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  • il y a 9 mois

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00:00Je voudrais savoir comment on achemine
00:01trois escadrons de CRS
00:03et de gendarmes mobiles.
00:05Ah oui, ça n'a rien à voir.
00:07C'était sans transition.
00:09La transition est excellente,
00:10je voulais en parler à l'instant.
00:12Le quatrième jour, ils arrivent.
00:15Alors, ils sont arrivés à pied ou à cheval ?
00:17Parce que les troupes de Napoléon
00:19sont allées à Moscou à pied.
00:22Mais là,
00:23il faut quatre jours
00:24au train des équipages de la gendarmerie,
00:27des CRS et des autres compagnies.
00:28Ce n'est pas possible, ça.
00:30Par là, franchement,
00:31à qui on peut expliquer
00:32qu'on peut laisser impunément
00:34pendant quatre jours,
00:36quatre jours,
00:37vendredi, samedi, dimanche, lundi,
00:39ces gens, ces énergumènes
00:41s'installer sur ces terrains
00:43qui ont brûlé avec les paysans
00:45qui ont eu tous les dommages,
00:47tous les dégâts.
00:48Ça sent encore le feu dans ce pays.
00:51Et on laisse ces énergumènes
00:52et on laisse les CRS
00:54prendre quatre jours.
00:56Là, franchement,
00:56j'ai beaucoup d'admiration
00:57pour M. Retailleau.
00:59Mais dans ce domaine-là,
01:00il n'a pas le prix de vélocité.
01:02La rêve partie illégale
01:04qui a débuté donc vendredi
01:05dans l'Aude,
01:06dans les Corbières,
01:06s'est donc poursuivi aujourd'hui.
01:08Le maire de Fon,
01:09Jean Couse,
01:10a parlé d'une situation
01:11potentiellement explosive.
01:12On rappelle que la région
01:13a été récemment frappée
01:15par un grand incendie,
01:16vous l'avez dit.
01:17La rêve continue,
01:17a-t-il dit ?
01:18La tension est en train de monter.
01:19Après les incendies
01:20qu'on a connus,
01:21les habitants sont à bout de nerfs,
01:22on a des gens
01:23qui ont tout perdu,
01:24ça va mal finir,
01:25c'est ce qu'a écrit
01:25le maire du village.
01:271500 personnes
01:28demeurent sur le site,
01:29il a précisé un communiqué
01:30de la préfecture
01:31de l'Aude ce samedi.
01:32Ce midi,
01:34la rêve partie se déroule
01:35depuis vendredi soir
01:36dans une plaine agricole.
01:37Le 5 août,
01:38un gigantesque incendie
01:39a parcouru 16 000 hectares
01:41et avait notamment détruit
01:4236 habitations
01:43et tué une personne.
01:45Je vous propose
01:45d'écouter Gilles Goujon,
01:47il est chef étoilé,
01:48il est indigné
01:49par ce qui est en train
01:50de se passer,
01:50il danse sur les cendres
01:51et il est avec nous.
01:52Monsieur Goujon,
01:53bonjour.
01:54Bonjour.
01:55Vous avez entendu
01:56le coup de gueule
01:56de Gérard Carreraud
01:58et je pense que vous le partagez,
02:00ça nous paraît invraisemblable
02:01mais en même temps,
02:02moi,
02:02je devine
02:03la difficulté
02:05du ministre de l'Intérieur,
02:06c'est-à-dire qu'on ne veut pas intervenir
02:09parce qu'intervenir,
02:11c'est possiblement
02:12créer,
02:14comment dire,
02:15un drame
02:16si un policier,
02:18par exemple,
02:20est maltraite
02:21ou si un policier
02:22tout simplement blesse,
02:24un teufeur,
02:25un rappeur,
02:25un fétard,
02:27un fétard,
02:27c'est la même logique
02:31que la ZAD de Nantes
02:34avec l'aéroport
02:36de Notre-Dame-des-Landes.
02:38Monsieur Goujon,
02:40qu'avez-vous à dire ?
02:42Écoutez,
02:43moi,
02:43depuis quatre jours,
02:44je trouve ça scandaleux
02:46et irrespectueux
02:47de rendre compte
02:48que le massif des Corbières
02:50est encore interdit
02:51parce qu'il y a encore
02:53de la dangerosité,
02:54les pompiers sont là
02:56pour encore
02:56jusqu'au 8 septembre
02:58pour être sûr
02:58que ça ne reprenne pas,
03:00il y a 16 000 hectares
03:01de brûlés,
03:03les gens pensent
03:04leur plaie,
03:05on n'y arrive peut-être
03:05pas encore,
03:07il y a des gens
03:07qui ont tout perdu,
03:08les vignerons
03:08qui ont perdu leur vigne,
03:09leur matériau,
03:11ils ne peuvent même pas
03:11vendanger cette année
03:12et peut-être pas
03:13l'année prochaine
03:14ni l'année d'après
03:14et vous avez des jeunes,
03:16des moins jeunes d'ailleurs,
03:18qui viennent danser
03:19sur les cendres
03:20des gens
03:21qui ont tout perdu.
03:22Moi,
03:22je sens ça,
03:23je ne comprends pas,
03:24je n'arrive pas
03:25à comprendre
03:25que ces gens-là
03:27viennent danser
03:29ou mettre du sel,
03:31vous savez,
03:31ou du vinaigre
03:31sur les plaies des gens,
03:32ce n'est pas possible.
03:33Vous avez vu
03:34des forces de l'ordre ?
03:36Oui,
03:36bien sûr,
03:37bien sûr,
03:37et qui ont fait,
03:38alors je vais vous dire,
03:39j'entends ce que vous dites,
03:40c'est vrai que
03:41on aurait bien aimé
03:42voir venir l'armée
03:43et foutre-moi
03:45tout ça dehors,
03:47mais a priori,
03:47ce n'est pas possible,
03:48par contre,
03:48les gendarmes ont fait
03:49un boulot,
03:50ils ont filtré,
03:52parce que c'est que
03:53des petites rues,
03:53donc ils ont essayé
03:54de coincer
03:54pour que tous les gars
03:55passent là,
03:56à posteriori,
03:57prennent moins
03:58leur PV
03:59pour être rentrés
04:00sur ce site
04:01parce qu'ils fouillent tout,
04:03ils trouvent de la drogue,
04:04etc.,
04:04donc ils passent un temps fou
04:05des nuits entières,
04:07des journées entières,
04:07ils sont là depuis 4 jours,
04:09je ne pense pas
04:09qu'ils se régalent,
04:10je ne pense pas
04:11qu'ils se régalent
04:11d'être là.
04:13On n'est pas capable de dire
04:15on va faire venir l'armée,
04:16vous savez,
04:17dans ce rassemblement-là,
04:19il y a beaucoup d'Italiens,
04:20beaucoup d'Espagnols.
04:21Je peux vous dire
04:21que chez eux,
04:22ils ne le font pas
04:22parce qu'un mot sur ce quadrat,
04:23elle arrive,
04:24elle leur tape dessus,
04:25elle les vire,
04:25elle les vire.
04:26Nous, on n'a pas ça.
04:27Il nous manque ça, peut-être.
04:28Il est 17h09,
04:29vous êtes sur Europe 1
04:30et Gilles Goujon est avec nous,
04:32il est chef étoilé,
04:32il est indigné
04:33par cette rêve partie
04:35qui a commencé
04:35vendredi soir dans l'Aude.
04:36Alors, je rappelle
04:37que vous êtes propriétaire
04:38de l'auberge
04:39du Vieux Puy.
04:40C'est bien cela ?
04:41C'est ça.
04:42Alors, c'est un trois étoiles,
04:44Guy de Michelin,
04:45qui se trouve où précisément,
04:48M. Goujon ?
04:49Alors, dans le village
04:50de Fonjoncoune,
04:51ça fait 33 ans maintenant
04:53que j'ai ouvert ça.
04:54J'étais un petit jeune
04:55de 30 ans
04:56et on a beaucoup travaillé,
04:58on a beaucoup marné
04:59pour arriver à ça
05:00avec mon épouse.
05:01Maintenant, j'ai mes enfants
05:01avec moi
05:02et on est dans un lieu magique.
05:06Et vous êtes à combien
05:07de cette rêve partie ?
05:08Alors, vous êtes
05:09à quelques mètres ?
05:11On va dire,
05:11allez, par les petits virages,
05:14un kilomètre cinq.
05:15Et vous aviez des clients
05:18ce week-end
05:18qui ont dîné chez vous ?
05:20Parce qu'il y a également
05:21un hôtel,
05:22je vois l'hôtel
05:23trois étoiles
05:24avec Junior Suite Terra,
05:26Junior Terra,
05:27Chambre à la Maison des Chefs,
05:28je vois même le prix,
05:29310 euros la nuit,
05:30ce n'est pas donné
05:31mais ça peut être
05:32une idée de week-end.
05:34Pour le lieu,
05:35pour le lieu,
05:36en trois étoiles,
05:36Michelin,
05:37on est, je pense,
05:37le moins cher.
05:39Et je regardais
05:40votre parcours,
05:41en 1978,
05:42vous étiez distingué
05:43comme meilleur apprenti,
05:45vous êtes commis
05:46puis chef
05:46de partie
05:48au Moulin
05:48du Mougin,
05:50ça c'était en 83,
05:52la première étoile
05:52elle date de 97,
05:54la deuxième étoile
05:55de 2001,
05:57cinq tocs
05:57au guide
05:58Gohémio,
05:59troisième étoile
06:00au guide Michelin
06:01en 2010,
06:02vous êtes neuvième
06:03placé au rang mondial
06:05sur la liste,
06:05vous seriez le neuvième
06:07meilleur restaurant
06:07du monde ?
06:09Oui,
06:09mais vous savez,
06:10la restauration
06:11c'est une course de voiture,
06:12on a été eu aussi
06:13premier sur Cipro Dizor,
06:15mais oui,
06:16c'est super,
06:16moi mon Graal,
06:17monsieur,
06:17c'était les trois étoiles
06:20et les cinq tocs,
06:20c'est ça,
06:21le Graal de gamme.
06:22Mais alors les clients
06:23que vous aviez
06:24qui sont donc à un kilomètre,
06:25vous entendez déjà ça ?
06:26Vous entendez la musique
06:28j'imagine à un kilomètre ?
06:29Non,
06:30on n'entend pas la musique,
06:31on n'entend pas la musique,
06:32l'accès était plus compliqué
06:33pour mes clients
06:34et c'est en ça
06:35que la gendarmerie
06:36a filtré
06:37et on laissait passer
06:38les clients de l'auberge,
06:40on leur avait amené
06:40une liste de personnes
06:42qui allaient se présenter
06:43et qui allaient partir aussi
06:44parce que
06:45c'était pas facile
06:46de rentrer
06:47et de partir,
06:48mais bon,
06:49aujourd'hui,
06:49c'est quand même
06:51beaucoup plus simple
06:51parce que la moitié
06:52des toffeurs
06:53sont partis,
06:54voilà,
06:55vous savez,
06:56j'en ai rencontré
06:57quelques-uns,
06:58mais c'est des gamins,
07:00alors il n'y a pas
07:00que des gamins.
07:00Mais qu'est-ce qu'ils vous disent ?
07:01C'est des gamins
07:02assez innocents d'ailleurs,
07:04enfin,
07:04les rêves partis,
07:05les toffeurs,
07:06etc.,
07:06ça ne date pas d'hier,
07:07eux ils ne viennent pas
07:08faire des dégâts.
07:10Des gamins innocents
07:11qui disent sur Europe 1
07:14ce matin
07:14qu'ils prennent
07:15de l'acide,
07:16de la coque,
07:16etc.,
07:17comme l'un d'eux
07:18dans le reportage,
07:19des gamins innocents,
07:20pardon,
07:20il faut arrêter avec ça.
07:21Pour moi,
07:22c'est la responsabilité
07:23de, encore une fois,
07:25notre gouvernement
07:26quasiment,
07:27ou en tout cas,
07:27pardon,
07:28on sait,
07:28on sait que
07:29le petit événement
07:33a lieu depuis 4 jours.
07:34Mais c'est des gauchistes !
07:35S'ils ne se bougent pas
07:36pour aller...
07:37Je suis désolée,
07:38ça devient leur responsabilité.
07:39Qu'est-ce que vous disent ?
07:40Les toffeurs,
07:41ils n'ont plus d'endroits
07:41à faire la fête.
07:42Écoutons,
07:43M. Goujon,
07:43Gilles Goujon,
07:44moi je ne vous connais pas,
07:45mais j'entends
07:46à votre voix
07:47l'homme de bonne volonté
07:49que vous êtes,
07:50l'homme bienveillant
07:51que vous êtes.
07:51Vous dites,
07:52je suis allé vers eux,
07:53c'est des gauchistes,
07:53je les ai écoutés.
07:54Qu'est-ce qu'ils vous ont dit ?
07:56Alors, moi j'arrive,
07:57j'en ai vu plusieurs,
07:59j'en ai vu un avec qui
07:59je me suis énervé
08:00parce que c'est un imbécile,
08:01mais là je vois un jeune couple,
08:0222-23 ans,
08:03je m'approche d'eux,
08:04je dis,
08:05alors jeune Goujon,
08:05vous avez fait la fête,
08:06c'est bien ?
08:07Et il me regarde,
08:07il ne sait pas trop
08:08si j'ai allé les engueuler ou pas,
08:09et je leur dis,
08:10mais autour de vous,
08:11qu'est-ce que vous voyez là ?
08:12Qu'est-ce que vous voyez ?
08:14Tout est crâné,
08:15ça ne vous interloque pas ça ?
08:17Il me dit,
08:17mais on ne savait pas
08:18quand on est arrivé.
08:19Je ne m'ai plus présenté,
08:20non ?
08:20Il y a eu pendant 15 jours,
08:22je ne sais pas combien d'heures
08:23par jour,
08:24l'incendie,
08:25le plus grand incendie du siècle,
08:26et vous,
08:26vous ne savez pas
08:26que vous avez arrivé
08:27sur notre planète,
08:27je viens de dire.
08:28Il me dit,
08:29non mais,
08:29on l'a découvert en arrivant.
08:32Il dit,
08:32pourquoi vous n'avez pas
08:32remonté le chemin alors ?
08:34Il me dit,
08:35mais deux de plus
08:36ou deux de moins,
08:37je lui dis,
08:37vous savez ce que je serais fait ?
08:39Je serais fait deux de moins,
08:40et puis peut-être encore
08:40deux de moins,
08:41et je serais donné du bois
08:42mon cœur aux pauvres gens
08:43qui ont tout perdu.
08:44C'est ça qu'il faut faire.
08:45Écoutez,
08:45je ne vais pas vous engueuler,
08:47je vous laisse,
08:47avec votre conscience,
08:48au revoir messieurs dames.
08:49Et on avait donc affaire
08:50à des jeunes
08:51qui sont venus faire la fête,
08:53ils ne savent pas où ils sont,
08:54où ils sont.
08:54C'est dégénéré.
08:55Voilà.
08:56Ils ne se rendent pas compte
08:57de là où ils sont.
08:57C'est combien d'habitants,
08:59la ville,
09:00le village de Fonjoncouze ?
09:03Pascal,
09:04je ne suis pas content,
09:05vous ne sachez pas ça,
09:06Fonjoncouze,
09:07le plus petit village
09:08du monde.
09:10Ah bon ?
09:11126 habitants.
09:12126 habitants.
09:13Bon,
09:13on marque une pause
09:14et puis moi,
09:15je vais commander peut-être
09:16un oeuf poule carrus
09:18pourri de truffes,
09:19mélanosporum
09:21sur une purée de champignons
09:22et truffes,
09:23brioche intiède
09:24et cappuccino à boire,
09:26à moins que je prenne
09:26un filet de rouget barbet,
09:28bonne pomme,
09:30bonne bouche fourrée
09:31d'une brandade
09:32à la cébeth en bulinada,
09:34écume de rouille au safran.
09:36C'est quelle langue ?
09:38Non mais lui,
09:40il mange des steaks hachés.
09:42J'ai jamais mangé ça.
09:43Vous aussi,
09:43vous mangez le plat.
09:44Au restaurant avec vous,
09:46vous prenez des pâtes à la tomate.
09:47Il est 17h14.
09:48C'est bon,
09:48les pâtes à la tomate.
09:49Il est 17h14.
09:51C'est pas faux.
09:52Moi,
09:52je ne vous connaissais pas,
09:53monsieur Goujon,
09:54mais ça me fait plaisir
09:55de vous entendre.
09:56Parce que...
09:56Mais ce que dit Caroline est honteux.
09:58Dire que c'est de la faute du gouvernement
10:00parce qu'on ne leur donne pas
10:01des salles où jouer,
10:02où danser,
10:03ils vont sur un incendie.
10:05En tout cas,
10:06quand on sait depuis 4 jours
10:07qu'il y a un événement qui se déroule,
10:08je pense qu'on a besoin
10:09d'un petit peu moins de temps
10:10pour intervenir.
10:10C'est qu'on laisse faire.
10:11C'est qu'ils ont laissé faire.
10:12La pause et on termine.
10:14C'est ça qu'il voulait dire.
10:15Il veut marquer la pause.
10:16Écoutez, vous parlez en permanence
10:17qu'il n'y a pas d'autorité
10:18dans ce monde.
10:19Vous n'êtes même pas capable
10:20d'écouter l'autorité qui vous parle.
10:23Moi, en l'occurrence.
10:25Donc, vous voyez, j'en dis.
10:26L'auberge du Vieux Puy
10:27de Gilles Goujon.
10:29On parlera du 20h tout à l'heure.
10:31Je vais resserrer les boulons.
10:33A tout de suite.
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