Pour la 3e fois en un an, Emmanuel Macron va devoir trouver un nouveau Premier ministre. Et contrairement à François Bayrou, il n’en paraît pas du tout traumatisé !
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00:04L'édito politique Patrick Cohen. Pour la troisième fois en un an, Patrick, Emmanuel Macron va devoir trouver un nouveau Premier Ministre.
00:12Et contrairement à François Bayrou, il n'en paraît pas du tout accablé. Il est vrai que l'un reste l'autre pas.
00:18D'abord, ne dites pas à Emmanuel Macron qu'il affronte une nouvelle crise politique, lui évoque la nécessité de résoudre une crise parlementaire.
00:26Éternelle optimiste, toujours persuadé qu'il peut s'en sortir.
00:28Le Président pense qu'il existe une voie de passage et donc un oiseau rare qui réussirait là où ont échoué ses deux prédécesseurs, Michel Barnier et François Bayrou.
00:37Comment ? En changeant de méthode, assure le chef de l'État, et aussi en changeant de génération.
00:43Ce qui est une façon de dire que les deux derniers hôtes de Matignon n'avaient finalement pas le bon profil et qu'ils n'ont pas eu la bonne manière de faire.
00:49Et quelle serait la priorité du nouveau chef du gouvernement ?
00:52Trouver sur le budget un accord de non-censure avec le Parti Socialiste.
00:56Cela reste la clé, le durcissement du Rassemblement National à l'égard de l'exécutif ne laisse aucune alternative.
01:03Dans cette entreprise, le chef de l'État et son futur Premier ministre disposent d'un atout et d'un handicap.
01:08Leur atout, c'est que le PS ne veut pas d'une dissolution, pas plus d'ailleurs que LR ou le Bloc Central,
01:15et que tous ceux-là ont objectivement intérêt à se taper dans la main et à trouver une issue.
01:19Le handicap, c'est qu'Emmanuel Macron n'a pas changé ses lignes rouges, il ne veut pas sacrifier les fondamentaux de sa politique économique,
01:26celle suivie depuis huit ans, ce qui rend le compromis avec une partie de la gauche diablement compliqué,
01:32et ce qui exclut le scénario d'un Premier ministre mandaté par l'EPS,
01:36au profit d'un chef de gouvernement plutôt issu de l'aile gauche du camp présidentiel.
01:39Et sa nomination pourrait être rapide ?
01:42Cette fois, oui, beaucoup l'espèrent, au gouvernement comme dans l'entourage présidentiel,
01:46compte tenu du calendrier social et financier avec les bloqueurs de mercredi et la notation Fitch de vendredi.
01:54Une ministre rêve même tout haut d'un chef de gouvernement plug and play, on le branche, il est en marche,
01:59immédiatement opérationnel, ça vous fait rire Mathilde ?
02:04Je pense que c'est un vibromesseur.
02:06Oui, ça peut marcher aussi.
02:08Plug and play, donc, parce que familier des affaires budgétaires,
02:12compatible avec l'EPS, est disposé à reprendre l'essentiel de l'équipe actuelle.
02:16Et en cas d'échec, Patrick ?
02:18Là, on entre dans l'inconnu, quand François Hollande lance à la une de la tribune dimanche,
02:23« Nul n'a plus le droit à l'erreur », il veut dire en premier chef qu'Emmanuel Macron ne peut plus se rater.
02:28Sinon, en cas de nouvelle censure, le président n'aurait d'autre choix que de dissoudre à nouveau.
02:32Et en cas d'absence persistante de majorité stable, on pourrait commencer à parler de crise de régime,
02:36une fois avoir épuisé toutes les issues politiques offertes par nos institutions.
02:42Pour l'instant, mais peut-être pour l'une des dernières fois, le président a l'écart en main.
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