ?
01:52Ben, c'est toujours des années. En fait, c'est vrai que ça se chiffre en années, quand même, à chaque fois.
01:56Entre le moment... Enfin, entre la première pensée où on se dit, tiens, on va s'y mettre, et le moment où ça existe.
02:02Donc là, ça fait, oui, trois bonnes années, quand même.
02:05Donc là, vous attendez les premières fréquentations ?
02:09Alors, on a eu toutes les avant-premières qu'on a faites, et on a eu de la chance.
02:12Elles étaient quasiment... ou complètes, ou voilà.
02:16On a vraiment eu de la chance, et il semble y avoir de l'appétit sur cet objet,
02:22qui est aussi un objet littéraire que les gens ont beaucoup aimé.
02:25C'est une adaptation, évidemment.
02:26Très, très joli film, très émouvant.
02:28Voici un extrait de la bande-annonce.
02:30Regardez.
02:31C'est parti !
02:33Très bien ?
02:34Ah oui, pourquoi ?
02:35Avec Philippe ?
02:36Ah non, ça va pas, non, avec Philippe ?
02:37Et puis de toute façon, le principal, c'est ton boulot ?
02:39Je crois pas, non, mais...
02:41Tout va bien, ce côté-là.
02:42Ah non, ça va pas non plus de ce côté-là, tu vois.
02:45Fermez les yeux.
02:46Relaxez-vous.
02:48Concentrez-vous.
02:49Que voyez-vous, là, maintenant ?
02:52Et puis là, est-ce que vous êtes là ?
02:55Être une adulte vient de s'effondrer.
03:02J'ai quitté cette ville pour devenir cette femme efficace et conséquente et on porte ce resto franchisé.
03:09Christophe Marshall.
03:12Christophe ?
03:13C'est quoi, un mec comme moi ?
03:15Bah, une star ?
03:16Ah ouais ?
03:17Mais tu trouves que je ressemble à une star ?
03:19Quand on est seul...
03:21C'est magnifique.
03:23Vous le disiez, c'est l'adaptation du roman de Nicolas Mathieu, l'histoire de Destin Cabossé.
03:28Il y a Méline Thierry, Bastien Bouillon.
03:29Ils se retrouvent des années après leurs années lycées.
03:31Elle était amoureuse de lui à l'époque.
03:33Ils se retrouvent à un moment où leurs vies ne sont pas forcément au top.
03:36Dans quelles conditions vous avez découvert le livre ?
03:39J'avais beaucoup aimé Aux animaux la guerre.
03:43J'avais beaucoup aimé leurs enfants après eux.
03:46Et je m'étais positionné pour essayer de le réaliser.
03:50Mais tellement tard, avec une naïveté idiote.
03:54Parce que le livre était...
03:55Il y avait déjà marqué Prigon, Cour, machin, c'était partout.
03:57Donc forcément, mathématiquement, il y avait été approché.
04:02Mais en fait, ça m'avait permis de contacter Nicolas.
04:07Et c'était un premier contact.
04:08Et puis, il m'a fait l'honneur de dire qu'il aimait bien mon travail.
04:14On a pu se dire que tout ça a été réciproque sur nos univers respectifs.
04:19Il m'a dit, si un livre sort prochainement, restons dans les radars.
04:25Et il avait fait Rose Royale, qui est magnifique,
04:29mais qui ne m'avait pas inspiré du cinéma, en tout cas.
04:31Et quand Connemara est sorti, je me suis dit,
04:33ah oui, il y a tellement d'ingrédients.
04:37Donc là, j'ai fait, ah non, maintenant, laissez-moi tranquille.
04:41Ce qui est hyper touchant, Alex, c'est que le personnage incarné par Mélanie Thierry,
04:45elle a une quarantaine d'années, elle a bien réussi.
04:47Elle a quitté les Vosges, elle est arrivée à Paris.
04:49Et puis, elle a fait un burn-out, elle a deux gosses, le boulot, elle n'en peut plus.
04:53Et elle pense, donc, se ressourcer, enfin, elle va dans les Vosges,
04:56elle retourne dans les Vosges à Epinal.
04:58D'ailleurs, je pense qu'on aura une statue,
04:59parce qu'on n'a jamais autant parlé d'Epinal
05:00que depuis qu'on fait la promo de votre film.
05:03Elle va là-bas.
05:04Et finalement, est-ce que la thématique,
05:06ce n'est pas aussi le fait d'idéaliser ce qu'on a vécu des années plus tôt
05:10et entre-temps, la vie a changé ?
05:12C'est aussi ça, oui.
05:13C'est-à-dire, ça ressemble à quoi, un souvenir ?
05:16C'est pour ça que moi, dans le film,
05:17je n'ai pas non plus voulu faire des flashbacks reconstitutifs.
05:20C'est comme des morceaux.
05:21Tout d'un coup, il y a une assiette de tomate mozzarella.
05:23Et cette assiette de tomate mozzarella,
05:26c'est aussi un peu l'illustration de sa copine
05:28qui était un peu friquée, qui avait la maison avec piscine, etc.
05:31Et puis tout d'un coup, cette réminiscence de ce plat
05:33qu'à l'époque, les gens un peu en avance, dans le coup.
05:39Voilà, donc c'est des réminiscences.
05:41C'est plutôt par morceaux, les souvenirs.
05:43Et comme vous dites,
05:44si on regarde attentivement la vérité d'un souvenir,
05:48il n'était évidemment pas idéal.
05:50Mais on s'en souvient comme ça.
05:51Oui, je pense.
05:52Et puis elle veut rejouer le game aussi.
05:58Hélène, elle a quelque chose à réparer.
06:00Tout comme lui a quelque chose à réparer.
06:01Et puis bon, ça questionne le fait que ce truc tellement actuel,
06:09moi je suis un enfant de ça,
06:10mais on nous apprend à l'école,
06:13alors ça a ses vertus bien sûr,
06:14mais on nous dit qu'il faut partir,
06:16il faut réussir des études.
06:18Et réussir des études, ça veut dire partir,
06:20ça veut dire le déchirement,
06:21ça veut dire s'éloigner,
06:22ça veut dire Paris comme une espèce de Graal,
06:24alors que bon, oui, c'est super,
06:26moi j'adore les capitales,
06:27mais enfin, ça met sur l'épaule des parents
06:30l'idée que là où ils ont mis leurs enfants au monde,
06:33c'est peut-être pas suffisant, pas assez,
06:35et c'est très violent.
06:36On ne se rend pas compte de cette violence-là.
06:38Et vous disiez que ça résonne avec...
06:39Parce que c'est une injonction contradictoire pour les parents.
06:41C'est-à-dire, à la fois ils veulent jouer ça
06:44en disant à leurs enfants, va,
06:45et en même temps qu'ils font ce geste-là,
06:48c'est comme se trahir soi-même.
06:49C'est vraiment, c'est pas juste, quoi.
06:51Et moi qui n'habite pas Paris et qui aime Paris,
06:54j'aime tellement les territoires,
06:56pour moi je serais incapable de choisir
06:58chez Hélène et Christophe,
07:00qui est vraiment le héros,
07:02parce que pour moi Christophe,
07:03même s'il est resté, est un héros aussi.
07:05C'est un bouillon qui est formidable aussi dans ce film.
07:07On va citer aussi Clémentine Scellarié,
07:09Jacques Gamblin.
07:09Est-ce que quand vous avez décidé de faire le film,
07:12les acteurs sont assez vite venus à votre esprit ?
07:14Pas si vite, c'était un long chemin comme à chaque fois,
07:17mais c'est tant mieux,
07:17parce qu'en fait, une fois qu'on a son casting
07:21et qu'il est si évident tel qu'ils le sont,
07:24enfin qu'il et elle le sont,
07:26ils sont prodigieux et voilà.
07:29Ils sont prodigieux.
07:30Et puis les deux, là,
07:30Jacques Gamblin joue le rôle du papa de Bastien Bouillon,
07:33qui commence à perdre la tête.
07:35Et je trouve, moi j'avais les larmes aux yeux
07:37parce que c'est déchirant.
07:38Donc il devient le propre père de son père
07:40parce qu'il en prend soin.
07:41Et puis Clémentine Scellarié,
07:42vous lui offrez une partition,
07:43c'est un second rôle, mais elle est extraordinaire.
07:45Quand elle dit à sa fille,
07:47« T'as honte de moi »
07:47parce qu'elle est restée dans un milieu modeste,
07:49la fille est partie à Paris,
07:50elle revient,
07:50elle a un peu péremptoire,
07:51autoritaire, un peu méprisante.
07:53Ironique, elle fait de l'ironie.
07:54Et quand elle lui dit
07:55« T'as honte de moi ma fille »,
07:56c'est bouleversant.
07:57Oui, et puis c'est peut-être,
07:58c'est ce qu'on se disait en écrivant cette scène,
08:00mais on pleurait tous les trois,
08:01on n'arrête pas de pleurer.
08:02On pleurait, je disais « couper »,
08:04on pleurait.
08:05Ah mais donc, dès le tournage,
08:06vous pleuriez ?
08:07Oui, parce que c'est émouvant,
08:08et puis ça remue des trucs,
08:09on a tous, voilà, vécu.
08:11Moi, je suis un enfant du Grand Est et tout.
08:13Bon, voilà,
08:14de toute façon,
08:14tous les Parisiens,
08:15on n'est que des faux parisiens.
08:16C'est vrai, bien sûr.
08:17C'est quand même rare.
08:18Voilà, tout le monde dit.
08:19Et puis,
08:20il met un voile sur le fait
08:21d'avoir été de je ne sais pas où.
08:22Et tout ça,
08:22donc déjà, bon.
08:23Et c'est vrai que cette scène,
08:26bon, on en est fou,
08:27je suis tellement fou
08:27que Clémentine ait accepté ça.
08:29Heureux que Clémentine ait accepté ça.
08:31Et effectivement,
08:31c'est la première fois
08:32qu'elle lui dit,
08:33parce qu'elle lui dit
08:34« Mais moi, je m'installe chez toi
08:35et je t'agace. »
08:36Alors, elle fait
08:37« Mais n'importe quoi que tu m'agaces.
08:39Tu penses vraiment
08:40que je t'agace et tout ? »
08:42« Non, mais ta honte. »
08:43Et c'est peut-être la première fois
08:44que la maman te dit le mot « honte ».
08:46Elle a dû me dire 40 fois à Noël,
08:49« Oh, de toute façon,
08:49je ne peux rien dire. »
08:50« De toute façon,
08:50je suis toujours la conne. »
08:51Ça a monté, ça a monté, ça a monté.
08:53C'est la première fois
08:53que le mot « honte »,
08:54elles le disent.
08:55Et tout d'un coup,
08:55ça arrête tout entre elles.
08:57Et peut-être,
08:59c'est sévère,
09:00mais peut-être que c'est la première fois
09:01où elles se parlent vraiment aussi.
09:02Enfin, où il y a un truc
09:03où elles se reparlent vraiment
09:05comme elles ne l'ont pas fait
09:05depuis longtemps.
09:06Pardon, je veux revenir là-dessus.
09:08Vous disiez,
09:09vous coupiez les scènes
09:10parce que vous étiez tous
09:11pris par l'émotion
09:12et ça vous a…
09:13Ah ben, on ne coupait pas les scènes.
09:14Non, ça quand même,
09:15parce que ça coûte de l'argent,
09:16le cinéma.
09:17On allait au bout des scènes.
09:19On allait au bout des scènes.
09:20Mais c'est vrai qu'on était
09:22avec Jacques,
09:23vous parliez de Jacques.
09:24Moi, j'ai perdu mon papa
09:26il y a deux ans
09:27qui est en plus revenu.
09:30Pour la fin de sa vie,
09:31il est retourné en Moselle
09:32dont il est originaire.
09:35Et voilà.
09:36Et moi, j'ai connu cette situation
09:38où tout d'un coup,
09:39et je vous parlais de l'agacement,
09:40c'est terrible,
09:40cette espèce de sentiment.
09:41Il est tellement con.
09:43Ou en même temps que vous aidez
09:45pour les cartons,
09:45pour les machins,
09:46parce que la personne
09:47est diminuée dans quelque chose,
09:48vous vous agacez.
09:49Puis ça, c'est…
09:50On culpabilise de sa vie.
09:51C'est fini parce que vous avez été agacé.
09:54Et en même temps,
09:55vous portez la personne
09:57et voilà.
09:59Et Jacques et Bastien
10:01illustrent si bien ça.
10:04Il a été son héros,
10:05son papa,
10:05et puis là,
10:06il descend.
10:07Je suis un peu long,
10:08je suis désolé.
10:08Non, non, mais à découvrir en salle,
10:10vraiment,
10:11à partir d'aujourd'hui,
10:11ça s'appelle Connemara.
10:13On va y aller en reparler
10:13dans quelques instants.
10:14et puis…
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