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  • il y a 2 jours
Franz-Olivier Giesbert, journaliste et écrivain, était l’invité de #LaGrandeInterview de Sonia Mabrouk dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.

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Transcription
00:00Bonjour et bienvenue François-Olivier Gisbert.
00:02Bonjour Sonia Marbouc.
00:03Vous êtes éditorialiste et écrivain, auteur notamment d'une monumentale,
00:06Désormais Histoire intime, de la Ve République.
00:08C'est votre grande interview ce matin sur Europe 1 et CNews
00:11pour tenter de comprendre, François-Olivier Gisbert,
00:13ce qui peut ou va se passer après le vote de confiance à l'Assemblée.
00:16Le Premier ministre qui dit vouloir se battre comme un chien
00:19et qui a clamé hier, en résumé, c'est moi ou le chaos.
00:22Est-ce que ça marche encore, ce genre d'argument ?
00:25Je ne suis pas sûr.
00:25Je ne suis pas sûr parce que je pense que les Français
00:28n'ont pas vraiment conscience encore de la situation.
00:31On le voit quand on regarde les enquêtes d'opinion,
00:34il y a quand même deux Français sur trois
00:36qui sont derrière le mouvement Bloquantout.
00:39Ça montre bien qu'ils n'ont pas du tout conscience de la situation.
00:42Quant à la classe politique, je dirais qu'elle est au-dessous de tout.
00:46C'est inimaginable.
00:46C'est pour ça que j'ai le sentiment qu'on est un peu en mai 58,
00:49si vous voulez, avant l'arrivée du général de Gaulle.
00:51Sauf que là, je cherche, je ne vois pas le général de Gaulle.
00:53Ah non, je ne le vois pas encore.
00:55Cela étant, vous savez, les grands sauveurs,
00:57ça peut être, en Grande-Bretagne, il y a eu Margaret Thatcher,
00:59conservatrice.
01:01Bon, on ne va pas dire que c'était quelqu'un de très charismatique.
01:05Elle était très étriquée, petite bourgeoise, etc.
01:07Mais elle avait une volonté de faire.
01:08Et c'est pour ça qu'elle a réussi.
01:10Même chose en Allemagne.
01:12Là, c'était le social-démocrate socialiste Gérald Schröder,
01:15qui, lui, était toujours un peu pompette.
01:18Toujours un verre dans le nez.
01:19Bon, à l'arrivée aussi, il a sauvé son pays.
01:21Vous ne voyez pas cette volonté aujourd'hui ?
01:24Peut-être, il y en a quelques-uns qui vont peut-être se manifester.
01:27Je l'espère, mais simplement, il ne faut pas attendre le général de Gaulle.
01:29Et là, si vous voulez, ce qui me frappe, la ressemblance avec mes 58,
01:32c'est la classe politique.
01:34C'est-à-dire cette assemblée épouvantable,
01:36où personne ne comprend rien,
01:38avec une espèce d'ignardise économique hallucinante.
01:40Et je pense toujours aux phrases du général de Gaulle
01:43à la fin de la IVe République, avant qu'il arrive au pouvoir,
01:47qui traitaient tous ces gens à l'Assemblée nationale
01:49de les trottes menus de la décadence,
01:52les farfadés de l'abandon,
01:54les émasculés, les planches pourries, etc.
01:56Comment sommes-nous arrivés là ?
01:59Qui est l'ingénieur ou qui sont les ingénieurs du chaos ?
02:01Vous savez bien.
02:02Non, dites-moi.
02:02Vous savez bien.
02:02C'est-à-dire que ce qui est arrivé avec Emmanuel Macron,
02:05il est arrivé au pouvoir en 2017,
02:09et c'était à l'époque, souvenez-vous,
02:10tout le monde le voyait comme le Mozart de la finance.
02:13Mais en fait, c'était l'attila de la finance.
02:16C'est-à-dire que là où il est passé, l'herbe ne repousse pas.
02:18Pourquoi ?
02:19Parce que je pense qu'il a méprisé l'économie.
02:21Et vous savez, c'est une phrase qu'on utilisait beaucoup
02:24du temps de Mitterrand.
02:25C'est des temps lointains.
02:27Mitterrand méprisait aussi l'économie.
02:29Il disait ça suivra, l'intendant suivra.
02:31Mais non, l'économie, à un moment donné, elle se venge.
02:34Et on est au moment où l'économie se venge.
02:36Emmanuel Macron, comme vous l'appelez l'attila de la finance,
02:40qui a déclaré dans des confidences au GD News
02:42qu'il faudra maintenant rembourser François-Olivier Gisbert.
02:47C'est le problème d'Emmanuel Macron.
02:48Il a des qualités, il est intelligent, c'est indéniable, etc.
02:51Mais je pense qu'il prend les Français pour des imbéciles
02:54depuis 2017, en gros.
02:56Et là, quand je vois, par exemple, dans cet interview,
02:58après avoir beaucoup dépensé, il faut économiser.
03:03Après avoir beaucoup protégé, il faut désormais rembourser.
03:05Mais qu'est-ce que ça veut dire ?
03:06C'est-à-dire, on explique toujours cette situation,
03:08c'est à cause du Covid.
03:10Et d'ailleurs, le quoi qu'il en coûte,
03:11c'est-à-dire protéger tous ceux qui étaient menacés par le Covid,
03:15moi, je trouvais ça très bien.
03:16J'étais pour.
03:17Ça s'est fait partout en Europe.
03:19Et ça s'est fait, d'ailleurs, regardez en Allemagne,
03:21les dépenses publiques ont explosé.
03:22Et l'année suivante, quand c'était fini le Covid,
03:25c'était tombé.
03:26Mais lui, non.
03:26Non, ça continuait.
03:28Ça continuait parce qu'à chaque élection,
03:30il faut remettre de l'argent.
03:31À chaque élection, regardez l'augmentation des fonctionnaires,
03:34l'augmentation des retraités, la dernière présidentielle.
03:36Attendez, on va reprendre dans l'ordre.
03:37La pitié très chère, la dernière présidentielle.
03:38Vous estimez que ce n'est pas à nous de payer.
03:41Mais maintenant, nous sommes, j'allais dire,
03:43au pied du mur et même dans le mur.
03:45Comment vous analysez quand même cette décision de François Bayrou ?
03:47Certains infirment qu'il pourrait partir auréolé
03:50d'une image sacrificielle ou alors,
03:52comme on peut le lire dans la presse ce matin,
03:53sous la plume notamment de Cécile Cornudé dans Les Eaux-Cours,
03:55en réalité, il ne pensait pas du tout
03:57que le RN et le PS allaient voter contre la confiance.
04:03Je pense que c'est un peu sous-estimé François Bayrou.
04:05Moi, j'adore.
04:06Vous le connaissez bien ?
04:07C'est une formidable journaliste.
04:10Je la lis avec passion.
04:12Je pense que ça, c'est plutôt la vision de son entourage.
04:15L'entourage de François Bayrou ?
04:16Oui, c'est quelqu'un qui est un peu caché.
04:17Je pense qu'il était content de faire, je pense, comme ça, lire,
04:22avoir les choses un peu loin.
04:25C'est quelqu'un qui voulait marquer les choses.
04:28C'est-à-dire que c'est un obsédé de la dette.
04:30On fait partie du même club des obsédés de la dette.
04:33Donc vous le voyez comme un lanceur d'alerte incompris
04:35sur la dette et les déficits ?
04:37Oui, je pense qu'il savait qu'il serait incompris.
04:39Il voit bien que la situation est impossible.
04:40C'est-à-dire de ne pas faire passer, de ne pas réussir à pouvoir faire passer
04:44ce petit plan de rigueur minable, c'est-à-dire 43,8 milliards d'économies.
04:49Pardon ? Petit plan de rigueur minable avec deux jours ?
04:52Oui, mais les deux jours périés ne passent pas du tout.
04:54Oui, mais enfin bon, ce n'est pas à la hauteur de la situation.
04:57Il le sait très bien.
04:58Et le fait que ça provoque un tel désordre, ça montre bien une chose.
05:02C'est-à-dire que les Français ne sont pas encore prêts.
05:03Mais ils vont l'être.
05:04Vous verrez, ça viendra.
05:05Vous avez dit qu'ils n'ont pas conscience réellement.
05:07François-Olivier Gisbert, pardonnez-moi, quand on voit la situation,
05:10beaucoup de Français se sentent dépossédés, déclassés.
05:13Oui, vous avez raison.
05:13D'un point de vue culturel, sécuritaire et financier.
05:15Vraiment, est-ce qu'on ne se rend pas compte de la situation ?
05:17Non, non, mais attendez, je ne vais pas impliquer les Français dans cette affaire.
05:21Le responsable principal, c'est Emmanuel Macron.
05:24C'est-à-dire, c'est au président de la République de dire les choses.
05:27C'est-à-dire, vous voyez, le discours sur la dette, par exemple.
05:30Excellent discours de François Bayrou.
05:31Moi, je trouvais ça formidable.
05:32D'ailleurs, chez vous, j'entendais hier Alexis Brézet.
05:35Enfin, il était comme moi.
05:36C'est-à-dire, toute personne raisonnable se dit, voilà, enfin, enfin,
05:41un politique important, un poste important qui le dit.
05:44Mais ça devrait être aussi le président de la République.
05:45Pardonnez-moi, un ancien Premier ministre l'a dit il y a quelques années, François Fillon.
05:48Oui, François Fillon, bien sûr, mais c'était déjà il y a très longtemps.
05:51Nous étions dans une situation catastrophique déjà.
05:54Mais on pourra trouver, Michel Rocard disait des choses semblables, etc.
05:57Et Raymond Barre aussi.
05:58Mais si vous voulez, la situation n'était pas, comme aujourd'hui, épouvantable.
06:03Alors, simplement, évidemment, je ne fais pas partie de ceux qui pensent que la crise financière,
06:09Maus, va nous tomber dessus à tout moment.
06:10Bon, c'est vrai que le FMI peut bouger à un moment donné.
06:12On voit que la bourse n'est pas contente.
06:15Mais en même temps, vous savez, dans tous les cas, il y a un risque.
06:17Parce que même si on s'en sort, il y a le risque du lit-coup, là, qui se ferme lentement,
06:23avec les taux d'intérêt qui augmentent et l'économie de plus en plus animée.
06:27Alors, attendez, instabilité politique, malgré tout, quand même, menace avec l'épée de Damoclès du FMI,
06:32d'une mise sous tutelle de la France.
06:35C'est une crise politique, une énième crise politique, ou est-ce une crise de régime ?
06:39Vous qui avez l'expérience, justement, des soubresauts de la 5e.
06:42Je crois qu'on ne maîtrise pas, là.
06:43On est au début de la crise.
06:45Vous savez, ce qu'on a fabriqué, ce qu'on a fabriqué, je dis ça, j'exclus les Français.
06:51Je ne vais pas dire que c'est la faute des Français.
06:52Bien entendu, ils en ont profité, ils en ont croqué de la dette, bien entendu, les Français.
06:58Mais ils n'avaient pas de responsable à la hauteur, à ce moment-là, pour dire attention.
07:02Et si vous voulez, on est au début d'un grand 8e.
07:05Et les crises financières, on ne sait jamais.
07:08Ça peut être une petite crise, lente, vous savez, l'espèce d'agonie lente.
07:12Mais de toute façon, l'économie va souffrir, parce que les taux d'intérêt vont forcément augmenter.
07:16Et puis, le pouvoir d'achat aussi, c'est un vrai sujet,
07:20parce qu'on ne peut pas dire que la réussite, si vous voulez, le scandale de tout ça,
07:25c'était cette imbécilité de croire, et ça, c'est Emmanuel Macron depuis 2017,
07:30qu'en augmentant les dépenses, on va faire de la croissance.
07:34Mitterrand avait essayé ça en 1981, ça a échoué lamentablement.
07:38On connaît le résultat.
07:38Mais si vous voulez, ça, c'est ça.
07:40Emmanuel Macron, il n'apprend pas.
07:43C'est à ça peut-être qu'on le reconnaît.
07:44Il n'apprend pas, justement.
07:45Sur la dissolution, arme constitutionnelle qu'il a déjà utilisée,
07:49vous aviez déjà dit à l'époque, je me souviens, François-Louis Gisbert,
07:53qu'en utilisant cette arme constitutionnelle, c'était la fin de son règne.
07:56Et aujourd'hui, la seule solution est-elle, la dissolution ?
07:59Mais c'est toujours la fin de son règne.
08:01C'est-à-dire, de toute façon, la dissolution n'a rien donné.
08:05Une deuxième dissolution ne donnera rien.
08:07Aujourd'hui, il y a beaucoup de gens qui se pressent pour dire,
08:09il faut qu'il démissionne.
08:11Et je vois des voix très respectables.
08:13Jordan Gardella hier, notamment.
08:15Hervé Morin, le président de la région Normandie.
08:19Enfin, on peut en citer d'autres.
08:20David Lissard aussi.
08:21Bref.
08:22Si vous voulez, le vrai sujet, ce n'est pas ça.
08:26Le sujet, c'est qu'à un moment donné,
08:28parce que ça ne réglera aucun problème,
08:31vous avez des extrêmes qui n'ont pas l'air de comprendre tout à fait la situation.
08:34Ça, je suis désolé.
08:35Pardon ?
08:35Mais qui la comprend ?
08:36Alors, attendez.
08:37Qui la comprend ?
08:38Qui était à la hauteur de l'instabilité politique,
08:41de la crise économique,
08:43de l'inquiétude sécuritaire ?
08:45Qui était à la hauteur ?
08:46Pas grand monde.
08:47Et si vous voulez,
08:48vous parliez de l'histoire intime de la Ve République.
08:51C'est vrai que je suis arrivé dans les années 70
08:53avec une classe politique,
08:55avec plein de gens admirables.
08:56Je regardais des gaullistes, des socialistes,
08:58de tous les côtés, etc.
08:59Mais qui pensaient à la France.
09:01Là, on n'est plus là du tout.
09:02On en est dans...
09:03C'est le court-termisme.
09:05C'est-à-dire des gens qui pensent qu'à la prochaine élection,
09:07la prochaine élection municipale,
09:08le cantonale, etc.
09:09On est là-dedans.
09:10C'est-à-dire qu'il n'y a plus de perspective.
09:13Il y a aussi un problème, si vous voulez.
09:15C'est pour ça que quand je parlais des Français,
09:17ce ne sont pas les Français les responsables.
09:18S'ils ne sont pas conscients,
09:20c'est parce qu'ils n'ont pas eu de président
09:21capable de leur parler, de dire les choses.
09:24C'est ça qui s'est passé.
09:25Qui a voté pour une telle Assemblée nationale ?
09:28Ce sont les Français qui ont voté
09:31pour cette Assemblée nationale.
09:32Mais quand il n'y a pas de discours,
09:34quand vous êtes dans le déni,
09:36quand vous avez un président de la République
09:38et puis ses premiers ministres,
09:40qui sont dans le déni en permanence,
09:42qui ne disent pas la vérité,
09:43qui cachent...
09:44Vous savez, c'est ça.
09:45On a mis la poussière sous le tapis
09:46pendant des années.
09:47Aujourd'hui, on voit très bien ça.
09:48Dessous, ce sont des parpaings.
09:51Et là, tout ça, il va falloir le régler.
09:53Attendez.
09:53La solution, ce n'est pas la dissolution,
09:55ce n'est pas la démission.
09:56Il n'y a pas d'hommes ou de femmes
09:57providentiels pour vous.
09:58Mais pardonnez-moi,
09:59quelle est la piste de sortir par l'eau ?
10:00C'est-à-dire, moi, de toute façon,
10:01comme commentateur,
10:03je n'ai pas du tout envie
10:04d'appeler à la démission
10:04du président de la République.
10:05Je pense que ce n'est pas du tout
10:06mon rôle de dire ça.
10:08D'abord, vous pensez qu'il est homme
10:09à démissionner ?
10:11Je ne suis pas sûr.
10:11Je pense que...
10:12Vous savez, quand on a fréquenté
10:14la plupart de ces oiseaux,
10:17ils pensent tous qu'à la prochaine élection
10:19et même ils sont prêts
10:20à se représenter sur une civière,
10:22si besoin.
10:22Donc, je pense qu'ils pensent à...
10:24Emmanuel Macron,
10:25à quoi pense-t-il, là ?
10:26À 2037.
10:27Et entre-temps,
10:27il fera peut-être démission
10:28pour le Qatar,
10:29enfin, tous ces gens
10:30avec lesquels il a beaucoup travaillé,
10:31tous ces grands chefs
10:32d'entreprise français, etc.
10:33Mais bon,
10:34et ils pensent déjà à la prochaine.
10:35Je pense, oui,
10:36c'est comme ça.
10:37Mais parce qu'ils sont faits comme ça.
10:39Mais le souci,
10:40ce n'est pas l'avenir d'Emmanuel Macron.
10:42Le souci, aujourd'hui,
10:43c'est l'avenir de la France.
10:44Et j'aimerais que...
10:45Voilà, que des différentes
10:47composantes de la politique
10:50se réunissent,
10:51se retrouvent pour...
10:53Qu'est-ce qu'on va faire ?
10:54Parce que, vous voyez,
10:56moi, j'espérais, par exemple,
10:57qu'il se passe quelque chose
10:58du côté du Parti Socialiste.
10:59Quand François Hollande
10:59s'est présenté,
11:01on voyait bien,
11:01il avait des intentions
11:02pour essayer de remettre
11:05un peu le Parti Socialiste
11:06sur le droit chemin.
11:07Mais qu'est-ce qui sont devenus
11:08les épigones de Mélenchon ?
11:10C'est-à-dire,
11:10vous entendez les jeunes députés
11:11socialistes,
11:12Philippe Brun,
11:13Arthur Delaporte,
11:13tout ça.
11:14Mais ils parlent exactement
11:15comme le LF,
11:16ils sont LFisés.
11:17C'est-à-dire,
11:18toute l'idée,
11:18toujours partout,
11:19dans une grande partie
11:20de la classe politique,
11:21c'est qu'il faut dépenser plus.
11:22On va faire la croissance,
11:23et on va augmenter
11:24les dépenses publiques.
11:25Mais c'est comme ça
11:25qu'on creuse notre taux,
11:26mais c'est comme ça
11:27qu'on l'a creusé.
11:28Je vous sens énervé ce matin.
11:30Vous pensez que les Français...
11:31Oui, mais je vous dis,
11:31je faisais partie
11:31du club des maniaques
11:33de la dette.
11:34Oui, oui, oui.
11:34C'est vrai que vous en parlez
11:35dans vos éditos
11:36depuis des années,
11:38mais vous pensez
11:39que les Français sont prêts
11:40pour le discours
11:41sur le sang et les larmes ?
11:42Non.
11:43Ils ne sont pas prêts,
11:44mais ce n'est pas ce discours
11:45qu'on faut tenir.
11:46Je pense qu'il faut montrer
11:46aux Français,
11:47il faut démontrer.
11:48D'ailleurs,
11:53il faut parler
11:54du pouvoir d'achat.
11:55C'est-à-dire qu'expliquer
11:57aux Français
11:57que de toute façon,
11:59la France est mal gérée
12:00depuis déjà longtemps,
12:02qu'il faut revoir tout
12:03et qu'ils peuvent
12:04en tirer profit.
12:06C'est-à-dire,
12:06aujourd'hui,
12:07vous voyez très bien,
12:07il y a un déclassement
12:08en français.
12:09On peut même parler
12:10de tirementisation.
12:12C'est-à-dire,
12:12et puis il suffit
12:13de vivre dans la France réelle.
12:16Le taux à 10 ans
12:17de la dette française,
12:18on comprend qu'il y a
12:18un risque réel.
12:19Et puis surtout,
12:20non, mais il faut penser
12:21aux gens.
12:21Ils ont du mal
12:22à joindre les deux bouts.
12:23C'est comme ça.
12:24Bon, il faut leur expliquer.
12:26Maintenant,
12:26il faut remettre
12:28la valeur travail
12:29au centre de l'économie
12:30puisqu'on a réussi
12:31à la tuer.
12:32Et ça,
12:33bon,
12:33ça a commencé
12:34avec Jospin Aubry.
12:35Enfin,
12:36Macron aussi,
12:36il a ajouté sa pierre.
12:37C'est-à-dire,
12:38cette valeur travail,
12:40c'est essentiel.
12:41La France travaille
12:42moins que les autres
12:44pays de la zone euro.
12:45Vous regardez
12:46toutes les statistiques.
12:47Vous aurez toujours
12:47des économistes marxistes
12:48pour vous dire le contraire.
12:49Ça s'appelle un débat,
12:50oui.
12:50On a évoqué différents sujets.
12:52Je voudrais qu'on parle
12:53de cette lettre
12:54de réponse
12:55du président français
12:56à Benjamin Netanyahou
12:58pour dire combien
12:59les attaques
13:00en inaction
13:00face à ce fléau
13:01sont intolérables.
13:02C'est ce qu'a dit
13:03Emmanuel Macron.
13:03Comment vous jugez
13:04l'attitude du président
13:05face aux actes
13:06et aux agressions
13:07antisémites
13:07qui se succèdent
13:08dans notre pays ?
13:11Absent.
13:12Absent,
13:13c'est-à-dire,
13:13bon,
13:13il est très actif
13:14sur le plan international
13:15et très bien
13:16et bravo
13:16sur l'Ukraine notamment.
13:18Il essaie de faire pression
13:19sur Donald Trump
13:22et il a raison,
13:23je l'approuve là-dessus.
13:24Mais je trouve que
13:25sur ce sujet,
13:25justement,
13:26vous savez,
13:26le président,
13:27il doit parler sur ce sujet.
13:28Comment vous expliquez
13:29cette absence
13:30et cette non prise de parole ?
13:33Il y en a qui disent
13:34qu'il a peur
13:34de ce que Jean-Luc Mélenchon
13:36appelle les quartiers populaires.
13:37Et vous,
13:37qu'en pensez-vous ?
13:38Peut-être,
13:39si vous voulez,
13:39moi je pense que
13:40le problème de Macron,
13:42je vous parlais tout à l'heure
13:43de court-termisme,
13:43c'est-à-dire,
13:44il voit vraiment
13:44toujours à court terme.
13:47J'irais autre chose,
13:47c'est le catégoriel
13:48et puis le début
13:50de la...
13:51Comment dire ?
13:51On est dans une sorte
13:52de pente anglo-saxonne,
13:53vous savez très bien.
13:54Et c'est quoi
13:55le monde anglo-saxon ?
13:57Que, pour Macron,
13:59un modèle.
14:00C'est le...
14:02Comment dire ?
14:03Oui,
14:03ce sont les différentes
14:05ethnies
14:06qui s'arrangent
14:07avec une de leur côté,
14:08ce qu'on appelle
14:08le communautarisme.
14:10Et on vit un peu là-dedans.
14:12Et je pense
14:13qu'il est là-dedans.
14:14C'est-à-dire que,
14:14bon,
14:15il voit bien
14:15que les Juifs
14:16sont en train de partir.
14:18Je pense que...
14:19Moi, je vois
14:19une forme de cynisme là-dedans.
14:20C'est vrai que,
14:22si vous voulez,
14:22il n'est pas attaché
14:23aux valeurs.
14:24Il est attaché,
14:25comment dire,
14:26à la...
14:27Sa popularité
14:28à court terme,
14:28le dernier sondage,
14:29c'est pas brillant
14:30ces temps-ci,
14:30puis ça va pas s'arranger.
14:32Je peux vous donner...
14:33C'est pas un scoop,
14:34mais ça va pas s'arranger.
14:35Mais je pense
14:36qu'il devrait s'intéresser
14:38à la France permanente,
14:39la France éternelle.
14:40Et la France éternelle,
14:42il n'y a pas de France éternelle
14:43sans les Juifs.
14:43Cette France-là,
14:44pour conclure,
14:45si vous deviez consacrer...
14:45Sur les chrétiens,
14:46parce qu'on est prochain
14:46sur la liste.
14:47Si vous deviez consacrer
14:48un nouveau livre
14:49dans votre série
14:49Histoire intime
14:50de la cinquième république
14:51sur ce qui est en train
14:52de se passer,
14:52sur ce dont nous venons
14:53de parler tout au long
14:54de cet entretien,
14:56comment vous pourriez
14:56l'appeler,
14:57ce chapitre ou ce livre ?
14:59C'est très simple.
15:00Ça me fait peur.
15:01C'était le titre...
15:02Non, non,
15:02c'était le titre
15:03du premier tome.
15:05Je pense qu'on attend ça
15:06et ça peut venir.
15:07Ça peut venir
15:07parce qu'on a un personnel
15:09capable de...
15:09C'est le sursaut.
15:10À un moment donné,
15:11on va se réveiller.
15:12Mais la France,
15:12elle n'est pas foutue,
15:13justement.
15:13Si je suis en colère,
15:14c'est parce qu'elle n'est pas foutue.
15:15C'est parce qu'elle veut renaître.
15:18La France a toujours été refaite.
15:20Simplement,
15:20à un moment donné,
15:20il faudra donner un coup de balai
15:21et repartir avec...
15:23Il y a tellement d'énergie
15:24dans ce pays.
15:24Merci de nous avoir réveillés
15:26avec cette énergie ce matin,
15:27France-Olivier Gisbert.
15:28Et à bientôt.
15:28Bonne journée à vous.

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