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  • il y a 4 mois
Jean-Louis Borloo, ancien ministre, président fondateur de l’UDI, et ancien maire de Valenciennes était l'invité du Face à Face sur RMC et BFMTV ce lundi 1er septembre. Il est revenu sur la délinquance des mineurs.

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Transcription
00:00Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Jean-Louis Borloo.
00:04Bonjour.
00:05Vous êtes l'ancien maire de Valenciennes, l'ancien ministre, vous avez même été président du Valenciennes Football Club.
00:10Vous avez longtemps, Jean-Louis Borloo, été l'un des hommes politiques les plus énergiques de France,
00:15très respectés à droite comme à gauche.
00:17Vous avez d'ailleurs relevé Valenciennes qui était une ville aux 26% de chômeurs quand vous y aviez été élu.
00:23Vous êtes aussi l'homme de l'ANRU, la rénovation du logement social, l'homme de la politique de la ville.
00:28Ça va mal finir.
00:30Quand on regarde sous le capot de la voiture France, il n'y a plus grand-chose qui fonctionne et les câbles sont coupés.
00:35Voilà ce que vous disiez il y a trois ans, en 2022.
00:39Aujourd'hui, quel regard vous portez sur la situation ?
00:44Vous savez, il ne faut jamais gâcher une crise.
00:49On croit qu'on est en crise.
00:51On va enfin regarder l'éléphant dans la pièce.
00:54Il y a des évidences absolues.
00:58La France, aujourd'hui, c'est 162 milliards de dévisites.
01:03Ce n'est pas 40.
01:05Pour un compte avec lui, c'est 162.
01:07Et en face de ça, il y a 162 qui vont être à 200 milliards.
01:13Mais je vais expliquer pourquoi.
01:15Et face à ça, on a une jeunesse qui est complètement désemparée et à l'abandon.
01:20Vous avez vu les rapports PISA, une politique du logement qui est à l'arrêt, une tension intercommunautée absolument épouvantable, un insenseur social qui est bloqué, un hôpital qui ne va pas très très bien.
01:33Donc, je ne vais pas faire la litanie, mais enfin, les poutres essentielles qui fait confination sont fissurées et sont en train de s'effondrer.
01:42Alors, est-ce que c'est de la faute de tel ou tel ?
01:46Ce gouvernement, celui d'avant, ou est-ce qu'on est dirigé par des crétins ?
01:51Ou est-ce qu'on est dirigé par des voyous, des compus ?
01:53Évidemment que non.
01:54Ils essaient tous de se donner du mal.
01:55La réalité, c'est que nous vivons dans une illusion invraisemblable qui est celle d'un état centralisé tout-puissant.
02:06C'est une folie.
02:07La vérité, ce n'est pas ça.
02:09La France est dirigée dans l'action publique par 50 000 fiefs de plein exercice, complètement disséminés.
02:20Vous avez le millefeuille territorial, dont je ne vais pas parler, 1200 organismes publics, le paritarisme.
02:27Mais est-ce que ça veut dire que le bruit, le bruit en haut, le bruit au niveau des organisations politiques, le bruit au niveau des ministères, est coupé du reste ?
02:35Vous avez dit, les câbles sont coupés. Il n'y a plus de transmission.
02:38Non, parce qu'il est très difficile de penser autrement que la façon dont on pense.
02:42Vous-même, vous pensez qu'il y a toujours un état centralisé puissant, que la parole publique est performative.
02:48Mais rien n'est qu'une marionnette, n'est qu'une...
02:50Non, pas une marionnette.
02:51Ce qui s'est passé, allez, je vais la faire courte.
02:5445 à nos jours.
02:55Avant, l'État faisait tout.
02:56C'était organisé.
02:57On est pour ou contre ?
02:58Et puis, en gros, la CGT et la CFDT s'occupaient de la sécu.
03:02On savait qu'ils faisaient quoi.
03:03Puis petit à petit, ça dérivait, sauf qu'on n'en a pas pris conscience.
03:07Il y a eu les régions.
03:08Les départements, ce n'est plus le préfet.
03:10Le paritarisme.
03:11Il faut que les Français sachent que les partenaires sociaux gèrent 400 milliards.
03:15quand les recettes de l'État, c'est 280.
03:20Je veux dire, c'est 10 fois...
03:21Vous avez 8000 organismes paritaires.
03:25Tout le monde s'occupe de tout.
03:26Pour la petite enfance, pour l'adulte handicapé, pour le...
03:29C'est un gigantesque bordel.
03:32Mais si tout le monde s'occupe de tout, c'est un gigantesque bordel.
03:35Il faut écrimer.
03:37Oui.
03:37Non, non, il ne faut pas écrimer.
03:38Il faut revenir...
03:40Vous savez, il y a quelqu'un qui a vu juste...
03:41C'était De Gaulle en 69.
03:43Oui.
03:43Mais j'aime bien, tout le monde dit à De Gaulle, De Gaulle...
03:45Non, non, mais je vous dis sur quoi ?
03:47Il a fait un discours magnifique.
03:50La modernité, le progrès, ça va être de redonner aux provinces leur destin,
04:00dans les sujets qui les concernent,
04:02et à l'État central, la responsabilité de ce qui concerne...
04:06Toujours d'actualité ?
04:07C'est toujours d'actualité.
04:07C'est ça qu'il faut faire ?
04:08Évidemment que c'est ça qu'il faut faire.
04:09Vous n'en sortirez pas.
04:12Les ajustements à la marche, les rustines,
04:14quels que soient les efforts de bonne foi des uns et des autres,
04:16ce n'est plus possible.
04:18Rendons aux Bretons leur destin en matière de logement.
04:21Rendons-leur leur destin en matière d'écologie.
04:24Rendons-leur leur destin en matière éducative,
04:27en matière de soutien aux mamans isolées,
04:29aux mineurs isolées, à l'éducation, à la jeunesse.
04:32Vous m'avez parlé à l'instant d'un pays émietté,
04:34et vous me dites qu'il faut que chacun se débrouille sur l'éducation.
04:37C'est-à-dire qu'il n'y a plus de terreau commun ?
04:38C'est-à-dire qu'il n'y a plus de programme commun ?
04:39Vous n'avez pas compris.
04:41Qui fait quoi ?
04:42Il n'y a aucune organisation au monde
04:43qui peut fonctionner avec 50 000 fièvres de plein exercice.
04:47Ça n'existe pas.
04:48C'est simple, les organisations.
04:50Ou vous avez une organisation centralisée,
04:51on peut y revenir.
04:54Ou vous avez une organisation fédérale.
04:56C'est-à-dire qu'il y a des sujets qui relèvent de la province
05:00et il y a des sujets qui relèvent de l'État central.
05:04Qu'est-ce qu'on laisse à l'État ?
05:05Qu'est-ce qu'on donne à l'État ?
05:06L'État, c'est assez clair.
05:08La perspective, la recherche, l'espace, le balistique,
05:13la sécurité, la justice, l'anticipation, la représentation.
05:17Moi, je veux un État fort, agile et efficace.
05:22Et la province, c'est les peines et soins.
05:25C'est-à-dire l'éducation, la santé, le logement, la proximité, tout le reste.
05:31Alors prenons l'exemple du logement.
05:32Parce que vous dites qu'on a une crise du nid.
05:35Ce que vous appelez le nid, c'est le logement.
05:39Est-ce que ça veut dire que si on donne aux élus régionaux
05:43la maîtrise, l'organisation du logement,
05:46ça veut dire qu'on supprime le ministère du logement ?
05:48On va jusqu'au bout de la logique.
05:50C'est-à-dire qu'on ne garde pas le ministère du logement
05:51et des compétences locales.
05:53Mais évidemment.
05:54Il n'y a plus de ministère du logement.
05:55Mais évidemment.
05:57Radical.
05:58Non, mais c'est pas qui.
06:00Le drame, c'est qu'on a fait semblant de déstraliser,
06:03mais la loi et la norme est restée à Paris.
06:06Donc tu t'occupes du logement, ma petite dame,
06:08le fils de machin, etc.
06:11Sauf que c'est un mec de...
06:13C'est une dame au Trésor qui écrit, par exemple,
06:15l'année dernière,
06:16on n'a pas besoin de plus de 230 000 logements en France.
06:18Il en faut 500 000 par an.
06:19Non, mais c'est...
06:21Donc moi, je dis, moi, je suis pour.
06:23Donc les administrations centrales,
06:25les ministères centrales, centraux, non.
06:28Si, dans la compétence de l'État.
06:31Madame, c'est faisable.
06:33Il faut trois mois pour mettre ça en place.
06:35Il faut trois mois pour désigner,
06:37redésigner les provinces françaises.
06:40Est-ce que la CAF doit faire la même chose ?
06:42Je vous donne un exemple.
06:43Pour faire le commissariat à côté de la Boulogne,
06:46ça fait 18 ans que ça a été décidé.
06:49Par l'État.
06:49Sauf que l'État n'a pas une thune.
06:51Donc il a fallu avoir la ville de Boulogne,
06:53les boucles de la Seine,
06:54le département de la Seine,
06:55la région Île-de-France,
06:56les fonds, etc.
06:58Ça fait 18 ans.
06:58On n'a toujours pas fait.
07:00On n'a toujours pas fait.
07:01Nous, on a inventé le cofinancement.
07:03Vous voulez faire n'importe quoi,
07:05un doujou,
07:06il va vous falloir trouver le financement
07:08de la ville, de l'agglomération,
07:09du département.
07:09Donc des dossiers qui durent des années.
07:11Donc 50 réunions à 50 personnes à chaque fois.
07:14Quand ça finit par se faire,
07:17c'est plus adapté.
07:17Alors qui aurait dû payer ?
07:19Par exemple, vous voulez faire un dojo,
07:20qu'est-ce qu'on fait ?
07:21On dit à l'État,
07:22ne te mêle pas, on se débrouille.
07:23Non, non, mais bien sûr.
07:24Il faut tout réorganiser.
07:29Et c'est assez simple.
07:30On n'aura pas d'ajustement à la marge.
07:33Je vous donne un autre exemple.
07:35Les médiateurs de rue qui s'occupent des gamins,
07:37il y en a 35 000.
07:38Enfin, travailleurs sociaux, c'est ça.
07:40Dans n'importe quelle ville,
07:41vous avez l'équipe de la ville,
07:42l'équipe de l'agglomération,
07:43l'équipe de la caisse d'allocation familiale,
07:45l'équipe du département.
07:46Mais évidemment,
07:48une administration,
07:49du reporting,
07:50on est devenu,
07:51c'est tellement compliqué,
07:53tellement qu'on est devenu
07:54la France des coordinateurs,
07:56des inspecteurs.
07:57Regardez l'hôpital.
07:59Il y a 20 ans,
07:59les médecins géraient l'hôpital.
08:015 % de frais de structure.
08:03Il se le faisait très bien.
08:05On était tous très fiers de notre rédicile.
08:06Alors, les petits hommes en gris,
08:07on dit, non, les médecins,
08:08non, ils ne savent pas gérer.
08:10Non, non, nous, on va gérer.
08:11Très bien.
08:12Vous savez ce qui s'est passé ?
08:13Alors, on a créé une nomenclature de 9 000.
08:16Enfin, un truc dément.
08:17Il faut remplir la machine à contrôler.
08:19Attendez, un chiffre.
08:21On est passé de 5 à 34 % de frais de structure.
08:2430 milliards.
08:25Donc, on enlève cette structure.
08:26Il faut l'enlever, cette structure.
08:27Il faut laisser ceux qui bossent bosser.
08:29Mais comme ce n'est pas de la faute
08:30de ceux qui contrôlent,
08:31il faut organiser.
08:32Je ne connais pas de situation.
08:34Ils sont payés pour contrôler,
08:35donc à un moment, ils contrôlent.
08:36Mais non, mais je ne suis pas contre eux.
08:37Je vous dis qu'il faut réaliser.
08:39Libérons, libérons la France.
08:42Je vous assure qu'on peut redresser le pays,
08:45avoir une efficacité redoutable.
08:49Madame, un, c'est faisable.
08:51Et vous savez quoi ?
08:53Les Français le veulent.
08:54Ça vous a échappé, peut-être.
08:57Mais il y a un sondage la semaine dernière
08:58de l'IFOP qui dit
09:01« Est-ce que vous souhaitez une France fédérale ? »
09:05Vous connaissez la réponse ?
09:0671 %.
09:08Donc, on est tranquille.
09:12Mais Jean-Louis Borloo,
09:12ça veut dire que ce que vous nous dites,
09:13c'est qu'il y a un trop-plein.
09:15En fait, il y a un trop-plein.
09:16Ce n'est pas une France du vide.
09:17Ce n'est pas une France où on manque.
09:18C'est une France où, en fait,
09:19il y a tellement de gens qui décident
09:21que plus personne ne décide de rien.
09:22D'une part, et personne ne s'y retrouve.
09:24À tel point que les gars, là,
09:26sur une collecte de 300 milliards,
09:28ils sont trompés de 60 milliards à mi-collecte ?
09:31Même eux, ils ne comprennent plus rien.
09:33Je mets au défi...
09:34Et là, vous parlez de Bercy
09:35et des erreurs de calcul et d'anticipation
09:37des impôts de Bercy.
09:38Ils sont 133 000 pour ça.
09:40Non, mais c'est un truc qui ne va plus.
09:42Donc, même eux ne s'y retrouvent pas.
09:43Oui, mais attendez,
09:44je voudrais vous arrêter un instant, Jean-Louis Borloo,
09:46parce que vous avez été ministre de la Ville.
09:47Vous parlez à l'instant, par exemple,
09:49de l'aide aux mamans solos,
09:51de la question de la jeunesse.
09:52Vous avez peut-être vu cette information
09:53qui est notamment décrite dans Le Parisien ce matin.
09:56Des dealers qui veulent avoir un rôle social
09:59dans les quartiers.
10:00Ça s'est passé notamment à Orange.
10:02À la veille de cette rentrée,
10:03on les a vus vouloir distribuer gratuitement
10:05des cartables et des fournitures scolaires.
10:07Ils se font désormais passer
10:08pour des associations humanitaires caritatives.
10:12Et d'ailleurs, les parents qui sont interrogés,
10:14les mamans notamment,
10:16elles sont évidemment un peu ambiguës
10:19parce qu'elles disent
10:19« Oui, mais bon, moi,
10:20ils me proposent quand même gratuitement
10:21des fournitures scolaires. »
10:22Est-ce que l'État n'a pas...
10:24Vous me dites d'un côté,
10:25il y a eu trop plein et de l'autre,
10:26en fait, il y a un vide
10:27dans lequel une forme de mafia,
10:30de narcotrafic s'est installée.
10:32Et ça, c'est du concret.
10:33Qu'est-ce qu'on fait ?
10:34Mais quand vous voulez vous occuper de tout,
10:37être la tutelle de tout,
10:38alors que vous n'en avez plus les moyens,
10:40que vous êtes le petit joueur
10:41à 280 milliards de recettes
10:44et 450 milliards de dépenses.
10:46Vous n'avez plus ni les hommes,
10:47ni les moyens.
10:48Donc, on ressente l'État
10:50sur ses missions essentielles.
10:52Ça, ça en fait partie.
10:53Maintenant, vous me parlez
10:54de la jeunesse,
10:55des narcos, des machins, etc.
10:58La jeunesse de France,
11:00elle est abandonnée, madame.
11:02Abandonnée.
11:03Il faut bien comprendre la dérive.
11:05Regardez les rapports PISA.
11:07Regardez les rapports
11:08de la protectrice des enfants.
11:11Nous avons 40 000 enfants soldats,
11:1340 000 mineurs isolés,
11:15400 000 enfants à l'ASE.
11:17Regardez la situation.
11:18Je suis allé à Orléans l'autre jour.
11:20Incroyable !
11:22Orléans.
11:2391 % de baisse
11:24de la délinquance des mineurs
11:26en 20 ans.
11:2791 %.
11:28Ils n'ont pas mis 400 chars.
11:30Mais tout jeune à Orléans,
11:34dès qu'il va mal pour lui
11:36ou qu'il peut créer des problèmes
11:38aux autres,
11:39il est instantanément,
11:40dans la journée,
11:41dans l'heure, repéré.
11:44Immédiatement,
11:44il y a un système
11:45qui se met en place
11:46de travailleurs sociaux,
11:48d'art psychologue,
11:52de clubs de sport.
11:53Il est immédiatement sorti.
11:54Il n'y a plus l'école de la rue.
11:57C'est extraordinaire.
11:58La jeunesse de France.
12:01Vous savez qu'on a
12:01des richesses extraordinaires ?
12:02Je vais vous donner un truc
12:03qui marche très bien en France.
12:04Très, très bien.
12:05C'est bien quand il y en a
12:06qui marchent ?
12:06Non, non, mais parce que là,
12:07si on a trois mois
12:09pour redresser le truc.
12:10Un truc qui marche vachement bien.
12:12Vous allez être d'accord avec moi
12:13que le sport à l'école,
12:14on le méprise.
12:14Le sport à l'université,
12:15on le méprise.
12:16On nous dit chaque année
12:16qu'on va en faire plus,
12:17qu'ils vont en faire un peu
12:18tous les jours.
12:18On le méprise, d'accord.
12:20Mais il ne vous a pas échappé
12:21qu'on est la première nation
12:23sportive du monde.
12:23On est un pays d'individus.
12:26La première rapportée
12:28aux habitants.
12:29On a quasi la meilleure équipe.
12:31Les filles, là,
12:33viennent de battre
12:33les Chinoises avant-hier.
12:35Meilleure équipe
12:35de basket au monde,
12:36de volley au monde,
12:37de rugby au monde,
12:38de vaut de monde.
12:39Non, mais attendez,
12:40regardez.
12:41Pourquoi ?
12:41Pourquoi ça, ça marche ?
12:43Je vais vous dire pourquoi.
12:44Parce que le système,
12:46il est fédéral
12:47et il est organisé.
12:48Ça fonctionne, le sport.
12:50C'est incroyable, ces clubs.
12:52C'est des clubs locaux,
12:53c'est des villes,
12:54c'est des entraînements.
12:55C'est surtout 17 000 licenciés.
12:58C'est ça, eux, les actionnaires.
13:00Et attendez,
13:016 millions et demi de vols.
13:03Donc on doit s'inscrire ça ?
13:046 millions et demi de vols.
13:05La richesse de la France,
13:06vous savez ce que c'est ?
13:07C'est les maires
13:08parce qu'ils gèrent des complexités.
13:10Et les clubs,
13:11alors c'est les clubs de sport,
13:12les clubs de culture,
13:13les clubs de musique,
13:14peu importe.
13:15Philippe Séguin avait fait
13:15un truc génial
13:16il y a 30 ans à Epinal.
13:18Le matin,
13:18on apprenait à lire,
13:19écrire à compter
13:20et l'après-midi,
13:21les gamins trouvaient leur talent.
13:23Alors dans le sport,
13:24dans la musique,
13:25dans sa passion, etc.
13:27C'est évidemment vers ça.
13:29On ne peut pas laisser
13:30les clubs tout seuls.
13:31Jean-Louis Borloo,
13:32vous êtes venu avec
13:33ce rapport que vous aviez écrit.
13:36Ça s'appelle l'alarme.
13:37Vous l'aviez donné.
13:38Vous aviez fait un plan banlieue
13:39en 2018.
13:41Vous avez été...
13:42Non, ce n'était pas
13:42un plan banlieue.
13:43C'était un plan
13:44pour les 10 millions
13:45d'abandonnés.
13:46Les zones rurales,
13:47les départements d'outre-mer,
13:49tous ceux qui ne sont pas
13:50dans le train.
13:50Il est passé où,
13:52ce plan ?
13:52Ça a été ridiculisé ?
13:54Ça a été resté
13:54dans un tiroir ?
13:55Cette étude
13:56que vous avez faite
13:57sur l'alarme,
13:58vous l'avez faite
13:58il y a déjà 3 ans.
13:59Qu'est-ce qui a été fait ?
14:00Non mais pardon,
14:01à un moment quand même,
14:01il faut aussi le dire.
14:02Qu'est-ce qui a été fait ?
14:03Vous savez quoi ?
14:04Je m'en fous.
14:05Ce qui m'intéresse,
14:06on est dans une crise.
14:07On n'a pas un problème
14:08de gouvernement.
14:09On a un problème
14:09de gouvernance
14:11de la nation.
14:12D'organisation.
14:13De gouvernance.
14:14De la pyramide.
14:15Mais de gouvernance.
14:16Donc,
14:16le problème de la pluie
14:17qui est les présidents,
14:18quels qu'ils soient d'ailleurs,
14:19avec des provinces
14:20qui ont pris leur destin,
14:22mais avec des parlements
14:23de provinces.
14:24Pas une délégation
14:25d'un type à Bercy.
14:27Je dis bien,
14:28les parlements de provinces,
14:29il faut fusionner
14:30ou regarder
14:31comment on fait
14:32avec la caisse
14:32d'allocations familiales.
14:34Il faut bien se rendre...
14:35On ne peut pas rester
14:36dans un...
14:37Est-ce que vous savez
14:38ce que le paritarisme
14:39gère en France ?
14:41Oui, vous l'avez dit.
14:42Considérable.
14:43Considérable.
14:4335%.
14:44On ne peut pas rester comme ça.
14:45Jean-Louis Morleau,
14:46est-ce que vous avez rendez-vous
14:46avec Emmanuel Macron
14:47cette semaine ?
14:48Non, non, bien sûr que non.
14:48Non.
14:49Vous ne lui parlez plus.
14:50Mais il n'a pas parlé
14:53avec un brave retraité.
14:54Enfin, ce n'est pas
14:55un brave retraité,
14:56Jean-Louis Morleau.
14:57Vous ne vous dites pas parfois
14:58mais allez, j'y vais.
14:59Non, non.
14:59Non ?
15:00Plus jamais ?
15:01Non, mais tout de suite, là.
15:02Les Français veulent...
15:04Oui, enfin tout de suite.
15:05On attend lui...
15:05Là, pour l'instant,
15:06on attend le 8 septembre.
15:07Vous savez bien,
15:08rien ne va se passer.
15:09Mais attendez,
15:10ce n'est pas vrai.
15:11Il y a quatre jours,
15:12j'étais avec le président
15:13du MEDEF,
15:14les 120 entreprises françaises
15:15veulent un plan jeunesse.
15:17Il dit, Jean-Louis,
15:17on sera là.
15:18J'étais avec David Lissard,
15:19le président de la Sion
15:20des maires de France.
15:21En fait, ce que vous nous dites,
15:21c'est qu'il faut oublier
15:23d'attendre tout l'État.
15:24Mais évidemment,
15:25sauf que,
15:26comme on est dans un grand
15:28pays démocratique,
15:29si jamais les forces politiques
15:32qui sont importantes...
15:34Moi, je vois bien
15:35tous ces partis politiques
15:36qui s'essaient de trouver
15:38des solutions.
15:39Moi, je leur dis simplement...
15:41Aujourd'hui, François Bayrou
15:42a convoqué les différents partis.
15:44Il y en a une partie
15:44qui n'y va pas.
15:45La France Insoumise n'y ira pas.
15:47Les écolos n'iront pas.
15:49Ils auraient dû aller parler.
15:50Ils auraient dû aller discuter.
15:51Vous pensez qu'ils peuvent
15:52se mettre d'accord ?
15:52Mais se mettre d'accord.
15:53La question est de savoir
15:54est-ce que c'est plutôt
15:55la Rustine Dupé
15:56ou celle de François ?
15:58C'est la gravité, madame.
16:00On sera à 200 milliards
16:01de déficits.
16:02Et vous avez une communauté
16:04juive qui commence
16:06à envisager de partir.
16:08Et on ne va pas...
16:09Ça, ça vous angoisse
16:10particulièrement.
16:11Mais évidemment.
16:12Et moi, c'est pas que
16:13les narcotraffics
16:14qui m'angoisissent.
16:15C'est une mexicanisation.
16:18Les perdus de vue.
16:19Un million et demi
16:20d'enfants, d'adolescents,
16:22de jeunes,
16:22c'est en perdus de vue.
16:23Vous savez combien ça coûte ?
16:25Ça veut dire quoi,
16:25perdu de vue ?
16:26C'est-à-dire qu'on ne sait pas.
16:26Dénitz, ni emploi, ni formation.
16:28Ils sont au pied des immeubles.
16:30Ça coûte trois points de PIB.
16:33Le patron du MEDEF,
16:35c'est pas moi,
16:35l'autre jour...
16:36Patrick Martin.
16:37Patrick Martin disait à la tribune
16:39il n'arrive plus à recruter.
16:42Il n'arrive plus à recruter
16:43les jeunes.
16:45On est dans une situation
16:46qui est dramatique.
16:47Il disait
16:47s'ils étaient juste
16:48bien en forme et bien formés.
16:50Alors, il y a des trucs
16:51de coaching qu'on peut faire.
16:52Si rien ne se passe pour vous ?
16:53Il dit trois points de croissance.
16:55Comment on peut redresser
16:56un pays, madame ?
16:57Mais qui peut faire ça ?
16:59Mais les Français vont décider.
17:01Mais j'en sais pas.
17:02Vous leur faites confiance.
17:02Vous dites s'il va y avoir
17:05probablement des nouvelles élections
17:07ou on n'en a même pas besoin ?
17:08Mais c'est une modalité.
17:11La question centrale,
17:12on est toujours dans
17:13une monarchie administrative.
17:14On s'y est habitué.
17:15Vous y êtes habitué.
17:17D'ailleurs...
17:18Donc il faut faire
17:18comment 45 ?
17:19Il faut redessiner le modèle.
17:21Mais c'est simple, madame.
17:23C'est simple.
17:24Tout ce qui concerne
17:25les enfants, les mamans,
17:27la santé, le logement,
17:28les nids,
17:29c'est la province
17:30avec un parlement
17:31plus de rapport
17:32avec l'administration centrale.
17:33Elle, en revanche,
17:35on lui dit, allez.
17:36Alors, la chaîne judiciaire,
17:38la chaîne...
17:38Enfin, judiciaire,
17:40la chaîne de la sanction,
17:42la chaîne de l'anticipation,
17:43l'espace, les rêves,
17:44c'est toi.
17:45La perspective, c'est toi.
17:46La prospective, ça.
17:47Mais comme dans
17:48toutes les bonnes organisations...
17:50Mais vous avez la solution,
17:50pourquoi vous n'y allez pas ?
17:50Pardon, Jean-Louis Borloo,
17:50mais pourquoi vous n'y allez pas ?
17:51Où ça ?
17:52Ben là, à Matignon.
17:53Non, mais il n'y a pas
17:54de mandat pour faire.
17:55Ce n'est pas un bon sujet.
17:57En revanche, moi je vous dis...
17:58S'il n'y a pas de mandat pour faire
18:00pour quelqu'un comme vous,
18:00il n'y aura pas de mandat
18:01pour faire pour qu'il se soit.
18:01Mais moi, je vais vous dire un truc,
18:02d'ici Noël,
18:04d'abord, je vais faire
18:06une conférence de presse
18:08pour aller un peu plus
18:09dans le détail
18:09que ce que je viens de vous dire.
18:11Je vais vous proposer
18:11de rester avec moi, là.
18:12Je vais vous proposer
18:13cinq minutes de plus
18:14sur BFM TV.
18:14Parce que je pense que
18:15vous avez encore
18:16beaucoup de choses à dire.
18:16Mais je voudrais, d'un mot...
18:17Attendez, attendez, Charmine.
18:18Allez-y.
18:19Le plan jeunesse,
18:21on peut le faire tout de suite.
18:22Tout de suite.
18:23Bon.
18:24Et maintenant,
18:26la vraie réforme globale.
18:28On a dérivé,
18:30en 50 ans,
18:31sans s'en rendre compte.
18:33Et de bonne foi,
18:34c'est ça qui est terrible.
18:36C'est que tous ces gars-là...
18:37La France est devenue
18:38un pays de contrôleurs
18:39et d'inspecteurs.
18:41Mais il faut bien comprendre
18:42qui dirige.
18:43Ce sont les fermiers généraux.
18:44C'est quoi,
18:45les fermiers généraux ?
18:46C'est ceux qui, avant,
18:47prélevaient l'impôt pas cher
18:48pour le roi en échange
18:49des prébandes.
18:50C'est ça, l'histoire.
18:51Vous avez dit
18:51vendredi à Orléans.
18:52J'étais épuisée.
18:54J'ai joué ma peau.
18:56Et vous dites,
18:56j'ai finalement accepté
18:57de sortir de ma tanière.
18:58Vous êtes donc revenu.
18:59Je voudrais quand même
19:00vous poser cette question.
19:02Comment allez-vous ?
19:03Écoutez,
19:04je n'ai jamais été aussi en forme.
19:06Ça, c'est grâce à ma femme,
19:08aux miens, mes potes.
19:09Non, mais vous savez,
19:10quand vous avez
19:11beaucoup de chances
19:12affectives,
19:14affectueuses,
19:16j'ai une fratrie
19:17de gosses.
19:18Ils sont absolument
19:19avraissants.
19:20Mais mes copains
19:22sont dits.
19:23Je suis en train
19:23d'en perdre.
19:24Oui, mais je crois pas.
19:27En tous les cas,
19:28je vais vous dire,
19:28d'ici Noël,
19:29avant.
19:31On a trois mois,
19:32mais ça peut se faire.
19:33Il ne faut pas gâcher
19:34la crise.
19:35Il faut profiter
19:36du fait qu'on est
19:37au fond de la piscine
19:38pour remonter.
19:38de la piscine
19:39et je vous jure,
19:41tout ça va s'aérer.
19:42Ça va être une épopée.
19:44Remettre la jeunesse
19:45de France
19:45au toit du monde
19:46de la connaissance,
19:48du comportement,
19:49de la beauté,
19:49de la culture,
19:50du sport.
19:51C'est génial.
19:52Et réorganiser
19:53la Bretagne
19:54aux Bretons.
19:55Voilà,
19:55l'Alsace aux Alsaciens.
19:57Merci Jean-Louis Borloo
19:58d'avoir répondu
19:59à mes questions.
20:00Il est 8h52
20:01et vous êtes bien sûr
20:02et BFM TV.
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