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  • il y a 5 mois
«Nous vivons une crise de l’impuissance publique», a affirmé Sébastien Le Fol, journaliste et écrivain.

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Transcription
00:00Je crois que dans cette période-là, aujourd'hui, il est beaucoup dans la très haute administration.
00:07Ça a été vrai, d'ailleurs, dans les périodes de crise de la Quatrième République.
00:11Mais la crise que nous vivons, c'est pour ça aussi que nous avons voulu mener cette enquête,
00:16ouvrir toutes ces portes, c'est une crise de l'impuissance publique.
00:20– Les Français ont, à juste titre, le sentiment que le politique n'a plus de prise sur la réalité,
00:32que les décisions ne se traduisent plus par des actes.
00:36Et cette crise-là, cette crise de l'impuissance publique, nous la rencontrons
00:41parce qu'elle a des causes très nombreuses,
00:45mais l'existence encore d'un appareil d'État aussi développé
00:50avec un pouvoir très fort de la haute administration, un état de domaine.
00:56On voit Bercy, dans l'excellent chapitre de Corinne Lannick,
01:00explique selon moi quand même la gravité de la crise actuelle et le blocage.
01:06Car je ne crois pas que le slogan « bloquons tout » me semble visé à côté de la plaque.
01:13Je crois que le besoin actuel est de débloquer le pays.
01:20Trop concentré, trop vertical dans son exercice du pouvoir
01:24et un État qui n'est plus du tout adapté à la réalité d'aujourd'hui,
01:30même s'il a produit cet étatisme français de brillants hauts fonctionnaires,
01:37de brillants serviteurs du pays.
01:39– Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale,
01:41Raymond Aron, parlant de l'État en France, dit qu'il est obèse et impuissant.
01:45C'est-à-dire qu'il est partout, il se mêle de tout,
01:49mais fondamentalement, lorsqu'on s'occupe de tout et qu'on s'étend à ce point,
01:52on est incapable de véritablement agir.
01:54De ce point de vue, la crise de l'État dont vous parlez
01:55trouve ses origines il y a plusieurs décennies déjà.
01:57– Ce n'est pas à vous que j'apprendrai, Mathieu Boccoté,
02:01qui est un fin connaisseur de l'histoire de France,
02:03que chez nous, l'État a précédé la nation.
02:06Donc l'État, aujourd'hui, notre rapport à l'État conditionne beaucoup de choses.
02:12Mais il n'y a pas une réelle pédagogie ou un programme de gouvernement,
02:17il y en a, ça commence à exister,
02:20qui expliquent aux Français comment on peut se passer de l'État.
02:24Ça ne fait pas partie des discussions, très peu des discussions politiques,
02:28de savoir comment on peut redéfinir le rôle de l'État,
02:31comment on peut disperser le pouvoir.
02:33Quand on, depuis tant d'années, tant de décennies,
02:37on a habitué les Français à dépendre à ce point de l'État,
02:41on ne peut pas s'étonner qu'au moment où l'État montre son impuissance,
02:45il y ait une crise politique qui se développe.
02:47– Arthur Levatrigan, je crois qu'on a atteint une dernière question, oui.
02:50– Vous l'avez dit, le Français se nourrit d'imaginaire,
02:52aime aller chercher, suspecter, deviner.
02:54Il y a un lieu qui alimente tous les fantasmes, c'est la Grande Loge.
02:58Alors, quelle est la part de réalité, quelle est la part d'imaginaire,
03:00quelle est la part de fantasmes dans ce lieu de pouvoir ?
03:03– C'est l'objectif de cette enquête, c'est que les lieux
03:05que nous avons choisis dans ce volume, sont des lieux de fantasmes.
03:09Certains ont une légende noire, et le Grand Orient de France
03:14est peut-être avec la Grande Mosquée de Paris,
03:17dont nous parlons aussi dans ce livre, un lieu de fantasmes.
03:20Alors, la Grande Loge, le Grand Orient de France,
03:24a joué un grand rôle politique, notamment jusqu'à la Quatrième République.
03:30C'est moins vrai aujourd'hui.
03:32Jacques Raven, qui est écrivain, qui nous raconte ça,
03:35a son rôle aujourd'hui, il dit,
03:37le Grand Orient a moins de pouvoir que certains think tanks.
03:42Elle intervient dans la réflexion, elle est présente, oui,
03:44et le Grand Orient est présent dans la réflexion sur la fin de vie,
03:49les projets de loi bioéthiques, c'est indéniable.
03:52Mais je pense que c'est un lieu quand même encore très largement fantasmé.
03:58Merci.
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