00:00Quand je suis arrivée en France, direct mon objectif c'était que je devais être la numéro 1 française en simple dame.
00:13Bozy, quand elle est venue à Strasbourg, c'était plus difficile parce qu'elle avait toujours mal à ses pieds.
00:19Elle avait des allux valgus et dès qu'on s'entraînait trop, elle est mal.
00:23C'était dur de faire du haut niveau puisqu'elle s'entraînait vraiment beaucoup moins que les autres.
00:30Moi je veux être à fond dans le BAD, je veux continuer ma carrière dedans.
00:40C'est quoi le programme aujourd'hui ?
00:54C'est quoi le programme aujourd'hui ?
01:06Aujourd'hui on est neuf, il y a toute l'équipe qui va au championnat d'Europe samedi universitaire.
01:14Donc on va se préparer tous ensemble. T'as vu le tirage au sort ?
01:18Je n'ai pas encore vu.
01:20Tu joues directement contre...
01:22Fesses de série 2, Stéphanie, c'est toi-même ?
01:24C'est vrai ? Bah c'est bien, ça commence bien non ?
01:28Quand j'étais enfant, j'étais très active, je bougeais partout en fait.
01:48Et là mes parents me voient, ok Rosy tu vas faire du sport.
01:52Ils ont vu notre voisin jouer au badminton sur la terrasse.
01:56Et là il m'a proposé, vas-y, va jouer au badminton, essayez.
02:01Et c'est là où tout a commencé.
02:04Et en fait c'est bizarre des fois quand tu fais des glacements c'est halte.
02:08Donc tu ne sais pas contrôler le vol en fait.
02:10T'as dit que c'était lent ?
02:12Bah des fois quand tu tapes et ça ne va pas aller vite.
02:15C'était pas à chaque fois la même vitesse ?
02:17Quand j'étais petit, je voyais ma grand-sœur genre battre en fait.
02:22En dehors de Terras.
02:24Et là je vois, elle faisait tellement avec les gestes tellement belles,
02:30tellement techniques et physiques en fait.
02:34Et aussi c'est dans le duel.
02:36Moi j'adore quand il y a un challenge entre moi et d'autres personnes en face.
02:40Et c'est là où je dis, ah je veux faire ce sport.
02:46Mon papa, il a vu mon potentiel.
02:49Et du coup il m'a envoyé dans l'académie, enfin dans une académie à Surabaya.
02:55Et je suis arrivée dans l'académie quand j'avais presque 11 ans.
03:02Pendant un mois en fait j'ai du mal à m'adapter parce qu'ils sont loin mes parents.
03:09Mais j'avais de la chance parce que ma grand-sœur était là.
03:12Donc elle m'accompagnait un petit peu en fait.
03:14Elle m'a appris beaucoup de choses quand j'étais là-bas.
03:17Après il y avait un moment où je voulais changer en fait.
03:27Je voulais changer l'académie mais ce n'était pas possible.
03:31Du coup j'ai arrêté un petit peu le BAD.
03:34J'étais un peu perdue.
03:35Mais ma grand-sœur était déjà en Europe.
03:38C'est en ce moment-là qu'elle m'a proposé, vas-y viens avec moi en Europe.
03:43J'ai dit pourquoi pas, je vais essayer, c'était à République Tchèque à Prague.
03:48En même temps il y avait un club en France qui cherche en fait une joueuse de simple.
03:58Et moi j'étais sur place, pourquoi pas.
04:00Et puis ma grand-sœur m'a proposé, vas-y fais-le, ok pourquoi pas.
04:05Du coup j'ai fait aller-retour à République Tchèque à France en 2012.
04:12Quand j'avais presque 17 ans.
04:15Rosy évoluait en 3ème division en National 2 à Mulhouse.
04:19Et je trouvais que c'était dommage qu'une fille de son niveau ne puisse pas évoluer à un niveau plus élevé.
04:23Donc en échangeant avec elle, on a décidé qu'elle vienne à la SPTT et qu'elle passe son diplôme d'entraîneur.
04:30J'ai dit ouais pourquoi pas, mais je ne sais pas comment faire.
04:34Bah du coup la SPTT m'a aidé de faire ses études.
04:39J'étais salariée à la SPTT Badminton pendant quelques années.
04:44Et j'étais bien accompagnée en fait par le club.
04:50Et là, accompagne ta jambe.
04:54Voilà, trop tard.
04:57En même temps.
04:58Allez, ta jambe.
04:59Voilà, bien.
05:00Allez.
05:01Ah, il est bon hein.
05:02Vu qu'elle fait du haut niveau, elle a vécu des expériences.
05:06Du coup elle a des conseils à me donner.
05:09Et elle sait ce qu'il faut faire dans les moments difficiles ou quand ça bloque.
05:14Tu accompagnes.
05:15Tu fais.
05:16Ok.
05:17Et tu essaies d'appuyer ta jambe gauche en fait.
05:20Tac.
05:21Ok.
05:22T'as repris.
05:23J'essaye de mettre en application ce qu'elle a dit.
05:26Et je me rends compte que parfois, le pas du temps ça marche.
05:31Et du coup ça me permet de gagner des points et des matchs et des fois.
05:36Allez.
05:37C'est très important pour moi de partager ma passion, de partager cette discipline et
05:50aussi gérer le stress, avoir un objectif.
05:54En fait, c'est très important pour moi.
05:58À l'époque quand je suis arrivée ici à Strasbourg, j'avais problème au pied.
06:02J'avais halus falgus.
06:05Et du coup, j'ai demandé à Julien, je veux m'entraîner mais j'ai souvent mal au pied.
06:13Allez, contrôle.
06:14Contrôle.
06:15Hop.
06:16Hop.
06:17Allez, pousse, pousse, pousse, pousse.
06:18Dès qu'on mettait deux entraînants par jour, elle ne pouvait pas.
06:21Son corps ne suivait pas.
06:22Donc elle s'entraînait deux fois moins ou trois fois moins que les meilleures françaises.
06:27Donc c'est là qu'on a mis l'accent d'abord sur la côté avec les études, son travail.
06:33Et après, en 2020, c'est là qu'elle a décidé vraiment de se faire opérer.
06:38C'était une lourde opération.
06:39Ça a duré quasi un an.
06:49Rosy, elle a eu des gros soucis de santé au pied.
06:53Elle a été opérée trois fois du même pied.
06:55Et là, depuis un an et demi, deux ans, tout va beaucoup mieux pour elle.
06:59Et elle est quasiment dans la course pour les JO.
07:03Il reste encore un petit peu de temps.
07:05C'est son rêve.
07:06C'est assez difficile, impossible, il n'y a pas longtemps.
07:09Et là, vu la forme qu'elle a, on se dit que peut-être.
07:12On y a cru et il a manqué quelques places pour aller à Paris et quelques mois, je pense.
07:17Mais elle a quand même pu vivre ses premières sélections en équipe de France.
07:21Elle a pu participer au championnat d'Europe par équipe, au championnat d'Europe individuelle.
07:24Déjà, je trouve que pour elle, entre-temps, elle a eu la naturalisation.
07:27C'était déjà de belles choses.
07:29Porter le maillot France, je pense que pour elle, c'était vraiment un bel événement.
07:33J'ai voulu prendre la nationalité française parce que quand je suis arrivée en 2012, je me sens déjà chez moi ici.
07:42Je me dis, je veux passer ma vie ici.
07:49C'est très important pour moi parce qu'il y a la liberté et l'égalité en fait.
07:54J'aime les valeurs françaises en fait.
07:56Après les Jeux, je l'ai envoyé chez un ami, une connaissance en Malaisie pour repartir sur une nouvelle Olympiade.
08:15Elle a fait un stage à moitié en Malaisie, à moitié en Thaïlande avec beaucoup de volume d'entraînement.
08:19Et ça se passait super bien. Et la dernière semaine, elle se blesse à la hanche.
08:24En plus, au début, elle dit trop rien. Donc ici, elle continue.
08:27Mais pareil, dès qu'on s'entraîne un peu, elle a mal et donc on n'a pas fait tout de suite les examens.
08:33Je n'arrivais pas à me déplacer. Je me dis, mais qu'est-ce qui se passe ?
08:37Les gens autour de moi, ils me disaient, mais qu'est-ce qui se passe, Rosy ? Pourquoi tu ne joues pas ?
08:41Je ne sais pas, je n'arrive pas.
08:43Il y avait une fissure à la hanche.
08:45C'est quatre ans avant les Jeux, il vaut mieux faire l'opération tout de suite.
08:48Quand on est arrivé au bout de notre objectif et puis d'un coup, le monde se coule,
08:55ce n'était pas facile. J'étais quand même... Pardon.
08:59Le corps, il est... Ma tête, ça va, mais juste le corps.
09:03Cinquantième mondiale en octobre.
09:05Six mois après, elle repart à la 250e place. Donc, c'est en bas de l'échelle nouveau.
09:12De se remettre d'une blessure comme ça, d'une grosse opération.
09:15Et puis, elle n'a pas pu marcher pendant un mois.
09:18Elle était avec des béquilles et de pouvoir jouer comme auparavant.
09:22Donc, c'est quelque chose d'extraordinaire.
09:24Pour moi, c'est une grande, grande force de persévérance.
09:36Je sais que je peux encore le faire.
09:39J'étais bien entourée. En fait, ça, c'est plus important qu'on est blessé.
09:52De temps en temps, je vois mes amis indonésiens.
09:54Et on aime bien se retrouver ensemble parce que c'est très important pour moi.
09:59On est loin de notre famille, donc ce n'est pas facile.
10:03Et des fois, quand je ne suis pas bien, je l'appelle, je raconte des choses.
10:10Elle voit mon match de top 12, par exemple.
10:14Voilà, c'est notre championne. Je suis très, très fière d'elle.
10:20Moi aussi.
10:21On est où et les bas ensemble, quoi.
10:23C'est comme ma grande sœur, mais pas le même sang.
10:27C'est ce qui me fait avancer, c'est que, au fond de moi, je sais que je peux encore le faire, en fait.
10:38Je n'ai pas envie de regretter, c'est tout.
10:40Je n'ai pas envie.
10:41Je dis, au moins, j'ai essayé, en fait.
10:45C'est juste ça.
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