Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 3 mois

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Il est 17h47 et on est avec Nicolas Carreau et je lui ai demandé de venir, Nicolas, pour terminer cette émission parce que c'est le week-end et on va aller dans des librairies, peut-être demain matin, pour acheter un ou deux romans.
00:14On parlait de Julien Gracq pendant la pub, c'est chic.
00:15Exactement.
00:16Ah bah alors oui.
00:17J'arrive tout de suite, hop Julien Gracq, Gracq.
00:20Alors j'ai une anecdote sur Julien Gracq qui est vraie, je connais quelqu'un, c'est un libraire qui m'a raconté ça, il lui avait vendu un livre et les pages ne sont pas coupées.
00:30Et oui, c'est l'édition de Julien Gracq, et c'est un jeune qui est revenu en lui disant votre livre, les pages ne sont pas coupées.
00:36Il ne savait pas que dans le temps on coupait effectivement les pages.
00:40Aujourd'hui encore quand je visite des bibliothèques, quand il y a des ouvrages de Julien Gracq, c'est toujours, parce qu'il est toujours le même éditeur, qu'il continue, José Corti, et on sort.
00:48Et si le livre n'a pas été coupé, c'est que le livre forcément n'a pas été lu, mais ce n'est pas grave.
00:52C'est un conservatoire aussi, ça permet de protéger aussi les pages.
00:55Bon, il y a un livre, un roman, un roman récit d'ailleurs, parce qu'avec Emmanuel Carrère, c'est quelqu'un qui est davantage dans le récit que dans le roman.
01:02Est-ce que vous avez lu Colcause, et est-ce que vous nous le conseillez ?
01:05Je n'ai pas lu Colcause, mais je conseille tous les livres d'Emmanuel Carrère, donc il n'y a pas de raison que celui-ci échappe à la règle.
01:12Je ne l'ai pas lu encore, parce qu'en fait, je suis un peu fatigué des rentrées littéraires avec les passages obligés.
01:17Et même si j'aime beaucoup Emmanuel Carrère, j'avais d'autres envies sur le moment, et donc je l'ai mis un peu de côté, et je vais l'entamer ce week-end, voyez-vous.
01:27Vous avez bien fait de venir aujourd'hui, alors.
01:29J'ai plein d'autres livres, j'ai plein d'autres livres, c'est ce que je dis, il n'y a pas que Amélie Nothomb et Emmanuel Carrère, il y en a plein d'autres, et c'est aussi un peu le problème de la rentrée littéraire.
01:38Là, il y en a 484 qui sortent entre septembre et octobre, c'est énorme, c'est gigantesque, et il y aura des morts, forcément.
01:47Et chaque année, c'est pareil, et chaque année, les éditeurs disent, cette fois, on va réduire la voilure, et puis arrive la rentrée, et on est à plus 4% par rapport à l'année dernière.
01:54Non, parce que parfois, j'ai l'impression que c'était 600 et le roman en 400, j'ai l'impression que c'est moins que...
01:59Sur plusieurs années, oui, ça c'est quand même un peu calme, mais c'est plus que l'année dernière, par exemple.
02:03Est-ce qu'il y a des grands noms, d'abord, dans cette rentrée, de cette actualité ? Est-ce qu'il y a des romans, mis à part celui d'Emmanuel Carrère, que vous n'avez pas lu,
02:13mais est-ce qu'il y a, et ni celui d'Amélie Nothomb, si j'ai bien compris ?
02:16Non.
02:17Mais alors, vous avez lu quoi ?
02:18J'ai lu celui de Maria Pourchet, par exemple, qui s'appelle Tressaillir, qui est excellent, et c'est l'histoire d'une femme qui décide de tout quitter, ça arrive, ça c'est assez classique comme début de roman,
02:27sauf qu'il y a plein de choses, plein de détails qui font que ça devient une sorte de chef-d'oeuvre, comme ça,
02:31parce que c'est ça, un écrivain, vous pouvez dire le pitch, le pitch peut être tout à fait banal, c'est comme un cinéaste, n'est-ce pas, Fabien ?
02:38Et puis quand on fait le film, on rajoute des détails ici et là, on rajoute du piment, on rajoute du sel, et ça devient...
02:45Mais est-ce qu'il y a une tendance, par exemple, moi je suis allé l'autre jour dans une librairie, je voyais plein de livres sur papa, maman,
02:51et notamment des livres sur maman, sur la mère, le carré, le carré, le carré, le carré, le carré, le carré, le carré, le carré, le carré, le carré.
02:57Regis Geoffrey, je crois que son livre s'appelle Maman, etc.
03:01Sur les pères aussi, Vanessa Schneider.
03:04Est-ce que ça, c'est une tendance lourde ?
03:04On a l'air de découvrir ça, mais c'est une tendance depuis des années, c'est ça, c'est les violences intrafamiliales, c'est les violences conjugales,
03:11c'est un peu le cœur du réacteur des romans français, il faut bien le dire, depuis quelques années.
03:15Mais ça change, il y a des tendances qui changent, mais cette année, effectivement, il y a beaucoup de papa, maman, attention, je fais la rentrée littéraire,
03:20et c'est ce que je viens de dire, peu importe, en fait, ça peut faire un très bon roman, ou un roman très ennuyeux.
03:28Qu'est-ce qui vous a emballé dans ce que vous avez lu ?
03:29Moi, ce qui m'a emballé, par exemple, c'est Joseph Incardona, qui est un romancier que je suis depuis longtemps,
03:34Sophie est d'accord avec moi, parce qu'elle a beaucoup de goût littéraire, Sophie Ovalia,
03:38et Incardona, le titre de son roman, c'est « Le monde est fatigué », rien que le titre.
03:44Et c'est l'histoire d'une sirène, mais une sirène professionnelle, une sirène d'aquarium,
03:49vous savez, qui fait des chorégraphies dans les aquariums, regardez pas comme ça, Pascal, c'est super,
03:54parce qu'en fait, c'est la sirène d'aquarium qu'elle a plus demandée, elle est extrêmement talentueuse,
03:59elle part au Japon, à Dubaï, etc., pour danser dans les aquariums avec sa monopalme,
04:04mais elle est si talentueuse, c'est qu'elle a un secret, elle a eu les jambes sectionnées dans un accident,
04:10personne ne le sait, et en fait, c'est une sirène qui cherche l'homme qui lui a fait ça,
04:15et qui cherche à se venger, et ça donne un roman entre la petite sirène et Montecristo,
04:20et c'est complètement décalé, c'est très très noir, mais c'est génial.
04:24Alors, on va noter, on va noter, on va noter ça, on rappelle.
04:27Joseph Incardona.
04:28Joseph Incardona.
04:30Moi, je n'ai jamais lu un livre de Joseph Incardona, je ne sais pas si Dominique vous avez lu.
04:35Non, je ne connais pas.
04:36C'est édité, il est suisse, c'est édité chez qui ?
04:38C'est chez Finitude, et il a fait, Le Monde est Fatigué, ça s'appelle, il a fait des romans géniaux,
04:43notamment, je l'avais découvert avec Chaleur, il y a quelques années,
04:46c'était un roman qui racontait des concours de sauna,
04:49qui est une compétition qui existait vraiment, c'était surtout pour les russes et tout ça,
04:53c'est des mecs qui rentraient dans des sauna, et c'est à celui qui tient le plus longtemps.
04:56Sauf qu'ils ont arrêté, parce qu'il y a eu des morts.
04:58C'est hyper dangereux de rester dans une chaleur intense comme ça,
05:01et Incardona, il en a fait un roman à la fois drôle et sombre.
05:03Il est suisse, donc il ne peut pas concourir pour Le Goncourt.
05:07Si, parce qu'il écrit en français.
05:09Exactement.
05:11Il peut être sur la liste, ça c'est incongruable ?
05:12Comment s'appelle-t-il l'auteur de Polar Suisse que tout le monde connaît ?
05:17Joël Dicker ?
05:17Joël Dicker. Il était sur la liste du Goncourt pour son premier roman.
05:21Oui, et je me souviens, il était défendu d'ailleurs...
05:25Bar de Fallois.
05:26Oui, alors Bar de Fallois, bien sûr, et il avait édité des Fallois,
05:29mais je me souviens de celui qui le défendait dans le jury,
05:34dont j'ai oublié le nom, mais qui avait écrit toute une série sur Nicolas Sarkozy.
05:38Ah oui, Patrick Rambaud.
05:39Patrick Rambaud le défendait, exactement.
05:41Patrick Rambaud le défendait.
05:43Bon, ben ça c'est, voilà, ce week-end,
05:45le monde est fatigué, Dominique.
05:47Dominique est un grand lecteur.
05:49Oui.
05:50Dominique, vous avez beaucoup lu cet été, par exemple.
05:53J'ai redécouvert, on parlait de maire tout à l'heure,
05:57trois jours chez ma mère.
05:58Ah, ça c'est tabuleux, chez ma mère, de Veyerganz.
06:00C'est un génie, moi j'adorais François Veyerganz.
06:02Mais qui a pris le Goncourt, il y a 20 ans.
06:05Moins, moins.
06:06Moins.
06:06Ah, 2005, on dirait à 2005.
06:09C'est presque, on pourrait presque écrire un livre sur ce Goncourt
06:13et un livre sur l'Académie française,
06:15parce que c'est Jean-Luc Delarue qui a été décisif
06:18dans l'attribution et de ce Goncourt
06:22et le fait qu'il soit académicien.
06:24Voilà, et le fait aussi qu'il ne fallait pas le filer à Houellebecq.
06:27Il était belge aussi.
06:27Je me souviens.
06:28Il n'était pas français.
06:29François Veyerganz.
06:30Mais c'est très particulier, Veyerganz.
06:32Oui, moi j'adore.
06:33Un humour exceptionnel.
06:34Alors, vous, je comprends que ça vous touche,
06:36parce qu'il y a quelque chose de l'ordre du détachement,
06:38un petit peu de l'élégance comme ça,
06:40quelque chose d'un peu mointain que du décalage.
06:44C'est la phrase de Dos Passos.
06:46J'ai toujours eu l'impression d'être dans la pièce d'à côté.
06:48Je trouve que c'est une...
06:50Vous pourriez mettre ça comme l'épitaphe sur votre tombe le plus tard possible.
06:54La maison vide de Laurent Mauvigny.
06:56Ah oui.
06:58Laurent Mauvigny, c'est très intello.
06:59Il faut y aller.
07:00Il faut y aller.
07:01Il est un des favoris de la rentrée.
07:03Oui, il est très lu.
07:05Et le fou de Bourdieu, tout le monde dit que c'est formidable.
07:06Vous l'avez lu ou pas ?
07:07Non, je ne l'ai pas lu encore.
07:07Le fou de Bourdieu, c'est...
07:09C'est chez Cherche-Midi, je crois.
07:11Le fou de Bourdieu, c'est du comédien.
07:14Non, c'est un type qui est fou de Bourdieu, le sociologue.
07:16C'est fou de Bourdieu, Fabrice Pesquy ?
07:18Ah non, vous confondez avec le camarade...
07:21Je pensais que c'était de la comédie française, lui qui avait écrit ce livre.
07:25En tout cas, il en parle très souvent parce que précisément, il était fou de Bourdieu.
07:28Bon, vous nous avez donné un coup de cœur.
07:32Il y a des choses à éviter, peut-être, que vous n'avez pas du tout aimé et que vous ne les recommandez pas ?
07:38Pour l'instant, non, mais je vous préviens dès que j'envoie.
07:41Bon, ben, on vous remercie, Nicolas.
07:43Moi, j'aime bien quand vous venez nous voir dans nos émissions parce qu'il faut parler...
07:48D'abord, il faut défendre la littérature, il faut défendre la lecture.
07:52Je ne sais pas si les uns les autres, vous avez le temps de lire et puis surtout le plaisir.
07:57Il est 17h55.
07:58Merci, Sophie Obadia.
07:59Vous viendrez régulièrement nous voir, je l'espère, cet été, cette année, je veux dire.
08:04Monsieur Boubouc, vous allez faire la fête ce week-end ?
08:06Bien sûr, comme tous les week-ends, chef.
08:09Merci à tous et rendez-vous lundi.
08:11Punchline dans une seconde avec...
08:13Madame Ferrat.
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire

Recommandations