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00:0011h30, 13h, Christine Kelly sur Europe 1
00:04J'ai envie de commencer par un SMS que j'ai reçu ce matin. Je vais vous le lire, je le cherche.
00:11Elle s'appelle Françoise, elle est chef d'entreprise, elle est mère de famille.
00:15Elle me dit, la situation de la France est de plus en plus grave.
00:20Je dépense beaucoup d'énergie pour pas grand chose.
00:22Je ne sais pas quelle direction prendre pour potriger ma famille.
00:25J'ai bien peur que l'on vienne prendre nos économies.
00:30La sécurité, je vous en parle même pas.
00:32Aurélie, ma fille, est à Paris, Alexandra dans le sud tous les jours.
00:36Je suis très inquiète. Aucune visibilité.
00:38Je ne peux pas me projeter sur le chemin économique.
00:41Je me sens complètement coincée.
00:43Je fais du sur place et je sens la colère gronder, l'agressivité monter.
00:48Il y a des moments où je sens que les gens sont prêts à tout
00:50et surtout à faire n'importe quoi pour s'en sortir.
00:53Les Français sont à bout de souffle.
00:55J'ai bien peur que ça se termine très mal.
00:57Et je vous dis, Madame Kelly, c'est quelqu'un de très optimiste
01:00qui vous écrit tout ça au secours.
01:03Voilà un SMS que j'ai reçu ce matin au réveil.
01:08Gabriel Cluzel, qu'est-ce que cela vous évoque ?
01:10Je crois qu'il y a ce décalage.
01:14Il est extrêmement important de s'en rendre compte.
01:17Vous avez eu raison de donner la parole à une Française,
01:19si j'ose dire, ordinaire.
01:20Ce n'est pas péjoratif, c'est au contraire plutôt noble
01:24qui, elles, doivent affronter le quotidien
01:28pendant cette pantomime politique
01:29qui, en fait, ne passionne personne,
01:31qu'on a déjà vécu il y a quelques mois.
01:34On est en train de spéculer sur le prochain Premier ministre,
01:38celui qui tiendra comme sur un cheval de rodéo américain.
01:42Là, dans le coin d'avant, le coin d'arrière,
01:44ils n'avancent pas à ses chevaux.
01:45Vous savez, ce n'est pas possible.
01:46Et en réalité, notre pays continue,
01:50poursuit son effondrement.
01:52C'est proprement tragique.
01:54Moi, je partage son souci, évidemment,
01:56de chef d'entreprise et de mère de famille.
01:57Je crois que tous ceux qui nous écoutent aujourd'hui
01:59ont ce souci.
01:59J'avais envie de la faire témoigner,
02:02qu'elle nous appelle.
02:03Et elle m'a dit, je ne peux pas, je travaille.
02:04Oui, elle n'a pas le temps.
02:05C'est ça, ce n'est pas la France qui descendra demain.
02:07Il faut le savoir aussi, hélas.
02:09Parce que celle-là, la colère monte,
02:11mais en silence.
02:13Eric Tegner sur Europe 1.
02:14On avance inexorablement vers le déclin.
02:17Le début du mandat d'Emmanuel Macron,
02:19c'était les gilets jaunes,
02:20puis la période du Covid.
02:21Ensuite, il y a eu les émeutres,
02:23les meurtres et les violences séries
02:24par des clandestins sous OQTF.
02:26Et derrière, je me permettrais de citer Henri Guénaud,
02:28qui expliquait que ça se finira dans la violence.
02:30Et c'est ça, la crainte aujourd'hui.
02:32On a l'impression que ça ne se termine pas.
02:34Oui, bien sûr.
02:35Parce qu'il pense que d'une certaine façon,
02:37peu importe ce qui va se passer lors d'élections,
02:39on n'arrivera pas à trouver de solution.
02:40Que les gens ont de moins en moins confiance
02:42dans la parole du politique.
02:43Parce qu'à chaque fois, ils ont été trahis.
02:45Beaucoup, comme Philippe Devillet explique,
02:46que ça a commencé également dès 2005.
02:48On a refusé un petit peu le mandat du peuple.
02:50Et je pense que c'est l'enjeu à venir.
02:52Laurent Jacobéli, député RN, porte-parole du RN.
02:56Est-ce que vous entendez ce cri des Français ?
02:59Et ce que disait aussi Éric Tegner,
03:01ces Français qui ressentent en fait
03:03qu'on va vers une certaine violence,
03:05qu'on prend un petit peu de hauteur,
03:06qu'on sort un peu de la technicité politico-politicienne.
03:11Où va-t-on ? On fait quoi ?
03:12Est-ce que vous sentez la peur du peuple ?
03:14Bien sûr.
03:14Bien sûr, les gens ont peur.
03:15Et le témoignage de votre auditrice.
03:17Je n'ai pas votre bien sûr, Laurent Jacobéli.
03:18Votre bien sûr, il est trop évident.
03:20Est-ce que vous sentez vraiment la colère du peuple ?
03:22Bien sûr, la colère de ne pas pouvoir sortir de chez soi en sécurité.
03:25La colère de travailler avec le sentiment de travailler pour rien.
03:29C'est ça.
03:29De ne pas pouvoir assurer un avenir à ses enfants.
03:31De payer finalement le logis, le repas et la santé de la terre entière
03:35sans pouvoir soi-même se soigner et se loger convenablement.
03:39Et puis ce manque d'espoir aussi.
03:40Quand je vois la situation actuelle, ce cri des Français que nous entendons
03:43et que la réponse d'une partie de la classe politique,
03:46c'est de dire est-ce que je vais être ministre demain ?
03:48Avec qui on négocie ?
03:49Moi je suis socialiste mais je travaille bien avec la droite.
03:52Moi je suis la droite mais je ferais bien passer à LFI pour sauver mon poste.
03:55C'est indigne.
03:56Ce n'est pas à la hauteur des enjeux.
03:57Pourquoi avec Marine Le Pen et Jordan Bardella nous réclamons des élections ?
04:01Parce que nous voulons que les Français s'expriment.
04:03Qu'ils nous disent quel est leur projet pour la France.
04:04Présidentiel ou législatif ?
04:06Présidentiel ce serait idéal mais je ne m'aventurerais pas à comparer Emmanuel Macron au général de Gaulle.
04:11Je pense que ce serait ne pas rendre hommage au général.
04:15Je pense que des législatives seraient au moins utiles pour qu'on ait une majorité dans ce pays.
04:18Une majorité d'idées, une majorité d'opinions et une majorité stratégique.
04:22Aujourd'hui on gouverne ensemble des gens qui ne pensent pas pareil.
04:25Et donc forcément sur quoi est-ce qu'ils se mettent d'accord ?
04:27Le plus petit commun dénominateur.
04:29Mais ce n'est pas le plus petit commun dénominateur qu'on veut aujourd'hui.
04:31Ce sont des réformes structurelles.
04:33Arrêtez cette immigration massive.
04:35Arrêtez cette dette massive.
04:37Et arrêtez cette insécurité qui pourrit nos vies.
04:39Laurent Jacobéli sur Europe.
04:40Beaucoup de questions encore à vous poser.
04:4267% des Français réclament la démission d'Emmanuel Macron selon un sondage Odoxa.
04:46On va avoir Julien au téléphone.
04:48Vous êtes avocat, vous nous appelez de Marseille.
04:50Et pour vous, un peu comme le témoignage de cette femme de Françoise que j'ai eu par SMS,
04:54la France sombre dans le chaos.
04:58Bonjour.
04:58Bonjour cher Julien.
05:00Bonjour Christine, bonjour à tous.
05:03Oui, en fait, pour répondre à votre question, qui est de savoir où va la France,
05:07dans le meilleur des cas, je pense nulle part.
05:10Et dans le pire des cas, je pense contre un mur.
05:13Ah oui, d'accord.
05:13En fait, on peut imaginer être optimiste ou, je ne sais pas, tout d'un coup, une clarté au niveau international.
05:23Mais peu importe, au niveau interne, c'est absolument gravissime.
05:27On est dans un état où notre ami, notre président Emmanuel Macron, a choisi d'avoir comme politique la politique du rien.
05:35Et je ne dis pas ça par aigreur, mais personnellement, je vous le dis, j'ai voté deux fois pour Macron.
05:42Et en fin de compte, avec une déception dans son deuxième mandat, mais une déception absolument terrible.
05:48Tout simplement pourquoi ? Parce qu'il n'a aucune vista.
05:51À vouloir tout simplement protéger son aile gauche, à vouloir protéger la France peut-être des meutes,
05:59mais en fin de compte, ça veut dire ne rien régler.
06:01Alors Julien, vous nous dites le mur ou le chaos, vous êtes complètement désespérés.
06:08Restez avec nous, on marque une pause.
06:10Et je vais quand même vous demander s'il n'y a pas quelque part une petite note d'espoir.
06:15À tout de suite.
06:15Et si comme Julien, vous voulez réagir, n'hésitez pas, vous composez le 0, 1, 80, 20, 39, 21.
06:20C'est le numéro du standard d'Europe 1, il est non surtaxé.
06:23Avant la pause, je vous rappelle que vous retrouvez sur Europe 1 Pascal Praud pour deux rendez-vous par jour.
06:27Et c'est son anniversaire.
06:28Exactement, vous allez le dire.
06:30Après que c'est le bon anniversaire à Pascal Praud, vous pourrez lui souhaiter ce soir de 16h à 18h,
06:35puisque désormais Pascal Praud et vous sur Europe 1, c'est de 16h à 18h.
06:38Et vous retrouvez aussi bien sûr l'heure des pros en co-diffusion avec CNews à partir de 9h,
06:44et désormais jusqu'à 10h sur Europe 1.
06:48Il est 11h45, bienvenue sur Europe 1, la suite de Christine Kelly et vous.
06:53Après la démission du Premier ministre, où va la France ?
06:56On vous pose la question, chers auditeurs, 01, 80, 20, 30, 9, 21.
07:00Et avec nous en studio, Christine, vos chroniqueurs, bien sûr, Gabriel Cluzel, Éric Tegner et notre invité,
07:05Laurent Jacobéli, député Rassemblement National de Moselle.
07:08Absolument, et Laurent Jacobéli tenait à répondre à Julien, qui nous a appelé de Marseille,
07:14qui est un avocat et qui dit qu'il y a deux solutions,
07:17ou bien la France sombre dans le chaos, ou bien la France va dans le mur.
07:21Non, il y a une troisième solution, une solution plus optimiste, Julien.
07:25Moi, je suis d'accord sur votre constat.
07:26Dire que tout va mal aujourd'hui, oui, que la situation s'empire, oui, c'est vrai.
07:31Quand on voit le montant de la dette, quand on voit le nombre de migrants qui arrivent,
07:33quand on voit l'explosion des homicides, oui, évidemment, ça fait peur.
07:37Mais dire qu'on est condamné à l'échec dans ce pays, c'est faux.
07:40C'est d'abord méconnaître l'histoire de notre pays, qui s'est toujours relevé de tout,
07:43grâce au courage des Français.
07:44Moi, je crois dans le courage des Français, et je crois en la démocratie.
07:47Parce que ceux qui nous gouvernent depuis 40 ans,
07:49qui sont en train de tripatouiller pour continuer à gouverner,
07:52il n'y a pas de raison qu'ils continuent.
07:53Il y a une alternative en France.
07:55Alors, j'ai la faiblesse de croire que c'est le Rassemblement National, bien évidemment.
07:58Mais vous êtes bien placé pour l'instant, vous êtes premier parti de France.
08:00Et les Français, je crois, nous donnent ce crédit.
08:03Mais avec la volonté politique, on peut changer les choses.
08:06On peut changer la politique migratoire, on peut changer la politique de la dette.
08:10Tiens, en faisant des économies sur l'immigration, sur l'Union Européenne,
08:13sur cet État devenu obèse, plutôt que de demander des efforts aux Français.
08:17Aujourd'hui, les petits hommes gris, comme dirait Pascal Praud, c'est son anniversaire,
08:20dirigent la France.
08:22C'est Bercy qui dirige.
08:23Ce sont des gens qui, avec une calculette, un vieux fond de gauche dans le cerveau,
08:26croient qu'ils vont mener le pays vers le mieux.
08:29Non, il faut que la politique reprenne le dessus, le courage reprenne le dessus,
08:33la volonté reprenne le dessus.
08:34Et nous, nous y sommes prêts.
08:35Donc, ne renoncez pas, ne baissez pas les bras.
08:38L'élection, c'est l'espoir.
08:40Julien, que répondez-vous à Laurent Jacobelli, qui veut vous donner un peu d'espoir ?
08:44Alors, c'est vrai que quand on voit les choses comme ça,
08:46en se disant qu'il va peut-être avoir une alternative politique,
08:50on peut avoir l'espoir.
08:51Mais maintenant, je rappelle quand même quelque chose qui n'est pas très vieux,
08:56qui est de l'année dernière.
08:58Quand on était sûr d'avoir, quasiment sûr d'avoir l'extrême droite, le RN au pouvoir,
09:03je ne sais pas si vous vous rappelez,
09:04on a eu en fait, en tout cas c'était, on va dire, une rumeur qui commençait à grossir
09:08et qui commençait véritablement à renfler,
09:12de manière assez prenante, assez pesante,
09:14c'était en cas de victoire d'extrême droite,
09:17il y allait avoir des blocs de gauche radicaux
09:20qui allaient mettre le feu,
09:22et la France elle-même...
09:23Ah ben, c'est la question que je lui ai posée.
09:25Ah ben, c'est la question que je lui ai posée à Laurent Jacobelli.
09:27Non, mais c'est intéressant, parce qu'hier aussi,
09:29on a eu une auditrice qui nous disait exactement la même chose,
09:32comme Julien,
09:34Ah, c'était Gérard, c'était...
09:35D'accord.
09:36Alors qu'il est...
09:37Peut-être que c'est un enjeu, oui.
09:39On ne sait jamais.
09:40En tout cas, qu'il nous disait qu'il aurait peur,
09:42voilà, que beaucoup de Français vous entendent et se disent
09:45bon, voilà, on n'a pas encore testé le RN,
09:48effectivement, on aimerait que ça bouge,
09:49on aimerait que ça change.
09:51Alors, première question, effectivement,
09:52celle de Julien, ça peut faire peur aussi,
09:55parce que ça peut raviver des tensions de l'extrême gauche.
09:58Et deuxième question, là, c'est moi qui la pose,
10:00est-ce que vous aurez réellement les manettes
10:03pour pouvoir changer ?
10:04Lorsque vous dites qu'il faut faire de la vraie politique,
10:07est-ce que le pouvoir est entre les mains des politiques aujourd'hui
10:09ou dans les mains des justes ?
10:11Ça, c'est ma deuxième question.
10:12En fait, Julien, je comprends votre inquiétude,
10:15parce que quand un gouvernement,
10:17quand un système n'est plus légitime
10:19et est sur le point de partir,
10:20il accélère sur le thème de la peur,
10:23en disant, si ce n'est pas nous, c'est le chaos,
10:25si ce n'est pas nous, c'est la révolution,
10:26si ce n'est pas nous, la France sera à feu et à sang.
10:28Ne les croyez pas.
10:29D'abord, parce qu'il n'y a pas de raison,
10:30de le croire, nous sommes un pays démocratique et républicain,
10:33nous ne sommes pas d'extrême droite.
10:34Changer ce vocable, nous sommes, je crois aujourd'hui,
10:37le parti qui respecte le plus les institutions.
10:40On peut dire la droite nationale, oui, voilà.
10:41Qualifiez-nous comme vous voulez,
10:42mais en tout cas, nous sommes un parti républicain
10:44probablement garant de la sécurité des Français,
10:48de la stabilité et du maintien de nos institutions.
10:51Moi, je crois que le politique peut tout.
10:53C'est le principe de notre République.
10:54Je crois que vous raisonnez avec un vieux schéma.
10:56Vous raisonnez comme si le laxisme était une fatalité.
10:59Ce n'est pas une fatalité.
11:00S'il y a des black blocs dans les rues,
11:01nous arrêterons les black blocs.
11:03Vous avez l'habitude aujourd'hui que la police se retourne
11:05parce qu'ils ont des ordres pour les laisser casser les magasins.
11:08Nous ne les laisserons pas casser.
11:09Vous avez l'habitude que les fonctionnaires de Bercy
11:12imposent leurs impôts alors que le pouvoir ne le veut pas.
11:14Nous ne les laisserons pas faire.
11:15Nous aurons une vraie volonté.
11:17Mais je crois qu'aujourd'hui, si vous deviez avoir peur,
11:19c'est peur de cette politique actuelle
11:20qui appauvrit les gens,
11:22qui dit que les boomers doivent être condamnés,
11:25qui stigmatisent un certain nombre de gens.
11:26Nous, nous voulons l'union du peuple français
11:28et c'est par l'union que nous aurons le calme.
11:31La sécurité, l'ordre, dans les comptes et dans les rues,
11:34c'est ce que nous incarnons et c'est ce que nous ferons.
11:36Donc n'ayez pas peur, comme disait un pape.
11:38Au contraire, ayez confiance.
11:40Soyez fiers d'être français,
11:41soyez fiers de la démocratie et comptez sur nous.
11:43Dans un instant, on fera un tour de table
11:45avec Gabriel Cluzel et Eric Tegner
11:47sur ce n'ayez pas peur.
11:49Merci beaucoup, Julien, pour votre appel.
11:51C'est après interpellé Laurent Jacobili,
11:54député RN, qui est en studio avec nous.
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