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  • il y a 5 mois

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00:00Bonsoir à tous et bonsoir à toutes. Bienvenue dans Punchline aujourd'hui sur CNews et sur Europe 1.
00:11Il ne faut pas privilégier le confort des boomers.
00:15Cette petite phrase lâchée hier soir par François Bayrou au détour d'une interview a de quoi faire bondir ceux qui sont qualifiés ainsi,
00:22c'est-à-dire les seniors nés après la Seconde Guerre mondiale,
00:25qui auraient bénéficié de tous les avantages de notre modèle social et qui devraient maintenant, qu'ils sont à la retraite, en être privés.
00:31Certes, le Premier ministre a tenté de rectifier le tir, mais on se demande quelle mouche a pu le piquer
00:36pour qu'il en arrive à pointer du doigt ceux qui ont travaillé et cotisé toute leur vie et qui ont parfois des petites retraites maigricholles.
00:43Notons au passage que ces boomers constituent les trois quarts de l'électorat d'Emmanuel Macron et donc de François Bayrou.
00:48Cela s'appelle se tirer une balle dans le pied.
00:50Le vrai problème aujourd'hui, c'est que notre modèle social est complètement dépassé.
00:54Il y a plus de Français de tous âges et toutes catégories qui reçoivent de l'argent de l'État que de Français qui cotisent et payent des impôts.
01:01C'est là que le bas blesse.
01:02Taper sur les retraités, même les plus aisés, ne changera rien à la donne actuelle.
01:06Il est plus simple en France de vivre des allocations que de travailler dur.
01:10Tant que cela ne changera pas, rien ne changera.
01:12On va en débattre ce soir dans Punchline.
01:24Il est 18h.
01:27D'abord le rappel des titres de l'actualité sur CNews et sur Europe 1.
01:30François Bayrou y croit encore.
01:32Le Premier ministre est ouvert au dialogue avec les oppositions avant le vote de confiance du 8 septembre.
01:37Devant le MEDEF, le patronat, il s'est dit persuadé que tout pouvait bouger dans les 11 jours qui viennent,
01:43même s'il reste inflexible sur l'effort budgétaire à faire.
01:47Des détenus de la prison de haute sécurité de Vendin-le-Vieille ont volontairement provoqué une inondation dans leurs cellules.
01:53Le syndicat UFAP dénonce une action concertée pour déranger parce que les recours des prisonniers n'aboutissent pas.
01:59Ils réclament des sanctions disciplinaires fermes.
02:02Dans l'actualité internationale, l'Union européenne convoque l'ambassadeur russe à Bruxelles.
02:06Cette nuit, une attaque de 629 drones et missiles a fait au moins 17 morts, dont 4 enfants à Kiev.
02:12Des frappes qui ont également endommagé les bureaux de l'Union européenne.
02:15Emmanuel Macron a dénoncé une nouvelle fois la terreur et la barbarie imposées par la Russie.
02:20Enfin, Sabéa Sansal lance un cri d'alarme.
02:23Sans nouvelles de son père depuis 9 mois, la fille de l'écrivain Boalem Sansal considère que le gouvernement pouvait faire beaucoup plus de choses pour lui.
02:31Sa lettre envoyée à Emmanuel Macron est restée sans réponse.
02:34Incarcéré en Algérie, Boalem Sansal a été condamné à 5 ans de prison ferme en juillet dernier pour atteinte à l'unité nationale.
02:4118h01min30s, on est avec nos invités Eric Nolot, bonsoir à vous.
02:46Bonsoir Laurent.
02:46Maître Sarah Salman, Gauthier Lebrecht nous a rejoint.
02:49Bonsoir Gauthier qui arrive de l'émission de Pascal Praud sur Europe 1.
02:52Catherine Ney, on a le grand plaisir de vous retrouver ma chère Catherine.
02:55Ravi de vous accueillir.
02:56Et Guillaume Perrault qui est journaliste.
02:58On va commencer par François Bayrou, on ne sait plus.
03:00Est-ce que vous avez compris ce qui s'est passé ma chère Catherine ?
03:02On est tous avec beaucoup de points d'interrogation en tête.
03:05Et la manœuvre qu'il tente est assez osée, on va le dire.
03:08Risquée, à minima.
03:10Oui, oui, oui.
03:10Il prend les routes.
03:12Il l'a expliqué hier, il ne demande pas un vote de confiance.
03:16Ah, c'est un petit peu ce qu'on avait compris.
03:18Oui, mais c'est assez intéressant parce qu'il est vrai que dans la Constitution, dans le règlement de l'Assemblée, le vote de confiance n'est nulle part.
03:25Dans la sémantique, c'est nulle part.
03:27L'article 49.1 engage sa responsabilité.
03:30Ça veut dire qu'il appelle à la responsabilité de ceux qui vont voter pour lui.
03:35Donc, il a fait un discours.
03:37D'ailleurs, c'était la première fois, on disait, tiens, il n'égare pas des papiers, il n'obéguait pas.
03:43C'est plutôt court.
03:45C'est plutôt court, c'est construit, c'est fluide, c'était intéressant et c'était juste.
03:50Il utilisait pour la première fois les prompteurs.
03:52Il est temps.
03:53Peut-être au moment où il va partir.
03:54Donc, c'était quelque chose où beaucoup ont adhéré à son discours.
03:59Et là, c'est vrai qu'il a...
04:01Moi, je pense qu'il savait qu'il était perdu.
04:04Je crois qu'en intervenant le 8 septembre, il bloque, il débloque, le bloquant tout.
04:11Et c'est ça.
04:11Et il sait qu'il a peu de chances d'y réussir.
04:14Parce que s'il avait voulu réussir, il fallait commencer par un discours.
04:18Êtes-vous d'accord sur la situation ?
04:19Et après, on discute.
04:20Or, en intervenant dès, selon moi, dès le 14 juillet, en sortant les jours fériés et tout ce qu'il a sorti, c'était déjà monter toutes les oppositions contre lui et y compris le pays.
04:34On va y revenir longuement.
04:35On va juste l'écouter sur un sujet qui fait bondir à certains de nos téléspectateurs et auditeurs.
04:40Les boomers détestent cette expression.
04:43C'est les gens qui sont nés après la Seconde Guerre mondiale, qui n'ont pas connu la guerre, mais qui ont bénéficié de tous les avantages de nos modèles sociaux.
04:49Alors, Gauthier Lebrecht, qui a moins de 30 ans, va nous dire...
04:5330 ans, vous êtes un jeune.
04:57On va écouter ce qu'a dit François Bayrou.
04:58C'est une maladie qui passe.
04:59Oui, heureusement.
05:01François Bayrou s'est sorti au détour de l'interview qu'il a fait hier à Gilles Boulot.
05:05Il a dit qu'il ne faudrait pas non plus qu'on contribue au confort des boomers.
05:08Écoutez-le.
05:10Boomer, qu'est-ce que ça veut dire ?
05:11Ça veut dire ceux qui sont les enfants du baby boom.
05:14J'en suis.
05:15Ceux qui sont nés après la guerre, entre 1945 et 1965, ces 20 années ou 25 années-là, c'est une génération qui a été très nombreuse.
05:30C'est la renaissance démographique de la France après la guerre.
05:35Alors, c'est une expression que votre génération a inventée et que j'ai donc simplement reprise.
05:41Qu'est-ce que je dis ?
05:42Je dis que ceux-là qui ont profité de l'aisance de l'après-guerre, qui ont travaillé beaucoup, mais qui ont profité de cet élan-là,
05:51ils devraient être aujourd'hui à mes côtés les premiers pour qu'on baisse la dette et pour que ça ne soit pas les plus jeunes qui soient obligés de la payer.
05:58Voilà, François Bayrou qui a tenté de rectifier le tir en répondant à une question de notre journaliste Dunia Tengour.
06:03Gauthier Le Bret, il faut arrêter.
06:05Il faut arrêter de taper toujours sur les mêmes.
06:07Il faut arrêter de dire les seniors, tapons sur les seniors.
06:10Arrêtez !
06:11François Bayrou, c'est-à-dire que chaque jour, il se fait un peu plus à raquiri, le sabre est un peu plus enfoncé dans son ventre.
06:21Donc, déjà, il choisit la date de son départ, sachant très bien qu'il ne remporterait pas le vote de confiance.
06:28Et hier, il lâche tout, c'est le champ du signe.
06:31Il tape sur les seuls qui votent, c'est-à-dire les boomers ou les retraités.
06:36Le cœur de l'électorat d'Emmanuel Macron.
06:38Je ne suis pas aussi fou que François Bayrou, je ne suis pas pour insulter la clientèle.
06:44Et c'est autant ceux qui votent qui nous regardent.
06:47Qui nous regardent et nous écoutent.
06:48Exactement.
06:49Et nous écoutent sur Europe 1.
06:52On peut dire avec un peu de nuance sur ce que vient de dire François Bayrou, personne ne peut nier le constat que dans la génération de l'après-guerre, la génération du baby-boom,
07:02on ne se souciait pas énormément de la dette qui allait être laissée aux générations futures.
07:06Elle n'est pas la même, Gauthier !
07:07Mais bien sûr, on l'a creusé, on l'a creusé chaque fois un peu plus.
07:10François Bayrou le premier puisqu'il est du baby-boom et puisqu'il a été aux responsabilités ministre de l'éducation, ministre de la justice et aujourd'hui premier ministre.
07:19Oui, ministre de la justice pendant quelques semaines, absolument.
07:21Mais donc il a été aux responsabilités, puis député, puis maire, etc.
07:24Donc il a sa part.
07:26Mais évidemment qu'il y avait une insouciance et que ce n'est pas la génération du baby-boom qui s'est le plus souciée des générations à venir.
07:31Non mais ils ont payé, les boomers, ils ont payé, ils ont travaillé toute leur vie.
07:35Mais personne ne dit le contraire.
07:37Parce que vous, votre retraite, elle n'est pas assurée, mon cher Gauthier.
07:39Je suis bien d'accord.
07:40Je vous l'assure.
07:41Et mon fils qui vient de naître, il est né, je vous l'ai dit, on était jusqu'au cou.
07:45On était jusqu'au cou.
07:46Et donc c'est juste, voilà, la génération du baby-boom n'a pas connu la guerre.
07:49Aujourd'hui, la guerre est aux portes de l'Union Européenne.
07:53Elle ne s'est pas énormément souciée de la dette et du déficit.
07:56Et aujourd'hui, la dette et le déficit sont en train de nous exploser au visage.
07:59Les boomers, Éric Nolot.
08:01Non mais moi, je ne vois pas la chose comme ça.
08:03En réalité, François Bérou, c'est très étrange pour un homme qui a eu sa carrière et qui a son âge.
08:09Il tente quelque chose de très disruptif.
08:12Il dit, au point où on en est, il faut quand même arrêter avec ces vieilles ficelles
08:16de parler à son électorat, par exemple, de le caresser dans le sens du poil,
08:20de dire, il ne peut rien, vous arrivez, vous, vous ne serez jamais concerné.
08:23Ben si, vous allez être concerné, les boomers.
08:24Au lieu de vouloir prendre les partis politiques dans le sens du poil,
08:29leur dire, vous n'êtes pas la solution, vous êtes le problème,
08:32les partis sont en train de tuer le pays, le jeu des boutiques est en train de tuer le pays.
08:36Et il a ce côté, peut-être parce qu'il sent qu'il est tout près de la sortie,
08:40mais au moins, il dit les choses.
08:41Enfin, il a participé au jeu des partis, Éric.
08:42Non mais ça, c'est indiscutable.
08:44Il menaçait, s'il n'était pas nommé à Matignon, de sortir le modem du socle commun.
08:47Je sais bien.
08:48C'est pour ça que j'ai insisté sur l'adjectif inattendu.
08:52Cette disruption est très tardive.
08:54Mais il pense à 2027.
08:55Oui.
08:55Il pense à 2027, à son testament à Matignon.
08:58Néanmoins, cette manière de s'adresser aux Français par-dessus les partis politiques,
09:02par-dessus les postures, il y a quelque chose qui n'est pas inintéressant.
09:06Pour l'instant, c'est assez sucré.
09:07Je vois que ça parle dans un instant, Guillaume et Catherine.
09:09On va juste écouter les Français.
09:10Ils prennent évidemment la défense des boomers.
09:12Ça ne m'étonne pas.
09:13Écoutez-moi.
09:13La génération qu'on appelle les boomers, c'est quand même des gens qui ont beaucoup
09:17travaillé toute leur vie parce que, d'abord, le temps de travail n'était pas le même.
09:23Les choses ont évolué.
09:24Donc, je trouve qu'il y a un petit peu un côté injuste dans son propos sur les boomers.
09:31On peut probablement trouver un groupe de boomers qui vous dirait que non, la vie est difficile
09:38et qu'on est obligé de continuer à travailler bien après l'âge de la retraite pour pouvoir
09:45survivre de façon décente.
09:48Moi, je vais bien.
09:50Je profite de la vie largement.
09:53Mais les gens qui ont 1 500 ou 1 700 euros de revenus à un couple, quand j'entends même
09:59avec 2 000 euros par mois, ça doit être difficile à vivre.
10:03Si on leur prend de l'argent à ces gens-là, je pense qu'ils ne vont pas être contents.
10:08Mais oui, c'est beaucoup de bon sens, Guillaume Perrault.
10:10Alors, oui, nuançons un peu, effectivement, ce qu'on vient d'entendre.
10:14Donc, les derniers tickets de rationnement, ils ont été supprimés en fin 1949.
10:19Il faut quand même savoir que les années d'après-guerre ont été très dures.
10:22Il y a eu une hausse de la mortalité d'infantiles en 1945.
10:25François Mitterrand a perdu un enfant.
10:27Ce n'est pas très connu à cette époque-là.
10:30La mortalité, on manquait de lait condensé, par exemple.
10:33Après, il y a eu la guerre d'Indochine.
10:36Il y a eu la guerre d'Algérie.
10:37Donc, la guerre n'a disparu de l'horizon des Français qu'en 1962.
10:40Et il n'y avait que 3 semaines de congés payés en 1962.
10:43Quand on en avait, parce qu'il y avait beaucoup de professions libérales qui n'avaient rien du tout.
10:47Cela dit, il est tout aussi vrai.
10:49Depuis, il y a eu les 35 heures.
10:51Les 30 glorieuses, quand même, étaient évidemment des vents très porteurs.
10:55Que jusqu'en 1974, il y avait des budgets qui ont été en équilibre.
11:00Donc, c'était vraiment une autre France.
11:01Et il est vrai que pour les gens qui ont eu la chance de pouvoir, pourvu qu'ils travaillent, pourvu qu'ils travaillent dur et qu'ils aient pu épargner,
11:10ils ont pu acheter une résidence principale à des prix intéressants qui a pris beaucoup de valeur.
11:14Non, ils ne pourront pas transmettre à leurs enfants ni leurs petits-enfants.
11:17Peut-être à cause des droits de succession qui sont énormes.
11:20Mais, voilà, je crois que tout est dans la façon de présenter les choses.
11:24Il est vrai qu'ils ont eu beaucoup de chance à certains égards.
11:29À certains moments.
11:30À certains moments, mais pas toujours et pas sur tous les plans.
11:32Ils pourront transmettre leur résidence.
11:34Il y a des droits de succession qui sont très élevés, mais on peut quand même vendre.
11:37Ils sont quasi-spoliatoires.
11:38Tout l'historique de la situation des boomers.
11:42C'est vrai que le gaullisme, enfin, les premières années du gaullisme, ça a été l'expansion,
11:46mais qui était quand même très difficile pour les travailleurs parce que les salaires étaient bloqués.
11:50Parce que, justement, le général de Gaulle demandait à Giscard de bloquer les salaires
11:54et de faire une politique un peu d'austérité.
11:56Ce qui, en 68, a fait que lorsque les syndicats ont pris le pas sur les étudiants
12:01après leur cassage et les barricades, il y a eu le Grenelle qui a fait que le Premier ministre Pompidou
12:11a lâché sur les salaires plus 37% et tout un tas de choses.
12:15Et que là, le général de Gaulle s'arrachait les poils en disant
12:18« Mais qu'est-ce que c'est ? La France n'est plus tenue. »
12:21Donc, deux ans après, Giscard est arrivé, a remis les compteurs à zéro, avec barres.
12:28Enfin, voilà, pas de déficit.
12:30Et puis, tout a dérivé avec l'arrivée de la gauche au Pouzoa, François Mitterrand.
12:37La retraite à 60 ans, les 35 heures, merci, les dépenses sociales qui explosent.
12:40On n'en parle encore, 40 ans après, on en est toujours à parler.
12:44Les nationalisations.
12:45Les nationalisations, on a dénationalisé une catastrophe.
12:48Et surtout, à l'époque, la croissance, on en parlait comme d'une dame qui allait arriver,
12:53qu'il ne fallait pas choquer, tout ça.
12:55Et quand j'entends aujourd'hui, même le président de la République, quand il dit « mais tout régler par la croissance »,
13:00il parle, il parle comme Pierre Mourois.
13:03Il croit que la croissance, disait d'ailleurs à Michel Barnier,
13:06« Mais non, ce n'est pas la dette, ce qui manque, c'est les recettes. »
13:08Eh bien oui, la croissance.
13:10Mais avec ça, il faut préserver les entreprises, créer des conditions de travail intéressantes,
13:15la compétitivité, enfin tout ce qui n'a pas été fait dans les dernières années de ce quinquennat.
13:23Catherine Ney est avec nous sur CNews et Europe.
13:24On fait une petite pause.
13:25On va écouter Jordan Bardella.
13:27Il est en ce moment devant l'université d'été du MEDEF, les patrons.
13:31Il leur a parlé évidemment de la crise politique.
13:33Il en appelle au retour aux urnes.
13:35On l'entend dans un instant.
13:36A tout de suite.
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